Patrick Pierra

Patrick Pierra

Éditeur d'InfoBref

Ancien journaliste, il a fondé Branchez-vous!, un des premiers médias en français sur Internet, qu’il a dirigé pendant 15 ans. Il a ensuite fondé aux États-Unis TabTimes, seul média consacré aux utilisations professionnelles des tablettes. En parallèle, il a siégé sur plusieurs conseils d’administration, dont celui du journal Le Devoir. Il est également ange investisseur dans plusieurs jeunes pousses québécoises.

Meng Wanzhou et «les deux Michael» sont libres

Mis à jour il y a 16 h
Meng Wanzhou et «les deux Michael» sont libres

Meng Wanzhou [Source: Huawei]

  • La justice canadienne a libéré hier soir Meng Wanzhou, directrice financière du géant des télécommunications Huawei, qui n’avait pas le droit de quitter le Canada depuis son arrestation il y a presque 3 ans. Dans les heures suivantes, elle a pris l’avion pour la Chine.
  • Alors que son avion quittait l’espace aérien du Canada, le premier ministre Justin Trudeau annonçait en conférence de presse que 2 citoyens canadiens détenus en Chine, eux aussi depuis presque 3 ans, Michael Spavor et Michael Kovrig, avaient été libérés, avaient pris l’avion pour le Canada et venaient de quitter l’espace aérien chinois.

Ce qui a tout l’air d’un échange de prisonniers a mis fin, en seulement quelques heures, à une saga judiciaire qui avait créé une vive tension entre Ottawa et Pékin.

Ce qui avait causé la crise :

  • Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont accusé Huawei et sa directrice financière d’avoir menti en 2013 en cachant des relations commerciales qu’aurait eues une filiale de Huawei avec l’Iran alors que ce pays faisait l’objet de strictes sanctions commerciales.
  • Les États-Unis ayant demandé au Canada d’extrader Meng Wanzhou vers les États-Unis, la Gendarmerie royale du Canada l’a arrêtée le 1er décembre 2018 à son arrivée à l’aéroport de Vancouver.
  • Meng Wanzhou n’est pas qu’une dirigeante de Huawei. C’est aussi la fille du fondateur et PDG de l’entreprise, qui est l’un des hommes d’affaires en vue en Chine.
  • Dans les semaines suivant l’arrestation de Meng Wanzhou, la Chine a arrêté 2 ressortissants canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, en les accusant d’espionnage. Ils ont été détenus par la suite, dans des conditions souvent éprouvantes.
  • Tout indiquait que leur détention avait un objectif diplomatique: faire pression sur le Canada pour obtenir la libération de Meng Wanzhou.

Comment la crise s’est résolue:

Meng Wanzhou a conclu un accord avec la justice des États-Unis. Il s’est concrétisé hier après-midi, alors que Meng Wanzhou a comparu virtuellement devant une Cour américaine.

En vertu de cet accord:

  • Meng Wahzhou reconnaît certaines «fautes» et elle accepte certaines conditions.
  • En échange, les États-Unis «reportent» jusqu’à fin 2022 leurs procédures judiciaires contre elle et retirent leur demande d’extradition auprès du Canada.
  • Si Meng Wanzhou respecte ses engagements en vertu de l’accord, les procédures judiciaires à son encontre seront définitivement abandonnées fin 2022.

Le retrait de la demande d’extradition a amené la justice canadienne, qui n’avait pas d’autre raison de retenir Meng Wanzhou, à libérer entièrement la femme d’affaires hier soir.

  • Dès sa libération, Meng Wanzhou a quitté le Canada.

Pour le Canada, le premier impact des événements d’hier est la fin du calvaire des deux Michael et leur retour au pays. Ils devaient arriver au Canada ce matin.

Pourrait s’en suivre une certaine normalisation des relations diplomatiques et commerciales avec la Chine, relations que l’affaire Meng Wanzhou a beaucoup assombries.

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Résultats des élections fédérales 2021 – voici l’essentiel

Publié le 20 sept. 2021
Résultats des élections fédérales 2021 – voici l’essentiel

[photo: Element5 Digital | Pexels]

  • Les libéraux formeront un nouveau gouvernement minoritaire. Ils sont en avance dans plus de 150 circonscriptions.
  • Le Parti conservateur devance toutefois le Parti libéral avec 34 % des voix contre 32 %. Et le dépouillement des 1 million de bulletins envoyés par la poste commence aujourd’hui.

Les résultats connus accordent:

  • 34 % au Parti conservateur.  
  • 32,2 % au Parti libéral.
  • 17,7 % au NPD.  
  • 7,7 % au Bloc québécois.
  • 5,1 % au Parti populaire.
  • 2,3 % au Parti vert.

Nombre d’élus par parti:

  • Le Parti libéral aurait 159 députés (contre 155 avant la dissolution du Parlement le 15 août).
  • Le Parti conservateur, 119 (soit exactement le même nombre qu’avant ces élections).
  • Le Bloc québécois, 33 (contre 32).
  • Le NPD, 25 (contre 24).
  • Le Parti vert, 2 (même nombre qu’avant).
  • Le Parti populaire n’aurait aucun siège (comme avant).

Avant la dissolution du Parlement, 5 députés étaient indépendants et 1 siège était vacant.

Le taux de participation est d’environ 59%.


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Chefs de parti:

  • Yves-François Blanchet, Erin O’Toole, Jagmeet Singh et Justin Trudeau sont réélus.
  • Maxime Bernier et Annamie Paul n’ont pas réussi à se faire élire.

Les votes par correspondance ne seront dépouillés qu’aujourd’hui:

  • 1,26 million d’électeurs ont demandé à voter par bulletin spécial; et
  • 1 million d’électeurs les ont renvoyés avant la clôture des bureaux de vote.

Dans certaines circonscriptions, le dépouillement des bulletins spéciaux pourrait se terminer mercredi ou jeudi.

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QuoteMachine aide les commerçants spécialisés à valoriser leur expertise en ligne

Publié le 19 sept. 2021
QuoteMachine aide les commerçants spécialisés à valoriser leur expertise en ligne

Jean-Denis Rocheteau, cofondateur et chef de la direction de QuoteMachine

  • Les services de commerce en ligne fonctionnent bien pour des produits standardisés et pas trop chers. Mais avant de faire un gros achat, habituellement, on aime bien parler à un commerçant qui connaît son affaire et peut nous conseiller.
  • La startup montréalaise QuoteMachine offre aux commerçants ayant pignon sur rue un logiciel de gestion de la relation client qui fait le pont entre la première visite au magasin des futurs clients qui viennent s’informer et la décision d’achat qu’ils prendront plus tard, de chez eux.

Le problème: la difficulté, pour les commerçants, de faire un suivi avec les clients qui viennent les consulter, mais partent avant de finaliser leur achat.

«Lorsque des consommateurs magasinent un produit qui coûte plus de 1000 $ et pour lequel ils doivent choisir entre plusieurs options, ils veulent parler à quelqu’un», observe Jean-Denis Rocheteau, cofondateur et directeur général de QuoteMachine.

Leur réflexe est souvent d’aller voir un commerçant spécialisé, qu’ils connaissent ou dont ils ont entendu parler, pour se faire conseiller.

Mais leur décision d’achat est rarement immédiate, lors de leur première visite.

  • Ils quittent le commerce avec une carte d’affaires du vendeur, ou au mieux une soumission écrite.
  • Et ensuite, le commerçant attend, en espérant que ces clients ne vont pas acheter ailleurs, ou en ligne, sans lui reparler.

La solution: un microsite conçu sur mesure pour en fonction des besoins spécifiques de chaque client, avec juste les produits et les options qui l’intéressent.

QuoteMachine a développé un outil en ligne qui permet au vendeur de créer une soumission interactive, sous la forme d’une page web.

  • En quittant le magasin, le client reçoit par courriel ou par texte l’adresse de ce microsite, pour l’aider à poursuivre sa réflexion.
  • À partir de cette page, le client et le vendeur peuvent planifier une discussion par visioconférence, téléphone, clavardage ou courriel, ou même fixer un autre rendez-vous au magasin.
  • Le commerçant peut, dans le microsite, ajuster son offre aux besoins du client à mesure qu’ils se précisent, et le client peut finaliser son achat sans revenir au magasin.

«Notre logiciel aide le commerçant à valoriser son expertise et à poursuivre la conversation avec ses clients en vue de conclure la vente», explique Jean-Denis Rocheteau.


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Modèle d’affaires: QuoteMachine est vendu aux commerçants comme un logiciel en tant que service.

L’abonnement mensuel coûte entre 50 et 200 $ par mois, selon la taille du commerce.

  • Il est donc à la portée de beaucoup de petits commerçants.

Où en est l’entreprise actuellement?

Fondée en 2018, QuoteMachine compte maintenant une dizaine d’employés.

Déjà 450 commerces, dont 70% sont aux États-Unis, utilisent son service en ligne.

  • Ce sont soit des commerces indépendants, soit des petites chaînes qui ont quelques succursales.
  • Ils sont spécialisés dans divers secteurs: ameublement et design d’intérieur, domotique, chasse et pêche, design de mode, équipement de sport, vélos, etc.

«En août, notre logiciel en ligne a soutenu plus de 60 millions $ en vente chez nos clients», dit Jean-Denis-Rocheteau.

Léopold Bouchard Décoration et salle de bains, de Lévis, est un des commerces qui utilisent QuoteMachine.

  • «Équiper ou refaire sa salle de bain, ce n’est pas quelque chose qu’on magasine entièrement tout seul en ligne, note Jean-Denis Rocheteau.
  • Les clients veulent parler à un conseiller ou un designer de Léopold Bouchard pour être certains de choisir les bons produits.
  • Toute cette conversation, qui peut être menée partiellement en magasin et partiellement en ligne, est soutenue par notre logiciel.»

QuoteMachine a obtenu 1,2 million $ en capital de risque, notamment de l’accélérateur FounderFuel et du fonds montréalais qui chapeaute cet accélérateur, Real Ventures.

L’entreprise a été désignée l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Les prochaines étapes:

L’entreprise est en croissance rapide et espère doubler le nombre de ses clients d’ici la fin de l’année 2021.

Son service logiciel est déjà interconnecté avec plusieurs autres qu’utilisent les commerçants, dont Lightspeed, Shopify et QuickBooks.

  • Elle va bientôt y ajouter une intégration au système de paiement Square.

«On ne remplace ni le site web du commerce, ni sa vitrine de commerce électronique s’il en a une, ni les autres outils qu’il utilise déjà, précise Jean-Denis Rocheteau. On s’y intègre pour les compléter et aider les vendeurs à conclure leur vente.»

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Publié le 17 sept. 2021
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Explication

Bataille épique pour une poule aux œufs d’or: l’App Store d’Apple

Publié le 12 sept. 2021
Bataille épique pour une poule aux œufs d’or: l’App Store d’Apple

(Source: Epic Games)

  • Epic Games, éditeur du populaire jeu Fortnite, a indiqué dimanche qu’il ferait appel d’une décision rendue vendredi par une juge fédérale américaine dans un procès intenté par Epic contre Apple.
  • La juge avait pourtant forcé Apple à faire des changements majeurs dans les règles de son magasin d’applications pour favoriser les éditeurs indépendants. Mais ces changements ne satisfont pas Epic: l’éditeur voudrait pouvoir s’affranchir entièrement du carcan de l’App Store.

Quel est l’enjeu?

L’App Store est un passage obligé pour distribuer et commercialiser une application sur tous les appareils mobiles d’Apple.

Apple exerce un contrôle total sur son magasin d’applications. 

  • Elle perçoit une commission de 30% sur les ventes d’applications et sur la majorité des contenus distribués dans ces applis – y compris les personnages, habits, armes et autres gadgets et points-bonis que les joueurs peuvent acheter dans leurs jeux pour iPhone ou iPad.
  • Elle interdit aux éditeurs d’applications d’inciter leurs usagers à acheter des contenus ou à s’y abonner autrement qu’en passant par le système de paiement d’Apple, qui lui permet de percevoir sa commission. 

Ce contrôle génère des bénéfices colossaux pour Apple: la chaine financière américaine CNBC estime que ces profits étaient de 64 milliards $US en 2020.

Quelle guerre mène Epic?

L’an dernier, Epic Games a implanté dans son jeu Fortnite son propre système de paiement, distinct de celui de l’App Store, afin de vendre directement aux usagers sans payer de commission à Apple.

Pour l’en empêcher, Apple a expulsé Fortnite de l’App Store. 

Epic a répliqué par une poursuite, pour casser ce qu’il estime être le monopole qu’exerce Apple sur la vente d’applications dans son écosystème. Epic veut:

  • pouvoir utiliser son propre système de paiement dans ses applications; et
  • permettre aux usagers de télécharger des applications iOS ailleurs que dans l’App Store, hors du contrôle d’Apple.

Quel était l’effet du jugement rendu le 10 septembre?

Une juge fédérale a donné partiellement raison à Epic.

  • Elle a forcé Apple à laisser les éditeurs afficher, dans leurs applications iOS, des boutons ou des liens vers des systèmes de paiements externes.

Cependant:

  • Elle a conclu que l’App Store n’est pas un monopole, et qu’Apple est en droit de facturer 15 à 30% de commission dans le système de paiement de l’App Store.
  • Surtout, elle n’a pas forcé Apple à accepter que les éditeurs puissent offrir leur propre système de paiement à l’intérieur d’une application.

Ce deuxième point n’est pas qu’un détail technique.

  • Pour les usagers, il est beaucoup plus facile – et tentant – de faire un achat directement dans le jeu dans lequel ils sont immergés, que de sortir du jeu pour aller le faire sur un site web externe.
  • Les premières réactions de plusieurs analystes au jugement de vendredi étaient d’ailleurs que, même si Apple souffrirait de la décision, l’App Store continuerait à générer la majorité des transactions à partir des applications et à produire de juteux profits.

Epic n’a pas tardé à manifester sa déception à l’égard du jugement: l’éditeur va porter ce jugement en appel.

La bataille n’est pas terminée.

[Sur le même sujet, lisez notre article sur des assouplissements qu’Apple a récemment consenti aux petits éditeurs indépendants d’applications]

Patrick Pierra
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Comment Empego réduit votre temps d’attente à la pharmacie

Publié le 12 sept. 2021
Comment Empego réduit votre temps d’attente à la pharmacie

Philippe Chartrand, président fondateur d’Empego Technologies [crédit photo: Karine Kalfon]

  • À défaut de médecin de famille et pour éviter l’urgence des hôpitaux quand c’est possible, les Québécois se tournent de plus en plus vers leur pharmacien pour obtenir des conseils et des traitements.
  • Or, pour chaque consultation, les pharmaciens doivent poser une série de questions aux patients. Cela leur prend beaucoup de temps. La jeune entreprise montréalaise Empego a trouvé une façon d’alléger cette contrainte, pour rendre les pharmaciens plus disponibles et les aider à mieux servir leurs clients.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: la surcharge de travail des pharmaciens.

«Ils ont de moins en moins de temps disponible pour des activités cliniques», note Philippe Chartrand, président fondateur d’Empego Technologies.

  • Il parle en connaissance de cause: lui-même est pharmacien.

Le nombre de gens qui consultent des pharmaciens est en augmentation constante:

  • à cause du temps d’attente à l’urgence des hôpitaux et du manque de médecins de famille;
  • parce que les pharmaciens ont la confiance de la population;
  • et parce qu’ils peuvent, sous certaines conditions, prescrire des médicaments pour certains problèmes de santé mineurs, et donner des conseils non pharmacologiques.

«Mais pour bien répondre aux besoins des patients, les pharmaciens doivent les questionner en détail, pour s’assurer de bien cerner leur situation, avant de leur donner un conseil ou de leur suggérer un traitement», explique Philippe Chartrand.

  • Ils doivent aussi conserver une trace écrite de la consultation dans le dossier du patient.

La solution d’Empego: des questionnaires numériques, spécifiques à chaque besoin typique exprimé par un patient.

Ces questionnaires peuvent être remplis à l’écran:

  • soit par un assistant technique – il pose les questions lorsqu’un client entre dans et demande à voir un pharmacien;
  • soit par les patients eux-mêmes, s’ils sont prêts à répondre sur leur propre téléphone: l’assistant leur envoie par SMS un lien vers un formulaire web sécurisé.

«Des pharmaciens testent aussi d’autres modes d’entrée des données, dit Philipe Chartrand.

  • Certains mettent des tablettes à la disposition des patients pour qu’ils remplissent leur questionnaire.
  • D’autres affichent un code QR qui permet au patient de récupérer le questionnaire sur son téléphone.»

Les données, anonymisées et cryptées, sont conservées dans des serveurs d’Empego à Montréal.

  • Seuls les pharmaciens de la pharmacie peuvent accéder aux réponses des patients.

«Obtenir les réponses des patients en amont fait gagner aux pharmaciens un temps précieux, qu’ils peuvent consacrer à des tâches cliniques», explique Philippe Chartrand.


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Le modèle d’affaires: un logiciel vendu en tant que service.

  • Les pharmaciens propriétaires achètent une licence d’utilisation de la plateforme technologique d’Empego, à un prix moyen d’environ 300 $ par mois.
  • Tous les pharmaciens employés par l’établissement peuvent utiliser cette licence.

Où l’entreprise en est-elle actuellement?

  • «Nous aurons bientôt 100 pharmacies clientes, moins d’un an après le lancement de notre produit», se félicite Philippe Chartrand.
  • Empego a 7 employés, dont plusieurs ingénieurs.
  • Empego a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

À surveiller:

D’ici la fin de 2022, Empego souhaite avoir implanté son logiciel dans 300 pharmacies.

  • Pour contexte, il y a au Québec environ 1900 pharmacies, mais dont certaines sont peut-être trop petites pour pleinement bénéficier du logiciel.

Même si l’entreprise se concentre sur le marché québécois pour l’instant, elle va explorer, par des projets-pilotes, comment son logiciel pourrait servir à des pharmacies dans d’autres provinces.

  • « C’est important de bâtir localement une base solide, mais il ne faut pas non plus trop retarder l’expansion nationale et internationale», dit Philippe Chartrand.
  • «On regarde notamment l’Alberta, où les pharmaciens jouent un rôle assez similaire à celui qu’ils ont au Québec.»

Empego va aussi lancer un deuxième module de son logiciel, pour permettre aux pharmaciens d’automatiser le suivi des dossiers des patients.

Comme l’entreprise génère déjà des revenus récurrents appréciables, le fondateur n’aura peut-être pas besoin de céder du capital-actions pour financer ces développements.

  • «Entre les bourses et subventions fédérales, provinciales et municipales, constate-t-il, il y a beaucoup d’argent disponible pour les entrepreneurs d’ici.»
Patrick Pierra
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Publié le 10 sept. 2021
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Zetane démocratise l’intelligence artificielle pour accélérer son adoption

Publié le 6 sept. 2021
Zetane démocratise l’intelligence artificielle pour accélérer son adoption

Guillaume Hervé, PDG et cofondateur de Zetane. À droite, sa photo est fusionnée avec un vitrail par un modèle d’apprentissage automatique [image: copie d’écran du logiciel Zetane]

  • L’intelligence artificielle (IA) est fascinante, mais aussi inquiétante. On ne sait pas trop pourquoi ni comment elle tire des conclusions ou prend une décision: c’est une «boîte noire» dont on ignore comment elle fonctionne.
  • La jeune entreprise montréalaise Zetane a pourtant trouvé une façon d’ouvrir la boîte noire pour rendre le fonctionnement des logiciels d’IA plus faciles à comprendre aux gestionnaires et professionnels non spécialistes, afin d’accélérer le développement d’applications pratiques et leur adoption dans les entreprises.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: la méfiance des décideurs à l’égard de l’IA et des risques qu’elle pourrait faire courir à leur entreprise.

Selon la firme de recherche Gartner, 85% des projets d’IA qui sont développés ne sont, en fin de compte, jamais déployés.

«C’est parce que les preneurs de décision n’ont pas suffisamment confiance», explique Guillaume Hervé, PDG et cofondateur de Zetane.

  • «Comme ils n’arrivent pas à comprendre le processus de décision des algorithmes d’IA, ils hésitent à prendre la responsabilité de les implanter lorsqu’une erreur pourrait avoir des conséquences graves ou coûteuses.»

C’est particulièrement vrai dans des secteurs comme l’aérospatiale, la défense, l’imagerie médicale, les véhicules autonomes ou la production robotisée sur des chaînes de fabrication.

«Les gestionnaires doivent gérer le risque, poursuit Guillaume Hervé. Ils veulent savoir pourquoi, comment et quand un système d’IA pourrait faire une erreur.»

La solution: un logiciel qui permet à des non-spécialistes de l’IA de regarder dans la boîte noire pour visualiser comment les algorithmes fonctionnent.

«Certaines zones du cerveau humain sont plus spécialisées dans tel ou tel type de travail, rappelle Guillaume Hervé. C’est un peu la même chose en IA. Un système d’IA est un réseau de neurones virtuels, où chaque neurone fait une contribution précise à l’analyse des données.»

Le logiciel de Zetane permet de voir un système d’IA comme un cerveau, en montrant quel neurone fait quelle contribution.

  • Ainsi, un non-spécialiste peut mieux suivre le cheminement de l’analyse des données, et reconnaître les endroits, dans le système, où il pourrait y avoir une faiblesse.
  • Il peut alors discuter avec le développeur pour qu’il améliore cette partie du système.

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Un exemple d’application:

Un client de Zetane développait un logiciel d’IA pour gérer des trains autonomes, sans conducteur.

Le système devait arrêter le train s’il y avait un obstacle sur la voie.

Le problème est que le train s’arrêtait également juste avant d’arriver dans un tunnel, même s’il n’y avait pas d’obstacle. Pourquoi?

«En passant le système dans notre logiciel, on a pu identifier la source du problème, raconte Guillaume Hervé.

  • Le système se basait sur la reconnaissance de la forme d’un obstacle potentiel.
  • Or, de loin, l’entrée d’un tunnel est une forme noire qui peut ressembler à un gros rocher sur la voie – c’était justement l’un des exemples d’obstacle sur lequel le modèle d’IA avait été entraîné.

On a modifié le modèle et les données pour l’entraîner, ce qui a réglé le problème.»

Le modèle d’affaires:

Zetane vend des licences de son logiciel à des entreprises qui développent des modèles d’IA pour leurs propres besoins, et à des firmes de consultation spécialisées.

  • La licence de base est de 50 $ par mois.
  • La société commercialise, en option, des services complémentaires pour personnaliser son logiciel.
  • Il existe aussi une version gratuite du logiciel, pour faire de premiers essais.

Où l’entreprise en est-elle actuellement?

Elle a 14 employés – ingénieurs, développeurs, scientifiques de données, dont la majorité travaillent à Montréal.

Déjà, plus de 400 organisations dans une quarantaine de pays utilisent son logiciel.

Elle a été sélectionnée comme l’une de Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Zetane a obtenu du financement de programmes gouvernementaux et plusieurs subventions – dont une d’Epic Games, un grand studio américain de jeux vidéo.

Au total, elle a reçu 1,5 million $ en financement, mais ses 2 cofondateurs possèdent encore la quasi-totalité du capital.

À surveiller:

  • Zetane lancera à l’automne, sous la forme de logiciel en tant que service disponible à distance, de nouveaux services d’essai et de validation des données pour des applications industrielles d’IA.
  • Elle prévoit une collecte de fonds en capital au début de 2022.

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