François Legault

Nouvelles, annonces, déclarations, propositions, promesses et résultats électoraux de François Legault, premier ministre du Québec et chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ)

La sous-traitance demandée par le gouvernement: un «fléau» selon le SPGQ

Publié avant-hier
La sous-traitance demandée par le gouvernement: un «fléau» selon le SPGQ

(Source: Pixabay)

  • Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) qualifie de «véritable fléau endémique» la sous-traitance de ce qu’il appelle les «activités gouvernementales». 
  • Selon le syndicat, le gouvernement pourrait économiser près d’un milliard $ par an s’il confiait plus de tâches et de projets à des employés de l’État plutôt qu’à des sous-traitants. 

La sous-traitance coûte plus cher que le travail des employés de l’État, estime le SPGQ.

«Lorsque le gouvernement embauche un sous-traitant, ce dernier facture des frais non seulement pour son service, mais aussi pour réaliser des bénéfices», a expliqué à InfoBref Line Lamarre, présidente du SPGQ.

  • La rémunération des professionnels du gouvernement coûterait, selon le SPGQ, de 30% à 50% moins cher que le recours à des professionnels de firmes privées.

Le syndicat met 2 montants en perspective:

  • 3 milliards $, le montant des contrats donnés en sous-traitance pendant l’année fiscale 2019-2020; et
  • 1,9 milliard $, la masse salariale des professionnels employés par le gouvernement.

Il calcule que le gouvernement pourrait économiser entre 570 et 950 millions $ par an en diminuant la sous-traitance.

«Il y a des services qu’on ne peut pas sous-traiter», affirme Line Lamarre. 

  • Elle cite en exemple les services d’un psychologue, qui «coûtent deux fois, voire trois fois plus cher au privé».

Elle reconnait toutefois que, certains projets, comme des contrats temporaires, peuvent nécessiter d’être confiés en sous-traitance. 

La SPGQ a envoyé le mois dernier à François Legault un rapport sur la sous-traitance au sein de la fonction publique québécoise.

  • «On a demandé au premier ministre de réduire la sous-traitance mais, pour l’instant, cela reste lettre morte», observe Line Lamarre.  
Félix Côté
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François Legault prorogera le parlement la semaine prochaine

Publié le 7 oct. 2021
François Legault prorogera le parlement la semaine prochaine

François Legault et les ministres Simon Jolin-Barrette, Geneviève Guilbault et Christian Dubé (Source: Émilie Nadeau / Compte Facebook du premier ministre)

  • Le premier ministre demandera mercredi la prorogation du parlement, c’est-à-dire la fin de la session parlementaire en cours. Cela entraînera la «mort au feuilleton» des projets de loi qui n’ont pas encore été adoptés à l’Assemblée. 
  • François Legault a annoncé hier qu’il prononcera un discours pour ouvrir une nouvelle session parlementaire le 19 octobre. Il s’agira alors de la 2e session de la 42e législature – la première session avait débuté en 2018 à l’arrivée au pouvoir de la CAQ. 

Mercredi prochain, le conseil des ministres va adopter un décret pour demander au lieutenant-gouverneur de mettre un terme à la session parlementaire qui dure depuis 3 ans. 

Une session «d’après-pandémie»

  • La nouvelle session parlementaire «sera l’occasion de préparer le Québec à l’après-pandémie», selon le communiqué du premier ministre. 
  • Le gouvernement Legault souhaite «mettre à jour les priorités gouvernementales» car la situation a «beaucoup changé» depuis le discours de 2018. 

«Le pire de la crise est derrière nous», affirme Legault:  

  • La pandémie «nous a transformés, dit-il, et a mis de l’avant des enjeux cruciaux pour le Québec».

Dans cette nouvelle session, le gouvernement Legault voudrait: 

  • remplir ses engagements de 2018; et 
  • amorcer «les grands changements des prochaines années». 

11 projets de loi étaient actuellement à l’étude à l’Assemblée.

  • Leur étude devrait reprendre lors de cette deuxième session.

L’annonce du premier ministre arrive au moment où les députés viennent d’ajourner leurs travaux pour une semaine de travail dans leur circonscription.

Johanna Sabys
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Legault «ne peut pas prétendre que le système est raciste»

Publié le 5 oct. 2021
Legault «ne peut pas prétendre que le système est raciste»

François Legault (Source: Bureau du premier ministre)

  • Selon François Legault, le mot systémique est «relatif à un système dans son ensemble», et il n’y a pas, maintient-il, de racisme «systémique» au Québec.
  • Le premier ministre reconnaît toutefois que les membres des communautés autochtones sont victimes de discrimination et de racisme qu’il juge «inacceptables», et il faut, dit-il, «s’assurer que ça ne se reproduise pas». 

François Legault réagissait au rapport de la coroner Géhane Kamel sur le décès de Joyce Echaquan [détails dans notre bulletin de mardi soir]. 

Le gouvernement ne reconnaîtra pas le racisme systémique

  • Cette reconnaissance est pourtant la première recommandation de la coroner. 
  • Avant même le dépôt de son rapport, la question avait déjà causé la semaine dernière des débats houleux entre les partis à l’Assemblée nationale – le Parti libéral et Québec solidaire pressent le gouvernement de reconnaître le racisme systémique. 
  • De son côté, le Parti Québécois estime que la coroner a outrepassé son mandat en faisant cette recommandation au gouvernement Legault. 

Un problème de définition? 

  • Le premier ministre a mentionné de nombreuses fois celle du dictionnaire Le Petit Robert qui fait référence à «un système dans son ensemble».
  • Il n’y a pas au Québec de «système organisé qui part d’en haut» et qui a pour but de discriminer les membres des Premières Nations, affirme Legault. 
  • Selon lui, il y a «plusieurs définitions» et celle de la coroner est différente de la sienne. 

Legault admet qu’il y a du racisme au Québec

  • Mais, selon lui, ce sont seulement des groupes d’employés ou des dirigeants qui ont des approches discriminatoires à certains endroits. 

Des recommandations ont été appliquées au CISSS de Lanaudière, dit Legault:  

  • un membre de la communauté atikamekw a été nommé adjoint à la PDG; 
  • des agents de liaison atikamekw ont été embauchés; et 
  • 12 000 employés de l’hôpital ont déjà reçu au moins 3h de formation sur les réalités autochtones.
Johanna Sabys
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Les libéraux restent au pouvoir, mais sont toujours minoritaires. Et maintenant?

Publié le 21 sept. 2021
  • Justin Trudeau pense désormais avoir «un mandat clair» pour sortir de la pandémie. Le chef conservateur Erin O’Toole n’est pas du même avis. Mais le Bloc et le NPD disent qu’ils sont prêts à collaborer dans l’intérêt des Québécois. 
  • Au Québec, François Legault ne «regrette pas» d’avoir, dit-il, «défendu les intérêts de la nation québécoise» en soutenant les conservateurs. Le premier ministre affirme toutefois qu’il est «capable» de travailler avec Trudeau. 

Les résultats des élections fédérales sont encore incomplets, à cause du million de bulletins envoyés par la poste, mais on sait que le Parti libéral reste au pouvoir pour un 3e mandat. 

Même sans majorité, Trudeau estime qu’il a reçu le «mandat clair» dont il avait besoin pour sortir de la pandémie. 

  • Le premier ministre dit toutefois qu’il a «entendu» ceux qui ne voulaient pas d’élections. 

O’Toole croit que le parti conservateur prendra le pouvoir «s’il continue de grandir».

  • Le chef conservateur reproche toujours à Trudeau d’avoir déclenché les «élections les plus chères de l’histoire» (612 millions $): selon O’Toole, le premier ministre pourrait même en déclencher d’autres dans les 18 prochains mois. 

Blanchet affirme qu’il coopérera pour faire fonctionner le Parlement.

  • Le chef du Bloc québécois dit que son parti soutiendra en Chambre tout «ce qui bon pour le Québec» et que, en revanche, ce qui ne l’est pas «verra le Bloc se dresser sur son chemin».

Singh assure que le NPD sera là pour le Québec. 

  • «Peu importe le nombre de députés [québécois]» dans son caucus, Jagmeet Singh assure que le NPD «va continuer de se battre» pour les Québécois. 

Legault est «le grand perdant» des élections, selon les partis d’opposition à Québec. 

  • La cheffe du Parti libéral Dominique Anglade croit que François Legault a «parié gros» en prenant position pendant la campagne fédérale, et «qu’il a perdu» et «entraîné tous les Québécois dans sa défaite». 
  • Le chef parlementaire de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois croit qu’il s’agit d’un «retour à la réalité» pour le premier ministre qui «s’est mis les pieds dans les plats» – puisqu’il n’y a pas eu «d’effet Legault», dit Nadeau-Dubois. 
  • Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon croit aussi que «c’est un échec pour François Legault et la CAQ», et que le premier ministre ne «sera plus en mesure de négocier» avec Ottawa.
Johanna Sabys
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Legault soutient Blanchet et demande des excuses à la modératrice du débat des chefs en anglais

Publié le 10 sept. 2021
  • La tension était palpable hier soir au débat des chefs en anglais, au cours duquel la modératrice a demandé plusieurs fois au chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet pourquoi il appuyait ce qu’elle a qualifié de lois québécoises «discriminatoires».
  • Le chef du Bloc qualifie ces questions «d’insultes», François Legault demande des excuses à la modératrice, et la plupart des chefs politiques critiquent aujourd’hui la façon dont Blanchet a été questionné.

Lors du débat, le chef du Bloc s’est défendu plus d’une fois dans sa langue seconde.

  • La modératrice Shachi Kurl, présidente de l’Institut Angus Reid, lui a demandé pourquoi il appuyait la loi 21 sur la laïcité de l’État et le projet de loi 96 sur la Charte de la langue française, des lois québécoises qu’elle a qualifiées de «discriminatoires».
  • La chef du Parti vert, Annamie Paul, a invité Blanchet à «s’éduquer» (educate yourself) sur le racisme systémique – une invitation qu’il a qualifiée d’insulte.

Plus tard en soirée, Yves-François Blanchet s’est plaint:

  • que le débat avait débuté par une «chaudière d’insultes lancées contre Québec»;
  • de ne pas avoir bénéficié du même temps de parole que les autres chefs; et
  • que ses homologues ne soient pas intervenus pour rejeter des «insultes lancées sur le Québec».

D’autres vives réactions ont suivi aujourd’hui:

Le premier ministre du Québec François Legault demande des excuses de la part de la modératrice du débat, soulignant que «la nation québécoise est attaquée dans ses compétences» et que la loi 21 et la loi 96 «sont parfaitement légitimes».

La cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade dit que «les propos tenus au débat accusant le Québec de tous les maux étaient tout simplement inacceptables». 

Le chef libéral Justin Trudeau s’est dit «très surpris par le genre d’amalgame» au sujet de la loi 21 et «insulté en tant que Québécois», mais a répété être en désaccord avec cette loi.

Le chef conservateur Erin O’Toole a indiqué sur Twitter qu’il rejetait la prémisse de la question posée par l’animatrice du débat.

Le chef du NPD Jagmeet Singh dit que le racisme systémique et la discrimination systémique ne sont pas exclusifs à une seule province ou un seul territoire, mais qu’ils existent à la grandeur du pays.  

Félix Côté
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Quel homme politique nord-américain est le plus populaire au Québec?

Publié le 5 juil 2021
  • Selon un sondage Léger réalisé en juin pour l’Association d’études canadiennes (AEC), 85% des Québécois interrogés ont une opinion «très ou plutôt positives» du président américain Joe Biden. Seulement 58% d’entre eux pensent la même chose de Justin Trudeau. 
  • En Ontario, François Legault est un peu plus populaire que son homologue Doug Ford: les Ontariens approuvent à 51% comment Legault a géré la pandémie au Québec, et à 50% comment leur premier ministre l’a gérée dans leur province.

Analyse POLITIQUE

Combien de temps encore Legault peut-il surfer sur la vague de la Covid-19?

Publié le 11 juin 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Combien de temps encore Legault peut-il surfer sur la vague de la Covid-19?

[photo: Kanenori | Pixabay]

  • La pandémie de la Covid-19 a été un malheur collectif qui, au plan politique, aura fait les belles heures du gouvernement Legault. Il en sort gagnant toutes catégories, aux dépens des partis d’opposition.
  • L’Assemblée nationale a mis fin à ses travaux hier pour une pause estivale, avec l’espoir de reprendre au retour sa place comme lieu normal des débats politiques.

Tous les indicateurs sont favorables à François Legault et à son gouvernement.

  • De tous les premiers ministres, il est celui qui au Canada reçoit la meilleure note pour sa gestion de la crise sanitaire.
  • La dernière mesure prise par la firme de sondage Léger début juin lui donne une note de 73%.

Les intentions de vote sont au beau fixe.

  • Début mai, la CAQ était près d’un balayage, avec 46% d’appui contre 20% pour son plus proche adversaire, le Parti libéral.

Tout au long de cette crise, le premier ministre a joui de la confiance des Québécois, cela même si sa gestion a par moments été défaillante.

  • Durant la première vague, il perdu le contrôle de la prévention et des soins dans les CHSLD.

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L’arrivée de Christian Dubé à la tête du ministère de la Santé en juin dernier aura permis une reprise en main.

  • Le premier ministre lui doit le succès de la campagne de vaccination qui permet aujourd’hui de juguler la troisième vague.

Le retour à la normale, s’il est attendu avec fébrilité par le gouvernement, l’est tout autant par les partis d’opposition: leur espoir est d’enfin ressortir de l’ombre pour jouer leur rôle de contrepoids.

Victimes collatérales de la pandémie, les parlementaires ont été soumis ces 15 derniers mois à un régime d’exception.

Les règles sanitaires ont ralenti le fonctionnement de l’Assemblée nationale et limité les débats.

De plus, à plusieurs reprises, le gouvernement s’est délibérément soustrait à l’habituelle reddition de comptes:

  • Il a pris des raccourcis pour déclarer l’État d’urgence sanitaire par décrets, outrepassant le parlement.
  • Il a retardé pendant des semaines le dépôt de projets de loi majeurs, tel le projet 96 sur la protection de la langue française.
  • Il a ignoré les demandes d’une enquête indépendante et publique sur sa gestion de la pandémie.
  • Fort de sa popularité, il s’est à l’occasion permis d’être arrogant, prédisant aux critiques de son projet de troisième lien leur défaite aux prochaines élections.

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L’opposition a une seule fois réussi à égratigner l’image du gouvernement.

  • La démission forcée du ministre Pierre Fitzgibbon pour son refus de se plier aux exigences du code d’éthique a terni son image.

À la rentrée de septembre, l’Assemblée nationale devrait se déconfiner, comme le reste de la société.

Les ministres ne pourront plus invoquer la pandémie pour échapper aux questions de l’opposition et des journalistes.

Bien des dossiers passés sous le radar de l’opinion publique referont surface.

En tout premier lieu, le gouvernement devra se plier à un réel bilan de sa gestion de la pandémie.

  • Déjà pointent à l’horizon les appels à une réforme du système de santé dont les faiblesses et lacunes ont été révélées par la crise sanitaire.

La vague de la pandémie se retirant, surfer sera dès lors plus difficile pour François Legault: il devra composer avec le ressac.

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Santé mentale des jeunes: le Québec manque de psychologues, dit Legault

Publié le 11 juin 2021
  • François Legault reconnaît que le nombre croissant de jeunes qui souffrent de problèmes de santé mentale «engorge» les urgences de la province. «Malheureusement, dit-il, il manque du personnel qualifié disponible.»
  • Selon l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (Inesss), en janvier et février, les admissions de jeunes à l’hôpital pour un problème de santé mentale étaient en hausse de 40% par rapport à l’an dernier. 

L’opposition demande au gouvernement d’agir en matière de santé mentale.

Le Parti libéral a réclamé des mesures il y a déjà 8 mois, a rappelé hier à l’Assemblée nationale sa cheffe Dominique Anglade.

  • Le PLQ veut adopter un système d’accès universel aux soins en santé mentale. 

Québec ne peut se «contenter de bonnes intentions», dit le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

  • QS demande un plan «concret» pour venir en aide aux jeunes en détresse.

Le premier ministre a souligné que son gouvernement a lancé un programme pour embaucher des psychologues du privé, afin de réduire les listes d’attentes dans les établissements publics.  

Johanna Sabys
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Legault envisage de sanctionner ceux qui s’en prennent aux élus sur les réseaux sociaux

Publié le 12 mai 2021
  • «Il va falloir trouver des moyens de sanctionner les gens qui font des attaques violentes sur les médias sociaux», a affirmé François Legault lors des assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec.
  • Pour le premier ministre, des «propos inacceptables» freinent les envies politiques de certains, et poussent des élus à démissionner. Legault invite toutefois les gens à prendre ces attaques «avec un certain détachement». Selon lui, c’est «une petite minorité» de personnes qui font du bruit. 

Pénurie de main-d’œuvre: sans l’immigration nous ne pourrons pas y arriver, dit le président du CPQ

Publié le 3 mai 2021
Pénurie de main-d’œuvre: sans l’immigration nous ne pourrons pas y arriver, dit le président du CPQ

Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec [photo: CPQ]

  • Le président du Conseil du patronat du Québec Karl Blackburn explique à InfoBref que pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre des entreprises, il faudra favoriser la formation et la requalification des travailleurs, et rehausser les seuils d’immigration. Ce sont «les ingrédients essentiels pour relever ce défi, dit-il, ça prend les trois».
  •  Karl Blackburn réagissait aux propos de François Legault. Le premier ministre a déclaré aux membres du CPQ qu’il était plus important pour son gouvernement d’augmenter le salaire moyen au Québec que de favoriser l’immigration de travailleurs. 

«Mon obsession, c’est d’augmenter le salaire moyen», a déclaré Legault vendredi dernier aux membres du CPQ.

  • «À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 $, j’empire mon problème. À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne plus de 56 000, j’améliore ma situation.»

Karl Blackburn précise à InfoBref que le premier ministre s’exprimait dans le cadre d’un événement réservé aux membres du CPQ.

  • Legault a eu «des échanges transparents qui ont permis de faire l’état de la situation sur différents enjeux». 
  • Selon lui, les propos mis en exergue par Radio-Canada, qui a obtenu un enregistrement des conversations, ne sont qu’un «petit segment» dans une discussion.

Les besoins sont encore plus grands aujourd’hui qu’avant la pandémie, dit le président du CPQ. 

En se basant seulement sur la courbe démographique, depuis 2019, le Québec aurait chaque année besoin de 64 000 nouveaux travailleurs étrangers.  

Or, la province a accueilli:

  • 44 000 travailleurs en 2019; et
  • 30 000 en 2020.

Le Québec pourrait en accueillir encore moins cette année, déplore-t-il.

Pour relever le défi de la pénurie de main-d’œuvre, il faut augmenter les seuils d’immigration, croit le président de l’organisme patronal. 

Le CPQ propose notamment de régler tout de suite les 51 000 dossiers d’immigrants sélectionnés par le Québec qui sont actuellement en attente. 

  • Le premier ministre n’a pas confirmé s’il était d’accord avec les demandes du CPQ. 
  • Legault m’a demandé de le convaincre, dit Blackburn.


Johanna Sabys
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Legault accuse Anglade de chercher des problèmes là où il n’y en a pas

Publié le 15 avr. 2021
  • La cheffe du Parti libéral Dominique Anglade a demandé au gouvernement de consulter l’Assemblée nationale lors des prochains renouvellements du décret d’urgence sanitaire – en vigueur depuis mars 2020. François Legault ne voit pas l’intérêt de débattre: «C’est une évidence», dit-il, ajoutant que son gouvernement «respecte la loi».
  • Pourtant, la Loi sur la santé publique dit que l’état d’urgence sanitaire est valable pour une période de 10 jours. Il peut ensuite être renouvelé pour d’autres périodes de 10 jours ou, avec l’assentiment de l’Assemblée nationale, pour des périodes maximales de 30 jours.

Quand faut-il porter un masque à l’extérieur?

Publié le 14 avr. 2021
Quand faut-il porter un masque à l’extérieur?

François Legault (Source: Twitter / Émilie Nadeau)

  • François Legault est revenu sur l’obligation de porter un masque lors de toute activité à l’extérieur – une mesure que les partis d’opposition avaient vivement critiquée. 
  • Le premier ministre a clarifié hier la consigne et les situations dans lesquelles elle doit désormais s’appliquer. 

Selon les précisions apportées par François Legault, le masque est seulement obligatoire dans les situations où il est «difficile de respecter en tout temps la distance de deux mètres» avec des personnes n’habitant pas à la même adresse.

Le masque n’est donc finalement pas obligatoire pour:

  • pratiquer des sports où la distance de deux mètres peut être respectée, comme le golf ou le tennis;
  • un couple qui n’habite pas à la même adresse; et
  • une personne seule qui s’est greffée à une bulle familiale. 

Il n’est pas obligatoire non plus lorsque deux personnes marchent ensemble ou sont assises à deux mètres de distance.

L’opposition demandait des explications au gouvernement.

  • Cette mesure était «très dure à suivre», déplorait le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.
  • La cheffe du Parti libéral Dominique Anglade était surprise qu’une telle mesure soit imposée après un an de pandémie, alors que l’on a répété qu’à l’extérieur, «le risque de contamination est beaucoup plus faible». 

La contamination à l’extérieur existe, confirme à InfoBref la professeure en santé publique Roxane Borgès Da Silva.

  • Mais selon les études, elle est 19 fois moins probable qu’à l’intérieur, précise-t-elle.
  • «Elle est nécessairement plus élevée avec les variants. De combien? On ne sait pas encore.»

En conférence de presse mardi, le directeur national de santé publique Horacio Arruda avait reconnu qu’aucune «étude contrôlée» n’appuyait l’obligation de porter un masque à l’extérieur. 

  • Le Dr Arruda affirmait toutefois que la mesure avait été «retenue par les experts [de la santé publique] par consensus», à cause de la «très grande transmissibilité des variants».



Johanna Sabys
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