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Jeune entreprise québécoise innovante

Statera fabrique des épaules artificielles «connectées»

Mis à jour le 22 janv. 2022
par Patrick Pierra

Frédérik Plourde, cofondateur et PDG de Statera Médical [crédit photo: Bruno Petrozza]

  • L’épaule est l’articulation la plus complexe du corps humain. Son remplacement n’est pas toujours réussi: parmi les patients qui doivent se faire remplacer l’épaule, 1 sur 7 revient en salle d’opération l’année suivante à cause d’un problème.
  • La startup montréalaise Statera Médical a développé un implant d’épaule de nouvelle génération qui communique des données sur la condition du patient et qui, une fois implanté, s’ajuste sans opération chirurgicale.

Le problème: il est très difficile de bien ajuster une épaule artificielle à un individu.

  • «Chaque patient à une condition et une anatomie différentes», note Frédérik Plourde, cofondateur et PDG de Statera Médical.
  • «De plus, le patient se trouve sous l’influence d’anesthésiant pendant la chirurgie: tous les muscles sont alors complètement relâchés, alors qu’ils ne sont jamais ainsi habituellement.»

Résultat: 15% des patients qui subissent une implantation ont des problèmes qui nécessitent une nouvelle opération dans les 12 mois suivants.

  • «C’est un taux faramineux: normalement, on voit plutôt des taux de complication de l’ordre de 1 à 3% après l’installation d’un implant», explique Frédérik Plourde.

Il croit que les implants d’épaule n’ont pas évolué autant, ces dernières années, que ceux pour la hanche ou le genou.


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La solution: une prothèse orthopédique de nouvelle génération pour les patients qui ont besoin d’un remplacement total du joint de l’épaule, le plus souvent à cause d’arthrose ou de déchirures musculaires.

«C’est une prothèse instrumentée, explique Frédérik Plourde. Elle comprend plusieurs capteurs qui permettent au chirurgien de faire, lors de l’opération, un ajustement très fin pour adapter parfaitement l’implant à la morphologie du patient et maximiser la mobilité ainsi que la durée de vie de l’implant.»

Après l’opération, ces capteurs permettent également de collecter des données pour vérifier que la prothèse se comporte bien tel que prévu.

  • Ce suivi ne nécessite pas de radiographie et peut même être fait de la maison.
  • Il permet de prévenir les risques de fracture et d’instabilité de l’articulation, tels qu’une luxation.

Si jamais des ajustements sont nécessaires, ils peuvent se faire facilement et rapidement.

  • Sans devoir faire d’anesthésie générale, un chirurgien fait sur l’épaule du patient une incision de 2 millimètres.
  • Il y insère un petit appareil développé par l’entreprise, une sorte de mini-tournevis, qui lui permet de faire les ajustements nécessaires directement dans la prothèse.

Le modèle d’affaires: Statera vendra ses prothèses à des hôpitaux, des cliniques privées, des centres sportifs et des centres universitaires.

  • Une prothèse se vend environ 10 000 $ – la prothèse «connectée» de Statera sera à un prix comparable à celui des prothèses existantes.
  • Les patients pourront se faire rembourser par leur assurance.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Créée il y a tout juste un an par trois cofondateurs, dont un médecin spécialiste de l’épaule, l’entreprise emploie actuellement une dizaine de personnes, dont 7 à temps plein.

Sa prothèse Tera-Life est brevetée. Le logiciel qui permet de lire les données provenant de ses capteurs l’est aussi.

Statera a fait récemment sa première implantation sur ce que l’on appelle un spécimen anatomique – concrètement, une épaule découpée dans le cadavre d’une personne qui avait donné son corps à la science.

L’entreprise a gagné le premier prix des Bourses Pierre-Péladeau de Québecor. Elle a aussi été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Prochaines étapes à surveiller:

Statera va poursuivre prochainement ses essais cliniques in vivo, sur des animaux vivants, notamment pour vérifier que l’intégration de la prothèse aux os se fait de façon adéquate.

L’entreprise ouvrira à la mi-novembre sa première ronde de financement en capital-actions.

Patrick Pierra