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Réunions pendant les Fêtes: jusqu’à 20 personnes

Publié le 7 déc 2021
Réunions pendant les Fêtes: jusqu’à 20 personnes

(Source: Pixabay)

  • À compter du 23 décembre, jusqu’à 20 personnes adéquatement vaccinées contre la Covid-19 seront autorisées à se réunir lors de rassemblements privés. 
  • Le gouvernement veut «responsabiliser la population», explique à InfoBref le professeur André Veillette, immunologiste à l’Institut de recherches cliniques de Montréal. Il se dit toutefois «déçu» que Québec n’informe pas davantage «sur comment se protéger, au-delà de la vaccination, pour minimiser les risques d’attraper la Covid-19». 

Le ministre de la Santé Christian Dubé a annoncé cet après-midi qu’il sera possible, comme l’espérait François Legault, de fêter Noël avec 20 convives à la maison.

«On va dans la bonne direction», croit le professeur André Veillette. 

  • Certes, le nombre de cas augmente; et
  • le variant Omicron reste à surveiller; mais
  • les Québécois sont vaccinés. 

Le gouvernement ne peut pas «continuellement faire la police», dit-il. 

«Certaines personnes allaient de toute façon se réunir à plus de 10 personnes» pendant les Fêtes.

Mais il devrait donner les outils nécessaires pour limiter la propagation. 

L’immunologiste recommande:  

  • d’utiliser des tests rapides avant de se rassembler;  
  • d’éviter de se réunir dans des sous-sols et des appartements mal ventilés; et 
  • surtout d’ouvrir la fenêtre une fois par heure pour faire circuler l’air lorsqu’on reçoit des invités.  

Par ailleurs, selon lui, toutes les personnes qui ont des symptômes et ne sont pas adéquatement vaccinées ne devraient pas participer à des partys de Noël.  

Une 3e dose pour les groupes prioritaires et les 60 ans et plus

Les 60 à 69 ans deviennent admissibles à une 3e dose de vaccin, que la moitié des 70 ans et plus ont déjà reçue.

  • Les travailleurs de la santé, les personnes qui souffrent de maladie chronique, les femmes enceintes, et les habitants de régions isolées peuvent dès aujourd’hui recevoir une dose de rappel.
  • Les 60 ans et plus pourront la recevoir à compter de janvier.
Johanna Sabys
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Entrevue

À peine ouvert, le Club Med de Charlevoix suscite la controverse

Publié le 6 déc 2021
À peine ouvert, le Club Med de Charlevoix suscite la controverse

(Source: Google Maps)

  • Officiellement ouvert depuis le 3 décembre, le Club Med Québec Charlevoix est classé comme un «centre de vacances», ce qui lui évite de facturer à ses clients une taxe sur l’hébergement de 3,5%. 
  • L’Association Hôtellerie Québec (AHQ) juge «inacceptable» que le Club Med Charlevoix puisse se soustraire à cette taxe. «C’est assez surprenant qu’un gros joueur comme Club Med ait obtenu cette classification, qui est normalement réservée à des établissements comme des camps de vacances pour les jeunes», explique à InfoBref Véronyque Tremblay, PDG de l’AHQ et ancienne ministre provinciale déléguée aux Transports.

La taxe sur l’hébergement de 3,5% s’ajoute au prix de chaque nuitée vendue dans une chambre, un appartement, un chalet ou une maison. 

  • Cette taxe sert à soutenir l’industrie touristique québécoise, notamment en finançant des campagnes publicitaires pour attirer les touristes.   
  • Certaines catégories d’établissements, comme les campings, les auberges et les centres de vacances, ne sont pas soumises à cette taxe.

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Le Club Med Charlevoix n’est pas un hôtel, mais un «centre de vacances», selon la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ), qui octroie les classifications d’hébergement touristique. 

Mais l’AHQ croit l’inverse.

  • Selon Véronyque Tremblay, «l’offre de services du Club Med n’a aucun lien avec la définition d’un centre de vacances».
  • «L’esprit de la loi fait plutôt référence à des camps de vacances pour les jeunes. Mais, admet-elle, c’est clair qu’il y a des choses à modifier dans la loi actuelle.»
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Plakk regarde vos artères pour prévenir les risques d’AVC et de crise cardiaque

Publié le 5 déc 2021
Plakk regarde vos artères pour prévenir les risques d’AVC et de crise cardiaque

Kashif Khan, cofondateur et PDG de Plakk

  • Crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux sont les causes de mortalité et d’invalidité à long terme les plus courantes. Or, le risque de ces accidents est difficile à déceler.
  • Une jeune pousse de Montréal, Plakk, appelle l’intelligence artificielle en renfort: elle s’en sert pour analyser des échographies d’artères, afin de mieux estimer les risques que court un patient et d’orienter son traitement en conséquence. 

Le problème: toutes les 7 minutes, un Canadien meurt d’une crise cardiaque ou d’un AVC. 

Certains ont des symptômes précurseurs, mais beaucoup n’en ont pas, ou ne savent pas les reconnaître.

Ces accidents de santé sont habituellement causés par des plaques – des accumulations de lipides (gras) sur les parois des artères.

  • En grossissant, elles finissent par boucher une artère; ou
  • en se détachant, elles créent des caillots de sang qui peuvent aller vers le cœur ou le cerveau et bloquer l’alimentation en oxygène de ces organes vitaux.

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Lors d’examens médicaux, on utilise des techniques d’imagerie médicale pour identifier et observer des plaques.

La plus couramment employée pour détecter des plaques dans les artères carotidiennes est l’échographie.

«Actuellement, la principale façon d’évaluer le risque d’une attaque est d’analyser un seul paramètre: le blocage des artères carotidiennes», explique Kashif Khan, PDG et cofondateur de l’entreprise montréalaise Plakk.

«Or, c’est un indicateur très imparfait. Certaines plaques peuvent demeurer et même grossir sans jamais causer de problème. En revanche, d’autres plaques peuvent être plus dangereuses, même si elles font moins d’obstruction actuellement.» 

Résultat: beaucoup de diagnostics erronés. 

À cause de ces mauvais diagnostics:

  • des patients subissent des chirurgies dont ils n’ont pas besoin; 
  • alors que d’autres ne sont pas traités correctement, puis sont victimes d’attaques qu’on aurait pu éviter.

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La solution: une analyse plus fine et révélatrice des échographies, dopée par l’intelligence artificielle (IA).

La Dre Stella Daskalopoulou, professeure associée de l’Université McGill, et cheffe médicale et cofondatrice de Plakk, a collecté plus de 6000 images médicales réalisées depuis 10 ans sur plus de 600 patients, ainsi que des données médicales associées à ces images.

Plakk a développé des modèles d’IA, basés sur l’apprentissage profond, pour analyser ces images d’une façon beaucoup plus fine que pourrait le faire l’œil humain.

Cette analyse par l’IA donne d’autres informations que seulement l’épaisseur de la plaque et à quel point elle gêne le flux sanguin:

  • Elle permet de déterminer la composition des plaques, ce qui donne une indication de sa stabilité, et donc du risque qu’elle fait courir au patient.

«Nous voulons fournir au médecin un portrait plus complet de l’état des plaques, pour éclairer son diagnostic et lui permettre de mieux choisir le traitement approprié», explique Kashif Khan.

L’analyse d’images médicales par l’intelligence artificielle est un secteur en forte croissance.

  • Elle est maintenant de plus en plus couramment utilisée pour détecter des cancers du sein.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Plakk a été fondée par des titulaires de doctorat de l’Université McGill.

L’entreprise a débuté ses activités il y a 2 ans et compte aujourd’hui une équipe de 11 personnes, dont 3 à temps plein épaulées par des ingénieurs, des cliniciens et des collaborateurs.

Plakk a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 de Montréal inc. [Découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise a encore du travail à faire pour valider ses modèles d’intelligence artificielle afin de s’assurer que les résultats de ses analyses d’image sont fiables.

Dans cette optique, après avoir reçu 400 000 $ en financement non dilutif (c’est-à-dire: pour lequel les propriétaires n’ont pas eu à céder des parts de l’entreprise), Plakk prévoit de réunir prochainement une ronde de financement de pré-amorçage de 750 000 $.

Ensuite, il faudra mener des essais, notamment pour obtenir les approbations des autorités réglementaires telles que la Food and Drug Administration américaine et Santé Canada.

  • L’objectif sera de démontrer que le logiciel de Plakk peut non seulement contribuer à l’information du médecin, mais aussi constituer une base fiable et reconnue pour faire un diagnostic. 

Kashif Khan est confiant qu’un premier prototype du logiciel de Plakk commencera à être utilisé dans quelques hôpitaux et cliniques en 2022. 

Il vise 2024 ou 2025 pour un déploiement à plus grande échelle.

Patrick Pierra
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Un nouveau fonds ESG montréalais est prêt à parier contre Meta / Facebook

Publié le 1er déc 2021
Un nouveau fonds ESG montréalais est prêt à parier contre Meta / Facebook

François Bourdon, associé directeur de Nordis Capital (Source: Nordis Capital)

  • Nordis Capital, une nouvelle firme d’investissement de Montréal, a lancé un fonds qui respecte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ce fonds parie contre certaines entreprises qui ne respectent pas ces critères en vendant à découvert leurs actions. Meta, la société mère de Facebook, fait partie des cibles que vise Nordis.
  • Pourquoi lancer un tel fonds? «Parce que le capitalisme doit se réformer et contribuer en apportant des solutions aux défis sociaux et environnementaux», dit à InfoBref François Bourdon, associé directeur de Nordis Capital. 

François Bourdon était, jusqu’à l’an dernier, chef des placements global chez Fiera Capital, une importante société de gestion de placements de Montréal. 

Le portefeuille de Nordis Capital est composé d’actions d’une cinquantaine d’entreprises, ainsi que de quelques obligations et matières premières. 

Ces investissements doivent refléter 6 «thèmes porteurs»: 

  • soins de santé
  • éducation
  • diversité
  • énergies renouvelables
  • lutte aux changements climatiques
  • alimentation 

«On identifie les gagnants et les perdants, par exemple les entreprises qui vont bénéficier de la transition énergétique», explique François Bourdon. 

Il cite en exemples:

  • Volkswagen, qui mise beaucoup sur le développement de voitures électriques; et
  • Microsoft, «un bon exemple pour la protection des données». 

La vente à découvert fait partie de la stratégie de Nordis Capital.

  • Ce type d’investissement, parfois contesté, permet de parier contre une entreprise et de faire un profit lorsque le prix de son action chute. 
  • François Bourdon mentionne quelques entreprises candidates à la vente à découvert, comme Imperial Brands, un fabricant de cigarettes, et Meta, société mère de Facebook, accusée de faire passer ses profits avant le bien-être de ses utilisateurs. 

Le fonds est doté de 34 millions $.

  • Son seul actionnaire actuel est le Programme des Gestionnaires en émergence du Québec (PGEQ), un fonds dont la Caisse de dépôt et placement du Québec est actionnaire et qui à pour vocation d’encourager les nouveaux gestionnaires de fonds québécois.

Nordis espère lever l’an prochain 100 millions $ supplémentaire auprès de nouveaux investisseurs, particuliers comme institutionnels. 

Félix Côté
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Québec solidaire veut empêcher les géants d’acheter des terres agricoles

Publié le 29 nov. 2021
Québec solidaire veut empêcher les géants d’acheter des terres agricoles

(Source: Unsplash)

  • Québec solidaire propose que le gouvernement légifère pour interdire aux sociétés et fonds d’investissement privés d’acquérir des terres agricoles. Selon QS, ces investissements poussent à la hausse la valeur des terres, empêchent leur acquisition par la relève agricole, et nuisent à l’autonomie alimentaire du Québec.
  • L’idée est bonne, a dit à InfoBref Charles-Félix Ross, directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Mais il croit que «le gouvernement doit d’abord passer le message qu’il n’y aura plus de dézonage des terres agricoles, et ensuite trouver une façon de limiter les investissements spéculatifs».

Le principal problème, selon Charles-Félix Ross, est que le dézonage nuit aux agriculteurs de la relève qui veulent acheter une terre.  

  • Le dézonage attire les promoteurs immobiliers, qui sont devenus, selon lui, ceux qui achètent le plus de terres agricoles, bien avant les investisseurs institutionnels. 
  • Cette situation «empêche beaucoup d’agriculteurs de vendre leurs terres à des agriculteurs de la relève».

Le marché des terres agricoles a été bouleversé dans les 10 dernières années, explique le DG de l’UPA:  

  • le nombre de transactions a triplé;
  • la valeur des terres a «explosé»;
  • les acheteurs non-agriculteurs sont 6 fois plus nombreux;
  • il y a beaucoup plus de transactions qu’auparavant. 

L’instauration d’un registre des transactions de terres agricoles pourrait aider à mieux contrôler l’accessibilité aux terres agricoles, croient l’UPA et Québec Solidaire. 

  • Un tel registre pourrait contenir les noms des acquéreurs et des vendeurs, le montant des transactions, l’emplacement et les numéros de lots et de cadastres. 
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Un mur vide? Gallea vous aide à y mettre de l’art

Publié le 28 nov. 2021
Un mur vide? Gallea vous aide à y mettre de l’art

Guillaume Parent, PDG et cofondateur de Gallea [crédit photo: Montréal inc.]

  • Quoi de plus triste qu’un mur vide, alors que des milliers d’artistes visuels rivalisent d’imagination et de talent pour créer des œuvres qui, souvent, restent méconnues?
  • La jeune pousse montréalaise Gallea met en relation les artistes, les acheteurs d’art, et les entreprises intéressées à exposer des œuvres, avec l’ambition de devenir le plus grand réseau mondial de distribution d’art.

Problème auquel l’entreprise s’attaque: la difficulté de distribuer des œuvres d’art.

«Ma mère et ma grand-mère ont été artistes peintres, raconte Guillaume Parent, PDG et cofondateur de Gallea. Elles ont vécu à quel point il est difficile, pour un artiste, de faire connaître ses œuvres, de les vendre et d’en vivre.»

«Il y a des artistes fantastiques dont les œuvres demeurent méconnues. En même temps, on voit partout de grands murs vides, qui gagneraient à être embellis. Notre objectif est de faire se rencontrer l’offre artistique et la demande latente.»

La solution imaginée par Gallea: un réseau de distribution des œuvres d’art visuel.

Ce réseau a 2 composantes.

D’abord, une galerie en ligne. Les artistes peuvent y présenter leurs œuvres et les consommateurs amateurs d’art, les consulter et les acheter.

Ensuite, un canal de distribution vers des lieux d’exposition physiques autres que des musées et des maisons de la culture: restaurants, hôtels, bureaux, espaces commerciaux, espaces de travail collaboratif.


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Le gestionnaire d’un lieu peut ainsi embellir son espace avec une série d’œuvres d’art, qui sont installées pour une période de 4 mois.

  • «En ce moment, l’Hôtel Bonaventure Montréal présente une exposition organisée par l’intermédiaire de notre plateforme», donne en exemple Guillaume Parent.

Les œuvres améliorent la qualité de l’expérience offerte par l’espace aux employés, clients et usagers qui le fréquentent.

  • Une exposition peut même servir au marketing, en suscitant la curiosité pour attirer des clients dans un lieu.

L’exposition sert aussi de vitrine commerciale aux artistes.

  • Les œuvres sont accompagnées d’un petit panneau indiquant leur nom, celui de l’artiste, et leur prix de vente.
  • Grâce à un code QR, ceux qui sont intéressés – ou simplement intrigués – par une œuvre peuvent, sur leur téléphone, apprendre à connaître l’artiste, découvrir son catalogue, et acheter directement ses œuvres.

Le modèle d’affaires repose sur la contribution financière de 3 catégories d’acteurs.

Les acheteurs d’art:

Gallea perçoit une commission sur le montant des ventes générées par son intermédiaire.

  • «Elle est de l’ordre de 20 à 30%, précise Guillaume Parent. C’est beaucoup moins que le pourcentage de 50% généralement pratiqué par les galeries d’art.»

Les artistes:

Gallea leur offre gratuitement de s’inscrire, de présenter en ligne leurs œuvres (peintures, photos, art numérique) et de les mettre en vente sur sa plateforme.

L’entreprise leur propose des services supplémentaires, moyennant un abonnement de 10 $ à 50 $ par mois.

Ces services sont principalement:

  • de les aider à afficher leurs œuvres dans des lieux; 
  • de leur faire profiter de rabais sur des services commercialisés par des fournisseurs partenaires; et
  • de bénéficier d’un taux réduit sur la commission de vente prélevée par Gallea.

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Les lieux d’exposition:

Une entreprise intéressée à accueillir des œuvres chez elle souscrit un abonnement annuel. 

Elle se crée un compte dans la plateforme en ligne, puis soumet un appel de candidatures: 

  • Combien d’œuvres souhaite-t-elle afficher? De quelle taille? De quel style?

Avec un abonnement de base, l’entreprise gère l’exposition de façon autonome: elle choisit elle-même les œuvres parmi celles que les artistes lui proposent, et Gallea s’assure que les artistes se présentent sur les lieux aux moments convenus pour accrocher, puis décrocher leurs œuvres. 

Gallea propose aussi des services complémentaires.

«On peut envoyer une personne sur place pour prendre le pouls du lieu, accompagner l’entreprise dans la sélection des œuvres, faire un plan d’aménagement des lieux pour l’exposition, et assurer nous-même l’accrochage et le décrochage des œuvres», indique Guillaume Parent.

Le prix d’un abonnement corporatif peut varier de 65 $ à 2500 $ par mois selon les lieux et services utilisés. 


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Où en est l’entreprise actuellement?

L’entreprise a commencé ses activités en 2018. 

La pandémie a freiné le déploiement d’œuvres dans des lieux physiques. En revanche, elle a dopé les ventes en ligne.

  • «Nous étions 7 employés avant la pandémie, nous sommes 25 aujourd’hui», note Guillaume Parent.

Plus de 8000 artistes, provenant de 40 pays, se sont inscrits sur la plateforme en ligne.

Gallea a un réseau de lieux d’exposition à Montréal, Québec, Ottawa, Toronto et Vancouver.

Elle est en contact avec un bassin de plus de 50 000 acheteurs d’art.

Gallea a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 de Montréal inc. [Découvrez nos portraits des autres Révélations 2021.]

Linzi Shang, une autre cofondatrice de l’entreprise, vient de gagner le Prix Montréal inc. de l’entrepreneure de l’année 2021.  

Prochaines étapes:

«On veut créer le plus grand réseau mondial de distribution d’œuvres d’art à travers le monde», résume Guillaume Parent.

Cela passera d’abord par l’expansion du réseau de lieux d’exposition, au Canada, puis aux États-Unis et en Europe.

Patrick Pierra
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La moitié des 18-34 ans n’ont pas de plan financier

Publié le 24 nov. 2021
La moitié des 18-34 ans n’ont pas de plan financier

(Source: Unsplash)

  • Selon un sondage Som réalisé pour l’Institut québécois de la planification financière (IQPF), près de 40% des répondants n’ont pas de plan pour leur avenir financier. La proportion monte à 48% chez les moins de 35 ans. Au chapitre des connaissances, c’est pire: 68% des répondants estiment qu’ils n’ont pas les connaissances financières suffisantes pour bien planifier leurs finances.
  • Chantal Lamoureux, PDG de l’IQPF, a indiqué en entrevue à InfoBref que ces résultats s’expliquent par le «tabou que représente encore l’argent dans la société québécoise» et «le niveau de littératie financière qui n’est pas suffisamment élevé». 

«Heureusement, les choses changent», estime Chantal Lamoureux. Elle souligne 2 changements:

  • Le gouvernement fédéral a mis en place à l’automne une stratégie nationale pour la littératie financière. 
  • Depuis 2017, le cours d’éducation financière est obligatoire dans les écoles du Québec pour les élèves de secondaire 5. Ce cours était absent du cursus depuis 2009. 

La majorité des Québécois gèrent eux-mêmes leurs finances, selon le sondage de l’IQPF.  

  • 61% des Québécois n’ont jamais eu recours aux services d’un planificateur financier. 
  • «Beaucoup pensent que le planificateur ne fait que gérer des placements, mais ce n’est pas son seul rôle, explique Chantal Lamoureux. Il peut aider à planifier d’autres aspects, comme une succession, une stratégie de retraite, ou un retour aux études.»

L’IQPF a mis sur pied une série de formations, dont une gratuite, pour apprendre certaines bases des finances personnelles.

Félix Côté
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Entrevue

Non, les mesures sanitaires ne seront pas levées en début d’année

Publié le 24 nov. 2021
Non, les mesures sanitaires ne seront pas levées en début d’année

(Source: S&B Vonlanthen / Unsplash)

  • François Legault a affirmé que «la grande majorité» des règles sanitaires pourront être levées lorsque les 5 à 11 ans seront vaccinés. Le premier ministre a précisé la semaine dernière qu’il faudrait, pour cela, atteindre un taux de vaccination de 80%. 
  • Or, le professeur André Veillette, immunologiste à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, explique à InfoBref que, si on arrive à atteindre un taux de 80% dans cette tranche d’âge, ce ne sera pas avant le printemps. Et, d’ici là, il faudra gérer «la baisse de protection» de ceux qui ont reçu 2 doses. 

Le premier ministre a fixé l’objectif de 80% pour encourager les parents à faire vacciner leurs enfants, croit le professeur André Veillette. 

Il observe que, avec un intervalle de 8 semaines entre les 2 doses, les enfants qui seront vaccinés dans les prochains jours ne pourront pas obtenir la 2e avant fin janvier. 

S’il faut atteindre un taux de 80%, «cela risque de nous amener au printemps».

Legault a reconnu mardi qu’il n’aurait «peut-être pas dû» affirmer que la majorité des mesures seraient levées lorsqu’un taux de 80% sera atteint chez les 5 à 11 ans. 

Avant d’en finir avec les mesures sanitaires, selon l’immunologiste, il faudra: 

  • vacciner le maximum d’enfants; 
  • surveiller la situation épidémiologique; et 
  • proposer une 3e dose de vaccin à toute la population pour faire face à «la baisse de protection» plusieurs mois après la 2e dose. 

Sans parler de reconfinement, un retour en arrière est encore possible, dit André Veillette.  

  • Certaines mesures pourraient revenir, comme le télétravail, le port du masque au secondaire ou encore l’interdiction des karaokés. 

Il faut quand même célébrer le fait que la situation s’améliore au Québec, note l’immunologiste. 

«Toutes les mesures ne seront peut-être pas levées au printemps, mais nous sommes capables de mener des vies à peu près normales.»

Johanna Sabys
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Entrevue

Plus de défis pour retenir les travailleurs de l’informatique du gouvernement?

Publié le 23 nov. 2021
Plus de défis pour retenir les travailleurs de l’informatique du gouvernement?

(Source: Unsplash)

  • Alors que le gouvernement veut créer un nouveau ministère de la Cybersécurité et du Numérique, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) demande au gouvernement d’être moins dépendant des fournisseurs privés en services numériques et cybersécurité.
  • Il faudrait pour cela que le gouvernement embauche plus de personnel. Mais pour attirer les travailleurs, les conditions d’emploi devraient changer: «le gouvernement doit offrir à ses travailleurs de l’informatique, en plus de salaires plus concurrentiels, des défis professionnels et leur permettre de se surpasser, comme dans le secteur privé», explique à InfoBref Christian Daigle, président général du SFPQ.

Le gouvernement a de plus en plus recours à des consultants en informatique et en cybersécurité.

  • En 2017, environ 2300 consultants faisaient affaire avec le gouvernement ou avec des organismes publics.
  • En 2020, ils étaient près de 3200, soit une hausse de 35%. 

La fonction publique québécoise souffre, comme tous les employeurs, de la pénurie de main d’œuvre

  • Elle semble particulièrement forte dans le domaine informatique.
  • Le SFPQ recense 970 postes vacants, soit 12% des postes de ce domaine dans la fonction publique.

Pour attirer et retenir des travailleurs en informatique, le gouvernement doit confier plus de projets de développement à ses propres travailleurs, argumente le SFPQ. 

  • «À l’heure actuelle, la fonction publique n’offre pas les mêmes défis qu’au privé», explique Christian Daigle.
  • «Les fonctionnaires devraient se faire confier des défis plus intéressants, explique-t-il, comme l’opportunité de réaliser davantage de tâches de développement pour que le travail soit au moins aussi attrayant qu’au privé.»
Félix Côté
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LFAnt Médical rend votre vie sexuelle plus sereine

Publié le 21 nov. 2021
LFAnt Médical rend votre vie sexuelle plus sereine

Patrick O’Neill, cofondateur et chef scientifique de LFAnt Médical

  • On en parle peu, mais les maladies transmises sexuellement continuent à se répandre, souvent sans être décelées, et à faire d’importants dommages.
  • La startup montréalaise LFAnt Médical a inventé un moyen de permettre à chacun de les dépister facilement et rapidement, à domicile.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: la faiblesse du dépistage des maladies transmises sexuellement (MTS).

«Aux États-Unis, environ une personne sur cinq a une MTS, et la majorité des personnes atteintes ne le savent pas», explique Patrick O’Neill, cofondateur et chef scientifique de LFAnt Médical.

Or, la chlamydia et la gonorrhée – les MTS les plus répandues – peuvent causer des problèmes de santé importants, même quand elles ne présentent pas de symptômes.

  • «Si elles ne sont pas traitées, à long terme, elles peuvent être une cause d’infertilité chez les femmes», note Patrick O’Neill.

Mais qui, parmi les personnes asymptomatiques actives sexuellement, suit la recommandation de Santé Canada de passer un test de dépistage tous les 6 mois?

La solution inventée par LFAnt: un appareil connecté de test à domicile.

Appelé le Compact, l’appareil utilise une technologie éprouvée, celle du «test de flux latéral»:

  • Un liquide, mis en contact avec une membrane, cause ou non une réaction produisant un changement de couleur.
  • La coloration signale la présence dans le liquide du marqueur d’une maladie ou d’une condition de santé.

Cette technologie est déjà utilisée dans les tests de grossesse.

Elle est aussi utilisée pour les tests de dépistage rapide de la Covid-19.


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L’objectif de LFAnt est de rendre ces tests beaucoup plus faciles à utiliser par la population.

Le Compact a à peu près la taille d’un étui de brosse à dent, un peu plus large. Il a 2 composantes.

Une cartouche jetable comprend la membrane à mettre en contact avec un liquide provenant du corps: de l’urine, du sang ou de la salive.

On insère cette cartouche dans un étui qui est aussi un lecteur électronique.

  • Il capte des données électromagnétiques provenant de la réaction du liquide sur la membrane; et
  • il les communique, par le protocole de communication sans fil Bluetooth, à une application mobile qui permet d’interpréter les données.

L’application mobile d’accompagnement peut servir au consommateur lui-même.

  • Mais elle peut aussi servir à un médecin, pour lui permettre de faire un diagnostic, soit en personne ou à distance.

Le modèle d’affaires est «celui du rasoir et des lames», explique Patrick O’Neill.

  • Le lecteur sera vendu aux consommateurs à un prix qui pourrait être de l’ordre de 60 $.
  • Les cartouches seront vendues séparément, selon les besoins du client et le marqueur qu’il veut détecter. Leur prix pourrait être de l’ordre de 15 $.

Ces cartouches ne serviront pas seulement pour détecter des MTS.

En fait, LFAnt considère son produit comme une plateforme de mesure liée à la santé:

  • pour détecter des infections, d’autres maladies comme l’influenza, par exemple; et
  • pour mesurer périodiquement d’autres indicateurs de santé.

«Notre objectif à terme vise le dépistage des MTS, précise Patrick O’Neill. Mais il est très probable que nous allons d’abord proposer de détecter d’autres marqueurs.»

  • Ce pourrait être, par exemple, pour évaluer le niveau de stress en mesurant le cortisol dans le sang;
  • ou encore pour mesurer le taux de magnésium ou de vitamine B.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Créée en 2019, LFAnt Médical a obtenu près de 1 million $ en financement, dont:

  • plus de la moitié en subventions, bourses et prêts; et
  • 350 000 $ en capital-actions provenant d’investisseurs providentiels («anges»).

L’entreprise a perfectionné sa technologie, déposé 2 demandes de brevet, et fabriqué des prototypes de son appareil.

Elle a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]. Elle compte aujourd’hui 5 employés.

Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise veut commencer à vendre ses produits en 2023. Elle a entrepris des discussions avec des manufacturiers pour fabriquer son produit en série.

Elle doit d’abord choisir quel marqueur de santé son appareil va mesurer en premier.

  • En commençant par une mesure qui n’implique pas un diagnostic médical, la société éviterait de devoir traverser la longue épreuve des essais cliniques et des approbations réglementaires avant de s’introduire dans le marché.

LFAnt évalue aussi 2 avenues pour sa stratégie de développement:

  • continuer sous la forme d’une PME complètement indépendante, en allant chercher du capital pour financer sa croissance; ou plutôt
  • s’associer à un joueur déjà implanté dans le secteur médical.
Patrick Pierra
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Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

Publié le 18 nov. 2021
Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

(Source: Pixabay)

  • Selon un sondage réalisé par Ipsos pour l’Institut économique de Montréal (IEDM), 43% des Canadiens disent que le réchauffement climatique est parmi les 3 enjeux les plus importants pour eux. Mais 65% disent qu’ils ne veulent pas ou ne sont pas en mesure de payer davantage d’impôt pour contribuer à combattre les changements climatiques.
  • «Ça démontre un certain cynisme de la population, mais aussi un écart entre les générations», explique à InfoBref Miguel Ouellette, directeur des opérations et économiste à l’IEDM.

Après la santé (75%) et l’économie et l’emploi (61%), le changement climatique (43%) est désormais le troisième sujet que les Canadiens classent dans les 3 enjeux les plus importants pour eux.

La réticence à payer plus pour lutter contre le réchauffement climatique s’explique, selon Miguel Ouellette, par le sentiment qu’ont plusieurs citoyens de payer déjà assez par l’impôt et les taxes.

L’économiste observe cependant chez les jeunes générations une plus forte volonté de payer davantage.

  • À l’inverse, les plus vieilles générations tendent à vouloir payer moins. 

L’étude démontre aussi que la préoccupation à l’égard du climat gagne en importance. 

  • L’an dernier, dans un sondage similaire, 38% des Canadiens considéraient les changements climatiques comme faisant partie de leurs 3 principales priorités. 
  • Cette année, ils sont 43% à considérer cet enjeu comme l’un des 3 plus importants pour eux. [résultats de l’étude (PDF)]
Félix Côté
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Le MONDE en questions

Migrants: l’Union européenne doit-elle clôturer ses frontières?

Publié le 18 nov. 2021
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Migrants: l’Union européenne doit-elle clôturer ses frontières?

[crédit photo: Markus Spiske / Unsplash]

  • «Absolument pas», répond sans hésiter à InfoBref le professeur en droit international public de l’Université McGill François Crépeau, ancien Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme des migrants. «Au contraire, dit-il, l’Europe s’est même engagée à faciliter la mobilité.»
  • La question divise aujourd’hui les pays européens. La Commission européenne refuse fermement de financer des murs aux portes de l’UE, mais plusieurs États membres le demandent en coulisses, et le président du Conseil européen l’envisage.

Début novembre, la situation s’est tendue aux frontières européennes lorsque des milliers de migrants venus du Moyen-Orient se sont massés à la frontière polonaise.

Un afflux créé par la Biélorussie.

La Pologne et les instances européennes ont formellement accusé la Biélorussie d’avoir orchestré cette crise aux portes de l’Europe pour se venger de sanctions occidentales contre son régime autoritaire.

  • Une source au Conseil européen a confirmé à InfoBref que cet afflux de migrants n’a jamais été perçu comme un problème migratoire et qu’il s’agit bien d’une «attaque hybride».  

«C’était un chantage évident», affirme le professeur Crépeau.

Il dénonce toutefois «une instrumentalisation de la vie humaine indigne de l’UE».

  • Au-delà du conflit avec la Biélorussie, «sauver des vies auraient dû être la priorité» des pays européens.
  • Au moins 12 migrants sont morts de froid, souligne-t-il, parce que l’Europe ne les a pas laissé entrer. 

L’Europe ne doit pas «s’emmurer»,dit le professeur Crépeau.

«Elle s’est même engagée à faciliter la mobilité. Mais ce n’est pas ce qu’elle fait en ce moment ni ce qu’elle prévoit de faire dans les 10 prochaines années.» 

Le problème, dit-il, c’est qu’aucun politicien ne mettra sa carrière en jeu en prenant des engagements pro-migrants.

  • «Comment gagner des voix en favorisant l’immigration? lâche-t-il, les migrants ne votent pas et les citoyens s’en fichent.»
  • «Le seul électorat mobilisable sur l’immigration, c’est celui de l’extrême droite qui n’a qu’un seul agenda: voter contre.»

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La Commission européenne s’oppose aux murs.  

  • «L’Union européenne a été divisée par des murs dans le passé», rappelle une source à la Commission européenne, qui est un peu l’équivalent du gouvernement de l’Europe.
  • «Pour la Commission, c’est une position de longue date que les barbelés et les murs ne sont pas financés par le budget de l’UE.»

Mais elle n’empêche pas les États d’en ériger

Les États membres ont la responsabilité d’effectuer le contrôle aux frontières et il leur appartient de déterminer comment le faire.

Le droit de l’UE n’exclut pas d’utiliser des barrières physiques aux frontières, confirme la même source. 

En fait, reconnaît-elle, cela a déjà été fait par certains États membres.

  • La Pologne, par exemple, a dressé des barbelés le long de sa frontière et prévoit de construire un mur sur plus de 100 km.

Mais ces barrières ont été financées au niveau national.

Les fonds de l’UE sont, eux, seulement utilisés «pour renforcer les capacités de contrôle aux frontières des États membres».

Dans le dernier cadre financier européen (2021-2027), 6,4 milliards d’euros ont été alloués aux États pour financer des équipements de surveillance électronique, des véhicules de patrouille ou des images par satellite des infrastructures critiques.

«C’est la gestion des frontières que nous soutenons», a assuré mardi soir dans un discours la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, sans mentionner une seule fois les murs ni les barbelés.

«Sur la Question migratoire, la Commission est prisonnière du fait que l’initiative est au Conseil européen», observe le professeur Crépeau.

(Le Conseil européen réunit les chefs d’État des 27 membres de l’UE et veille aux intérêts des pays.)

  • «Sur la plupart des sujets, la Commission a l’initiative législative. Mais aujourd’hui, en matière migratoire, elle fera ce que le Conseil estime politiquement adéquat», croit-il. 
  • La Commission sait pourtant très bien que l’immigration n’est pas une menace, plutôt une richesse, témoigne-t-il, mais elle est incapable de l’affirmer.

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Le Conseil européen croit que l’UE pourrait financer des murs.

Le président du Conseil, Charles Michel, a reconnu le mois dernier que cette question avait été abordée lors d’un sommet européen, le 22 octobre à Bruxelles.

  • «Quelques États membres ont présenté une lettre en ce sens, et la possibilité de financer la construction de barrières physiques a été discutée», confirme une source au Conseil européen.
  • «Un bon nombre d’États membres considèrent que ce serait bien, et il ne s’agit pas seulement des États qui sont aux frontières de l’Europe.»

Juridiquement, la décision reviendrait à la Commission.

Charles Michel souhaite qu’une décision soit prise bientôt sur ce sujet important.

Il faut clarifier, a-t-il dit, si l’UE peut montrer sa solidarité aux pays qui sont en première ligne en les aidant à protéger leurs frontières nationales qui sont aussi les frontières européennes.

  • À l’intérieur de l’espace Schengen – qui regroupe 26 pays européens – il n’y a pas de frontières.
  • Les frontières extérieures de l’UE sont donc, en effet, des frontières de certains de ses États membres.

Les migrants, eux, ne participent pas au débat, déplore le professeur Crépeau. 

  • Dans tous les pays, dont le Canada, «ils remplissent un rôle important dans la société, mais ne sont pas reconnus comme des acteurs sociaux.»

«Les lois d’immigration sont faites par des politiciens non migrants, pour les non-migrants qui votent pour eux.»

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