Montréal

Analyse POLITIQUE

Peut-on imaginer une police sans arme?

Publié le 16 avr. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Peut-on imaginer une police sans arme?

(Photo Unsplash)

  • L’idée de désarmer la police pour certaines de ses fonctions suscite de vives réactions. Les policiers s’y opposent. Les groupes communautaires y sont favorables.
  • Ce que d’autres villes ont fait, Montréal peut le faire et amorcer à son tour un changement de la culture policière.

Intervenir en situation de crise n’est jamais simple pour des policiers.

Pour exemple, la décision qu’a dû prendre une policière de Longueuil, plus tôt cette semaine, de se servir de son arme pour maîtriser un forcené armé de couteaux.

Quatre coups de feu ont été tirés. Tous ont raté leur cible. Cet individu a finalement été maîtrisé par d’autres méthodes.

Le dénouement de cette intervention montre que le recours aux armes peut ne pas être un absolu.

Tout comme ne devrait pas l’être la nécessité d’être toujours armé, tel que le soutiennent les policiers pour qui leur arme est leur ultime protection. On le leur apprend à l’école de police.

L’usage de la force fait actuellement partie de l’arsenal ordinaire des policiers. Pourtant, il y a d’autres façons de faire.

Ces dernières années, les policiers du Québec ont appris de leurs erreurs. Ils se sont adaptés aux circonstances nouvelles.

Les «forcenés» auxquels ils sont confrontés sont rarement des criminels.

Ce sont des personnes en état de crise pour cause de maladie mentale ou aux prises avec des problèmes de drogue.

  • Ils ont besoin de soins.
  • À la place, ils risquent d’être victimes de tirs policiers.

L’adoption d’approches communautaires ou «préventionnistes» par plusieurs corps policiers montre qu’un changement est amorcé.

On voit de plus en plus fréquemment des équipes mixtes où des travailleurs sociaux interviennent avec les policiers.

La proposition adoptée par Projet Montréal à son récent congrès pour désarmer la police est plus nuancée que ce que la Fraternité des policiers en a retenu.

Il ne s’agit pas que tous les policiers laissent leurs armes aux vestiaires, mais plutôt de mettre en place un projet pilote suivant lequel le port d’armes serait ultimement réservé aux brigades spécialisées.

Cette pratique n’est certes pas répandue à travers le monde.

Mais, dans une vingtaine de pays, l’usage des armes est réservé à des circonstances exceptionnelles.

  • En Grande-Bretagne, exemple souvent cité, 95% des policiers ne sont équipés que d’une matraque.
  • La Norvège, l’Islande et la Nouvelle-Zélande ont des pratiques similaires.

L’absence de policiers armés dans ces pays ne les rend pas moins sécuritaires.

  • Le taux d’homicide dans chacun de ces pays est moins élevé qu’au Canada.
  • Le nombre de décès survenus par des tirs policiers y est aussi inférieur.

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Le débat amorcé sur le port d’armes peut être déstabilisant pour les policiers et pour une partie de la population, d’autant plus qu’il survient en parallèle à cet autre débat sur le «définancement» des corps policiers qui nous vient des États-Unis.

L’amalgame est vite fait. Tous les moyens seraient bons pour s’en prendre à l’institution.

Il y a là un piège où il est facile de tomber.

Au-delà du mot «armes», le débat porte en fait sur la culture policière. C’est ce à quoi il faut s’intéresser.

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Le financement de la station du REM à l’aéroport de Montréal est confirmé

Publié le 15 avr. 2021
Le financement de la station du REM à l’aéroport de Montréal est confirmé

(Source: Flickr)

  • Québec et Ottawa se sont entendus sur un montage financier de 600 millions $ pour ce projet qui permettra de relier le centre-ville de Montréal à l’aéroport Montréal-Trudeau.
  • L’accord prévoit un prêt de 300 millions $ de la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC), un prêt de 100 millions $ de Québec, et des contributions de 100 millions $ de Transports Canada et d’Aéroports de Montréal (ADM).

Cette entente confirme la construction d’une station du Réseau express métropolitain à l’aéroport Montréal-Trudeau.

  • La première phase de construction du REM était évaluée à 6,5 milliards $.
  • Des négociations ont eu lieu pour réviser ce budget à la hausse, notamment pour financer la station de l’aéroport.

Aéroports de Montréal devait financer cette station.

Mais, à cause de la crise sanitaire, l’exploitant et le gestionnaire des aéroports de Montréal a demandé l’aide de Québec et Ottawa pour réaliser le projet.

  • ADM dit avoir déjà engagé des frais de 45 millions $ dans la phase préparatoire des travaux de construction.
Johanna Sabys
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Valérie Plante propose d’investir près d’un milliard pour verdir le parc Jean-Drapeau

Publié le 14 avr. 2021
Valérie Plante propose d’investir près d’un milliard pour verdir le parc Jean-Drapeau

Le Parc Jean-Drapeau (Source: Flickr)

  • La mairesse de Montréal a présenté un plan de 970 millions $ sur 10 ans pour mettre en valeur le patrimoine naturel du parc et le rendre plus accueillant au public. Ce plan prévoit que les espaces boisés augmenteront de 30%, que les surfaces de stationnement seront réduites et plus concentrées aux extrémités des îles, et qu’une promenade de 15 km sera créée sur la rive. 
  • Montréal s’engage à investir 340 millions $. Valérie Plante espère s’entendre avec Québec, Ottawa et des partenaires privés pour financer le reste du projet.

La startup montréalaise Crewdle lance un ingénieux service d’appels vidéo pour rivaliser avec Zoom et Microsoft Teams

Publié le 14 avr. 2021
La startup montréalaise Crewdle lance un ingénieux service d’appels vidéo pour rivaliser avec Zoom et Microsoft Teams

Pierre Campeau et Vincent Lamanna, de Crewdle (photo: Crewdle)

  • Le service de Crewdle n’exige aucune installation de logiciel sur le poste de travail de ses utilisateurs. Il utilise un protocole pair-à-pair (P2P) qui ne requiert aucun serveur central pour fonctionner.
  • Fondée par les entrepreneurs montréalais Vincent Lamanna et Pierre Campeau, l’entreprise lance officiellement cette semaine un service web et mobile accessible gratuitement par les particuliers et sur abonnement par les entreprises.

Crewdle compte sur la technologie P2P pour se démarquer des services américains plus connus.

  • Elle évite d’avoir à passer par un serveur centralisé où les données pourraient être plus facilement interceptées par des gens aux intentions malveillantes.
  • La communication vidéo est aussi chiffrée de bout en bout, ce qui doit assurer la confidentialité des échanges.

L’entreprise a vu le jour à la fin de l’an dernier grâce à du financement privé provenant à la fois du Canada et de la Silicon Valley, aux États-Unis.

  • «La technologie de communication pair-à-pair permet d’offrir une alternative sécurisée, écologique et facile à utiliser», assure par communiqué Vincent Lamanna.
  • «Avec le confinement en 2020, c’était l’occasion de proposer cette nouvelle façon de collaborer.» 
Alain McKenna
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Québec, Ottawa et Montréal accordent 45 millions $ à la Biosphère

Publié le 12 avr. 2021
Québec, Ottawa et Montréal accordent 45 millions $ à la Biosphère

La Biosphère face au centre-ville de Montréal (Source: SMQ)

  • Cette somme sera versée sur cinq ans conjointement par Québec, Ottawa et Montréal pour assurer les activités du musée de l’Environnement de Montréal. 
  • Le ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbeault, le ministre québécois de l’Environnement Benoit Charette et la mairesse de Montréal Valérie Plante en ont fait l’annonce hier. Le service montréalais Espace pour la vie sera responsable de gérer les activités du musée.

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Les débardeurs du Port de Montréal entament une grève partielle demain

Publié le 11 avr. 2021
  • Les débardeurs n’effectueront aucune heure supplémentaire à compter de demain, en réponse à une annonce de l’Association des employeurs maritimes (AEM) qui veut suspendre certains de leurs privilèges.
  • Après des mois de trêve pour négocier leur convention collective, les débardeurs ont rejeté hier une nouvelle offre de l’AEM et ils ont déposé un avis de grève. Leur syndicat doit annoncer aujourd’hui les détails du mouvement de grève lors d’une conférence de presse. Selon le Journal de Montréal, les débardeurs cesseraient également leurs activités la fin de semaine dès samedi prochain. 

Le Grand Prix de Montréal pourrait être annulé cette année

Publié le 11 avr. 2021
  • La mairesse de Montréal Valérie Plante dit que le plus important est que le Grand Prix de Formule 1 reste à Montréal: «si jamais ce n’était pas possible pour cette année [le 13 juin], il faut absolument qu’il soit là l’année prochaine».
  • Valérie Plante était interrogée hier, lors d’une conférence de presse à l’issue du congrès de son parti, sur les 6 millions $ que réclame la F1 pour compenser le promoteur du Grand prix si la Santé publique interdit à des spectateurs d’y assister. Selon la mairesse, des discussions à ce sujet sont en cours avec Québec et Ottawa. 

Analyse POLITIQUE

Une crise du logement se prépare à Montréal

Publié le 9 avr. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Une crise du logement se prépare à Montréal

(Photo Unsplash)

  • Se loger à prix abordable est devenu une affaire complexe, peu importe que l’on cherche un logement ou une maison. Rien ne semble pouvoir contenir l’inflation galopante des prix.
  • Cette pression des prix se ressent partout au Québec, mais particulièrement à Montréal où une nouvelle crise du logement se prépare pour la période des déménagements du 1er juillet.

Un sondage Angus Reid faisait état cette semaine de l’exaspération des citoyens devant les prix «déraisonnablement élevés» du marché immobilier. La croissance des transactions donne le tournis:

  • Le prix médian d’une unifamiliale au Québec est maintenant de 460 000 $, soit 100 000 $ de plus qu’il y a un an.
  • 16 020 transactions ont eu lieu en février, soit 47% de plus qu’en février 2019.

D’une région à l’autre, le nombre des transactions a considérablement varié en un an:

  • Laurentides: +89%
  • Montérégie: +34%
  • Laval: +25%
  • Montréal: +7 %

Cette inflation du prix des maisons crée inévitablement une pression sur le prix des logements à louer.

Montréal connaît une situation paradoxale.

  • Son taux d’inoccupation, qui n’est que de 2,7%, est au seuil du taux d’équilibre du marché.
  • Au centre-ville, ce taux est même de 10,2 %.
  • Dans des quartiers comme Outremont–Mont-Royal et Côte-des-Neiges, il est de plus de 4%.

Les Montréalais devraient donc pouvoir se loger à un prix raisonnable. Du moins, en principe.

La réalité est toutefois plus complexe.

Lorsqu’il s’agit de logement à prix abordable, le taux d’inoccupation chute à 1,6%.

Sur le terrain on constate que l’offre se restreint alors qu’une vague de «rénovictions» chasse les locataires de logements abordables pour les rénover et faire augmenter les prix.

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Le loyer moyen mensuel à Montréal est de 903 $ selon la SCHL. Cela représente une hausse de 4,2 % sur l’an dernier.

Mais ceux qui sont à la recherche d’un logement paieront plus.

Le Devoir a analysé les prix affichés sur 3000 annonces publiées sur Kijiji. Il établit la moyenne des loyers offerts à 1310 $ par mois. On est loin de l’abordabilité.

Une nouvelle «crise du logement» lors de la période des déménagements du 1er juillet apparaît inévitable. Plusieurs risquent de rester sur le carreau.

Survenant en plein cœur de la campagne à la mairie, elle incitera les candidats à jouer au à-qui-la-faute.

Les administrations municipales n’ont pas de réels pouvoirs sur le marché de l’habitation. Si elles ne peuvent jouer les arbitres, elles peuvent néanmoins agir.

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Valérie Plante avait ainsi pris des engagements forts en 2017:

  • construire 12 000 logements sociaux et abordables; et
  • forcer les promoteurs immobiliers à faire leur part pour la mixité sociale en habitation.

Le premier engagement n’a été que partiellement tenu.

Quant à son règlement surnommé le 20/20/20, il n’est en vigueur que depuis le 1er avril.

Projet Montréal maintiendra cette approche lors d’un deuxième mandat.

Ensemble Montréal, où Denis Coderre est de retour, aura une vision à l’opposé de tout interventionnisme. Il a d’ailleurs voté contre l’adoption du 20/20/20.

Les élections municipales auront lieu le 7 novembre.

L’accès au logement et à la propriété demeurera d’ici là un enjeu majeur pour les Montréalais. Denis Coderre et Valérie Plante ne pourront l’éviter.

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Les entreprises prépareraient le retour de leurs employés au bureau, dans des immeubles haut de gamme

Publié le 8 avr. 2021
  • La société immobilière américaine CBRE constate que le taux d’inoccupation des espaces commerciaux qu’elle possède dans les grandes villes du Canada a augmenté moins rapidement au premier trimestre de cette année qu’aux trois trimestres précédents. Elle croit que les entreprises se préparent à ramener leurs employés au bureau au cours des prochains mois.
  • Montréal affiche un taux d’inoccupation des bureaux inférieur à la moyenne nationale. CBRE précise que, dans la métropole québécoise, la demande pour des immeubles de Classe A (les plus prestigieux) a même commencé à remonter au cours des trois derniers mois.

La région de Montréal sera-t-elle reconfinée prochainement?

Publié le 5 avr. 2021
La région de Montréal sera-t-elle reconfinée prochainement?

(Photo Bureau du premier ministre)

  • Le nombre de cas de Covid-19 est en hausse dans la métropole. Plusieurs médecins réclament un reconfinement immédiat de la région montréalaise. Le ministre de la Santé a reconnu hier que la région est «toujours sous pression».
  • On se demande si Montréal sera à son tour soumise aux mesures d’urgence qui sont appliquées à Québec, Lévis et Gatineau depuis jeudi dernier. Ces mesures spéciales ont été étendues hier soir à la Beauce et à Bellechasse, dans la région de Chaudière-Appalaches.  

Après l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le Collège des médecins du Québec (CMQ), un autre groupe de médecins, Covid-Stop, avait réclamé vendredi la fermeture des écoles et le reconfinement immédiat du grand Montréal. 

Les consignes sanitaires ont déjà été resserrées dans les autres régions les plus touchées. 

En plus des mesures spéciales pour Québec, Lévis, Gatineau et les deux MRC de Chaudière-Appalaches, les régions de la Capitale-Nationale, de l’Outaouais, du Bas-Saint-Laurent, et de Chaudière-Appalaches sont repassées en zone rouge jeudi dernier.

  • La Capitale-Nationale, l’Outaouais et le Bas-Saint-Laurent ont respectivement un taux de 254, 180 et 179 cas actifs pour 100 000 habitants.
  • La région de Montréal n’est pas très loin derrière avec un taux de 164.

Le gouvernement «continue de surveiller la situation au Québec», dit le ministre de la Santé Christian Dubé.

  • Il juge la situation «préoccupante» dans les hôpitaux et dit que «la capacité hospitalière aux soins intensifs est fragile».

Hier, plus de 500 Québécois étaient hospitalisés, dont 123 aux soins intensifs. Avec la hausse du nombre d’infections observée ces derniers jours, la moyenne sur sept jours atteint désormais 1150 cas quotidiens. 


Johanna Sabys
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La montréalaise Spark Microsystems veut imposer sa technologie sans fil qui surpasse la norme Bluetooth

Publié le 5 avr. 2021
La montréalaise Spark Microsystems veut imposer sa technologie sans fil qui surpasse la norme Bluetooth

(Source: Spark Microsystems)

  • Reposant sur le protocole ultra-wideband (UWB), la technologie mise au point par Spark Microsystems permet d’échanger des données cinq fois plus rapidement que le signal Bluetooth. Elle consomme aussi 40 fois moins d’énergie que la plus récente version à faible énergie de Bluetooth (BLE).
  • Essaimée de l’ÉTS et de son incubateur Centech, l’entreprise montréalaise vient de lever 18 millions $ pour l’aider à commercialiser sa technologie et tenter de l’imposer dans l’industrie des semi-conducteurs comme une référence pour les appareils connectés de prochaine génération.

La technologie sans fil de Spark se situe en quelque sorte entre les protocoles Bluetooth et WiFi.

  • Elle permet de transmettre un volume important de données sur une distance relativement courte.
  • Elle convient à des applications de communication entre objets connectés situés à proximité l’un de l’autre, comme un ordinateur personnel ou une console de jeux vidéo, un moniteur, un contrôleur et un casque d’écoute.

Surtout, la technologie de Spark réduit à presque rien les délais de transmission des données sans fil, ce qui en fait une solution idéale dans des applications de réalité virtuelle et de vêtements connectés, explique à InfoBref Frédéric Nabki, enseignant à l’ÉTS et cofondateur de Spark.

  • «On peut remplacer ou compléter Bluetooth. On peut aussi utiliser notre technologie là où le Bluetooth ne peut tout simplement pas fonctionner à l’heure actuelle.»
  • «Par exemple, on peut faire disparaître les câbles qui relient divers accessoires à un casque de réalité virtuelle, et alléger le casque pour qu’il puisse être porté confortablement sur la tête.»

Maintenant que Spark a terminé le développement de sa technologie, la prochaine étape est de l’intégrer dans les produits de fabricants grand public.

  • Frédéric Nabki s’attend à ce que les premiers appareils utilisant le protocole de Spark soient mis en marché au cours des prochains mois.
Alain McKenna
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Analyse POLITIQUE

Valérie Plante saura-t-elle mettre Denis Coderre en échec?

Publié le 2 avr. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Valérie Plante saura-t-elle mettre Denis Coderre en échec?

[photos: YouTube et Twitter]

  • Denis Coderre a réussi son retour sur la scène politique montréalaise. Toute la semaine, il a fait les manchettes, amorçant ce qui sera une très longue campagne électorale.
  • Le match revanche tant désiré contre Valérie Plante est enclenché. Mais la mairesse sortante ne se donne pas battue pour autant, malgré son déficit de popularité.

L’ancien maire assure aujourd’hui que sa défaite crève-cœur de 2017 l’a profondément changé.

Il n’est pas le premier politicien à chercher ainsi renaître de ses cendres.

  • Jean Drapeau, Robert Bourassa, Jean Chrétien sont de ceux qui ont su surmonter d’éprouvants échecs et qui l’ont inspiré.

Le nouveau Denis Coderre apprécie la comparaison avec Jean Drapeau, mais son politicien modèle est, sans nul doute, Jean Chrétien. Il fut son mentor et il lui est redevable de beaucoup.

Cela se sent dans son livre Retrouver Montréal où Coderre rappelle l’importance qu’a eue pour lui Jean Chrétien en le nommant ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration en 2002.

Parions que, comme lui, il gardera, s’il retrouve la mairie, son caractère opiniâtre et déterminé. Il demeurera le fonceur que l’on a connu avant qu’il ne devienne autocrate en fin de mandat.

La transformation que prétend avoir subie Denis Coderre n’est donc pas une métamorphose totale.

Mais elle est réelle à certains égards:

  • il a pris soin de sa santé physique et mentale ;
  • la défaite l’a rendu plus humble – son ego en a pris un coup;
  • il sera plus à l’écoute des autres.

Durant cette campagne qu’il a voulu longue – on est à sept mois du scrutin –, nous aurons maintes occasions de juger de la profondeur de ce changement.

Denis Coderre n’échappera pas à un examen critique constant.

Son défi sera de maintenir la position de tête que lui attribuaient plusieurs sondages avant même l’annonce de son retour officiel.

  • Il y a deux semaines, Recherche Mainstreet lui accordait 40% des intentions de vote, avec 14 points d’avance sur Valérie Plante.

Cette avance tient pour beaucoup à l’impopularité des politiques de la mairesse actuelle.

Celle qui s’était fait élire comme «la mairesse de la mobilité» n’a pas réussi à libérer Montréal de ses cônes orange.

Le maire Coderre avait échoué à ce test avant elle.

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Valérie Plante est une battante. Elle ne concède rien d’avance.

Son bilan n’est pas que négatif et sa gestion, notamment de la pandémie, a permis à Montréal d’éviter le pire.

La vraie bataille se fera autour des programmes et des projets.

Pour le moment, Denis Coderre s’en tient à des perspectives générales de développement, qu’il expose dans son livre Retrouver Montréal.

Certaines de ses idées le rapprochent de Valérie Plante, entre autres sur le développement du transport en commun. Il a lui aussi sa «ligne rose».

Comme elle, il est préoccupé par les questions environnementales.

Ce glissement vers le centre correspond au même mouvement chez l’actuelle mairesse. Elle est d’ailleurs en froid avec des éléments plus radicaux de son parti.

Ses quatre ans à la tête de la ville l’ont, elle aussi, transformée.

Tous deux savent que la victoire se situe au centre – là où se trouvent les indécis, qui sont encore nombreux.

Avec un électeur sur quatre indécis, tout demeure possible.

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