Climat

Comment le Québec et le reste du monde font face aux gigantesques défis de l’urgence climatique – nouvelles, études, données, projets, programmes, prévisions, investissements, initiatives et innovations (voir aussi Électrification, Environnement, et Technologies propres)

Climat: Ottawa investit 8 millions $ pour surveiller la Terre depuis l’espace

Mis à jour il y a 8 h
Climat: Ottawa investit 8 millions $ pour surveiller la Terre depuis l’espace

(Source: Agence spatiale canadienne)

  • 21 entreprises canadiennes – dont Lux Aerobot, d’Alma, qui obtient ses images grâce à des ballons d’observation – vont se partager 8 millions $ pour développer des applications afin de mieux observer la Terre à partir de satellites. 
  • Les données récoltées de l’espace sur les émissions de GES ou la couverture de glace sont essentielles pour lutter contre les changements climatiques, affirme le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault. En cas d’incendie, ces données permettront aussi d’optimiser les opérations de secours. 

Dans son dernier budget, le gouvernement Trudeau a prévu au total 90 millions $ pour observer la Terre par satellites. 

En plus de ce budget, Ottawa avait annoncé en novembre un financement de 20 millions $ à l’entreprise montréalaise GHGSat pour mesurer, à partir de données collectées par satellite, les émissions de méthane au pays.

Johanna Sabys
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Stockage du carbone: 400 scientifiques s’opposent au crédit d’impôt fédéral

Mis à jour il y a 9 h
Stockage du carbone: 400 scientifiques s’opposent au crédit d’impôt fédéral

(Source: Patrick Hendry / Unsplash)

  • Dans une lettre ouverte, 400 scientifiques canadiens ont demandé jeudi au gouvernement Trudeau d’abandonner le crédit d’impôt qu’il prévoit de mettre en place cette année pour les entreprises qui capturent et stockent du carbone.
  • Selon les scientifiques, un tel crédit d’impôt serait une subvention aux énergies fossiles. La mesure aiderait les pétrolières à stocker du carbone dans le sol et les inciterait à augmenter leur production. Or, disent-ils, les projets de capture et de stockage ne sont «ni économiquement viables, ni éprouvés à grande échelle».

Une société brave l’interdiction d’extraire des hydrocarbures au Québec

Mis à jour il y a 8 h
Une société brave l’interdiction d’extraire des hydrocarbures au Québec

[image pour fins d’illustration seulement, tirée du site de Questerre mais sans rapport direct avec le projet]

  • Questerre Energy (TSX: QEC), une société de Calgary, a signé un accord de développement économique avec le Conseil de la Première nation des Abénakis de Wôlinak.
  • La société veut développer à Bécancour, dans le Centre-du-Québec, au sud de Trois-Rivières, un centre énergétique à émissions nettes nulles. Elle veut y mener des «projets pilotes qui produisent de l’énergie propre, y compris du gaz à émissions nulles».

Or, le premier ministre François Legault a annoncé en octobre dernier «la décision de renoncer définitivement à extraire des hydrocarbures» sur le territoire québécois.

Le projet de Questerre semble être en contradiction directe avec cet engagement.

Questerre joue la carte de l’association avec des autochtones.

L’entente prévoit que les Abénakis pourront tirer un profit net du développement de leur territoire et obtenir un «intérêt direct» dans les permis d’exploration de Questerre.

Dans un communiqué de Questerre, le chef du conseil de bande, Michel Bernard, soutient ouvertement le projet de la société.

  • «C’est la première entreprise à reconnaître pleinement nos territoires d’utilisation traditionnelle et à s’engager à aller de l’avant en consultant pleinement notre peuple et en coopérant avec lui.»

Dans une entrevue au Globe and Mail, le PDG de Questerre Michael Binnion dit qu’il se prépare à «une épreuve de force intéressante» avec le gouvernement du Québec pour faire avancer son projet.

Patrick Pierra
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Bonne performance du Québec au classement des entreprises les plus «durables»

Publié hier
Bonne performance du Québec au classement des entreprises les plus «durables»
  • 5 sociétés québécoises figurent au plus récent classement annuel des 100 grandes entreprises les plus durables (sustainable) au monde établi par Corporate Knights, une entreprise de Toronto qui édite le magazine du même nom.
  • Ce classement analyse chaque année les revenus et investissements de presque 7000 organisations dans le monde sur la base des critères de responsabilité ESG (environnement, responsabilité sociale et gouvernance). TC Transcontinental est la société canadienne la mieux placée dans le classement 2022. 

Sociétés québécoises classées dans l’édition 2022 du palmarès Global 100 des entreprises les plus durables au monde:

  • TC Transcontinental (TSX: TCL): 16e (45e en 2021)
  • Cascades (TSX: CAS): 18e (17e en 2021)
  • Gildan (TSX et NYSE: GIL): 79e (nouvelle au classement)
  • Banque de Montréal (TSX et NYSE: BMO): 80e (47e en 2021)
  • Cogeco Communications (TSX: CCA): 81e (68e en 2021)

Quelques autres sociétés canadiennes qui figurent dans ce classement: Canadian Tire, le Canadien Pacifique, Financière IGM, Financière Sun Life et Telus.

L’entreprise classée en première position est Vestas, un fabricant danois d’éoliennes.

Patrick Pierra
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Réchauffement climatique: la forêt boréale captera-t-elle autant de CO2?

Publié le 16 janv. 2022
Réchauffement climatique: la forêt boréale captera-t-elle autant de CO2?

(Source: Pixabay)

  • Dans certaines régions nordiques du Canada et de la Russie, la forêt boréale profitera d’un climat plus chaud et gagnera du terrain vers le nord. 
  • Mais, du point de vue de la quantité de CO2 capté, ces gains ne compenseront peut-être par les territoires que la forêt perdra dans le sud, la disparition des tourbières actuelles qui emmagasinent du carbone, et l’effet des incendies de forêt qui dégèlent le pergélisol. 

Les forêts boréales canadiennes et russes s’étendront vers le nord à cause du réchauffement climatique. 

Mais elles perdront du terrain au sud. 

  • Selon une étude de l’Université du Minnesota, d’ici la fin du siècle, il n’y aura plus de forêt boréale dans l’État du Minnesota ni sur une portion du territoire canadien d’environ 300 km, de la frontière vers le nord.

Les tourbières qu’abritent actuellement les forêts boréales emmagasinent en moyenne 2 fois plus de carbone que les forêts proprement dites. 

  • C’est la raison pour laquelle un groupe de chercheurs s’était intéressé en 2020 au recul des tourbières dans un futur climat nord-américain plus chaud.
  • L’une de leurs conclusions est qu’il faut s’attendre à des pertes du carbone emmagasiné à cause des tourbières qui disparaitront.

Puisque la forêt boréale progresse vers le nord, cela ne signifie-t-il pas, à long terme, de nouvelles tourbières, qui compenseraient pour les pertes subies plus au sud?

Le problème est que le réchauffement n’est pas linéaire: il se produit actuellement 2 à 3 fois plus vite dans l’Arctique que dans le reste du monde, avec un potentiel destructeur que les chercheurs ne peuvent pas estimer. 

Les incendies des dernières années sont la marque la plus visible de ce potentiel destructeur.

Les feux brûlent la couche organique du sol. 

  • Cela expose les minéraux en dessous, et favorise la croissance des arbres.

Mais les feux réduisent aussi l’isolation dont jouissait le pergélisol – le sol gelé en permanence. 

  • En dégelant, ce sol évacue davantage de carbone et de méthane dans l’air.
Agence Science-Presse
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Déni cosmique: pourquoi les scientifiques aiment le dernier succès Netflix

Publié le 9 janv. 2022
Déni cosmique: pourquoi les scientifiques aiment le dernier succès Netflix

L’affiche du film Don’t look up – Déni cosmique, en français (Source: Netflix)

  • En moins de 2 semaines, Don’t look up (Déni cosmique, en français) est monté sur la troisième marche du podium des films les plus populaires sur Netflix – ce qui est assez exceptionnel pour une fiction qui parle de science. 
  • Le film est une comédie grinçante sur la découverte d’une comète qui va percuter la Terre et anéantir l’humanité. Il «réussit parfaitement à traduire la frustration des experts du climat», affirme le journaliste David Vetter dans le magazine Forbes.

«La chose la plus effrayante de Don’t Look Up, c’est qu’aussi absurde qu’il soit, il exagère à peine», résume le journaliste Branko Marcetic dans le magazine américain Jacobin

Dans Déni cosmique, la présidente des États-Unis (Meryl Streep) est inquiète de l’effet que la comète aura sur les prochaines élections. 

Les médias ne prennent pas au sérieux les deux astronomes qui l’ont découverte (Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence). 

Ils se retrouvent dans une situation similaire à celle des climatologues depuis 30 ans. 

  • C’est exactement l’objet du film, reconnaît sur Twitter son réalisateur Adam McKay.

Les scientifiques et les militants écologiques se reconnaissent en eux. 

  • «Don’t Look Up reflète la folie dont je suis témoin tous les jours», écrit le climatologue américain Peter Kalmus dans le quotidien britannique The Guardian
  • «J’ai aussi souffert de cette dissonance lors d’interventions dans les médias, avec la question de la manière d’aborder des enjeux graves liés au changement climatique, dans un monde médiatique qui cherche la distraction, les aspects simplistes, la dispute», a témoigné sur Twitter la climatologue française Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Groupe 1 du Giec.
  • «Don’t Look Up est une des plus importantes contributions à la vulgarisation de la science», commente l’astrophysicienne Rebecca Oppenheimer dans le magazine Scientific American

Certains critiques sont moins enthousiastes

Des critiques cinématographiques trouvent le film «trop évident» ou «lourd», et jugent qu’il «manque de nuances» ou «rate la cible». 

Cette réserve en dit plus sur eux que sur le film, affirme le journaliste Nathan Robinson dans la revue américaine Current Affairs

Dans le film, le grand facilitateur de ce déni est l’écosystème moderne de l’information: 

  • La séparation d’une vedette de la chanson et de son petit ami prend le dessus sur une comète qui va percuter la Terre. 
  • La page couverture du magazine Sports Illustrated titre «La fin du monde est proche. Y’aura-t-il un Superbowl?». 

Le film pourrait-il changer les comportements face à l’urgence climatique? 

Le succès du film et les discussions qu’il suscite démontrent que le public veut aller plus loin, croit le journaliste américain Brian Kahn [son article sur le blogue Gizmodo]. 

Déni cosmique pourrait faire comprendre à certains la difficulté de vulgariser une menace existentielle à long terme.

  • Si c’est difficile avec une comète qui va détruire la Terre dans 6 mois, ça l’est encore plus pour une menace climatique étalée sur des décennies. 
Agence Science-Presse
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Les 10 plus grandes catastrophes ont coûté 170 milliards $US cette année

Publié le 27 déc 2021
Les 10 plus grandes catastrophes ont coûté 170 milliards $US cette année

L’ouragan Dennis, à Key West en Floride (Source: David Mark / Pixabay)

  • Les 10 catastrophes météorologiques les plus coûteuses de l’année ont causé au total 170 milliards $US en dommages, soit 20 milliards de plus que les 10 catastrophes les plus coûteuses de 2020, selon un rapport de l’ONG britannique Christian Aid. 
  • La tempête Ida, dans les Caraïbes et à New York début septembre, a causé des dommages estimés à 65 milliards $US; les inondations de juillet en Allemagne et en Belgique, 43 milliards $US; la tempête hivernale qui a paralysé le Texas en février, 23 milliards $US; et les inondations qui ont frappé la Colombie-Britannique en novembre, 7,5 milliards $US. 

Les tornades frappent désormais «en grappe» et restent imprévisibles

Publié le 16 déc 2021
Les tornades frappent désormais «en grappe» et restent imprévisibles

(Source: Nikolas Noonan / Unsplash)

  • Plusieurs États du centre-est des États-Unis ont été frappés le 10 décembre par la série de tornades la plus dévastatrice que le pays ait connue en près d’un siècle. Ces violentes tornades ont tué au moins 90 personnes.  
  • Des événements météorologiques aussi extrêmes sont hautement inhabituels pour le mois de décembre, assurent les experts. On ne sait pas encore comment les prévoir. Mais leur nombre est appelé à augmenter avec les changements climatiques.

Comment se sont formées ces tornades? 

Par la «collision» entre, un corridor de températures anormalement chaudes pour décembre, au centre du continent, et des températures plus froides, au nord.  

  • Un peu partout dans la région touchée, des records de chaleur pour un mois de décembre ont été dépassés vendredi dernier.  

La multiplication des événements météorologiques extrêmes inquiète. 

Plusieurs changements ont récemment été observés.   

  • Les météorologues constatent que les tornades semblent frapper par «grappes» plus souvent qu’avant: au total, une trentaine de tornades ont déferlé sur 5 États la semaine dernière. 
  • La saison des tornades a lieu au printemps, mais on observe désormais des tornades hivernales. 
  • L’avenue des tornades», qui traverse plusieurs États du centre du pays, semble plus souvent se diriger vers l’Est, selon une étude de 2018. 
  • Elles parcourent aussi plus de km: au Kentucky, l’une d’entre elles a parcouru 120 km, alors qu’elles parcourent en moyenne moins de 10 km.

Les tornades sont imprévisibles, à cause de leur relative petite taille.  

  • Selon les experts, moins de 10% des tempêtes orageuses produisent des tornades.

Leur imprévisibilité ne permet pas aux États concernés de s’y préparer.

  • Ils peuvent seulement ajuster les systèmes de surveillance qui permettent d’envoyer une alerte à leurs habitants quelques minutes ou une 1h plus tôt.
  • Mais il n’est pas encore possible de cibler les régions qui seront plus à risque que d’autres. 

Les États-Unis font face à une «nouvelle norme» devant la multiplication des événements météorologiques dévastateurs, alertait dimanche dernier la responsable de l’agence américaine de gestion des catastrophes (Fema). 

De son côté, le président Joe Biden a souligné que ces phénomènes météorologiques étaient «plus intenses» avec le réchauffement de la planète. 

Johanna Sabys
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Ottawa veut planter jusqu’à 320 millions d’arbres par an

Publié le 16 déc 2021
Ottawa veut planter jusqu’à 320 millions d’arbres par an

(Source: Pixabay)

  • Le gouvernement Trudeau a annoncé un plan de plantation sur 9 ans pour combler son retard, afin d’atteindre sa cible de planter 2 milliards d’arbres d’ici 2030. 
  • Selon La Presse Canadienne, en novembre, 8,5 millions d’arbres avaient été plantés, soit seulement 0,4% de l’objectif.

Le ministre des Ressources naturelles Jonathan Wilkinson a annoncé jeudi qu’il avait lancé un appel d’offres. 

Les subventions sont divisées en 3 volets: 

  • Plantation massive (au moins 500 000 arbres par an); 
  • Plantation à petite échelle (50 000 arbres); et 
  • Plantation urbaine et périurbaine (10 000 arbres). 

Selon le nouveau calendrier présenté jeudi, Ottawa compte planter: 

  • 30 millions d’arbres cette année;
  • 60 millions en 2022 et 2023;
  • 100 millions en 2024;
  • 200 millions en 2025;
  • 290 millions en 2026;  
  • 320 millions en 2027, 2028 et 2029; et
  • 300 millions en 2030. 
Johanna Sabys
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Les forêts tropicales se régénèrent plus vite que prévu

Publié le 11 déc 2021
Les forêts tropicales se régénèrent plus vite que prévu

(Source: Unsplash)

  • Selon une étude publiée par la revue Nature, les forêts tropicales qui ont été déboisées peuvent retrouver près de 80% de leurs attributs de forêts vierges en seulement 20 ans. L’auteur principal de l’étude s’est dit «surpris de cette rapidité».
  • C’est peut-être une bonne nouvelle pour le climat: tout comme un adolescent qui grandit et consomme plus de calories qu’un adulte, les forêts tropicales en croissance peuvent absorber plus de carbone que les forêts qui ont atteint leur maturité. 

Le MONDE en questions

La pluie remplacera la neige dans l’Arctique: pourquoi sommes-nous tous concernés?

Publié le 10 déc 2021
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
La pluie remplacera la neige dans l’Arctique: pourquoi sommes-nous tous concernés?

(Source: Pixabay)

  • À cause des changements climatiques, la pluie pourrait tomber plus souvent que la neige dans certaines régions au pôle Nord à partir de 2050, alors que les scientifiques ne prévoyaient pas un changement aussi important avant la fin du siècle.
  • Michelle McCrystall, chercheuse au Centre des sciences de l’observation de la Terre de l’Université du Manitoba, explique à InfoBref que les populations et les animaux n’auront pas le temps de s’adapter. À l’échelle mondiale, ces pluies feront grimper le niveau de la mer et libéreront dans l’atmosphère les milliards de tonnes de CO2 actuellement stockés dans les sols gelés. 

L’Arctique se réchauffe déjà beaucoup plus vite que le reste de la planète. 

Si les pluies deviennent plus fréquentes, ce phénomène sera renforcé. En effet:

  • La neige réfléchit l’énergie du soleil. 
  • Si la surface de la Terre devient moins enneigée, le sol absorbera plus d’énergie solaire et se réchauffera davantage.  

L’Arctique recevra plus de pluie que de neige 10 à 20 ans plus tôt que prévu. 

  • Jusqu’à récemment, les scientifiques estimaient que ce changement de précipitations aurait lieu entre 2070 et 2090.
  • Mais selon l’analyse des dernières données disponibles par une équipe de recherche de l’Université du Manitoba, la transition s’effectuera, selon les régions, entre 2050 et 2080. 

L’Arctique continuera donc à se réchauffer plus rapidement. 

Les pluies auront un impact dramatique dans le Grand Nord. 

Contrairement à l’Antarctique, au pôle Sud, l’Arctique est entouré de terres et abrite une riche faune terrestre: caribous, ours et renards polaires, et bœufs musqués. 

Les pluies, surtout lorsqu’elles sont suivies de températures glaciales, provoquent la formation de couches de glace sur la neige ou à l’intérieur du manteau neigeux.

  • Les caribous et les bœufs musqués auront du mal à se nourrir à cause de la glace, explique à InfoBref Michelle McCrystall, l’auteure principale de l’étude.
  • Des précipitations plus fréquentes pourraient donc causer des famines et la mort de nombreux mammifères.

Ce n’est pas seulement un problème pour ces animaux, mais aussi pour les communautés qui en dépendent, dit la scientifique. 


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Les populations autochtones ne pourront plus vivre comme elles le font aujourd’hui, craint Michelle McCrystall:   

  • «Elles n’auront pas le temps ni les ressources nécessaires pour s’adapter à ce nouveau climat.» 

Il y aura aussi des conséquences mondiales à ce changement. 

«Les changements qui se produisent dans l’Arctique dépassent ses frontières», affirme Michelle McCrystall.

Les pluies en Arctique contribueront à la hausse du niveau des océans et des mers, en faisant fondre et plonger dans l’eau les glaciers du Groenland.

  • Les scientifiques ont d’ailleurs enregistré cette année les toutes premières pluies au sommet de l’île du Groenland, souligne Michelle McCrystall. 

Elles pourraient aussi faire fondre le pergélisol (permafrost en anglais) – la couche du sol gelée en permanence. 

Des précipitations fréquentes s’infiltreront dans les sols et les réchaufferont.  

  • Or, en Arctique, le pergélisol stockerait 1 700 milliards de tonnes de carbone.
  • Si les sols dégèlent, prévient Michelle McCrystall, beaucoup plus de gaz à effet de serre (GES) que prévu seront libérés dans l’atmosphère.

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Comment éviter ces bouleversements? 

La scientifique soutient que, pour que la majeure partie de l’Arctique continue à recevoir plus de neige que de pluie, il faudrait respecter la limite d’un réchauffement de la Terre à un maximum de 1,5 °C d’ici la fin du siècle. 

  • Or, tous les scénarios actuels mènent à un réchauffement plus important. 

Selon la chercheuse, les pays doivent faire plus d’efforts dès maintenant pour: 

  • renoncer aux combustibles fossiles;  
  • investir dans toutes les mesures alternatives; et 
  • développer le transport en commun.  

«Les gens prennent conscience du changement climatique», dit la scientifique, qui étudie aussi les événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents au Canada.  Michelle McCrystall aimerait faire comprendre à ceux qui en doutent encore que le changement climatique «va les affecter, et les affecte déjà». 

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Énergies fossiles: le Canada réduirait sa consommation de 62% d’ici 2050

Publié le 9 déc 2021
Énergies fossiles: le Canada réduirait sa consommation de 62% d’ici 2050

(Source: Jared Evans / Unsplash)

  • Selon la Régie de l’énergie du Canada, l’utilisation des combustibles fossiles dont les émissions de carbone ne sont pas captées va diminuer de 62% entre 2021 et 2050. 
  • Les Canadiens utiliseront moins d’essence et de diesel. La consommation d’électricité augmentera, elle, de 44%, avec la transition vers des véhicules électriques. L’énergie éolienne et solaire sera utilisée pour répondre à cette demande.

Selon les dernières prévisions de la Régie de l’énergie du Canada, le pays devrait réduire de façon significative ses émissions de GES au cours des 30 prochaines années. 

Mais le Canada n’atteindra pas la carboneutralité qu’il vise d’ici 2050. 

La Régie prévoit que la consommation de combustibles fossiles sans captage et stockage du CO2 diminuera par rapport aux niveaux actuels de: 

  • 19% vers 2030;
  • 45% vers 2040; et 
  • 62% vers 2050. 

L’électricité sera plus sobre en carbone.

La production d’électricité à partir de sources à émissions faibles ou nulles représente actuellement 82% de la production totale. 

Elle en représentera, calcule la Régie: 

  • 88% vers 2030; et 
  • 95% vers 2050.

L’éolien et le solaire permettront d’accroître la capacité électrique. 

  • La capacité éolienne et solaire passera de 100 GW actuellement à 150 GW d’ici 2050. 

Avant de baisser, la production de pétrole brut va encore augmenter pendant 10 ans, pour culminer à 5,8 millions de barils par jour (Mb/j) vers 2032. 

  • Elle diminuera ensuite lentement jusqu’à 4,8 Mb/j vers 2050, soit 200 000 barils de moins que les 5 Mb/j produits cette année.

Les prévisions de la Régie de l’énergie du Canada prennent en compte les récentes promesses de réduction d’émissions de GES du gouvernement fédéral. 

Johanna Sabys
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