États-Unis

Les sénateurs républicains jugent que le procès en destitution de Donald Trump est inconstitutionnel

Il y a 6 h
  • 45 des 50 sénateurs républicains ont voté en faveur d’une proposition déclarant que le procès de l’ancien président – mené après le départ de Trump – est inconstitutionnel.
  • Grâce aux votes démocrates, cette proposition du sénateur républicain Rand Paul a été battue 55 voix contre 45. Mais comme seulement 5 sénateurs républicains ont voté avec les démocrates, les 17 voix républicaines qui seraient nécessaires pour condamner Donald Trump semblent loin d’être acquises.

Joe Biden s’attaque aux injustices raciales

Mis à jour il y a 7 h
  • C’est l’une des quatre priorités de son programme. Le président américain a signé hier des décrets pour agir rapidement contre le racisme systémique que subissent les Américains issus de la diversité.
  • L’une de ses premières mesures doit renforcer les politiques antidiscriminatoires en matière de logement – affaiblies par Donald Trump. Les autres concernent le milieu carcéral, le racisme envers les Américains d’origine asiatique, et les nations autochtones. 

Quel sera l’impact au Canada de la directive de Biden de limiter les achats du gouvernement américain aux produits et services américains?

Publié avant-hier
Quel sera l’impact au Canada de la directive de Biden de limiter les achats du gouvernement américain aux produits et services américains?

Joe Biden (Source: Wikimedia)

  • Joe Biden a signé hier soir un décret qui limite l’approvisionnement des agences gouvernementales américaines auprès de fournisseurs étrangers.
  • Pour le Canada, l’enjeu est énorme: les agences gouvernementales américaines achètent annuellement pour 500 milliards $ de produits et services, soit l’équivalent de toutes les exportations canadiennes aux États-Unis réunies.

La mesure centrale de ce décret est la création d’une agence fédérale qui analysera chacun des contrats octroyés par le gouvernement, pour s’assurer que ses fournisseurs respectent les quotas de contenu américain exigés.

  • Son rôle sera de réduire le nombre d’exemptions qui permettraient d’acheter auprès de fournisseurs étrangers.

Des entreprises québécoises et canadiennes qui comptent le gouvernement des États-Unis parmi leurs plus importants clients pourraient être touchées.

  • CGI, le fournisseur montréalais de services TI, a pour plus de 3 milliards $ en contrats annuels avec les agences gouvernementales américaines.
  • Les deux tiers des exportations militaires canadiennes s’en vont aux États-Unis, dans le cadre de contrats octroyés par l’armée américaine.
  • Des firmes d’ingénierie comme SNC-Lavalin ont des contrats de service qui valent plusieurs milliards de dollars dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures.

Tout n’est pas perdu pour autant. 

  • Le décret du président Biden hausserait la part du contenu américain dans les futurs appels d’offres, mais il compte respecter les exemptions existantes qui ont été négociées par le Canada au fil du temps.
  • Le gouvernement américain a dit qu’il respecterait les directives de l’Organisation mondiale du commerce sur les appels d’offres. Ces directives exigent des pays signataires, dont le Canada et les États-Unis, qu’ils tiennent des appels d’offres ouverts aux entreprises des autres pays membres.

Alain McKenna
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Élections présidentielles: une enquête va être menée au sein du département de la Justice américaine

Publié avant-hier
  • L’inspecteur général du département de la Justice (DOJ) ouvre une enquête pour déterminer si des employés du département ont cherché à invalider la victoire de Joe Biden.
  • Selon le New York Times, Jeffrey Bossert Clark, un responsable du DOJ qui soutenait les allégations non fondées de fraudes électorales, aurait incité d’autres responsables du département à mentir en soutenant publiquement que des enquêtes en cours mettaient en doute les résultats de l’élection présidentielle.

Quelles sont les prochaines étapes du procès en destitution de Trump?

Mis à jour il y a 18 h
Quelles sont les prochaines étapes du procès en destitution de Trump?

Donald Trump (Source: Flickr)

  • Le procès en destitution (impeachment) de l’ancien président américain est officiellement ouvert. Les élus démocrates viennent de remettre au Sénat l’acte d’accusation pour «incitation à l’insurrection».
  • Les sénateurs qui seront les juges du procès doivent prêter serment demain, mais les plaidoiries ne débuteront que le 9 février. 

Donald Trump est le premier président américain qui fait face à une seconde procédure de destitution.

  • Il est également le premier dont le procès s’ouvre après la fin de son mandat.

On l’accuse d’avoir encouragé les manifestants à se lancer à l’assaut du Capitole le 6 janvier dernier, au moment où les élus du Congrès étaient réunis pour certifier la victoire de Joe Biden.

Que va-t-il se passer avant l’ouverture du procès?
Après la prestation de serment des sénateurs, les deux parties auront deux semaines pour se préparer.

Mardi prochain, 2 février:

  • Donald Trump doit présenter sa réponse à l’acte d’accusation. 
  • Les élus démocrates vont dévoiler les éléments de preuve qu’ils comptent utiliser.

Le lundi suivant, 8 février:

  • Les avocats de Trump doivent s’exprimer.
  • La Chambre des représentants va réagir à la réponse de l’ancien président.  

Le procès va débuter le mardi 9 février, avec l’ouverture des plaidoiries.

  • Neuf procureurs démocrates vont défendre l’acte d’accusation devant les sénateurs.

Le camp démocrate espère un procès rapide. 

  • Il ne sera peut-être pas nécessaire d’appeler des témoins, puisque les procureurs étaient aux premières loges lors de la prise d’assaut du Congrès.

Mais les 50 sénateurs démocrates auront besoin du vote d’au moins 17 des 50 sénateurs républicains pour atteindre la majorité des deux tiers qui serait nécessaire pour obtenir une condamnation de Donald Trump.

Johanna Sabys
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Le gouvernement fédéral pourrait invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour limiter les voyages

Publié le 24 janv. 2021
  • Le ministre des Affaires étrangères Marc Garneau a dit hier sur CBC que le gouvernement examine toutes les possibilités, y compris un recours à la Loi sur les mesures d’urgence. Cette loi permettrait à Ottawa d’imposer de nouvelles contraintes aux voyageurs et même d’interdire les voyages à destination ou en provenance d’une zone désignée.
  • Selon le ministre, le gouvernement envisage également d’appliquer des tests de dépistage le long de la frontière terrestre canado-américaine.

Quels projets de pipeline sont actuellement en cours pour transporter le pétrole canadien?

Publié le 24 janv. 2021
Quels projets de pipeline sont actuellement en cours pour transporter le pétrole canadien?

Le pipeline Keystone XL (Source: Unsplash)

  • Le permis d’expansion aux États-Unis de l’oléoduc Keystone XL a été annulé par le président américain Joe Biden dès son arrivée à la Maison-Blanche, mais d’autres projets sont encore sur les rails.
  • Le pipeline Trans Mountain et le pipeline de remplacement de la Ligne 3 d’Enbridge sont en cours de construction.

Joe Biden a définitivement enterré Keystone XL, qui devait permettre de transporter chaque jour 830 000 barils de pétrole brut des raffineries albertaines jusqu’au Texas.

  • Mercredi dernier, TC Energy a suspendu la construction du pipeline.  

Mais deux autres projets d’oléoduc sont en cours.

Dans l’Ouest canadien, Trans Mountain

Le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain comprend la remise en service d’un pipeline existant sur 190 km et la construction d’un nouveau pipeline de 980 km.  

  • Le projet avait été initié par la société Kinder Morgan, qui avait obtenu une première approbation en 2016.
  • Le gouvernement fédéral a signé une entente pour acheter l’actuel pipeline Trans Moutain et son projet d’expansion en mai 2018.
  • Le projet actuel de plus de 12 milliards $ a été approuvé par Ottawa en juin 2019.
  • Le nouveau pipeline devrait être mis en service en décembre 2022.

Objectif: pouvoir exporter directement une plus grande quantité du pétrole canadien vers d’autres pays. Actuellement, presque tout le pétrole récolté dans l’ouest du Canada est acheminé aux États-Unis.

  • Une fois terminé, le «nouveau» Trans Mountain devrait permettre de transporter jusqu’à 890 000 barils par jour – contre environ 300 000 barils pour le pipeline actuel – entre Strathcona County, près d’Edmonton en Alberta, et Burnaby, en Colombie-Britannique.
  • Depuis le terminal maritime Westridge, à Burnaby, le pétrole brut sera ensuite expédié vers la côte ouest-américaine et l’Asie.

Selon les estimations, les revenus des producteurs de pétrole devraient augmenter de 73 milliards $ en 20 ans d’exploitation, et le Canada gagnerait près de 47 milliards $ en impôts et redevances supplémentaires pour les gouvernements fédéraux et provinciaux.

Aux États-Unis, la ligne 3 d’Enbridge

Exploitée depuis 1960, la ligne 3 est un oléoduc qui transporte du pétrole brut de l’Alberta vers le Wisconsin, en passant par la Saskatchewan, le Manitoba et le Minnesota.

Objectif: améliorer l’infrastructure du pipeline pour doubler ses capacités actuelles en les faisant passer de 370 000 barils à 760 000 barils par jour.

  • Côté canadien, le remplacement avait débuté en 2017 et il est maintenant terminé. Ces travaux ont coûté plus de 5 milliards $US.
  • Le projet actuel consiste à remplacer les tuyaux existants dans le Dakota du Nord, le Minnesota et le Wisconsin. Son coût estimé est d’environ 3 milliards $US.

Joe Biden ne s’est pas encore prononcé sur le projet de la ligne 3.  

Quant à l’ancien projet Énergie Est, selon des experts, l’Abandon du projet Keystone XL ne devrait pas le faire renaître


Johanna Sabys
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Les États-Unis imposent de nouvelles interdictions d’entrer sur leur territoire pour lutter contre la propagation du virus

Publié le 24 janv. 2021
  • Joe Biden devrait prolonger aujourd’hui l’interdiction aux voyageurs non américains qui se sont rendus au Brésil, au Royaume-Uni et en Europe d’entrer aux États-Unis, alors que Donald Trump avait ordonné la levée de cette restriction à partir de demain.
  • Par ailleurs, pour contenir la propagation du variant identifié en Afrique du Sud, selon l’agence Reuters, la plupart des citoyens non américains qui ont récemment séjourné en Afrique du Sud ne pourront plus entrer aux États-Unis à partir de samedi prochain. 

Manifestations pro-Navalny: le Canada, les États-Unis et l’Europe condamnent la répression russe

Publié le 24 janv. 2021
  • Des dizaines de milliers de Russes ont manifesté samedi dans plusieurs villes du pays pour réclamer la libération de l’opposant Alexeï Navalny, emprisonné depuis son retour à Moscou il y a une semaine. Des violences ont éclaté entre les manifestants et la police et 3500 opposants au pouvoir auraient été arrêtés.
  • À la suite de ces événements, le Canada, les États-Unis et l’Union européenne ont condamné la répression menée par la Russie.

Les tensions entre la Chine et Taïwan s’intensifient

Publié le 24 janv. 2021
  • Samedi et dimanche, une quinzaine d’avions de combat chinois ont survolé l’espace aérien taiwanais. Depuis plusieurs mois déjà, la Chine, qui considère Taïwan comme un territoire chinois, a augmenté ses activités militaires autour de l’île.
  • La Chine autorise depuis vendredi ses garde-côtes à tirer ses les navires étrangers qui entrent dans les zones que Pékin revendique comme étant ses eaux territoriales. Or, les États-Unis ont annoncé hier qu’un de leurs porte-avions était entré dans la mer de Chine méridionale pour promouvoir la «liberté des mers».

La fabrication des processeurs pour les ordinateurs et les téléphones intelligents se déplace de la Chine vers les États-Unis

Publié le 24 janv. 2021
La fabrication des processeurs pour les ordinateurs et les téléphones intelligents se déplace de la Chine vers les États-Unis

(Source: Pixnio)

  • La semaine dernière, Intel et Samsung ont chacun de leur côté annoncé qu’ils construiraient des usines aux États-Unis pour y fabriquer les processeurs de leurs futurs appareils informatiques.
  • Les deux géants technos souhaitent ainsi mieux rivaliser avec le fabricant taïwanais TSMC qui, ironiquement, prévoit lui aussi déplacer une partie de sa production de processeurs en sol américain.

Produire des processeurs en sol américain est stratégique pour les fabricants: ils ne veulent pas subir le même sort que celui du groupe chinois Huawei, qui a été banni des réseaux sans fil 5G d’à peu près tous les pays occidentaux.

  • La querelle économique débutée il y a quatre ans entre la Chine et les États-Unis ne va pas disparaître avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche.
  • En plus, le gouvernement fédéral américain et celui de certains États, dont le Texas, sont prêts à payer une partie du coût de construction de nouvelles usines fabriquant de l’équipement informatique.

Mais la crainte de barrières commerciales n’est pas la seule motivation de fabricants de puces électroniques.

Ils imitent la stratégie industrielle d’Apple. L’entreprise a choisi de produire ses propres processeurs afin ne plus dépendre d’un fournisseur pour cette composante essentielle des appareils électroniques, même si elle est invisible aux yeux des utilisateurs. 

D’autres entreprises technos suivent son exemple. 

  • Samsung et Microsoft se sont mis ces derniers mois à concevoir et fabriquer leurs propres puces. 
  • Même le nouveau PDG d’Intel, Pat Gelsinger, a promis que sa société fabriquerait elle-même d’ici 2023 tous les processeurs qu’elle conçoit.
Alain McKenna
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Analyse POLITIQUE

La diplomatie canadienne sous l’ère Biden: quels défis pour Trudeau?

Publié le 22 janv. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
La diplomatie canadienne sous l’ère Biden: quels défis pour Trudeau?

Joe Biden et Justin Trudeau (photo Bureau du premier ministre)

  • La diplomatie Canada-États-Unis retrouve son cours normal depuis l’intronisation du président Joe Biden. Déjà s’estompe la pénible parenthèse de Donald Trump.
  • L’espoir d’un nouveau départ exprimé par Justin Trudeau a vite été tempéré par un rappel amical du nouveau président que Washington demeure celui qui donne la note.

La relation qu’entretiendront le Canada et les États-Unis sera bien différente désormais. Donald Trump n’avait cure de ce voisin et de son premier ministre envers qui il aimait être méprisant.

La conception de Joe Biden de cette relation est tout à l’opposé.

  • Les États-Unis sont un «grand-frère» pour le Canada.
  • Un grand-frère qui, dit-il, peut parfois être «insupportable et arrogant», façon de rappeler au petit-frère que celui-ci ne peut tout avoir.

Le décret présidentiel sur le projet Keystone XL, signé par le nouveau président tout juste après son assermentation, était justement une façon de rappeler que les impératifs américains prévaudraient toujours.

À son premier jour à la tête de son pays, il lui fallait rassurer les progressistes au sein de la coalition qui a assuré son élection, peu importe ce qui en coûterait au Canada.

Le «petit-frère» s’est rendu à la volonté du «grand-frère». Il a mis de côté toute idée de vouloir infléchir cette décision. Tout comme il avait plié lorsque Donald Trump avait décrété la renégociation de l’Aléna.

L’intérêt du Canada est de choisir ses batailles.

Choisir celles où il a beaucoup à gagner, comme l’assouplissement du Buy American Act: les entreprises d’ici ont les yeux rivés sur ce vaste programme de relance de près de 2000 milliards $ annoncé par le nouveau président, et elles veulent avoir le droit de participer aux appels d’offres publics.

L’administration Biden ne sera pas moins protectionniste que les précédentes.

Cette volonté s’est renforcée sous Donald Trump. La pensée du nouveau président se résume en quelques mots. «Made in America» signifie acheter américain et créer des emplois américains.

Signe de sa nouvelle diplomatie, Joe Biden a accordé au Canada son premier échange avec un chef de gouvernement étranger. Une façon de mettre un baume sur la blessure d’amour-propre infligé au Canada avec ce décret sur Keystone XL, et d’entreprendre sur un ton positif un dialogue pour réamorcer le partenariat de l’époque de l’administration Obama.

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Des intérêts convergents existent entre les deux pays. Encore faut-il vouloir les voir.

Les plus évidents sont au plan économique.

Les accords successifs de libre-échange ont intégré les deux économies. Elles ont tout sauf besoin de nouvelles barrières. Ce qui est «Made in Canada» est devenu nécessaire aux États-Unis pour maintenir la chaîne d’approvisionnement qui fonctionne de manière continentale.

Mais on le voit moins bien de Washington lorsque la crise menace, comme c’est le cas aujourd’hui.

La lutte aux changements climatiques doit, elle aussi, se mener sur une base continentale. C’est ce qu’a signalé le nouveau président américain avec la mise au rancart du projet Keystone XL. C’était une invitation au Canada à le suivre.

Comme toujours, il y aura un risque élevé de rencontrer des difficultés sur la route de la diplomatie entre ces deux pays. Pas encore le temps de sabler le champagne. La différence avec les années précédentes viendra de l’amitié retrouvée.

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