À Québec, les partis s’unissent contre les subventions pétrolières

Publié le 22 sept. 2021
À Québec, les partis s’unissent contre les subventions pétrolières

(Source: Pixabay)

  • L’Assemblée nationale a adopté hier à l’unanimité une motion de Québec solidaire qui demande au gouvernement fédéral de ne plus verser de subventions aux entreprises pétrolières et gazières. 
  • Cette motion souligne qu’il n’y a plus aucun projet d’exploitation ou d’exploration d’hydrocarbures à l’étude au Québec. Elle pointe aussi du doigt l’augmentation de la production de l’Ouest canadien qui va à l’encontre des efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique. 

Québec solidaire croit avoir «réussi l’impossible» en unissant tous les députés contre les subventions aux énergies fossiles. 

Mais la crise climatique semble mobiliser tous les partis depuis la rentrée:  

  • Début septembre, le Parti québécois appelait à un «automne climatique» et doit bientôt déposer 2 projets de loi pour créer un fonds de transition «verte et juste», et interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures.
  • Mercredi dernier, François Legault a admis que son gouvernement souhaite aussi interdire l’exploration et l’exploitation des combustibles fossiles. [détails
  • Dimanche, la cheffe du Parti libéral Dominique Anglade voulait donner un «électrochoc» au Québec en environnement. [détails
Johanna Sabys
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Québec pourrait bientôt interdire l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière

Publié le 15 sept. 2021
Québec pourrait bientôt interdire l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière

(Source: Pixabay)

  • François Legault a reconnu aujourd’hui que son gouvernement «travaille» pour s’assurer qu’à l’avenir plus aucun permis ne soit délivré au Québec. Le premier ministre a indiqué qu’une annonce serait faite plus tard en ce sens.  
  • Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien a précisé que cette décision dépendrait du jugement qui devrait être rendu d’ici la fin de l’année dans le dossier qui oppose Québec et Gaspé Énergie.

Le gouvernement Legault analyse «tous les scénarios», dont l’interdiction des projets d’exploration et d’exploitation de combustibles fossiles, confirme Jonatan Julien. 

  • Les véhicules à essence ne pourront plus être vendus au Québec dès 2035, et la province veut être carboneutre en 2050, souligne-t-il; et 
  • «on voit bien que l’avenir au Québec n’est certainement pas, à moyen terme», basé sur l’exploitation du gaz et du pétrole.

Québec attend toutefois le verdict de l’affaire Gaspé Énergie

  • Gaspé Énergie a saisi la Cour du Québec pour faire invalider un article qui interdit les forages à moins de 1000 mètres d’un milieu hydrique.
  • Le gouvernement s’était servi de cet article de règlement, associé à la Loi sur les hydrocarbures, pour refuser un permis d’exploration, près de Gaspé, à Gaspé Énergie.

Gaspé Énergie réclame un dédommagement financier: 

  • Le montant des éventuels dédommagements que Québec pourrait devoir verser à Gaspé Énergie et d’autres entreprises sur les sommes qu’elles ont investies est un facteur à prendre en compte, reconnaît Jonatan Julien. 
  • Mais, selon lui, la Loi sur les hydrocarbures est robuste: depuis que le règlement associé à la loi a été adopté en 2018, «aucune compagnie n’a présenté de demande d’exploration ou d’exploitation».
Johanna Sabys
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Combien de pétrole et de charbon devra rester dans le sol pour atteindre les cibles climatiques?

Publié le 12 sept. 2021
Combien de pétrole et de charbon devra rester dans le sol pour atteindre les cibles climatiques?

(Source: Unsplash)

  • Les pays riches ont plusieurs façons d’atteindre leurs cibles de réduction des gaz à effet de serre. 
  • Mais pour éviter de dépasser le seuil de 1,5 °C d’augmentation de la température planétaire par rapport aux moyennes d’avant la révolution industrielle, ils devraient renoncer à près de 90% des réserves encore inexploitées de charbon et 58% des réserves de pétrole.  

Pour éviter de dépasser le seuil de 1,5 °C, il ne faut pas émettre plus de 580 gigatonnes de dioxyde de carbone (CO2) d’ici 2100. 

Les chercheurs du Collège universitaire de Londres ont tenté de calculer: 

  • quelle quantité de pétrole, de gaz et de charbon on peut encore se permettre d’exploiter; et 
  • ce que cela représente par rapport aux gisements en cours d’exploitation et à ceux qui n’ont pas encore été exploités.

D’après leurs calculs, certains pays devront relever un plus gros défi: 

  • l’Australie devrait laisser 95% de ses réserves de charbon dans le sol;
  • la Russie et les États-Unis, 97%; et 
  • le Canada devra renoncer à exploiter 84% de ses réserves de pétrole des sables bitumineux.

Leur modèle prend en compte le développement de technologies d’entreposage ou de «capture» du carbone.

  • Ces technologies donneront un petit répit supplémentaire, à condition qu’elles puissent être développées à plus grande échelle dans les prochaines décennies.

Toutefois, même si les pays renoncent à exploiter ces énergies fossiles, selon les chercheurs londoniens (dont l’étude a été publiée début septembre dans la revue Nature), cela ne donnerait que 50% de chances de ne pas dépasser le seuil des 1,5 °C. 

Pour éviter de dépasser le seuil de 2 °C, soit un demi-degré de plus:

  • selon une autre étude (également publiée dans Nature, en 2015), un tiers des réserves de pétrole, un quart des réserves de gaz, et 80% des réserves de charbon devaient rester dans le sol.
Agence Science-Presse
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Pétrole: le sommet de l’OPEP+ a été annulé

Publié le 5 juil 2021
Pétrole: le sommet de l’OPEP+ a été annulé

(Source: Unsplash)

  • Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs dix alliés de l’accord OPEP+ ont annulé hier leur rencontre sans fixer de nouveau rendez-vous.
  • L’OPEP prévoit d’augmenter chaque mois la production de pétrole – de 400 000 barils par jour – pour atteindre 2 millions de barils quotidiens d’ici la fin de l’année. Mais à 76 $ le baril, la hausse n’est pas suffisante pour les Émirats arabes unis – en désaccord avec les autres membres.

Abandon de Keystone XL: TC Énergie réclame 15 milliards $US aux États-Unis

Publié le 4 juil 2021
  • L’entreprise de Calgary TC Énergie demande plus de 15 milliards $US à Washington en compensation de l’annulation en janvier dernier du permis de son pipeline Keystone XL par le président américain Joe Biden.
  • La société a déposé une plainte en vertu de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena). TC Énergie dénonce «un manquement du gouvernement américain à ses obligations de libre-échange».

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L’industrie canadienne des sables bitumineux veut être carboneutre d’ici 2050

Publié le 10 juin 2021
L’industrie canadienne des sables bitumineux veut être carboneutre d’ici 2050

(Source: Unsplash)

  • Les plus grandes entreprises d’exploitation des sables bitumineux du Canada s’unissent dans le cadre d’un partenariat pour, disent-elles, atteindre la carboneutralité d’ici 2050.
  • Elles proposent de construire une installation de capture et de stockage du carbone en Alberta, à condition que les gouvernements provincial et fédéral participent financièrement à la réalisation de ce projet.

TC Énergie abandonne son projet de pipeline Keystone XL

Publié le 9 juin 2021
TC Énergie abandonne son projet de pipeline Keystone XL

Le pipeline Keystone XL (Source: Unsplash)

  • Après consultation avec ses partenaires, dont le gouvernement albertain, la pétrolière canadienne TC Énergie a décidé de mettre fin à son projet d’expansion du pipeline Keystone XL aux États-Unis. Le gouvernement albertain a aussi annoncé qu’il se retirait.
  • Le projet avait été suspendu en janvier par le président américain nouvellement élu, Joe Biden, qui avait alors tenu sa promesse électorale d’annuler le permis autorisant l’expansion.

Le gouvernement albertain a indiqué qu’il cherchait des solutions pour récupérer l’argent qu’il a investi. 

  • Il avait accepté en mars 2020 de prendre une participation de 1,5 milliard $ dans Keystone; et
  • de fournir une garantie de prêt de 6 milliards $ pour garantir le démarrage immédiat des travaux.

Le projet Keystone XL a été approuvé pour la première fois par l’Office national de l’énergie en 2007.

200 kilomètres du pipeline ont déjà été construits, dont une partie de l’autre côté de la frontière canado-américaine. 

[Pour aller plus loin: Quels autres projets de pipeline sont toujours en cours pour transporter le pétrole canadien?]

Félix Côté
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Ottawa ne renonce pas aux futurs projets pétroliers

Publié le 20 mai 2021
Ottawa ne renonce pas aux futurs projets pétroliers

Le ministre canadien des Ressources naturelles Seamus O’Regan (Source: Twitter)

  • Le ministre fédéral des Ressources naturelles Seamus O’Regan croit qu’il est «impossible d’éliminer notre dépendance au pétrole du jour au lendemain».
  • Seamus O’Regan reconnaît que «le signal d’alarme» envoyé mardi par le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) «montre l’ampleur du défi» qui attend le Canada pour atteindre la carboneutralité. Mais, selon lui, «la transition vers l’énergie verte ne doit pas engendrer la perte de milliers d’emplois dans le secteur pétrolier».

Dans son rapport, l’AEI recommande aux États de ne plus investir dans de futurs projets pétroliers et gaziers s’ils souhaitent atteindre la carboneutralité d’ici 2050 – ce qui est l’objectif du gouvernement Trudeau.

Le rapport de l’AIE «secoue» le Canada et le secteur pétrolier, assure O’Regan.

Mais la priorité d’Ottawa est de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

  • Si les compagnies pétrolières réduisent leurs émissions de GES, dit le ministre, nous allons continuer à les appuyer.
  • «L’objectif n’est pas la fermeture de l’industrie du pétrole et du gaz.»

Le Canada est le quatrième plus grand producteur mondial de pétrole et de gaz.

Johanna Sabys
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Pourquoi Colonial Pipeline a payé une rançon

Publié le 20 mai 2021
  • Joseph Blount, PDG de Colonial Pipeline, a raconté au Wall Street Journal les circonstances dans lesquelles il a autorisé le paiement d’une rançon de 4,4 millions $US, en bitcoins, à des pirates informatiques. 
  • Il dit l’avoir fait par prudence, parce qu’il ignorait l’ampleur des dommages que pouvait causer la cyberattaque dont l’entreprise américaine a été victime le 7 mai. 

Le PDG craignait aussi le temps que prendrait la remise en fonction de l’oléoduc de Colonial, qui alimente en pétrole la côte Est des États-Unis. 

À la suite du paiement de la rançon, la compagnie aurait reçu des pirates un outil de décryptage pour déverrouiller le système qui avait été piraté. 

  • Mais selon le Wall Street Journal, cet outil n’aurait pas permis de retrouver immédiatement un plein contrôle du système de l’oléoduc.
Félix Côté
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États-Unis: Colonial Pipeline aurait versé une rançon de 5 millions $US

Publié le 13 mai 2021
États-Unis: Colonial Pipeline aurait versé une rançon de 5 millions $US

(Source: Unsplash)

  • L’exploitant d’oléoducs victime d’une cyberattaque majeure aurait versé ces derniers jours une rançon de 5 millions $US en cryptomonnaie à des pirates informatiques, selon l’agence Bloomberg. 
  • Colonial Pipeline a redémarré son réseau d’oléoducs aujourd’hui. Toutefois, il pourrait s’écouler quelques jours avant un retour à la normale aux États-Unis. 

Le paiement aurait été effectué quelques heures seulement après la cyberattaque qui a paralysé vendredi dernier le réseau informatique de l’entreprise américaine.

  • Selon le FBI, les pirates informatiques sont liés au groupe DarkSide, un groupe d’Europe de l’Est spécialisé dans l’extorsion numérique. 

Les 8900 kilomètres d’oléoduc de Colonial Pipeline approvisionnent en hydrocarbures la majeure partie de l’Est des États-Unis.

L’approvisionnement en essence de plusieurs états américains a été fortement perturbé après que Colonial a décidé vendredi de fermer son réseau d’oléoducs de façon préventive. 

  • Depuis la cyberattaque, de nombreux Américains font provision d’essence, ce qui accentue la pénurie. 
  • Selon l’Automobile American Association (l’équivalent américain de CAA), le prix moyen du litre d’essence à la pompe est monté au-dessus de 3 $US le gallon (0,96 $CAN le litre), une première depuis 2014.
Félix Côté
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Alors que les Américains font des réserves d’essence, la pénurie s’intensifie

Publié le 13 mai 2021
Alors que les Américains font des réserves d’essence, la pénurie s’intensifie

(Source: Unsplash)

  • Depuis l’attaque par rançongiciel qui a forcé la fermeture de l’oléoduc Colonial Pipeline la semaine dernière, les États-Unis sont aux prises avec un problème d’approvisionnement en essence. L’oléoduc, qui relie le New Jersey au Texas, fournit 45% du carburant de l’est des États-Unis.
  • Plusieurs Américains craignent que le problème perdure et font des réserves, ce qui amplifie la pénurie. Toutefois, les autorités américaines multiplient les messages pour rappeler que la fermeture de l’oléoduc n’affecte pas les réserves de carburant dans l’ensemble du pays, et que le manque d’approvisionnement dans certaines régions pourrait bientôt se résorber. 

Ottawa intervient pour sauver la ligne 5 d’Enbridge au Michigan

Publié le 11 mai 2021
Ottawa intervient pour sauver la ligne 5 d’Enbridge au Michigan

Le ministre canadien des Ressources naturelles Seamus O’Regan (Source: Twitter)

  • Le gouvernement Trudeau a déposé un mémoire devant une cour du Michigan pour appuyer la poursuite de la médiation entre la société Enbridge et l’État américain.
  • La gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer avait demandé à Enbridge de fermer son pipeline transfrontalier d’ici demain. À la veille de cet ultimatum, le ministre canadien des Ressources naturelles Seamus O’Regan réaffirme que la ligne 5 est «un lien essentiel sur les plans énergétique et économique entre le Canada et les États-Unis». 

Le Canada s’oppose à la fermeture du pipeline qui opère, selon lui, «en toute sécurité» dans le détroit de Mackinac, au Michigan, depuis 68 ans.

  • La ligne 5 transporte chaque jour 540 000 barils de pétrole brut léger et de gaz naturel aux raffineries du Québec et de l’Ontario, et à des États américains.

Dans le mémoire, préparé en collaboration avec le Québec, l’Ontario, l’Alberta, et la Saskatchewan, Ottawa:

  • soutient que l’affaire devrait être instruite par la Cour fédérale américaine, et non au niveau d’un État; et 
  • rappelle que les États-Unis se sont engagés – dans un accord de 1977 – à «ne pas nuire à l’exploitation des pipelines internationaux pour l’acheminement d’hydrocarbures».

Selon Ottawa, cette ligne transfrontalière est:

  • «le moyen le plus sûr et le plus efficace de transporter du carburant vers les raffineries et les marchés»; et
  • «une source d’énergie fiable pour le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie, l’Ontario et le Québec. 

La cour devrait donc, selon Ottawa, s’opposer à la fermeture du pipeline, et laisser les gouvernements canadiens et américains régler ce différend.

La société Enbridge et l’État du Michigan ont entamé une médiation.

  • Selon le gouvernement Trudeau, des rencontres ont lieu régulièrement, et «cette démarche devrait mener à une solution». 
Johanna Sabys
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