Culture

Québec investit 5 millions $ pour soutenir la création et la diffusion de contenus numériques

Publié le 27 avr. 2021
Québec investit 5 millions $ pour soutenir la création et la diffusion de contenus numériques

La ministre de la Culture Nathalie Roy (Source: Twitter)

  • Le ministère de la Culture va verser 5 millions $ au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) pour aider les artistes québécois dans leur virage numérique.
  • La ministre de la Culture Nathalie Roy dit que le gouvernement veut aider les artistes à «explorer de nouveaux modèles d’affaires, conquérir de nouveaux marchés et accroître leur expertise». Les artistes de profession et les organismes admissibles peuvent dès maintenant soumettre un projet au CALQ dans le cadre du programme Exploration et déploiement numérique.

Le Cirque du soleil va reprendre quelques-uns de ses spectacles

Publié le 21 avr. 2021
Le Cirque du soleil va reprendre quelques-uns de ses spectacles

Extrait du spectacle Mystère [photo: Matt Beard | Cirque du soleil]

  • Les spectacles permanents O et Mystère recommenceront cet été à Las Vegas. Les spectacles de tournée Kooka et Luzia seront présentés respectivement à Punta Cana, en République dominicaine, en novembre, et à Londres en janvier prochain.
  • Le Cirque du soleil avait dû interrompre tous ses spectacles à cause de la pandémie il y a plus d’un an.

Tendances MÉDIAS

Comment Netflix uniformise la façon de raconter des histoires

Publié le 19 mars 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Comment Netflix uniformise la façon de raconter des histoires

[Image de la série Les tribus d’Europe. Crédit: Netflix]

  • Netflix avait écrit une page d’histoire l’an dernier en récoltant 24 nominations aux Oscars, un record. Le service de diffusion en continu fracasse cette année son record de l’an dernier avec 35 nominations, se propulsant ainsi loin devant les autres grands studios d’Hollywood.
  • Mais ce que Netflix change surtout, ces sont les histoires et la façon de les raconter.

Netflix et la course aux Oscars:

Oui, un vent de changement souffle sur Hollywood. En décrochant 35 nominations aux Oscars, dont 2 dans la catégorie du Meilleur film, Netflix s’impose comme la nouvelle superpuissance dans l’industrie du cinéma.

La conquête de Netflix est impressionnante. En 2014, la plateforme récoltait sa première nomination aux Oscars pour un documentaire sur la révolution égyptienne (The Square).

À peine sept ans plus tard, Netflix coiffe tous les autres grands studios au palmarès des nominations: plus du double des nominations décrochées par Amazon, son plus proche rival, et plus de quatre fois celles décrochées par Walt Disney et Warner Bros.

Bien entendu, la fermeture des cinémas pendant une bonne partie de 2020 a contribué à cette domination des plateformes numériques dans l’actuelle course aux Oscars.

Il n’empêche, le streaming en général et Netflix en particulier sont désormais aux premières loges du 7e art mondial. Et ce sera encore le cas après la pandémie.

Comme dirait l’autre: la game vient de changer.

Quel est l’impact de l’effet Netflix?

Les observateurs de l’industrie parlent depuis quelques années déjà de «l’effet Netflix», sans toutefois s’entendre sur une définition formelle du phénomène.

En ce qui me concerne, l’effet Netflix, c’est la mainmise d’une seule entreprise sur ce qu’on pourrait appeler la «culture mondialisée».

  • D’un côté, Netflix nous donne accès à des films et des séries provenant des quatre coins du monde: Allemagne, Corée du Sud, Russie, Turquie, France, Espagne, Afrique du Sud.
  • De l’autre, peu importe dans quel pays elles sont nées, les productions Netflix ont toutes un petit air américain.

Le film québécois Jusqu’au déclin, produit par Netflix et racontant le cauchemar d’un groupe de survivalistes, aurait pu avoir été tourné dans une forêt du Michigan avec des acteurs américains — sans changer une ligne au scénario.

La bagarre finale entre les deux protagonistes est d’ailleurs assez inédite dans le cinéma québécois; c’est toutefois la fin classique d’à peu près tous les films d’action américains depuis des décennies.

En fait, Jusqu’au déclin est un film américain tourné dans la langue de Félix Leclerc.

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J’ai regardé récemment la série allemande Les tribus d’Europe. Une série post-apocalyptique classique qui s’adonne à se dérouler quelque part en Allemagne. Une série américaine, tournée dans la langue de Goethe.

J’ai regardé le film sud-coréen #Alive. Une histoire de zombies à la Walking Dead, mais avec des acteurs locaux. Je n’ai strictement rien appris de la culture sud-coréenne, j’ai seulement regardé un autre film de zombies.

Voilà ce qu’est pour moi l’effet Netflix. Un rouleau compresseur culturel d’une ampleur inégalée. Une machine à planter des histoires américaines aux quatre coins du monde, en les faisant passer pour des productions «internationales»…

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Que sont les NFT et pourquoi valent-ils soudain des millions de dollars? – voici l’essentiel

Publié le 8 mars 2021
Que sont les NFT et pourquoi valent-ils soudain des millions de dollars? – voici l’essentiel

L’œuvre numérique mise en vente par l’artiste canadienne Grimes (Source: Twitter)

  • La semaine dernière, l’artiste visuelle canadienne Grimes a vendu des œuvres d’art numériques sur Internet pour 7,6 millions $. Quelques jours plus tard, le cofondateur de Twitter Jack Dorsey a récolté 3 millions $ en mettant son premier tweet aux enchères.
  • Dans les deux cas, la transaction a pu être effectuée grâce à une nouvelle technologie inspirée de la cryptomonnaie appelée non-fongible token (NFT), ou «jeton non fongible». Cette technologie assure l’authenticité des biens numériques, ce qui en fait un outil prometteur pour les créateurs de biens numériques – comme des artistes – qui veulent garantir la valeur de leurs créations.

Les jetons non fongibles éliminent le principal problème lié à la valeur des biens numériques: est-ce l’original, ou une simple copie?

Qu’il s’agisse d’une œuvre artistique, d’un tweet ou d’un article virtuel tiré d’un jeu vidéo, un bien numérique est, en fin de compte, un fichier informatique.

  • Il est facile à dupliquer, ce qui réduit grandement sa valeur réelle puisque n’importe qui peut s’en approprier sa propre copie.

Un jeton non fongible est une technologie d’authentification qui rend un bien numérique inviolable, et donc unique. 

  • Chaque jeton est doté d’un identifiant unique qui le différencie des autres. 
  • Même s’il est possible de reproduire une œuvre numérique dotée d’un jeton, le jeton, lui, ne peut pas être copié. 
  • La version de l’œuvre qui lui est associée est donc reconnue comme l’originale.

En vendant leurs créations, Grimes et Dorsey ont en réalité vendu la propriété du jeton associé à leur œuvre.


Le premier billet de Jack Dorsey sur Twitter (Source: Twitter)

C’est la chaîne de blocs des cryptomonnaies (blockchain) qui rend cette pratique possible.

La chaîne de blocs est le registre numérique et public dans lequel sont notées toutes les transactions effectuées à partir d’une monnaie numérique donnée. 

  • Par exemple, la chaîne de blocs du bitcoin identifie toutes les transactions de bitcoins effectuées à ce jour. 
  • Elle permet ainsi d’identifier tous les détenteurs de bitcoins.

Les NFT sont basées sur un registre similaire: il permet d’identifier le propriétaire d’un bien ou d’une œuvre numérique.


Une œuvre numérique vendue par l’artiste Beeple pour la somme de 8,4 millions $ (Twitter)

Comme les tableaux des grands peintres, les NFT permettent aux œuvres numériques originales de conserver leur valeur, même si elles sont copiées.

Alain McKenna
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Le chansonnier Raymond Lévesque a été emporté par la Covid-19

Publié le 15 fév 2021
Le chansonnier Raymond Lévesque a été emporté par la Covid-19

[Photo: couverture du livre Raymond Lévesque, Une vie d’ombre et de lumière, Éditions de l’homme]

• L’auteur de l’immense succès Quand les hommes vivront d’amour est décédé hier de la Covid-19 à l’âge de 92 ans.
 • Auteur-compositeur, interprète, poète, romancier et dramaturge, il était reconnu comme une figure marquante de la culture québécoise. Il était aussi étroitement associé au courant politique en faveur de l’indépendance du Québec.

Le chansonnier Raymond Lévesque a été emporté par la Covid-19

[Photo: couverture du livre Raymond Lévesque, Une vie d’ombre et de lumière, Éditions de l’homme]

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Tendances MÉDIAS

Radio-Canada: est-ce notre rempart contre les GAFA?

Publié le 22 janv. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Radio-Canada: est-ce notre rempart contre les GAFA?

[Photo: Jean Gagnon | Creative Commons]

  • Depuis le 18 janvier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tient des audiences virtuelles pour le renouvellement pour cinq ans des licences de CBC/Radio-Canada.
  • L’histoire qui se déroule sous nos yeux met en scène un diffuseur public pressé d’investir les plateformes numériques, un secteur privé qui préférerait tout le contraire, et un organisme réglementaire menotté par une Loi sur la radiodiffusion obsolète.

Ce que demande CBC/Radio-Canada:

Le diffuseur public souhaite avoir le droit de remplir une partie de ses conditions de licences sur des plateformes numériques plutôt qu’à la télé ou à la radio. Par exemple, Radio-Canada pourrait diffuser son «quota» de documentaires sur ICI Tou.tv plutôt qu’à ICI Télé le samedi à 22h30.

Cette demande est motivée par le désir de CBC/Radio-Canada de garder contact avec… la réalité.

  • Actuellement, environ 80% des francophones canadiens âgés de 18 à 34 ans sont abonnés à Netflix, rappelait au CRTC le vice-président du réseau français Michel Bissonnette.
  • «Si on ne veut pas perdre une génération, a-t-il ajouté. il est plus important que jamais de leur offrir une alternative francophone diversifiée et de qualité.»

L’ennui: tant que le projet de loi C-10 qui vise à modifier la Loi sur la radiodiffusion n’a pas été adopté, le CRTC n’a pas le pouvoir de réglementer le numérique.

En somme, le diffuseur public se considère de plus en plus comme une organisation médiatique qui doit «incarner le Canada» sur toutes les plateformes qu’utilisent les Canadiens, mais l’organisme chargé de le réglementer n’a pas encore les moyens de répondre à ces ambitions.

Pierre Karl Péladeau accuse CBC/Radio-Canada de «concurrence déloyale».

À en croire le patron de Québecor, alors que la télévision généraliste est en déclin en raison de la concurrence des géants américains du streaming, Radio-Canada devrait se concentrer sur son mandat de service public et laisser tomber ses activités commerciales, qui nuisent au secteur privé – dont Québecor.

Pourtant, le problème est ailleurs.

N’en déplaise à PKP, la vraie menace qui pèse sur l’industrie canadienne de la télévision, ce ne sont pas les 500 millions $ que CBC/Radio-Canada tire de ses activités commerciales et qui représenteraient une «concurrence déloyale» pour le secteur privé.

C’est une goutte d’eau dans l’océan.

La vraie menace, c’est le changement en profondeur des habitudes d’écoute des Canadiens depuis l’arrivée des Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video.

  • Les séries dramatiques locales et les émissions d’ici doivent maintenant rivaliser avec un flot ininterrompu de mégaproductions américaines déversé chaque semaine sur ces plateformes.
  • C’est District 31 avec Gildor Roy, contre The Mandalorian avec bébé Yoda.

En 2018, l’industrie de la télévision généraliste au Québec a encaissé des pertes d’exploitation de 3,2 millions $. Un record, selon Québecor, mais sans doute pas la dernière année dans le rouge: le public semble préférer bébé Yoda.

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Quelles sont les options?

Au Canada, quelle organisation médiatique a une force de frappe suffisante pour empêcher l’américanisation galopante de notre culture?

  • Bell Média? L’entreprise a lancé son service Crave, une alternative canadienne à Netflix. On y trouve bien des productions d’ici, mais elles sont noyées dans une mer de sitcoms américaines (Friends) et de séries de HBO.
  • Québecor? Une mouche à côté des géants américains. Dans les réunions chez Netflix, on ne doit pas trembler fort devant la menace que représente Club illico.
  • CBC/Radio-Canada? Même si le CRTC lui donnait les coudées franches pour investir les plateformes numériques, le diffuseur public aurait du mal à inverser la tendance de fond.

Par contre, pour protéger la culture d’ici – ce qui est réellement l’enjeu –, CBC/Radio-Canada est sans doute notre meilleure option.

Le diffuseur public l’a d’ailleurs démontré depuis 10 ans avec ICI Tou.tv, une plateforme de diffusion en continu qui fédère des contenus canadiens et internationaux de qualité provenant de CBC/Radio-Canada, mais aussi d’autres chaînes (TV5, UNIS.TV, Télé-Québec, l’ONF).

Il manquerait les contenus de TVA dans cette plateforme pour en faire un incontournable au Québec. Tou.tv pourrait peut-être même avoir une chance contre Netflix.

L’époque des chicanes de plates-bandes est révolue.

Quand j’entends les guéguerres entre PKP et Radio-Canada, j’ai l’impression d’assister aux sempiternelles querelles à propos d’un poisson pas frais entre le forgeron et le poissonnier dans Astérix.

Pendant ce temps, César poursuit l’expansion de son empire.

Seule différence: au Québec, nous n’avons pas de potion magique pour tenir les envahisseurs à distance. Notre seule option? Nous serrer les coudes.

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