L’abandon du projet de pipeline Keystone XL ne ferait pas renaître Énergie Est, assure un expert

Publié hier
L’abandon du projet de pipeline Keystone XL ne ferait pas renaître Énergie Est, assure un expert

Le pipeline Keystone XL (Source: Unsplash)

  • Si, comme on s’y attend, Joe Biden retire le permis qui devait permettre de terminer l’expansion du projet Keystone XL aux États-Unis, le gouvernement de l’Alberta et la pétrolière TC Énergie pourraient être tentés de trouver d’autres moyens d’exporter leur pétrole. Certains reparlent déjà d’Énergie Est.
  • Or, la construction du pipeline Trans Mountain vers le Pacifique et la réfection de la Ligne 3 d’Enbridge suffiront à assurer la croissance de la production pétrolière albertaine, croit un spécialiste interrogé par InfoBref.

Selon le professeur adjoint spécialisé en économie et en environnement à l’Université de Colombie-Britannique Werner Antweller, la société TC Énergie n’aurait aucun intérêt à essayer de relancer d’anciens projets ailleurs au Canada – comme l’oléoduc Énergie Est, qui devait se rendre de l’Alberta au Nouveau-Brunswick.

  • «Aucun projet ne verra le jour sans un appui massif de la population ou des investisseurs. L’opposition envers Énergie Est a été telle que ce projet n’a à peu près aucune chance de revenir dans l’actualité», dit-il à InfoBref.
  • «Dans le cas de Trans Mountain, c’est différent: Ottawa a obtenu de l’Alberta des concessions dans la lutte contre les changements climatiques. L’Alberta n’aurait pas accepté ces concessions sans la construction du pipeline.»

Le professeur pense que les pétrolières albertaines ne sont pas si mal prises que ça.

  • À terme, la capacité de transport combinée de Trans Mountain et de la Ligne 3, que la société Enbridge est en train d’agrandir aux États-Unis, sera de 600 000 barils par jour.
  • Or, l’Alberta produit actuellement un peu moins de 550 000 barils par jour.

«Pour l’Alberta, Keystone XL était le glaçage sur le gâteau», ajoute Werner Antweller. 

«En fait, le rejet du projet par l’administration Biden fait probablement l’affaire du gouvernement Trudeau. Cela rehausse la valeur du pipeline Trans Mountain que le gouvernement a racheté en 2018 et qu’il pourra peut-être ainsi revendre avec un profit.»

Alain McKenna
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Le projet d’oléoduc Keystone XL sera-t-il l’objet du premier désaccord entre le Canada et Joe Biden?

Publié avant-hier
Le projet d’oléoduc Keystone XL sera-t-il l’objet du premier désaccord entre le Canada et Joe Biden?

Joe Biden (Source: Wikimedia)

  • Le gouvernement canadien continue de défendre le bien-fondé du projet auprès des États-Unis.
  • Mais, d’après des documents consultés par plusieurs médias, le nouveau président américain aurait déjà pris sa décision: il pourrait dès demain annuler le permis d’expansion du pipeline Keystone XL. 

Le président américain peut annuler le décret qui autorise le pipeline à transporter du pétrole des raffineries albertaines vers le Texas.

  • La décision n’a pas été confirmée par l’équipe de Biden.
  • Il s’agit néanmoins d’une de ses promesses de campagne. 

Ottawa continue à y croire.

  • Selon le ministre des Ressources naturelles Seamus O’Regan, l’oléoduc Keystone XL devrait renforcer les relations énergétiques des deux pays et créer des milliers d’emplois des deux côtés de la frontière.
  • Le ministre a assuré hier les travailleurs albertains du soutien du gouvernement.

Le NPD et le Parti vert se réjouissent de l’éventuelle fin du projet.

  • Jagmeet Singh et Annamie Paul approuvent d’avance la décision que pourrait prendre prochainement Joe Biden.
  • Selon les deux chefs, Justin Trudeau manque de leadership dans la lutte contre les changements climatiques.  

Le premier ministre albertain est prêt à saisir les tribunaux.

  • Jason Kenney dit avoir «un recours légal solide» si Biden met fin au projet.
  • Si le gouvernement américain peut empêcher le pipeline Keystone XL de traverser sa frontière, alors, craint Kenney, il pourrait prendre la même décision pour n’importe quel autre pipeline qui fournit les consommateurs américains en énergie canadienne.


Johanna Sabys
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Joe Biden pourrait annuler le permis du pipeline Keystone XL dès mercredi

Publié le 17 janv. 2021
  • Selon La Presse Canadienne, le nouveau président américain pourrait, dès son arrivée à la Maison-Blanche, mettre fin au projet d’oléoduc Keystone XL en annulant le décret qui autorise le pipeline à transporter du pétrole des raffineries albertaines vers le Texas.
  • En réagissant à la nouvelle sur Twitter, le premier ministre albertain Jason Kenney s’est dit très préoccupé. Selon lui, cela pourrait entrainer des pertes d’emplois des deux côtés de la frontière et affaiblir les relations entre les États-Unis et le Canada.

Enbridge ne cessera pas de transporter du pétrole dans son pipeline qui traverse les Grands Lacs même si l’État du Michigan l’interdit

Publié le 12 janv. 2021
  • La direction de la société Enbridge, de Calgary, affirme qu’elle continuera d’acheminer du pétrole au Québec et à l’Ontario par le détroit de Mackinac, au Michigan, même lorsque cet État lui aura retiré son autorisation de le faire. La révocation du permis accordé à Enbridge deviendra effective en mai prochain.
  • Enbridge dit que la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer a basé sa décision de révoquer le permis sur «des informations erronées», et qu’«elle ignore des données scientifiques» qui démontreraient la sécurité et la fiabilité du pipeline.

Presque la moitié de l’approvisionnement en pétrole des raffineries québécoises est menacé par le projet du Michigan de fermer un oléoduc d’Enbridge

Publié le 9 janv. 2021
Presque la moitié de l’approvisionnement en pétrole des raffineries québécoises est menacé par le projet du Michigan de fermer un oléoduc d’Enbridge

Vue sous-marine du pipeline d’Enbridge dans le détroit de Mackinac (photo One Detroit)

  • Craignant un éventuel déversement de pétrole dans les Grands Lacs, la gouverneure démocrate du Michigan, Greta Whitmer, veut révoquer la permission de transporter du pétrole via un pipeline qui traverse le détroit de Mackinac.
  • Ce pipeline, qui appartient à Enbridge, achemine à partir des Prairies canadiennes entre 40 et 50 % de tout le pétrole brut qui est raffiné au Québec et en Ontario.

Le gouvernement fédéral canadien exerce des pressions sur l’État du Michigan pour qu’il renonce à interrompre le transport de pétrole par ce pipeline.

De son côté, la société Enbridge, de Calgary, conteste le projet de la gouverneure à la cour fédérale des États-Unis. Selon Enbridge, seul le gouvernement fédéral américain peut décider de révoquer la permission d’utiliser le pipeline pour transporter du pétrole.

Toujours selon Enbridge, s’il ne passe pas par ce pipeline, le pétrole de l’ouest canadien devra être acheminé au Québec et à l’Ontario par train ou par camion, ce qui comporte davantage de risques environnementaux.

Alain McKenna
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L’aide des gouvernements aux sociétés pétrolières explose, et elle met en péril leurs engagements de réduction des émissions de GES

Publié le 3 déc 2020
L’aide des gouvernements aux sociétés pétrolières explose, et elle met en péril leurs engagements de réduction des émissions de GES

(Source: Unsplash)

  • Les pays qui ont signé l’Accord sur le climat de Paris devront réduire leur production de pétrole pour en respecter l’objectif, rappelle l’ONU.
  • Ce n’est pas ce qui se produit en ce moment: l’aide des gouvernements à l’industrie pétrolière atteindra des sommets dans la décennie à venir. 

À eux seuls, les six pays qui produisent le plus de pétrole sur la planète (y compris le Canada) ont réservé 230 milliards $US pour stimuler la croissance du secteur pétrolier d’ici 2030.

  • C’est bien plus que les 150 milliards $US promis par ces mêmes pays à l’industrie des énergies propres.
  • Pour respecter l’Accord de Paris, ces pays devraient plutôt réduire de 6% par année leur production de pétrole, calcule l’ONU.

«Alors qu’on tente de redémarrer l’économie mondiale après la Covid-19, c’est le moment d’investir dans des infrastructures faibles en carbone», affirme Inger Andersen, directrice du programme environnemental de l’ONU.

«La chute des cours du pétrole des derniers mois a illustré la faiblesse des économies qui dépendent du pétrole. Et pourtant, ces économies sont en train de doubler la mise sur les énergies fossiles, ce qui les fragilisera encore plus à l’avenir.»

Alain McKenna
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Il est trop tôt pour prédire quand la consommation de pétrole reviendra à la normale

Publié le 12 nov. 2020
  • La consommation mondiale de pétrole a baissé de 10% cette année, du jamais vu, et elle ne montera que de 5% en 2021, tout au plus, selon l’Agence internationale de l’énergie.
  • L’AIE a abaissé ses prévisions en raison d’une deuxième vague de Covid-19 plus forte que prévu et de doutes face à un vaccin qui, selon elle, arrivera trop tard en 2021 pour une relance rapide de l’économie mondiale.

Le prix de l’essence risque de descendre encore un peu

Publié le 2 nov. 2020
  • Le cours du pétrole a atteint un creux de cinq mois hier, alors que la Libye, à l’encontre des directives de l’OPEP, a haussé sa production de 100 000 à 800 000 barils par jour depuis septembre.
  • Pendant que l’offre augmente, la demande baisse, surtout en Europe où la deuxième vague de Covid-19 entraîne un reconfinement de plusieurs pays qui réduit la consommation d’hydrocarbures.

L’achat de Husky Energy par Cenovus marque le début d’une consolidation qui affectera durablement le secteur énergétique canadien

Publié le 26 oct. 2020
L’achat de Husky Energy par Cenovus marque le début d’une consolidation qui affectera durablement le secteur énergétique canadien

(Source: Unsplash)

  • Ça bouillonne dans les sables bitumineux albertains: les petits producteurs peinent à retrouver la profitabilité tandis que les géants européens se délestent d’actifs polluants qu’ils détenaient dans la région.
  • Suncor Energy et Canadian Natural Resources (CNR) pourraient profiter de la situation pour mettre la main à leur tour sur d’autres entreprises albertaines toujours mal en point.

Royal Dutch Shell et Total ont des objectifs de réduction d’émissions de GES qui pourraient les mener à abandonner leur présence dans les sables bitumineux prochainement.

  • Les participations minoritaires des deux pétrolières européennes dans des projets exploités par Suncor et CNR pourraient être rachetées par ces deux derniers.
  • Si un tel transfert de propriété se concrétise, on pourrait assister à la naissance de nouveaux géants pétroliers canadiens, prédit un analyste de la Banque Scotia.

Deux conditions doivent être respectées pour que cette consolidation se produise, écrit-il dans une note:

  • «Le prix pour ces acquisitions devra être assez raisonnable pour générer un rendement rapidement.»
  • «Il devra y avoir des synergies et des économies d’échelle immédiate.»
Alain McKenna
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La pétrolière canadienne Cenovus achète sa concurrente Husky Energy pour 3,8 milliards $

Publié le 25 oct. 2020
  • Alors que l’industrie pétrolière albertaine en crise subit la chute de la demande mondiale de pétrole engendrée par la pandémie, les conseils d’administration de Cenovus et Husky ont approuvé cette transaction majeure qui devrait se conclure au premier trimestre 2021.
  • Une fois fusionnées, les deux entreprises albertaines deviendront ensemble le troisième producteur canadien de pétrole et de gaz naturel: le nouveau groupe produira environ 750 000 barils équivalent-pétrole par jour.

Une entreprise montréalaise donne accès à la carte numérique la plus précise sur les émissions de méthane

Publié le 21 oct. 2020
  • Alors que les scientifiques se contentaient de données mises à jour une fois par an, cette nouvelle carte le sera chaque semaine et elle offre un quadrillage terrestre moyen de deux kilomètres carrés.
  • GHGSat a réalisé sa carte Pulse pour aider les sociétés pétrolières et gazières à éliminer davantage de fuites et à réduire leurs émissions de méthane relâchées dans l’atmosphère.  

Les plus grandes pétrolières d’Amérique du Nord et d’Asie n’ont toujours pas d’objectifs clairs de réduction de leurs émissions de CO2

Publié le 7 oct. 2020
  • Le mois dernier, PetroChina est devenue la première des trois grandes pétrolières appartenant à l’État chinois à se fixer un tel objectif: elle promet d’être «presque carboneutre» en 2050.
  • Aux États-Unis, ExxonMobil est dans la tourmente depuis qu’un rapport interne a coulé dans les médias indiquant qu’elle prévoit encore d’hausser substantiellement ses émissions chaque année au moins jusqu’en 2025.