Innovation

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Conseils pour vos FINANCES

Comment vous pouvez mieux investir dans l’innovation

Publié le 26 nov. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Comment vous pouvez mieux investir dans l’innovation

[crédit photo: Sandro Katalina | Unsplash]

  • Depuis 5 ans, les investissements liés à l’innovation ont enrichi des millions d’investisseurs.
  • Cette tendance peut-elle s’essouffler? Comment y investir tout en diversifiant ses actifs afin de réduire le risque de correction ou de perte financière importante?

Le Nasdaq 100 est l’indice boursier qui contient le plus de titres liés à l’innovation au sens large.

  • Sa performance annualisée moyenne depuis 5 ans est de 28,25%.
  • L’investisseur qui y a investi 100 000 $ en 2016 a accumulé aujourd’hui un magot de 347 000 $.

Impressionnant, n’est-ce pas?

Si on le compare à l’indice principal de la bourse américaine, le S&P 500, sa performance est encore plus saisissante.

  • Au cours de la dernière décennie, le Nasdaq 100 a rapporté 556%, contre 292% pour le S&P 500 (rendements calculés en dollars canadiens).

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Il est sage de réfléchir aux risques après une telle croissance.

Se pourrait-il que les beaux jours des technologies de l’information qui dominent le Nasdaq soient derrière nous?

On sait que l’innovation n’est pas près de s’arrêter.

  • Depuis la maitrise du feu, l’humanité ne cesse d’innover.

Mais, les progrès de demain seront différents de ce qui a caractérisé les récentes décennies.

L’investisseur qui veut à la fois encaisser ses gains passés et profiter des technologies du futur doit être fin stratège.

Une seule certitude: tout va changer!

Les Canadiens peuvent actuellement investir dans plus d’une douzaine de fonds communs et de FNB ciblant les innovations.

Ils sont inégaux, parce que leurs gestionnaires et leurs distributeurs ont des définitions de sous-secteurs technologiques qui varient grandement.

Soyez donc très attentifs aux titres que contiennent ces fonds.

Dans le segment des technos, il ne suffit pas de choisir les grandes entreprises les plus capitalisés: il faut aussi identifier les joueurs plus agiles.


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Certaines tendances lourdes attirent énormément de capital.

Avoir dans son portefeuille des titres qui profiteront de ces tendances pourrait engendrer des gains lorsque d’autres segments de l’économie tireront de la patte.

Voici quelques secteurs qui, à mon avis, sont plus prometteurs que d’autres :

Combiner l’innovation aux facteurs ESG peut améliorer les résultats.

Invesco Canada met en marché ce mois-ci un FNB digne d’intérêt: le Nasdaq 100 ESG (QQCE).

  • C’est le petit frère du QQC, un des principaux fonds indiciels calquant le Nasdaq 100.
  • QQCE ajoute simplement à l’indice Nasdaq 100 des filtres de type ESG (environnement, impact social et saine gouvernance). 

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La méthodologie ESG appliquée dans ce FNB exclut les entreprises liées aux armes et munitions, aux sables bitumineux, au gaz et pétrole de schiste, à l’industrie du nucléaire, au charbon, au tabac, aux jeux de hasard, au cannabis et à l’exploitation sexuelle. 

Comme de nombreuses entreprises sont imbriquées les unes dans les autres, Invesco a resserré les mailles du filtre en éliminant également les sociétés qui gagnent plus de 5% de leurs revenus ou qui possèdent plus de 10% d’une autre entreprise dans les secteurs exclus.

Juste en appliquant ces critères d’exclusion, on parvient à augmenter un peu le rendements du Nasdaq 100.

  • De 2016 à aujourd’hui, l’indice Nasdaq 100 «filtré» ESG a rapporté 250% contre 243% pour l’indice pur.

7% en bonus! Pourquoi s’en passer?

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Mini-budget du Québec: combien pour les entreprises?

Publié le 25 nov. 2021
Mini-budget du Québec: combien pour les entreprises?

Le ministre des Finances Eric Girard (Source: Patrick Lachance MCE / compte Twitter du ministre)

  • Le gouvernement Legault prévoit d’injecter 350 millions $ supplémentaires pour stimuler la croissance et la productivité des entreprises et «combler l’écart du niveau de vie avec l’Ontario».
  • Québec souhaite accélérer les projets d’investissement des entreprises, et soutenir la mise en place des premières zones d’innovation et de projets innovants sur le sol québécois. Mais ces mesures doivent être détaillées ultérieurement par le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon. 

Lors de sa mise à jour automnale, le ministre des Finances Eric Girard a fait le point sur la situation économique et financière du Québec [voir notre article Mini-budget du gouvernement Legault – voici l’essentiel].

Ce mini-budget prévoit 160 millions $ de plus sur 5 ans pour: 

  • augmenter la productivité et la compétitivité des entreprises;
  • accélérer leur numérisation et leur automatisation; et 
  • réduire leur empreinte environnementale.

Mais on ne sait pas encore quels projets y seront admissibles. 

Les premières zones d’innovation obtiennent 100 millions $ supplémentaires – 40 millions $ avaient déjà été annoncés.

  • Ces zones, présentées l’automne dernier, doivent réunir en un seul endroit l’enseignement, la recherche, les entreprises en démarrage et les grands acteurs économiques [détails sur le site du gouvernement]. 

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Québec assouplit les modalités du Programme d’aide financière à l’investissement (Pafi) qui permet d’obtenir un rabais d’électricité de 20%. 

Pour profiter de ce rabais, les entreprises doivent investir au moins 40 millions $ pour améliorer leur productivité ou réduire leurs émissions de GES. 

  • Ce rabais pourra désormais s’échelonner sur 6 ans, au lieu de 4 ans. 
  • Il couvre jusqu’à 50% du coût des investissements admissibles.

Par ailleurs, 90 millions $ seront octroyés à des projets «innovants» qui présentent «un fort potentiel de développement économique pour le Québec».

Johanna Sabys
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Jeune entreprise québécoise innovante

LFAnt Médical rend votre vie sexuelle plus sereine

Publié le 21 nov. 2021
LFAnt Médical rend votre vie sexuelle plus sereine

Patrick O’Neill, cofondateur et chef scientifique de LFAnt Médical

  • On en parle peu, mais les maladies transmises sexuellement continuent à se répandre, souvent sans être décelées, et à faire d’importants dommages.
  • La startup montréalaise LFAnt Médical a inventé un moyen de permettre à chacun de les dépister facilement et rapidement, à domicile.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: la faiblesse du dépistage des maladies transmises sexuellement (MTS).

«Aux États-Unis, environ une personne sur cinq a une MTS, et la majorité des personnes atteintes ne le savent pas», explique Patrick O’Neill, cofondateur et chef scientifique de LFAnt Médical.

Or, la chlamydia et la gonorrhée – les MTS les plus répandues – peuvent causer des problèmes de santé importants, même quand elles ne présentent pas de symptômes.

  • «Si elles ne sont pas traitées, à long terme, elles peuvent être une cause d’infertilité chez les femmes», note Patrick O’Neill.

Mais qui, parmi les personnes asymptomatiques actives sexuellement, suit la recommandation de Santé Canada de passer un test de dépistage tous les 6 mois?

La solution inventée par LFAnt: un appareil connecté de test à domicile.

Appelé le Compact, l’appareil utilise une technologie éprouvée, celle du «test de flux latéral»:

  • Un liquide, mis en contact avec une membrane, cause ou non une réaction produisant un changement de couleur.
  • La coloration signale la présence dans le liquide du marqueur d’une maladie ou d’une condition de santé.

Cette technologie est déjà utilisée dans les tests de grossesse.

Elle est aussi utilisée pour les tests de dépistage rapide de la Covid-19.


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L’objectif de LFAnt est de rendre ces tests beaucoup plus faciles à utiliser par la population.

Le Compact a à peu près la taille d’un étui de brosse à dent, un peu plus large. Il a 2 composantes.

Une cartouche jetable comprend la membrane à mettre en contact avec un liquide provenant du corps: de l’urine, du sang ou de la salive.

On insère cette cartouche dans un étui qui est aussi un lecteur électronique.

  • Il capte des données électromagnétiques provenant de la réaction du liquide sur la membrane; et
  • il les communique, par le protocole de communication sans fil Bluetooth, à une application mobile qui permet d’interpréter les données.

L’application mobile d’accompagnement peut servir au consommateur lui-même.

  • Mais elle peut aussi servir à un médecin, pour lui permettre de faire un diagnostic, soit en personne ou à distance.

Le modèle d’affaires est «celui du rasoir et des lames», explique Patrick O’Neill.

  • Le lecteur sera vendu aux consommateurs à un prix qui pourrait être de l’ordre de 60 $.
  • Les cartouches seront vendues séparément, selon les besoins du client et le marqueur qu’il veut détecter. Leur prix pourrait être de l’ordre de 15 $.

Ces cartouches ne serviront pas seulement pour détecter des MTS.

En fait, LFAnt considère son produit comme une plateforme de mesure liée à la santé:

  • pour détecter des infections, d’autres maladies comme l’influenza, par exemple; et
  • pour mesurer périodiquement d’autres indicateurs de santé.

«Notre objectif à terme vise le dépistage des MTS, précise Patrick O’Neill. Mais il est très probable que nous allons d’abord proposer de détecter d’autres marqueurs.»

  • Ce pourrait être, par exemple, pour évaluer le niveau de stress en mesurant le cortisol dans le sang;
  • ou encore pour mesurer le taux de magnésium ou de vitamine B.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Créée en 2019, LFAnt Médical a obtenu près de 1 million $ en financement, dont:

  • plus de la moitié en subventions, bourses et prêts; et
  • 350 000 $ en capital-actions provenant d’investisseurs providentiels («anges»).

L’entreprise a perfectionné sa technologie, déposé 2 demandes de brevet, et fabriqué des prototypes de son appareil.

Elle a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]. Elle compte aujourd’hui 5 employés.

Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise veut commencer à vendre ses produits en 2023. Elle a entrepris des discussions avec des manufacturiers pour fabriquer son produit en série.

Elle doit d’abord choisir quel marqueur de santé son appareil va mesurer en premier.

  • En commençant par une mesure qui n’implique pas un diagnostic médical, la société éviterait de devoir traverser la longue épreuve des essais cliniques et des approbations réglementaires avant de s’introduire dans le marché.

LFAnt évalue aussi 2 avenues pour sa stratégie de développement:

  • continuer sous la forme d’une PME complètement indépendante, en allant chercher du capital pour financer sa croissance; ou plutôt
  • s’associer à un joueur déjà implanté dans le secteur médical.
Patrick Pierra
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Jeune entreprise québécoise innovante

Coinmiles vous récompense en bitcoins pour vos achats

Publié le 14 nov. 2021
Coinmiles vous récompense en bitcoins pour vos achats

Dave Pouliot, fondateur et PDG, et Chris Yeramian, chef des finances et de l’exploitation, de Coinmiles

  • Les bitcoins font beaucoup parler, mais seule une minorité de gens ont pris le risque d’en acheter. Et si on leur en offrait gratuitement, les prendraient-ils?
  • Sans aucun doute, si l’on en croit la startup montréalaise Coinmiles. Elle offre des bitcoins en récompense pour des achats auprès de marchands partenaires, et les clients sont au rendez-vous.

L’opportunité qu’a voulu saisir Dave Pouliot, fondateur et PDG de Coinmiles, c’est d’abord l’engouement pour les cryptomonnaies, et le potentiel marketing qu’il représente pour les commerçants.

  • «Ceux qui s’intéressent aux bitcoins constituent un auditoire idéal pour les marchands, dit Dave Pouliot.
  • Ce sont principalement des jeunes professionnels qui ont de bons revenus et sont ouverts aux nouveautés.»

L’idée pour exploiter cette opportunité est d’associer les bitcoins aux programmes de fidélisation, qui sont déjà une stratégie solidement implantée dans le monde du commerce.

Comme la plupart de ces programmes, Coinmiles offre des remises sur les achats effectués chez des commerçants partenaires.

La différence est que ces remises sont en bitcoins – plus précisément en satochis, souvent appelés sats, qui correspondent à des cent millionièmes de bitcoins.


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Le fonctionnement de Coinmiles est simple pour les usagers.

  • Ils installent une application sur leur téléphone, et ils y ouvrent un compte.
  • Ensuite, lorsqu’ils font des achats chez des marchands partenaires et que ces achats sont liés à leur compte, ils reçoivent automatiquement une remise en bitcoins.
  • Ces remises s’ajoutent à celles que, par ailleurs, l’usager pourrait obtenir en utilisant une carte de fidélité du détaillant ou un programme de récompense de sa carte de crédit.

«L’usager ne dépense aucun montant ni supplément pour obtenir des bitcoins, précise Dave Pouliot. C’est une récompense offerte par le marchand pour avoir acheté chez lui. Elle se situe généralement entre 1% et 15% du prix payé pour l’achat, mais peut aller jusqu’à 35%.»

  • Une fois la récompense reçue, tant qu’elle est conservée en bitcoins, sa valeur fluctue selon l’évolution du cours de la cryptomonnaie.
  • Malgré des turbulences fréquentes à court terme, beaucoup espèrent que la tendance à moyen terme va rester à la hausse.

«À tout moment, poursuit Dave Pouliot, un usager peut demander la conversion de ses bitcoins en argent, et les dépenser comme il le souhaite. Notre formule plait particulièrement à ceux qui pensent que le bitcoin va prendre de la valeur.»

Il assure que l’entreprise détient les bitcoins accumulés par ses membres et pourra donc leur remettre l’argent à tout moment.


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Le modèle d’affaires est basé sur une rémunération à la performance.

«Nos marchands partenaires nous paient pour le volume de transaction qu’on leur amène, et on partage cette rémunération avec nos membres en leur remettant des bitcoins», résume Dave Pouliot.

Où en est l’entreprise actuellement?

Coinmiles a lancé son application à la fin de 2020. Elle compte déjà plus de 40 000 usagers.

Ils peuvent bénéficier de remises à l’achat de produits de plus de 1000 entreprises – dont beaucoup de marques connues dont Sephora, Nike, Home Depot, Canadian Tire, Indigo, Best Buy et Reebok Canada – et ce autant pour des achats en ligne qu’en magasin.

Coimiles compte une dizaine d’employés.

L’entreprise a reçu 1,25 million $ en investissement, provenant principalement d’investisseurs providentiels («anges») québécois.

Elle a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021].


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Prochaines étapes à surveiller

Dave Pouliot veut continuer à étendre le bassin des produits pour lesquels ses usagers peuvent obtenir des récompenses.

  • Coinmiles va très bientôt offrir des récompenses sur des réservations d’hôtels.

Mais il veut aussi déployer rapidement Coinmiles hors du Canada pour devenir la référence des systèmes de récompense en bitcoins.

Patrick Pierra
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Jeune entreprise québécoise innovante

Comment Mini-Cycle élimine le gaspillage vestimentaire

Publié le 7 nov. 2021
Comment Mini-Cycle élimine le gaspillage vestimentaire

Jad Robitaille, fondatrice et PDG de Minicycle [crédit photo: Myriam Baril-Tessier pour PME MTL]

  • Parce que les enfants grandissent vite, ils ont à peine le temps d’user leurs vêtements. Alors, les parents ont souvent tendance à se contenter de vêtements pas chers, vendus par des grandes chaînes, qui ne servent pas longtemps et ne peuvent pas vraiment être réutilisés.
  • Pour casser ce cercle vicieux dommageable à l’environnement, la jeune PME montréalaise Mini-Cycle a inventé un système de distribution inédit: elle ne vend que des vêtements haut de gamme et durables, qu’elle s’engage ensuite à racheter pour les nettoyer, les réparer au besoin, puis les revendre, les réutiliser ou les recycler.

Le problème que l’entreprise cherche à régler: le gaspillage vestimentaire.

L’engouement pour la mode rapide (fast fashion) incite à acheter à bas prix des vêtements qui ne sont pas faits pour durer. 

Mais si leur prix est bas, le coût social et environnemental de ces vêtements est lourd. 

  • «La mode rapide ne prend soin ni de la planète ni des personnes qui la fabriquent», explique Jad Robitaille, fondatrice et PDG de la PME montréalaise Mini-Cycle – et chargée de cours en stratégie de durabilité à l’Université McGill.

La solution: un modèle de distribution de vêtements entièrement basé sur l’économie circulaire.

Mini-Cycle le définit en 3 étapes:

  • Pré-cycle: l’entreprise vend en ligne des vêtements neufs de haute qualité, sélectionnés pour leur durabilité et pour leur faible impact sur l’environnement.
  • Mi-cycle: l’entreprise s’engage à racheter par la suite au prix du marché tous ses produits après qu’ils aient été utilisés et aient donné satisfaction aux enfants et à leurs parents.
  • Re-cycle: les vêtements rachetés sont réparés si c’est nécessaire, puis revendus comme vêtement de seconde main. S’ils sont trop usés, des morceaux sont récupérés pour être réutilisés – par exemple pour fabriquer des accessoires ou des jouets pour enfants, qui sont à leur tour vendus.

Ainsi, tous les vêtements sont utilisés au maximum de leur durée de vie.

  • «On cherche à rendre plus accessible la mode éthique et durable», résume Jad Robitaille.

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Le modèle d’affaires:

Mini-Cycle est d’abord un détaillant, mais pas un détaillant comme les autres.

L’entreprise sélectionne ses fournisseurs moins pour la notoriété de leur marque ou le volume qu’ils peuvent livrer que pour la qualité, la durabilité et la faible empreinte environnementale de leurs produits.

  • «On favorise dès qu’on peut les fabricants locaux», dit Jad Robitaille. 

Lorsqu’un client veut que Mini-Cycle reprenne un vêtement après utilisation, l’entreprise le rachète à un prix qui dépend de son état.

  • Si le vêtement est trop usé pour être réparé, l’entreprise remet quand même un montant symbolique.

Elle gère elle-même la logistique de réception des reprises, leur évaluation, leur nettoyage et leur réparation si nécessaire.


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Où en est l’entreprise actuellement?

Mini-Cycle vient de fêter son 3e anniversaire. Elle a déjà reçu plus de 20 000 commandes.

  • «On fait actuellement 45% de nos ventes au Québec, 40% dans le reste du Canada et 15% aux États-Unis», dit Jad Robitaille.

L’entreprise a connu une croissance rapide malgré la pandémie.

  • «Nous avons quintuplé nos ventes l’an dernier, et nous sommes en train de les doubler encore cette année», continue Jad Robitaille.
  • La PME a d’ailleurs dû changer 3 fois de local dans l’année pour répondre à ses besoins croissants d’entreposage. 

Mini-Cycle emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes.

  • La moitié travaille sur les produits de seconde main, et l’autre moitié sur les opérations, la gestion de l’entrepôt et l’administration.

L’entreprise a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]. 


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Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise investit pour améliorer le processus de rachat de produits.

  • «En ce moment, on ne peut pas encore dire aux clients combien on va leur payer avant qu’ils renvoient leurs produits», explique Jad Robitaille.
  • «On veut faciliter le processus de reprise autant pour eux, en leur donnant une estimation du prix de rachat dans leur compte en ligne, que pour nous, en automatisant le traitement des données.»

Mini-Cycle élargit également son catalogue.

  • Il permet déjà d’habiller les enfants de 0 à 14 ans des pieds à la tête. «Il ne nous manque plus que les bottes d’hiver», précise Jad Robitaille.
  • L’entreprise a aussi commencé des tests avec des vêtements de seconde main pour femmes.

Après l’investissement initial d’un ami suivi de quelques prêts et bourses, l’entreprise se prépare à mener prochainement une première ronde de financement d’amorçage pour soutenir la croissance de l’entreprise.

Patrick Pierra
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Statera fabrique des épaules artificielles «connectées»

Publié le 31 oct. 2021
Statera fabrique des épaules artificielles «connectées»

Frédérik Plourde, cofondateur et PDG de Statera Médical [crédit photo: Bruno Petrozza]

  • L’épaule est l’articulation la plus complexe du corps humain. Son remplacement n’est pas toujours réussi: parmi les patients qui doivent se faire remplacer l’épaule, 1 sur 7 revient en salle d’opération l’année suivante à cause d’un problème.
  • La startup montréalaise Statera Médical a développé un implant d’épaule de nouvelle génération qui communique des données sur la condition du patient et qui, une fois implanté, s’ajuste sans opération chirurgicale.

Le problème: il est très difficile de bien ajuster une épaule artificielle à un individu.

  • «Chaque patient à une condition et une anatomie différentes», note Frédérik Plourde, cofondateur et PDG de Statera Médical.
  • «De plus, le patient se trouve sous l’influence d’anesthésiant pendant la chirurgie: tous les muscles sont alors complètement relâchés, alors qu’ils ne sont jamais ainsi habituellement.»

Résultat: 15% des patients qui subissent une implantation ont des problèmes qui nécessitent une nouvelle opération dans les 12 mois suivants.

  • «C’est un taux faramineux: normalement, on voit plutôt des taux de complication de l’ordre de 1 à 3% après l’installation d’un implant», explique Frédérik Plourde.

Il croit que les implants d’épaule n’ont pas évolué autant, ces dernières années, que ceux pour la hanche ou le genou.


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La solution: une prothèse orthopédique de nouvelle génération pour les patients qui ont besoin d’un remplacement total du joint de l’épaule, le plus souvent à cause d’arthrose ou de déchirures musculaires.

«C’est une prothèse instrumentée, explique Frédérik Plourde. Elle comprend plusieurs capteurs qui permettent au chirurgien de faire, lors de l’opération, un ajustement très fin pour adapter parfaitement l’implant à la morphologie du patient et maximiser la mobilité ainsi que la durée de vie de l’implant.»

Après l’opération, ces capteurs permettent également de collecter des données pour vérifier que la prothèse se comporte bien tel que prévu.

  • Ce suivi ne nécessite pas de radiographie et peut même être fait de la maison.
  • Il permet de prévenir les risques de fracture et d’instabilité de l’articulation, tels qu’une luxation.

Si jamais des ajustements sont nécessaires, ils peuvent se faire facilement et rapidement.

  • Sans devoir faire d’anesthésie générale, un chirurgien fait sur l’épaule du patient une incision de 2 millimètres.
  • Il y insère un petit appareil développé par l’entreprise, une sorte de mini-tournevis, qui lui permet de faire les ajustements nécessaires directement dans la prothèse.

Le modèle d’affaires: Statera vendra ses prothèses à des hôpitaux, des cliniques privées, des centres sportifs et des centres universitaires.

  • Une prothèse se vend environ 10 000 $ – la prothèse «connectée» de Statera sera à un prix comparable à celui des prothèses existantes.
  • Les patients pourront se faire rembourser par leur assurance.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Créée il y a tout juste un an par trois cofondateurs, dont un médecin spécialiste de l’épaule, l’entreprise emploie actuellement une dizaine de personnes, dont 7 à temps plein.

Sa prothèse Tera-Life est brevetée. Le logiciel qui permet de lire les données provenant de ses capteurs l’est aussi.

Statera a fait récemment sa première implantation sur ce que l’on appelle un spécimen anatomique – concrètement, une épaule découpée dans le cadavre d’une personne qui avait donné son corps à la science.

L’entreprise a gagné le premier prix des Bourses Pierre-Péladeau de Québecor. Elle a aussi été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Prochaines étapes à surveiller:

Statera va poursuivre prochainement ses essais cliniques in vivo, sur des animaux vivants, notamment pour vérifier que l’intégration de la prothèse aux os se fait de façon adéquate.

L’entreprise ouvrira à la mi-novembre sa première ronde de financement en capital-actions.

Patrick Pierra
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Jeune entreprise québécoise innovante

Invicare prend soin de vos implants dentaires

Publié le 24 oct. 2021
Invicare prend soin de vos implants dentaires

Ashwaq Al-Hashedi, cofondatrice et PDG d’Invicare

  • Si vous avez un implant dentaire, vous êtes sujet à un risque d’infection. L’entretien des implants, qui est fait actuellement d’une façon similaire à celui des dents naturelles, est une cause importante de ce risque parce qu’il peut endommager les implants.
  • Une jeune pousse de Montréal, Invicare, a développé un nouveau produit spécialement destiné à nettoyer les implants dentaires. Selon la société, il les nettoie plus rapidement sans les endommager, ce qui réduit les risques d’infection.

Le problème: le haut taux d’infection des personnes qui ont un implant dentaire.

«Déjà 180 millions d’implants dentaires ont été implantés dans le monde, et leur nombre augmente de 20 millions par année», explique Ashwaq Al-Hashedi, cofondatrice et PDG d’Invicare.

  • «Or, beaucoup de gens qui reçoivent un implant subissent une infection par la suite.
  • Le taux d’infection peut aller jusqu’à 50%, à divers degrés de sévérité.»

Ces infections causent des souffrances aux patients et elles augmentent le coût de la santé dentaire.

Une cause d’infection semble être la façon dont on nettoie les implants dentaires.

  • «Actuellement, on les nettoie avec les mêmes produits et techniques que les dents, sans les adapter aux caractéristiques spécifiques de la surface des implants», note Ashwaq Al-Hashedi.
  • «Or, les implants dentaires, en titane ou en alliage de titane, sont plus sensibles que l’émail des dents aux effets abrasifs des dentifrices.»

La solution: un produit conçu spécifiquement pour l’entretien des implants.

Des chercheurs de l’Université McGill, de la Harvard Medical School et de l’Université de Montréal ont développé un hydrogel cristallin – une sorte de pâte formée par des nanocristaux en «2D», qui n’ont presque aucune épaisseur.

Ce gel permet de recouvrir parfaitement la surface des implants dentaires et de les nettoyer rapidement, en 2 minutes seulement, sans les endommager ni les égratigner, ce qui réduit les risques d’infection par la suite.

Ce biomatériau breveté a aussi des propriétés qui aident à régénérer les tissus et cicatriser les os.


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Le modèle d’affaires: Invicare va vendre ses produits – d’abord NeoPhylaxis, puis ImplanTreat – aux professionnels (dentistes, hygiénistes et autres spécialistes) dans les cliniques dentaires et les hôpitaux.

  • Le produit sera remboursé par des assurances, ce qui devrait faciliter son adoption.

Ashwaq Al-Hashedi évalue le marché de l’entretien des implants et du traitement des infections qui y sont liées à 19 milliards $.

Où en est l’entreprise actuellement?

L’entreprise emploie 4 personnes à temps plein et 4 à temps partiel.

Après 7 ans de recherche, son produit a déjà été testé dans 2 cliniques dentaires à Montréal et Toronto.

  • Il doit maintenant l’être auprès de 200 patients répartis dans 34 centres au Canada, aux États-Unis et au Qatar.

L’entreprise a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]


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Prochaines étapes à surveiller:

Pour financer ses derniers tests et le lancement de son premier produit, l’entreprise est en train de réunir une ronde de financement d’amorçage de 1,7 million $.

En parallèle, Invicare s’organise pour produire son gel en quantité industrielle.

  • L’entreprise a déjà passé une entente avec un fournisseur pour qu’il soit fabriqué au Québec.

Invicare vise un lancement commercial au 2e trimestre de 2022.

Les implants dentaires ne sont que la première catégorie d’implants à laquelle l’entreprise s’intéresse.

  • «Notre technologie a d’autres applications que le marché dentaire», dit Ashwaq Al-Hashedi.
  • «Nous nous attaquerons ensuite aux infections associées à toutes les sortes d’implants.»
Patrick Pierra
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Jeune entreprise québécoise innovante

Pyrocyle recycle les composants de vos «vieux» produits électroniques

Publié le 17 oct. 2021
Pyrocyle recycle les composants de vos «vieux» produits électroniques

Mohamed Khalil, cofondateur et PDG de Pyrocycle

  • L’évolution technologique constante nous amène à jeter chaque année une énorme quantité de produits électroniques. Leur recyclage, quand il est possible, est très inefficace et génère des gaz toxiques.
  • Un nouveau procédé permet pourtant de récupérer presque tous les composants de ces produits, autant les plastiques que les métaux, pour les réutiliser et ce, sans émettre de gaz toxiques. C’est cette méthode qu’utilise Pyrocycle, une startup de Montréal, pour transformer le grand gaspillage de l’électronique en économie circulaire.

Le problème: le monde génère chaque année 50 millions de tonnes de déchets électroniques – ordinateurs, téléphones, appareils électroménagers, gadgets en tout genre…

Or, selon l’ONU, seulement 20% de ces produits sont recyclés de façon adéquate.

  • Le recyclage se concentre sur quelques éléments, comme les cartes électroniques, pour extraire en priorité les métaux précieux.
  • Beaucoup de déchets sont enfouis ou exportés de façon souvent illégale vers des pays africains, dont le Ghana, où des gens manipulent des produits toxiques sans être protégés.

«Actuellement, deux méthodes sont utilisées pour le recyclage», explique Mohamed Khalil, cofondateur et PDG de Pyrocycle.

Une méthode mécanique permet de séparer partiellement les métaux, mais pas tous. 

  • «Il y a toujours des pertes à cause du chevauchement entre les propriétés physiques des métaux et celles des plastiques», dit Mohamed Khalil.
  • Le plastique, lui, est enfoui.

Une autre méthode est de faire fondre les produits dans un four à haute température pour en récupérer les métaux.

  • Mais la combustion des plastiques, qui sont mélangés avec des retardateurs de flamme, génère alors des gaz toxiques qui ne sont pas toujours récupérés par des filtres.

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La solution: un nouveau procédé thermochimique, découvert dans le cadre du doctorat en génie chimique qu’a entrepris Mohamed Khalil sous la supervision du professeur Jamal Chaouki à Polytechnique Montréal, permet un recyclage beaucoup plus efficace sans aucune émission de gaz toxique.

Les produits électroniques sont d’abord broyés en poudre pour réduire leur volume.

La poudre est ensuite chauffée dans un réacteur.

  • Mais elle n’est pas brûlée parce que le chauffage se fait sans oxygène – cette opération, la pyrolyse, a inspiré le nom de l’entreprise.

Un ingrédient mélangé à la poudre capte les gaz toxiques.

À la sortie, Pyrocycle obtient:

  • des métaux solides, dont plusieurs peuvent être récupérés comme matières premières;
  • des gaz condensés en une huile, qui peut servir à fabriquer des produits chimiques ou de nouveaux plastiques; et
  • des gaz non condensables, qui peuvent être brûlés sans risque pour l’environnement.

Cette méthode évite complètement l’enfouissement et l’émission de gaz toxiques.

Le modèle d’affaires: Pyrocycle revend comme matière première ce qu’elle tire des déchets électroniques que lui acheminent des sociétés spécialisées dans la collecte et le tri de ces déchets.

  • La valeur est dans l’efficacité du recyclage, mais aussi dans le fait qu’il est réalisé localement dans des conditions beaucoup plus écologiques que les méthodes traditionnelles.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Fondée par Mohamed Khalil et son directeur de thèse, Pyrocycle a reçu le soutien financer d’un entrepreneur, Sylvain Savard, qui exploite l’entreprise de services en aéronautique Avianor, à Mirabel.

Pyrocycle, Mohamed Khalil et leur procédé innovant ont reçu de nombreuses marques de reconnaissance.

  • L’entreprise a notamment été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Après avoir perfectionné sa méthode en laboratoire, l’entreprise a monté une première usine à Anjou, dans l’est de Montréal.

Prochaines étapes à surveiller:

Pyrocyle doit terminer des derniers tests pour que son usine soit pleinement fonctionnelle d’ici la fin de cette année.

Elle se mettra l’an prochain en mode de production industrielle, pour des quantités allant de 1 à 5 tonnes.

Patrick Pierra
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Jeune entreprise québécoise innovante

Gray facilite le traitement du cancer

Publié le 11 oct. 2021
Gray facilite le traitement du cancer

André Diamant, cofondateur et PDG de Gray Solutions pour l’Oncologie [crédit photo: Gray]

  • Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde. Il fait 10 millions de morts par an. Ses traitements sont particulièrement longs et coûteux. Et à cause de leurs effets secondaires et des multiples rendez-vous à l’hôpital qu’ils exigent, ils affectent profondément la qualité de vie des patients.
  • Pour faciliter et optimiser les activités des centres de cancérologie et pour adoucir un peu l’épreuve du traitement pour les patients, la startup montréalaise Gray a développé un logiciel de planification logistique spécialisé en oncologie.

Le problème: planifier le calendrier de traitement d’une personne malade d’un cancer est un véritable casse-tête.

  • Les hôpitaux doivent coordonner étroitement jusqu’à 3 types de traitement: la radiothérapie, la chimiothérapie et la chirurgie.
  • Or, les soins de chaque discipline sont prodigués par des équipes gérées séparément et qui communiquent assez peu entre elles.

«Coordonner les rendez-vous d’un patient en radio, en chimio et en chirurgie, c’est comme jouer à Tetris, mais en beaucoup plus que 2 dimensions», illustre André Diamant, cofondateur et PDG de la jeune entreprise montréalaise Gray Solutions pour l’oncologie.

La solution: le logiciel Gray OS automatise et optimise le flux des patients dans les centres de cancérologie.

Il prend en compte:

  • le protocole de traitement décidé par le médecin;
  • la disponibilité des ressources des différents départements dans l’hôpital; et
  • les préférences du patient – par exemple, un patient qui habite loin du centre voudra probablement regrouper autant que possible ses rendez-vous le même jour et éviter les débuts et fins de journée pour tenir compte du temps nécessaire à son déplacement.

Le logiciel établit ensuite le calendrier de rendez-vous optimal pour le centre de cancérologie et pour le patient.

«GrayOS est comme un système d’exploitation pour les centres de cancérologie, explique André Diamant. Il leur permet à la fois d’optimiser l’utilisation de leurs ressources et d’offrir au patient un traitement qui limite les nuisances à sa vie quotidienne.»

Le modèle d’affaires:

Le logiciel est vendu aux centres de cancérologie sous la forme de licence d’utilisation pour plusieurs années.

  • Le prix dépend de la complexité des activités du centre, notamment du nombre de patients qu’il traite.
  • Le marché mondial des logiciels de planification médicale est déjà de plusieurs centaines de millions $ et il est en croissance rapide.

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GrayOS est disponible:

  • comme logiciel installé sur des ordinateurs dans les locaux de l’hôpital; ou
  • comme logiciel-service accessible à partir du nuage.

La plateforme interagit avec les autres systèmes informatiques déjà en place dans l’hôpital, et elle utilise le dossier de santé électronique des patients – mais les données ne quittent pas l’hôpital.

Où en est l’entreprise actuellement?

Créée par 5 personnes venues du milieu académique, l’entreprise a débuté ses opérations au début de 2020. Elle emploie aujourd’hui 8 personnes.

Cet été, elle a clôturé une première ronde de financement de 1,25 million $ à laquelle ont participé Anges Québec, le fonds AQC Capital et plusieurs anges providentiels – dont le réputé chercheur montréalais en intelligence artificielle Yoshua Bengio.

Gray a été nommée l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Son logiciel est à l’essai, en mode de projet pilote, au Centre intégré de cancérologie du CHUM, à Montréal.

Il doit bientôt être déployé, toujours sous forme de projet-pilote, dans 2 autres grands centres de traitement.

Prochaines étapes à surveiller:

Pour l’instant, GrayOS ne planifie que les rendez-vous de radiothérapie et de chimiothérapie.

  • Ceux de chirurgie doivent bientôt s’y ajouter.

Au lieu de se cantonner seulement à l’aspect logistique, le logiciel devrait évoluer dans l’avenir vers un rôle de conseil au médecin pour l’aider à choisir les meilleures ressources pour le traitement du patient à long terme.

L’entreprise souhaite exporter assez rapidement son logiciel hors du Québec.

Elle visera en premier d’autres provinces canadiennes, à commencer par l’Ontario et l’Alberta.

  • Il y a une cinquantaine de centres de cancérologie au Canada.

Mais le marché le plus important à moyen terme est celui des États-Unis.

  • On y compte plusieurs milliers de centres de cancérologie, dont beaucoup sont indépendants des hôpitaux.
Patrick Pierra
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Québec aide les entreprises à obtenir une accréditation en cybersécurité

Publié le 5 oct. 2021
Québec aide les entreprises à obtenir une accréditation en cybersécurité

[Source: Pixabay]

  • Le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec investit 27,5 millions $ supplémentaires dans le Programme d’innovation en cybersécurité du Québec (Picq), créé en 2018 avec un budget initial de 16 millions $.
  • Géré par l’organisme Prompt, ce programme finance des entreprises qui mènent des projets de recherche et de développement en cybersécurité au Québec. 

Depuis 2018, le Picq finance jusqu’à 25% des coûts de projets d’innovation, jusqu’à 350 000 $, menés par des entreprises québécoises dans le domaine de la cybersécurité.

  • 53 projets ont été financés dans les dernières années. 

Le financement supplémentaire de 27,5 millions $ permet d’ajouter un nouveau volet, pour l’accréditation. 

  • Il financera des entreprises qui veulent obtenir des certifications, homologations ou accréditations qui sont souvent exigées dans le cadre d’un contrat pour se plier à des contraintes de cybersécurité du client.   
  • Le programme peut financer jusqu’à 50% du coût d’un projet d’accréditation, jusqu’à 350 000 $. 

«Le Québec accuse clairement un retard considérable par rapport aux bonnes pratiques en matière de cybersécurité», a commenté dans un communiqué Nicolas Duguay, directeur du développement des marchés chez In-Sec-M, l’un des partenaires de Prompt dans ce programme.

  • Selon Statistique Canada, 21% des entreprises canadiennes ont été touchées par des incidents de cybersécurité en 2019. C’était le cas de 29% des moyennes entreprises et de 43% des grandes entreprises.
  • La même année, les entreprises canadiennes ont dépensé pour leur cybersécurité en moyenne 700 000 $ pour les grandes entreprises, 74 000 $ pour les moyennes entreprises et 11 000 $ pour les petites entreprises. (32% des petites entreprises n’ont fait aucune dépense.)
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Rithmik amène l’intelligence artificielle dans les mines

Publié le 3 oct. 2021
Rithmik amène l’intelligence artificielle dans les mines

Amanda Truscott, cofondatrice et PDG de Rithmik Solutions

  • Une machine qui tombe soudain en panne: pour une mine, cette mauvaise surprise peut coûter une fortune.
  • Le logiciel de Rithmik Solutions, une startup de Montréal, aide les mines à identifier les causes des défaillances mécaniques de leurs équipements mobiles. Il alerte les exploitants miniers dès qu’un problème émerge pour qu’ils fassent un entretien préventif adéquat. Cela leur fait faire des économies, et réduit les émissions de gaz à effet de serre dues à des équipements mal entretenus.

Le problème: l’énorme coût des pannes et des bris d’équipement dans les mines.

La maintenance de ses équipements constitue généralement entre 20 et 50% des coûts d’exploitation d’une mine.

«Or, 82% des opérations de maintenance de ces équipements ne sont pas planifiées. Elles se font au moment où survient une panne ou un bris imprévu», explique à InfoBref Amanda Truscott, cofondatrice et PDG de Rithmik Solutions.

L’arrêt d’un équipement entraîne très souvent celui d’autres composantes de la chaîne de production, ce qui fait grimper les coûts.

Amanda Truscott donne l’exemple d’une pompe à huile dans un véhicule industriel.

  • «La réparer coûte normalement environ 40 000 $, dit-elle.
  • Mais si la panne de la pompe n’est pas détectée, ce qui est assez courant, elle peut entraîner une panne de moteur qui a alors un impact plus proche de 2 millions $.»

Il y a aussi un coût environnemental.

  • Faire venir d’urgence certaines pièces par avion ou hélicoptère produit beaucoup plus de gaz à effet de serre que si la pièce était venue à l’avance par la route ou par rail.

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La solution: un logiciel d’analyse de données qui permet de prévoir les bris et les pannes et de planifier les activités de maintenance en conséquence.

  • Le logiciel de Rithmik réunit toutes les données qu’une mine collecte déjà à partir des capteurs installés sur ses appareils.
  • Il analyse ensuite les données et, à l’aide de modèles d’intelligence artificielle, aide les exploitants à déterminer les causes profondes des défaillances d’équipement.
  • Cela lui permet de faire des prévisions sur le degré d’usure de certaines pièces et la probabilité qu’un problème survienne.
  • Le logiciel établit aussi des seuils à partir desquels il vaut la peine d’alerter l’exploitant de la mine pour qu’il inspecte l’équipement et, le cas échéant, le répare ou le remplace.

Ces activités de maintenance planifiées limitent les interruptions de la production.

  • Elles permettent aussi d’utiliser le matériel d’une façon plus efficace, ce qui réduit sa consommation en carburant.
  • «La réduction des gaz à effet de serre qui découle de cette optimisation peut atteindre 15%», précise Amanda Truscott.

Le modèle d’affaires:

Le logiciel d’analyse d’actifs de Rithmik est vendu aux mines sous la forme d’un logiciel en tant que service, hébergé dans le nuage, accessible par abonnement payant.


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Où l’entreprise en est-elle actuellement?

Rithmik se concentre d’abord sur le matériel roulant ou mobile tel que les bulldozers, les pelles mécaniques et les camions – des machines de très grande dimension – dans les mines à ciel ouvert.

Elle a terminé un premier projet pilote au Canada et en mène actuellement deux autres: l’un dans une mine de fer au Québec, l’autre dans une mine de cuivre en Afrique.

Créée en Colombie-Britannique, l’entreprise s’est relocalisée à Montréal.

2 employés se sont déjà joints aux 3 cofondateurs, et 2 employés supplémentaires devraient les rejoindre prochainement.

L’entreprise a reçu au début de l‘été un financement de 1,2 million $US dans une ronde menée par un fonds de Vancouver et à laquelle a participé le fonds québécois Ecofuel.

Rithmik a été nommée l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Prochaines étapes à surveiller:

Rithmik négocie actuellement des contrats de service à long terme avec ses premiers clients.

L’entreprise va aussi perfectionner son logiciel.

Actuellement, il émet des alertes liées à certains indicateurs pour signaler où un problème se profile à l’horizon.

  • L’exploitant de la mine détermine l’origine du problème et choisit comment le régler.

Dans l’avenir, le logiciel devrait faciliter davantage le travail des équipes d’entretien.

  • Il leur fournira une interprétation des données qui indiquera la pièce d’équipement en cause, calculera le délai probable avant une défaillance et suggérera les mesures à prendre.
Patrick Pierra
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Jeune entreprise québécoise innovante

Circulus Agtech sort les combustibles fossiles des fertilisants pour serres et fermes verticales

Publié le 26 sept. 2021
Circulus Agtech sort les combustibles fossiles des fertilisants pour serres et fermes verticales

David Leroux, co-fondateur et président de Circulus Agtech Solutions

  • On a l’impression de consommer sainement et de façon écologique quand on mange une laitue hydroponique. Mais les fertilisants des cultures hydroponiques en serres et en fermes verticales sont des produits majoritairement synthétisés à l’aide de combustibles fossiles.
  • Une jeune entreprise de Montréal, Circulus Agtech, veut leur substituer un fertilisant organique, produit de façon durable à partir de matière résiduelle organique. L’entreprise met l’intelligence artificielle au service de l’agriculture de précision.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: dans les serres et les fermes verticales, qui se multiplient actuellement, l’azote utilisé pour la culture hydroponique est synthétique: il provient d’un procédé industriel qui consomme de grandes quantités de combustibles fossiles.

«La production de fertilisant synthétique est très énergivore», explique à InfoBref David Leroux, président et co-fondateur de Circulus Agtech.

  • «À elle seule, la production de l’azote synthétique pour les fertilisants agricoles représente 2% de la consommation mondiale d’énergie.»

C’est un peu paradoxal d’utiliser ces fertilisants chimiques alors que la culture en serre et les fermes intérieures – ce qu’on appelle l’agriculture en environnement contrôlé – visent habituellement à produire des aliments plus sains, plus près des lieux de consommation, dans l’optique de favoriser des pratiques durables.

La solution: valoriser des matières organiques résiduelles pour produire des fertilisants liquides.

Pourquoi liquides?

Parce que la production des serres et des fermes intérieures est dominée par l’hydroponie:

  • Les cultures baignent dans un liquide.
  • C’est dans ce liquide qu’il faut les alimenter en nutriments.

Circulus Agtech veut récupérer des matières telles que le fumier de volailles et de poissons.

  • Actuellement, elles sont souvent épandues dans des champs.
  • L’entreprise veut maintenant les utiliser pour des cultures en intérieur.

Les matières résiduelles peuvent aussi être du vermicompost, ou des résidus provenant d’élevages d’insectes qui produisent des protéines alternatives.

«On fait fermenter ces matières, puis réagir avec des bactéries qui viennent transformer l’azote», explique David Leroux.

L’agriculture en ferme intérieure en est une de précision: les producteurs veulent savoir quelles sont les propriétés exactes des fertilisants et quels dosages utiliser précisément pour optimiser leur production.

C’est pourquoi Circulus Agtech est d’abord une entreprise de technologie. 

  • Elle mesure les bioréactions et recueille beaucoup de données pour l’aider à composer un produit stable, que ses clients pourront utiliser de la façon la plus efficace possible.

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Le modèle d’affaires: vendre des fertilisants organiques, produits de façon durable et dans l’esprit d’une économie circulaire, aux exploitants de serres et de fermes intérieures.

  • «Les fertilisants peuvent représenter 5 à 10% des coûts d’exploitation des serres hydroponiques», calcule David Leroux

Grâce à sa gestion des données, l’entreprise pourra s’adapter aux intrants – selon les matières organiques résiduelles qu’on peut trouver à proximité – et aux exigences spécifiques de ses clients producteurs agricoles.

Où en est l’entreprise actuellement?

Elle mène un premier projet pilote avec Hydroserre Mirabel, un important producteur de laitues hydroponiques des Laurentides.

  • Circulus produit du fertilisant à partir de la boue piscicole d’un éleveur de poissons de la région.

Actuellement son fertilisant est encore environ 30% plus cher qu’un fertilisant conventionnel, c’est-à-dire synthétique.

  • «Mais il est déjà 2 à 10 fois moins cher que les autres fertilisants organiques, qui eux-mêmes ne peuvent pas être utilisés en agriculture d’intérieur parce qu’ils ne sont pas sous forme liquide», précise David Leroux.
  • De plus, il réduit l’impact environnemental de la culture, et augmente la qualité du produit final – ce qui devrait avantager auprès des consommateurs les légumes produits avec ce fertilisant.

Circulus a aussi un laboratoire au Marché central de Montréal, à la coopérative la Centrale Agricole.

Les 5 cofondateurs de l’entreprise sont tous issus de la faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill. Des stagiaires les épaulent dans leur projet pilote.

L’entreprise a participé à plusieurs accélérateurs, et elle a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021].


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Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise cherche un investisseur en technologies vertes.

  • Son objectif est de réunir 500 000 $ en financement de pré-amorçage pour créer, à Montréal, une deuxième «brasserie»-pilote de fertilisants.

À terme, l’entreprise voudrait faire de la concentration de fertilisants pour pouvoir centraliser la production.

  • Cela lui permettrait de livrer son produit à distance au lieu de faire seulement de la production de proximité.

Pour se développer plus rapidement, elle envisage divers partenariats avec des entreprises spécialisées en fertilisation et en traitement de l’eau.

Patrick Pierra
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