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Le virage électrique de l’industrie automobile canadienne pourrait finir par coûter cher à Ottawa

Publié le 16 oct. 2020
Le virage électrique de l’industrie automobile canadienne pourrait finir par coûter cher à Ottawa

(Photo Unsplash)

  • Fiat Chrysler Automobiles (FCA) vient de conclure une entente avec ses travailleurs qui le mènera à investir 1,5 milliard $ en Ontario pour y assembler des véhicules hybrides branchables.
  • Il ne serait pas surprenant que FCA demande au fédéral de contribuer à l’investissement, comme Ottawa s’est engagé à le faire récemment pour Ford et pourrait avoir à le faire à nouveau pour remplir sa promesse de relancer durablement le secteur automobile.

Au début octobre, le gouvernement canadien a promis 295 millions $ pour permettre aux usines ontariennes de Ford de produire des véhicules électriques.

L’électrification de l’industrie «représente l’occasion d’une génération pour le Canada», a dit Justin Trudeau au moment de confirmer cette aide financière.

Au moins deux facteurs tendent à appuyer cette affirmation:

  • Le Canada et douze autres pays représentant les plus importants marchés automobiles au monde veulent interdire la vente de véhicules à moteur thermique sur leur territoire d’ici 2040.
  • De nombreuses entreprises canadiennes, dont un bon nombre au Québec, se spécialisent dans des secteurs d’activité connexes au transport électrique et devraient grandement bénéficier de l’électrification.

Ça ne se fera pas tout seul : ce virage industriel exige des investissements importants. 

Après Ford, sans doute que Fiat Chrysler voudra à son tour recevoir une aide gouvernementale pour moderniser ses usines au Canada.

Ce sera ensuite au tour de General Motors de s’asseoir avec ses employés canadiens pour renégocier leurs conditions de travail.

Or, inciter GM à réinvestir au Canada sera plus difficile: le groupe tente de déplacer sa production vers des pays où la main-d’œuvre coûte moins cher, comme la Chine et le Mexique.

Ottawa devra aussi répondre à l’appel des entreprises d’ici: des regroupements comme le secteur québécois des transports avancés s’attendent d’ailleurs à ce qu’Ottawa pense également à eux.

Alain McKenna
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Le groupe automobile canadien Magna assemblera le premier VUS électrique de Fisker

Publié le 15 oct. 2020
Le groupe automobile canadien Magna assemblera le premier VUS électrique de Fisker

Le Fisker Ocean

  • Grâce à cette entente, Henry Fisker, PDG de la société qui porte son nom, promet un VUS compact tout électrique pour moins de 50 000 $CA.
  • Mais le véhicule ne sera pas disponible au Canada de sitôt: c’est dans une usine de Magna en Europe que Fisker compte faire produire son véhicule.

L’aide de 295 millions $ accordée par Ottawa à une usine de Ford en Ontario fait rêver au Québec

Publié le 8 oct. 2020
L’aide de 295 millions $ accordée par Ottawa à une usine de Ford en Ontario fait rêver au Québec

(Source: Ford Canada)

  • «Le Canada a le potentiel d’être un chef de file dans la fabrication de véhicules électriques», a dit Justin Trudeau en annonçant cet investissement.
  • «On compte maintenant sur [le gouvernement fédéral] pour investir au Québec afin de fournir les batteries de ces véhicules et pour soutenir la transition de l’industrie d’ici, comme il le fait avec l’automobile en Ontario», a réagi Sarah Houde, PDG de Propulsion Québec, qui représente la plupart des acteurs de cette industrie.

Le plus gros investissement du genre en 15 ans

Le premier ministre a annoncé hier qu’Ottawa égalera l’investissement du gouvernement de l’Ontario dans l’usine de Ford à Oakville. À terme, 3000 employés devraient y assembler des véhicules électriques.

  • Le coût total de la transformation de cette usine est évalué à 1,8 milliard $.
  • À la fin septembre, le syndicat des travailleurs canadiens de l’automobile avait déjà souhaité que cet investissement en entraîne d’autres ailleurs dans l’industrie canadienne.

Des batteries québécoises dans des autos ontariennes?

Pendant que l’Ontario espère devenir un important fabricant de véhicules électriques, le Québec, lui, aimerait lui fournir les composants nécessaires à leur fabrication.

  • Ottawa ferait d’une pierre deux coups en misant «sur l’expertise et les ressources naturelles du Québec pour fournir des batteries aux véhicules ontariens», soutient Sarah Houde, de Propulsion Québec.
  • Elle ajoute que le fédéral pourrait aussi «accompagner les fabricants de véhicules à essence faits au Québec».
Alain McKenna
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Toyota confirme son intention de mettre des camions à hydrogène sur les routes nord-américaines rapidement

Publié le 6 oct. 2020
  • Un prototype de camion-remorque alimenté par des piles à combustible devrait être prêt avant la fin 2021.
  • Selon Toyota, l’hydrogène est le meilleur moyen de rendre le transport de marchandises plus propre, que ce soit en propulsant des camions, des trains ou même certains types de navires.

En se faisant tordre un peu le bras, Ford vient peut-être de sauver l’industrie automobile canadienne

Publié le 23 sept. 2020
  • Le syndicat qui représente les travailleurs canadiens de l’automobile a négocié une entente de 3 ans avec le constructeur.
  • Cette entente mènera Ford à investir 2 milliards $ pour moderniser les usines d’Oakville et de Windsor.

Le syndicat promet que cette entente assure la présence de Ford dans le sud de l’Ontario pour «les décennies à venir».

Pour les travailleurs impliqués, c’est un soulagement «générationnel». La taille de l’investissement promis par Ford «est plus qu’une poignée de monnaie lancée sur la table pour clore le dossier rapidement», dit Jerry Dias, président du groupe syndical Unifor.

  • Ford refuse de confirmer, mais cinq nouveaux modèles électriques pourraient être assemblés en Ontario à partir de 2025.
  • L’usine d’Oakville a longtemps produit des petits VUS, un format très populaire en Amérique du Nord, et qui le sera sans doute encore plus s’il est électrifié…

Les syndiqués voteront sur l’entente dimanche, mais l’issue ne fait pas de doute.

Elle signale un virage important pour l’industrie canadienne. Celle-ci était jusqu’ici exclue des plans d’électrification d’une valeur de 300 milliards $US annoncés par les grands fabricants d’automobiles pour la décennie à venir.

Unifor se tourne maintenant vers Fiat Chrysler et General Motors. Le syndicat devra convaincre ces deux groupes d’investir à leur tour au Canada.

Alain McKenna
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Uber investira 800 millions $US d’ici 2030 pour électrifier le véhicule de ses chauffeurs

Publié le 9 sept. 2020
  • Le service de voiture à la demande introduit l’option Uber Green à son application, pour les clients désirant commander un véhicule électrique ou hybride.
  • Ses chauffeurs canadiens auront quant à eux droit au prix réduit «pour les employés» de GM Canada à l’achat d’une Chevrolet Bolt, une familiale compacte pouvant parcourir 383 km par charge.

Vous voudrez probablement attendre encore quelques mois avant d’acheter un véhicule neuf

Publié le 30 août 2020
Vous voudrez probablement attendre encore quelques mois avant d’acheter un véhicule neuf

(Photo: Unsplash)

  • Plusieurs commerces qui ont été fermés pendant des mois tentent d’attirer les acheteurs en liquidant leur inventaire.
  • C’est tout le contraire qui se produit dans l’automobile: l’arrêt de la production mondiale pendant deux mois a créé une pénurie de véhicules, maintenant que les consommateurs sont de retour dans les salles d’exposition.

L’arrêt généralisé de la production et des ventes au printemps a réduit de beaucoup le volume de véhicules disponibles et a augmenté leur coût de mise en marché.

  • «On prévoit des augmentations du prix des voitures neuves en 2021», dit George Iny, directeur de l’Association des propriétaires d’automobiles (APA).
  • Les véhicules usagés ne seront pas plus abordables eux non plus, ajoute l’expert canadien: «le prix des autos d’occasion baissera seulement plus tard cet automne, quand la demande baissera.»

Contrairement à d’autres grandes crises passées, comme la récession de 2008-2009, les grands groupes automobiles ont cessé leurs activités assez tôt pour éviter une situation financière trop précaire.

  • Le gel complet des opérations a permis à plusieurs constructeurs de revoir leur catalogue et de couper la production de certains modèles et de miser sur une reprise des ventes en 2021 ou plus tard.
  • Ce délai crée une rareté qui fait monter les prix dans les véhicules les plus en demande, comme les VUS ou les camionnettes.

Alain McKenna
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