Trois travailleurs du secteur pétrolier canadien sur quatre risquent de voir leur emploi disparaître

Publié le 6 avr. 2021
  • La volonté du gouvernement du Canada d’être entièrement carboneutre en 2050 menace de disparition entre 312 000 et 450 000 des 600 000 emplois que compte l’industrie canadienne du gaz et du pétrole, estime la Banque TD.
  • Dans un rapport, la banque torontoise prévoit que les nouveaux emplois créés par les technologies propres ne suffiront pas à compenser ces pertes d’emplois. Elle suggère au gouvernement de prévoir des mesures de transition pour les travailleurs qui seront touchés par le virage vers la carboneutralité.

Le Canada pourrait perdre 12 milliards $ dans Trans Mountain, selon des chercheurs

Publié le 31 mars 2021
Le Canada pourrait perdre 12 milliards $ dans Trans Mountain, selon des chercheurs

(Photo Trans Mountain)

  • Le coût pour achever la construction de ce pipeline reliant l’Alberta à l’océan Pacifique a plus que doublé depuis son rachat par Ottawa en 2018. Cela rend pratiquement nulles ses chances d’être rentable un jour, selon des chercheurs de l’École de gestion des ressources et de l’environnement de l’université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.
  • Les chercheurs estiment que la demande mondiale en pétrole ne suffira pas à justifier ce coût. Ils croient qu’il serait plus rentable pour Ottawa de mettre fin au projet et d’investir cette somme dans des projets d’énergie renouvelable plus prometteurs.

Selon ces chercheurs, la construction du pipeline coûtera 12,6 milliards $ – bien plus que les 5,4 milliards $ prévus il y a trois ans, quand Ottawa a racheté Trans Mountain de Kinder Morgan pour la somme de 4,5 milliards $.

Sa rentabilité est rendue plus compliquée encore suite à l’adoption par plusieurs pays dans le monde de politiques climatiques qui feront baisser rapidement la demande en pétrole, surtout pour du pétrole extrait des sables bitumineux canadiens, très coûteux et polluant.

Thomas Gunton, le professeur de Simon Fraser qui signe l’étude, suggère par communiqué à Ottawa de minimiser ses pertes en s’inspirant des grandes pétrolières.

  • «Des pétrolières comme BP et Shell prévoient déjà une baisse de la demande en pétrole et investissent dans les énergies propres. Le fédéral devrait suivre leur exemple.»
Alain McKenna
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La taxe fédérale sur le carbone aura un impact au Québec dès le 1er avril

Publié le 25 mars 2021
  • Dès le mois prochain, le prix du litre d’essence ordinaire vendu à la pompe partout au Canada montera de 2,6 cents en raison de l’augmentation de la taxe carbone du gouvernement fédéral. Le supplément dû à la taxe fera monter graduellement le prix à la pompe: ce supplément passera à 12 cents le litre à la fin 2022 et jusqu’à 39,6 cents le litre en 2030.
  • Cela va impacter toutes les provinces, y compris le Québec et la Colombie-Britannique, même si ces deux provinces ont déjà mis en place leur propre marché du carbone, explique à InfoBref l’analyste ontarien du secteur pétrolier Roger McKnight: «cette taxe sera intégrée au prix de gros du carburant partout au pays».

La consommation de pétrole plafonnera en 2026, selon l’Agence internationale de l’énergie

Publié le 17 mars 2021
  • La volonté des pays industrialisés de décarboniser rapidement leur économie va affecter la demande mondiale en pétrole davantage que le prévoyait l’AIE, qui vient de réviser ses projections en conséquence.
  • Les pays émergents ou sous-développés feront monter la demande mondiale en pétrole jusqu’en 2026. Elle reviendra alors à son sommet historique de 2019, avant de décliner pour de bon. Dans les pays industrialisés, la demande en pétrole ne reviendra jamais aux niveaux record d’avant la pandémie et commencera à décliner encore plus rapidement, selon l’AIE.

Après des années à mettre en doute la capture de carbone, Exxon Mobil pense que c’est la solution aux changements climatiques

Publié le 4 mars 2021
Après des années à mettre en doute la capture de carbone, Exxon Mobil pense que c’est la solution aux changements climatiques

Des installations de captation de carbone d’Exxon en Europe (Source: Exxon)

  • Sous la pression des investisseurs et des gouvernements, Exxon fait volte-face: la pétrolière souhaite désormais réduire ses émissions polluantes de 20% d’ici 2025. Elle mise sur la capture et le stockage du carbone pour y arriver.
  • Exxon vient même de créer une nouvelle filiale dont la mission sera de développer une technologie de capture du carbone qu’elle souhaite vendre ensuite à d’autres pollueurs ailleurs dans le monde.

Les politiques environnementales qui avantagent les technologies propres font de la capture et du stockage de carbone la solution la plus abordable pour atteindre les cibles climatiques mondiales, ont affirmé mercredi les dirigeants d’Exxon lors d’une réunion avec des investisseurs.

  • Le géant pétrolier évalue à 2000 milliards $US la valeur qu’atteindra le marché de la capture du carbone en 2040. Elle était d’à peine 1,6 milliard $US l’an dernier.
  • Toujours selon Exxon, il serait plus rentable pour les gouvernements d’offrir un crédit d’impôt aux entreprises pour chaque tonne métrique de CO2 retirée de l’atmosphère que d’investir dans l’électrification des transports.

Pourtant, des doutes subsistent quant à l’efficacité réelle de cette méthode pour réduire la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, admet Exxon.

  • Actuellement, la majorité du carbone capté dans l’air est injectée dans des puits pour en extraire davantage de pétrole, ce qui annule les bénéfices environnementaux de la capture.
  • Les essais par Exxon d’enfouir du carbone sous des formations rocheuses sous-marines, dans le golfe du Mexique, soulèvent d’autres enjeux environnementaux, comme la protection des écosystèmes aquatiques.

Qu’à cela ne tienne: Exxon prévoit d’investir 3 milliards $US d’ici 2025 pour commencer à capturer du carbone sur 20 de ses sites d’extraction de pétrole.

Alain McKenna
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Exxon Mobil ne compte plus les sables bitumineux dans ses réserves de pétrole

Publié le 25 fév 2021
Exxon Mobil ne compte plus les sables bitumineux dans ses réserves de pétrole

(Source: Unsplash)

  • Exxon Mobil estime maintenant la totalité de ses réserves de pétrole à 15,2 milliards de barils. Il y a un an, la pétrolière américaine disait avoir l’équivalent de 22,4 milliards de barils en réserve. La différence: Exxon a retiré de ses calculs 98% du pétrole se trouvant dans les sables bitumineux de l’Ouest canadien.
  • Dans des documents remis aux autorités américaines, Exxon Mobil explique que les sables bitumineux ne sont plus un investissement viable, et ne le redeviendront pas tant que les cours du pétrole ne monteront pas au-delà des niveaux actuels, ou que la technologie ne facilitera pas leur exploitation.

La vague de froid qui paralyse le Texas aura un impact prolongé sur le prix des carburants

Publié le 18 fév 2021
  • Les basses températures observées au Texas ces derniers jours ont provoqué une baisse de 40% de la production pétrolière aux États-Unis, selon les données de l’industrie pétrolière américaine. Un retour à la normale pourrait ne pas survenir avant la mi-avril, estiment les analystes de la firme Citibank.
  • Cela aura un effet sur les réserves mondiales en pétrole, puisque les États-Unis en sont un des principaux exportateurs. Résultat: une hausse du prix du pétrole pourrait s’étirer sur plusieurs semaines, étant donné que les pays membres de l’OPEP avaient déjà prévu réduire leur propre production pétrolière au moins jusqu’en avril.

Un décès sur cinq est lié à la pollution des énergies fossiles

Publié le 9 fév 2021
Un décès sur cinq est lié à la pollution des énergies fossiles

(Source: Flickr)

  • En 2018, la pollution générée par les énergies fossiles a provoqué plus de 8 millions de morts prématurées, soit 20% des adultes décédés dans le monde. Les décès enregistrés en Chine et en Inde représentent la moitié du bilan dû à la pollution des énergies fossiles. Dans une douzaine de pays asiatiques, les particules fines générées par la combustion du pétrole, du gaz et surtout du charbon sont responsables d’au moins un quart de la mortalité.
  • Les données d’une étude publiée hier dans la revue Environmental Research multiplient par deux les précédentes estimations du nombre de morts liées aux énergies fossiles. 

SNC-Lavalin se retire du marché de l’infrastructure pétrolière et gazière

Publié le 9 fév 2021
  • La société montréalaise de génie-conseil a décidé de vendre pour une somme non divulguée ses activités dans les secteurs du pétrole et du gaz à la société Kentech, de Dubaï.
  • SNC-Lavalin assure que la transaction se traduira par un gain financier quand elle sera finalisée plus tard cette année. Mais entretemps, la société doit comptabiliser une charge d’un peu moins de 300 millions $.

Les activités liées au pétrole et au gaz représentent environ 90% des revenus de SNC-Lavalin provenant du secteur des ressources.

  • Elles emploient 7100 personnes.
  • Leur carnet de commandes est évalué à 745 millions $.

L’annonce de la transaction a été bien reçue par les investisseurs. Le titre de SNC-Lavalin (TSX: SNC) a gagné presque 10% à la bourse de Toronto à la suite à l’annonce.

Alain McKenna
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L’année 2020 laissera des séquelles durables dans l’industrie pétrolière

Publié le 4 fév 2021
L’année 2020 laissera des séquelles durables dans l’industrie pétrolière

(Source: Unsplash)

  • Les grandes sociétés pétrolières ont connu une année 2020 catastrophique: leur chiffre d’affaires a subi une baisse partout dans le monde.
  • Certaines entrevoient un retour à la croissance en 2021, mais elles ne croient pas qu’on reverra les niveaux de production et de consommation d’avant la pandémie.

2020 a fait mal aux pétrolières. 2021 s’annonce un peu mieux.

  • La Royal Dutch Shell a vu l’an dernier ses profits chuter de 71% par rapport à 2019. En fait, elle n’a été profitable qu’au dernier trimestre 2020, ce qui lui permet au moins d’entrevoir 2021 d’un bon œil.
  • ExxonMobil, la plus grosse pétrolière nord-américaine, a été déficitaire pour la première fois de son histoire en 2020. Elle aussi prévoit redevenir profitable cette année.

Les pétrolières canadiennes ont souffert davantage et entrevoient l’avenir avec beaucoup moins d’optimisme.

  • L’Impériale, qui a été déficitaire en 2020, a gelé tout investissement dans de nouveaux projets pour au moins les cinq prochaines années.
  • Son PDG Brad Corson a indiqué en conférence téléphonique avec les investisseurs que la société de Calgary allait se concentrer sur des projets à très petite échelle promettant des occasions de croissance «petites et limitées».

Une croissance petite et limitée est justement ce qui attend le secteur pétrolier mondial d’ici 2030, après quoi la demande faiblira, prédit l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

  • Plusieurs facteurs, comme l’électrification des transports, contribuent à réduire la demande mondiale et à affaiblir les cours du pétrole. Cela décourage l’investissement dans ce secteur.
  • Fatih Birol, directeur général de l’AIE, estime que le pic pétrolier est derrière nous. «L’âge d’or du pétrole s’achèvera en même temps que la décennie.»
Alain McKenna
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La porte reste fermée à l’exploration pétrolière dans le Golfe du Saint-Laurent

Publié le 3 fév 2021
La porte reste fermée à l’exploration pétrolière dans le Golfe du Saint-Laurent

(Photo Association touristique Côte-Nord)

  • Encouragées par la volonté d’Ottawa d’autoriser davantage de forages pétroliers marins dans l’Est du pays d’ici 2030, les sociétés pétrolières aimeraient accéder aux réserves situées dans la partie québécoise du Golfe du Saint-Laurent.
  • Le ministre de l’Environnement du Québec dit non. Un moratoire entré en vigueur en 2018 empêche toute exploration pétrolière ou gazière dans cette zone du fleuve. Durant la session parlementaire aujourd’hui, Benoit Charette a déclaré que «le gouvernement n’a pas l’intention de lever le moratoire dans un avenir prévisible».

Le gouvernement fédéral autorise une quarantaine de forages en eau profonde en vue de doubler la production pétrolière au large de Terre-Neuve

Publié le 26 janv. 2021
  • Ces forages représentent à peine la moitié des projets d’exploration pétrolière qui devraient être réalisés d’ici 2030 en eau profonde, à quelque 400 kilomètres au large de l’île de Terre-Neuve. Les autres forages envisagés ne sont pas encore autorisés.
  • L’objectif d’Ottawa et du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador est de doubler la production pétrolière dans l’Atlantique, pour la porter à environ 500 000 barils par jour d’ici 2030.