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Nouvelles, données, rondes de financement, lancements et tendances concernant les entreprises en démarrage (jeunes pousses), particulièrement dans des secteurs liés aux technologies [voir aussi: Aides financières, Capital de risque et de développement, Innovation, Investissement, Technos québécoises]

Inovia convainc le géant américain BlackRock d’investir dans les champions canadiens de la croissance

Mis à jour il y a 9 h
Inovia convainc le géant américain BlackRock d’investir dans les champions canadiens de la croissance

Chris Arsenault, associé et co-fondateur d’Inovia Capital [crédit photo: site web d’Inovia]

  • Inovia, une firme montréalaise de capital de risque qui investit principalement dans des startups technologiques, vient de terminer le financement de son premier fonds «de continuation», Inovia Capital 1, qui s’élève à 334 millions $US.
  • Ce nouveau fonds accueille comme partenaire le géant américain de l’investissement BlackRock. Il permettra à Inovia de continuer à investir dans des entreprises qu’elle a déjà soutenues dans le passé et dont la croissance exige de nouveaux investissements importants.

Les fonds d’investissement en capital de risque ont généralement une durée de vie de 10 à 12 ans.

  • Le gestionnaire d’un fonds doit ensuite revendre les participations qu’il a prises dans des startups pour récupérer des capitaux et les redistribuer aux actionnaires du fonds.
  • Or, le moment où un fonds doit fermer n’est pas forcément le meilleur pour vendre des participations: certaines entreprises dans lesquelles il a investi sont toujours en forte croissance et méritent plutôt des investissements de suivi.

Les champions de la croissance ont besoin de beaucoup de capital. 

  • C’est un problème pour les champions canadiens. 
  • Souvent, faute de trouver suffisamment de capital de croissance au Canada, ils doivent se financer aux États-Unis ou se vendre à de grandes entreprises américaines.

Un fonds de continuation permet à un gestionnaire de fonds de continuer à investir dans ses meilleurs poulains au lieu de devoir les abandonner.

  • Ainsi, Inovia Capital 1 permettra aux investisseurs partenaires d’Inovia de continuer à investir dans les sociétés dans lesquelles d’autres fonds d’Inovia ont investi dans le passé et qui promettent encore une forte croissance.
  • Le nouveau fonds a déjà des participations dans 9 entreprises dont les Montréalaises AlayaCare et TrackTik, et des entreprises d’ailleurs au Canada comme Bench Accounting, Clearco, Snapcommerce, Top Hat et Vidyard.

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Les deux principaux investisseurs du nouveau fonds sont eux-mêmes des grands fonds américains:

  • L’un d’eux est BlackRock, un géant américain de la gestion d’actifs, qui effectue son premier investissement avec Inovia.

L’objectif d’Inovia est de soutenir des startups à forte croissance jusqu’à leur introduction en bourse. 

  • Lightspeed, une entreprise montréalaise dans laquelle Inovia avait investi, a franchi ce stade l’année dernière.

Inovia gère désormais des actifs d’environ 1,9 milliard $US.

  • Une partie importante de cet argent vient des États-Unis;
  • mais c’est une équipe dirigée à partir de Montréal qui décide comment l’employer.
Félix Côté
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La Silicon Valley Bank s’implante au Québec

Publié le 12 oct. 2021
La Silicon Valley Bank s’implante au Québec

[Source: Unsplash]

  • Spécialisée en capital de risque et de développement pour les entreprises innovantes en démarrage, la Banque Silicon Valley (BSV) – un nom francisé pour le Québec – a maintenant pignon sur rue à Montréal. 
  • Elle offre, en français, des services de financement et d’accompagnement aux startups québécoises. 

Montréal est la 3e ville canadienne où la BSV s’établit.

  • Elle est à Toronto depuis 2019 et à Vancouver depuis 2020. 
  • Elle compte déjà plusieurs clients canadiens, dont Shopify, et même quelques clients québécois, dont la firme d’investissement White Star Capital et les sociétés technologiques Accedian et Paper.

La BSV concurrencera ainsi d’autres institutions, comme la Banque de développement du Canada (BDC) et Desjardins Capital, qui offrent déjà du financement et de l’accompagnement aux petites entreprises en développement. 

  • Toutefois, la BSV offre des produits «très nichés et uniquement dans les secteurs d’innovation», a indiqué en entrevue à InfoBref Karl Théard, directeur, services bancaires, technologies, qui dirigera les activités de la BSV au Québec.
  • «En s’implantant à Montréal, explique-t-il, la banque se rapproche d’un bassin de startups québécoises en technologies et en sciences de la vie.»
  • La BSV prévoit aussi de s’intéresser ici aux secteurs de l’énergie et des ressources naturelles.
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Gray facilite le traitement du cancer

Publié le 11 oct. 2021
Gray facilite le traitement du cancer

André Diamant, cofondateur et PDG de Gray Solutions pour l’Oncologie [crédit photo: Gray]

  • Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde. Il fait 10 millions de morts par an. Ses traitements sont particulièrement longs et coûteux. Et à cause de leurs effets secondaires et des multiples rendez-vous à l’hôpital qu’ils exigent, ils affectent profondément la qualité de vie des patients.
  • Pour faciliter et optimiser les activités des centres de cancérologie et pour adoucir un peu l’épreuve du traitement pour les patients, la startup montréalaise Gray a développé un logiciel de planification logistique spécialisé en oncologie.

Le problème: planifier le calendrier de traitement d’une personne malade d’un cancer est un véritable casse-tête.

  • Les hôpitaux doivent coordonner étroitement jusqu’à 3 types de traitement: la radiothérapie, la chimiothérapie et la chirurgie.
  • Or, les soins de chaque discipline sont prodigués par des équipes gérées séparément et qui communiquent assez peu entre elles.

«Coordonner les rendez-vous d’un patient en radio, en chimio et en chirurgie, c’est comme jouer à Tetris, mais en beaucoup plus que 2 dimensions», illustre André Diamant, cofondateur et PDG de la jeune entreprise montréalaise Gray Solutions pour l’oncologie.

La solution: le logiciel Gray OS automatise et optimise le flux des patients dans les centres de cancérologie.

Il prend en compte:

  • le protocole de traitement décidé par le médecin;
  • la disponibilité des ressources des différents départements dans l’hôpital; et
  • les préférences du patient – par exemple, un patient qui habite loin du centre voudra probablement regrouper autant que possible ses rendez-vous le même jour et éviter les débuts et fins de journée pour tenir compte du temps nécessaire à son déplacement.

Le logiciel établit ensuite le calendrier de rendez-vous optimal pour le centre de cancérologie et pour le patient.

«GrayOS est comme un système d’exploitation pour les centres de cancérologie, explique André Diamant. Il leur permet à la fois d’optimiser l’utilisation de leurs ressources et d’offrir au patient un traitement qui limite les nuisances à sa vie quotidienne.»

Le modèle d’affaires:

Le logiciel est vendu aux centres de cancérologie sous la forme de licence d’utilisation pour plusieurs années.

  • Le prix dépend de la complexité des activités du centre, notamment du nombre de patients qu’il traite.
  • Le marché mondial des logiciels de planification médicale est déjà de plusieurs centaines de millions $ et il est en croissance rapide.

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GrayOS est disponible:

  • comme logiciel installé sur des ordinateurs dans les locaux de l’hôpital; ou
  • comme logiciel-service accessible à partir du nuage.

La plateforme interagit avec les autres systèmes informatiques déjà en place dans l’hôpital, et elle utilise le dossier de santé électronique des patients – mais les données ne quittent pas l’hôpital.

Où en est l’entreprise actuellement?

Créée par 5 personnes venues du milieu académique, l’entreprise a débuté ses opérations au début de 2020. Elle emploie aujourd’hui 8 personnes.

Cet été, elle a clôturé une première ronde de financement de 1,25 million $ à laquelle ont participé Anges Québec, le fonds AQC Capital et plusieurs anges providentiels – dont le réputé chercheur montréalais en intelligence artificielle Yoshua Bengio.

Gray a été nommée l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Son logiciel est à l’essai, en mode de projet pilote, au Centre intégré de cancérologie du CHUM, à Montréal.

Il doit bientôt être déployé, toujours sous forme de projet-pilote, dans 2 autres grands centres de traitement.

Prochaines étapes à surveiller:

Pour l’instant, GrayOS ne planifie que les rendez-vous de radiothérapie et de chimiothérapie.

  • Ceux de chirurgie doivent bientôt s’y ajouter.

Au lieu de se cantonner seulement à l’aspect logistique, le logiciel devrait évoluer dans l’avenir vers un rôle de conseil au médecin pour l’aider à choisir les meilleures ressources pour le traitement du patient à long terme.

L’entreprise souhaite exporter assez rapidement son logiciel hors du Québec.

Elle visera en premier d’autres provinces canadiennes, à commencer par l’Ontario et l’Alberta.

  • Il y a une cinquantaine de centres de cancérologie au Canada.

Mais le marché le plus important à moyen terme est celui des États-Unis.

  • On y compte plusieurs milliers de centres de cancérologie, dont beaucoup sont indépendants des hôpitaux.
Patrick Pierra
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Moneris achète la startup de Québec Ueat

Publié le 6 oct. 2021
Moneris achète la startup de Québec Ueat

(Source: Ueat)

  • Ueat, qui offre des services de commande en ligne pour les restaurants, intègre Moneris, un fournisseur de solution de paiements de Toronto. 
  • Selon les deux parties, cette transaction devrait permettre à Ueat de poursuivre sa croissance au Québec et ailleurs dans le monde. 

Ueat deviendra une filiale de Moneris. 

  • L’entreprise devrait conserver son siège social à Québec et poursuivre ses activités «sans qu’aucun changement ne soit apporté à sa structure», a précisé Moneris par communiqué. 
  • Les modalités de l’acquisition n’ont pas été divulguées. 

Cette transaction devrait permettre à Ueat de poursuivre sa croissance. 

  • Depuis son lancement en 2017, Ueat a amassé 10 millions $ en plusieurs rondes de financement.
  • Selon son profil Linkedin, elle a une centaine d’employés.
  • Sur Facebook, l’entreprise a affirmé que cette transaction lui «donnera les ressources nécessaires pour atteindre [ses] ambitions mondiales».  
  • Moneris croit que la transaction profitera aux restaurateurs, qui bénéficieront d’un plus grand réseau potentiel de vente.
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Rithmik amène l’intelligence artificielle dans les mines

Publié le 3 oct. 2021
Rithmik amène l’intelligence artificielle dans les mines

Amanda Truscott, cofondatrice et PDG de Rithmik Solutions

  • Une machine qui tombe soudain en panne: pour une mine, cette mauvaise surprise peut coûter une fortune.
  • Le logiciel de Rithmik Solutions, une startup de Montréal, aide les mines à identifier les causes des défaillances mécaniques de leurs équipements mobiles. Il alerte les exploitants miniers dès qu’un problème émerge pour qu’ils fassent un entretien préventif adéquat. Cela leur fait faire des économies, et réduit les émissions de gaz à effet de serre dues à des équipements mal entretenus.

Le problème: l’énorme coût des pannes et des bris d’équipement dans les mines.

La maintenance de ses équipements constitue généralement entre 20 et 50% des coûts d’exploitation d’une mine.

«Or, 82% des opérations de maintenance de ces équipements ne sont pas planifiées. Elles se font au moment où survient une panne ou un bris imprévu», explique à InfoBref Amanda Truscott, cofondatrice et PDG de Rithmik Solutions.

L’arrêt d’un équipement entraîne très souvent celui d’autres composantes de la chaîne de production, ce qui fait grimper les coûts.

Amanda Truscott donne l’exemple d’une pompe à huile dans un véhicule industriel.

  • «La réparer coûte normalement environ 40 000 $, dit-elle.
  • Mais si la panne de la pompe n’est pas détectée, ce qui est assez courant, elle peut entraîner une panne de moteur qui a alors un impact plus proche de 2 millions $.»

Il y a aussi un coût environnemental.

  • Faire venir d’urgence certaines pièces par avion ou hélicoptère produit beaucoup plus de gaz à effet de serre que si la pièce était venue à l’avance par la route ou par rail.

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La solution: un logiciel d’analyse de données qui permet de prévoir les bris et les pannes et de planifier les activités de maintenance en conséquence.

  • Le logiciel de Rithmik réunit toutes les données qu’une mine collecte déjà à partir des capteurs installés sur ses appareils.
  • Il analyse ensuite les données et, à l’aide de modèles d’intelligence artificielle, aide les exploitants à déterminer les causes profondes des défaillances d’équipement.
  • Cela lui permet de faire des prévisions sur le degré d’usure de certaines pièces et la probabilité qu’un problème survienne.
  • Le logiciel établit aussi des seuils à partir desquels il vaut la peine d’alerter l’exploitant de la mine pour qu’il inspecte l’équipement et, le cas échéant, le répare ou le remplace.

Ces activités de maintenance planifiées limitent les interruptions de la production.

  • Elles permettent aussi d’utiliser le matériel d’une façon plus efficace, ce qui réduit sa consommation en carburant.
  • «La réduction des gaz à effet de serre qui découle de cette optimisation peut atteindre 15%», précise Amanda Truscott.

Le modèle d’affaires:

Le logiciel d’analyse d’actifs de Rithmik est vendu aux mines sous la forme d’un logiciel en tant que service, hébergé dans le nuage, accessible par abonnement payant.


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Où l’entreprise en est-elle actuellement?

Rithmik se concentre d’abord sur le matériel roulant ou mobile tel que les bulldozers, les pelles mécaniques et les camions – des machines de très grande dimension – dans les mines à ciel ouvert.

Elle a terminé un premier projet pilote au Canada et en mène actuellement deux autres: l’un dans une mine de fer au Québec, l’autre dans une mine de cuivre en Afrique.

Créée en Colombie-Britannique, l’entreprise s’est relocalisée à Montréal.

2 employés se sont déjà joints aux 3 cofondateurs, et 2 employés supplémentaires devraient les rejoindre prochainement.

L’entreprise a reçu au début de l‘été un financement de 1,2 million $US dans une ronde menée par un fonds de Vancouver et à laquelle a participé le fonds québécois Ecofuel.

Rithmik a été nommée l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Prochaines étapes à surveiller:

Rithmik négocie actuellement des contrats de service à long terme avec ses premiers clients.

L’entreprise va aussi perfectionner son logiciel.

Actuellement, il émet des alertes liées à certains indicateurs pour signaler où un problème se profile à l’horizon.

  • L’exploitant de la mine détermine l’origine du problème et choisit comment le régler.

Dans l’avenir, le logiciel devrait faciliter davantage le travail des équipes d’entretien.

  • Il leur fournira une interprétation des données qui indiquera la pièce d’équipement en cause, calculera le délai probable avant une défaillance et suggérera les mesures à prendre.
Patrick Pierra
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Jeune entreprise québécoise innovante

Circulus Agtech sort les combustibles fossiles des fertilisants pour serres et fermes verticales

Publié le 26 sept. 2021
Circulus Agtech sort les combustibles fossiles des fertilisants pour serres et fermes verticales

David Leroux, co-fondateur et président de Circulus Agtech Solutions

  • On a l’impression de consommer sainement et de façon écologique quand on mange une laitue hydroponique. Mais les fertilisants des cultures hydroponiques en serres et en fermes verticales sont des produits majoritairement synthétisés à l’aide de combustibles fossiles.
  • Une jeune entreprise de Montréal, Circulus Agtech, veut leur substituer un fertilisant organique, produit de façon durable à partir de matière résiduelle organique. L’entreprise met l’intelligence artificielle au service de l’agriculture de précision.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: dans les serres et les fermes verticales, qui se multiplient actuellement, l’azote utilisé pour la culture hydroponique est synthétique: il provient d’un procédé industriel qui consomme de grandes quantités de combustibles fossiles.

«La production de fertilisant synthétique est très énergivore», explique à InfoBref David Leroux, président et co-fondateur de Circulus Agtech.

  • «À elle seule, la production de l’azote synthétique pour les fertilisants agricoles représente 2% de la consommation mondiale d’énergie.»

C’est un peu paradoxal d’utiliser ces fertilisants chimiques alors que la culture en serre et les fermes intérieures – ce qu’on appelle l’agriculture en environnement contrôlé – visent habituellement à produire des aliments plus sains, plus près des lieux de consommation, dans l’optique de favoriser des pratiques durables.

La solution: valoriser des matières organiques résiduelles pour produire des fertilisants liquides.

Pourquoi liquides?

Parce que la production des serres et des fermes intérieures est dominée par l’hydroponie:

  • Les cultures baignent dans un liquide.
  • C’est dans ce liquide qu’il faut les alimenter en nutriments.

Circulus Agtech veut récupérer des matières telles que le fumier de volailles et de poissons.

  • Actuellement, elles sont souvent épandues dans des champs.
  • L’entreprise veut maintenant les utiliser pour des cultures en intérieur.

Les matières résiduelles peuvent aussi être du vermicompost, ou des résidus provenant d’élevages d’insectes qui produisent des protéines alternatives.

«On fait fermenter ces matières, puis réagir avec des bactéries qui viennent transformer l’azote», explique David Leroux.

L’agriculture en ferme intérieure en est une de précision: les producteurs veulent savoir quelles sont les propriétés exactes des fertilisants et quels dosages utiliser précisément pour optimiser leur production.

C’est pourquoi Circulus Agtech est d’abord une entreprise de technologie. 

  • Elle mesure les bioréactions et recueille beaucoup de données pour l’aider à composer un produit stable, que ses clients pourront utiliser de la façon la plus efficace possible.

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Le modèle d’affaires: vendre des fertilisants organiques, produits de façon durable et dans l’esprit d’une économie circulaire, aux exploitants de serres et de fermes intérieures.

  • «Les fertilisants peuvent représenter 5 à 10% des coûts d’exploitation des serres hydroponiques», calcule David Leroux

Grâce à sa gestion des données, l’entreprise pourra s’adapter aux intrants – selon les matières organiques résiduelles qu’on peut trouver à proximité – et aux exigences spécifiques de ses clients producteurs agricoles.

Où en est l’entreprise actuellement?

Elle mène un premier projet pilote avec Hydroserre Mirabel, un important producteur de laitues hydroponiques des Laurentides.

  • Circulus produit du fertilisant à partir de la boue piscicole d’un éleveur de poissons de la région.

Actuellement son fertilisant est encore environ 30% plus cher qu’un fertilisant conventionnel, c’est-à-dire synthétique.

  • «Mais il est déjà 2 à 10 fois moins cher que les autres fertilisants organiques, qui eux-mêmes ne peuvent pas être utilisés en agriculture d’intérieur parce qu’ils ne sont pas sous forme liquide», précise David Leroux.
  • De plus, il réduit l’impact environnemental de la culture, et augmente la qualité du produit final – ce qui devrait avantager auprès des consommateurs les légumes produits avec ce fertilisant.

Circulus a aussi un laboratoire au Marché central de Montréal, à la coopérative la Centrale Agricole.

Les 5 cofondateurs de l’entreprise sont tous issus de la faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill. Des stagiaires les épaulent dans leur projet pilote.

L’entreprise a participé à plusieurs accélérateurs, et elle a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021].


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Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise cherche un investisseur en technologies vertes.

  • Son objectif est de réunir 500 000 $ en financement de pré-amorçage pour créer, à Montréal, une deuxième «brasserie»-pilote de fertilisants.

À terme, l’entreprise voudrait faire de la concentration de fertilisants pour pouvoir centraliser la production.

  • Cela lui permettrait de livrer son produit à distance au lieu de faire seulement de la production de proximité.

Pour se développer plus rapidement, elle envisage divers partenariats avec des entreprises spécialisées en fertilisation et en traitement de l’eau.

Patrick Pierra
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Montréal progresse au classement mondial des écosystèmes de startups

Publié le 22 sept. 2021
Montréal progresse au classement mondial des écosystèmes de startups

Liette Lamonde, PDG de Bonjour Startup Montréal [Photo: Courtoisie]

  • Selon le rapport annuel Startup Ecosystem Report produit par la firme de conseil internationale Startup Genome, Montréal occupe désormais le 31e rang mondial du palmarès des 140 principaux écosystèmes de startups dans le monde. La métropole occupait le 36e rang l’an dernier.
  • Liette Lamonde, PDG de l’organisme Bonjour Startup Montréal, confie à InfoBref qu’elle a été «agréablement surprise» du classement: «nos attentes avaient glissé par rapport à l’an dernier, parce que d’autres métropoles qui offrent de bons environnements aux startups se sont ajoutées au classement cette année». 

Plusieurs facteurs expliquent la montée dans le classement de l’écosystème de startups montréalais, selon Liette Lamonde:

  • la présence de plusieurs universités et l’accès à une main-d’œuvre qualifiée;
  • les nombreuses aides gouvernementales;
  • le bilinguisme et le caractère multiculturel de la ville; et
  • les investissements dans des entreprises à un stage de démarrage – investissements qui sont de plus en plus importants. 

Il y aurait aujourd’hui environ 1300 startups dans la métropole.

En plus de son 31e rang au palmarès mondial des écosystèmes, Montréal figure à plusieurs sous-palmarès spécifiques à l’Amérique du Nord:

  • Top 10 des écosystèmes où les talents sont abordables, notamment dans le secteur des technologies;
  • Top 15 des écosystèmes les plus performants, c’est-à-dire où le financement produit le plus de valeur;
  • Top 15 des écosystèmes en matière de financement, mesuré par l’importance du financement aux premiers stades (early stage) et par l’activité des investisseurs.

Comment faire pour attirer encore plus de startups?

  • Liette Lamonde dit qu’«il faudrait que la culture de plusieurs grandes entreprises d’ici évolue pour qu’elles prennent l’habitude de faire affaire avec des startups, ce qui se fait plus souvent dans d’autres pays du monde».
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

QuoteMachine aide les commerçants spécialisés à valoriser leur expertise en ligne

Publié le 19 sept. 2021
QuoteMachine aide les commerçants spécialisés à valoriser leur expertise en ligne

Jean-Denis Rocheteau, cofondateur et chef de la direction de QuoteMachine

  • Les services de commerce en ligne fonctionnent bien pour des produits standardisés et pas trop chers. Mais avant de faire un gros achat, habituellement, on aime bien parler à un commerçant qui connaît son affaire et peut nous conseiller.
  • La startup montréalaise QuoteMachine offre aux commerçants ayant pignon sur rue un logiciel de gestion de la relation client qui fait le pont entre la première visite au magasin des futurs clients qui viennent s’informer et la décision d’achat qu’ils prendront plus tard, de chez eux.

Le problème: la difficulté, pour les commerçants, de faire un suivi avec les clients qui viennent les consulter, mais partent avant de finaliser leur achat.

«Lorsque des consommateurs magasinent un produit qui coûte plus de 1000 $ et pour lequel ils doivent choisir entre plusieurs options, ils veulent parler à quelqu’un», observe Jean-Denis Rocheteau, cofondateur et directeur général de QuoteMachine.

Leur réflexe est souvent d’aller voir un commerçant spécialisé, qu’ils connaissent ou dont ils ont entendu parler, pour se faire conseiller.

Mais leur décision d’achat est rarement immédiate, lors de leur première visite.

  • Ils quittent le commerce avec une carte d’affaires du vendeur, ou au mieux une soumission écrite.
  • Et ensuite, le commerçant attend, en espérant que ces clients ne vont pas acheter ailleurs, ou en ligne, sans lui reparler.

La solution: un microsite conçu sur mesure pour en fonction des besoins spécifiques de chaque client, avec juste les produits et les options qui l’intéressent.

QuoteMachine a développé un outil en ligne qui permet au vendeur de créer une soumission interactive, sous la forme d’une page web.

  • En quittant le magasin, le client reçoit par courriel ou par texte l’adresse de ce microsite, pour l’aider à poursuivre sa réflexion.
  • À partir de cette page, le client et le vendeur peuvent planifier une discussion par visioconférence, téléphone, clavardage ou courriel, ou même fixer un autre rendez-vous au magasin.
  • Le commerçant peut, dans le microsite, ajuster son offre aux besoins du client à mesure qu’ils se précisent, et le client peut finaliser son achat sans revenir au magasin.

«Notre logiciel aide le commerçant à valoriser son expertise et à poursuivre la conversation avec ses clients en vue de conclure la vente», explique à InfoBref Jean-Denis Rocheteau.


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Modèle d’affaires: QuoteMachine est vendu aux commerçants comme un logiciel en tant que service.

L’abonnement mensuel coûte entre 50 et 200 $ par mois, selon la taille du commerce.

  • Il est donc à la portée de beaucoup de petits commerçants.

Où en est l’entreprise actuellement?

Fondée en 2018, QuoteMachine compte maintenant une dizaine d’employés.

Déjà 450 commerces, dont 70% sont aux États-Unis, utilisent son service en ligne.

  • Ce sont soit des commerces indépendants, soit des petites chaînes qui ont quelques succursales.
  • Ils sont spécialisés dans divers secteurs: ameublement et design d’intérieur, domotique, chasse et pêche, design de mode, équipement de sport, vélos, etc.

«En août, notre logiciel en ligne a soutenu plus de 60 millions $ en vente chez nos clients», dit Jean-Denis-Rocheteau.

Léopold Bouchard Décoration et salle de bains, de Lévis, est un des commerces qui utilisent QuoteMachine.

  • «Équiper ou refaire sa salle de bain, ce n’est pas quelque chose qu’on magasine entièrement tout seul en ligne, note Jean-Denis Rocheteau.
  • Les clients veulent parler à un conseiller ou un designer de Léopold Bouchard pour être certains de choisir les bons produits.
  • Toute cette conversation, qui peut être menée partiellement en magasin et partiellement en ligne, est soutenue par notre logiciel.»

QuoteMachine a obtenu 1,2 million $ en capital de risque, notamment de l’accélérateur FounderFuel et du fonds montréalais qui chapeaute cet accélérateur, Real Ventures.

L’entreprise a été désignée l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Les prochaines étapes:

L’entreprise est en croissance rapide et espère doubler le nombre de ses clients d’ici la fin de l’année 2021.

Son service logiciel est déjà interconnecté avec plusieurs autres qu’utilisent les commerçants, dont Lightspeed, Shopify et QuickBooks.

  • Elle va bientôt y ajouter une intégration au système de paiement Square.

«On ne remplace ni le site web du commerce, ni sa vitrine de commerce électronique s’il en a une, ni les autres outils qu’il utilise déjà, précise Jean-Denis Rocheteau. On s’y intègre pour les compléter et aider les vendeurs à conclure leur vente.»

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Patrick Pierra
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Capital de risque: la montréalaise Panache fait une acquisition dans la Silicon Valley

Publié le 13 sept. 2021
Capital de risque: la montréalaise Panache fait une acquisition dans la Silicon Valley

L’équipe de Panache Ventures [Source: Panache Ventures]

  • La société montréalaise de capital-risque Panache Ventures achète Commonwealth Ventures, une société d’investissement et de mentorat de San Francisco qui aide les startups canadiennes à lever des fonds dans la Silicon Valley. 
  • Panache lance aussi son deuxième fonds de capital-risque, qui vise à fournir des financements initiaux pouvant aller jusqu’à 1 million $ à au moins 75 entreprises. 

Panache espère recueillir 75 millions $ pour ce 2e fonds. 

  • De cette somme, elle prévoit lever 50 millions $ d’ici la fin de l’année.

L’acquisition de Commonwealth devrait bénéficier aux 93 entreprises qui figurent déjà au portefeuille du premier fonds de Panache.

  • Par exemple, elles auront accès à un bootcamp portant sur le financement et sur les meilleures stratégies pour se vendre aux entrepreneurs de la Silicon Valley. 

[NDLR: Patrick Pierra, éditeur d’InfoBref, est commanditaire du premier fonds d’investissement de Panache Ventures.]

Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Comment Empego réduit votre temps d’attente à la pharmacie

Publié le 12 sept. 2021
Comment Empego réduit votre temps d’attente à la pharmacie

Philippe Chartrand, président fondateur d’Empego Technologies [crédit photo: Karine Kalfon]

  • À défaut de médecin de famille et pour éviter l’urgence des hôpitaux quand c’est possible, les Québécois se tournent de plus en plus vers leur pharmacien pour obtenir des conseils et des traitements.
  • Or, pour chaque consultation, les pharmaciens doivent poser une série de questions aux patients. Cela leur prend beaucoup de temps. La jeune entreprise montréalaise Empego a trouvé une façon d’alléger cette contrainte, pour rendre les pharmaciens plus disponibles et les aider à mieux servir leurs clients.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: la surcharge de travail des pharmaciens.

«Ils ont de moins en moins de temps disponible pour des activités cliniques», note Philippe Chartrand, président fondateur d’Empego Technologies.

  • Il parle en connaissance de cause: lui-même est pharmacien.

Le nombre de gens qui consultent des pharmaciens est en augmentation constante:

  • à cause du temps d’attente à l’urgence des hôpitaux et du manque de médecins de famille;
  • parce que les pharmaciens ont la confiance de la population;
  • et parce qu’ils peuvent, sous certaines conditions, prescrire des médicaments pour certains problèmes de santé mineurs, et donner des conseils non pharmacologiques.

«Mais pour bien répondre aux besoins des patients, les pharmaciens doivent les questionner en détail, pour s’assurer de bien cerner leur situation, avant de leur donner un conseil ou de leur suggérer un traitement», explique Philippe Chartrand.

  • Ils doivent aussi conserver une trace écrite de la consultation dans le dossier du patient.

La solution d’Empego: des questionnaires numériques, spécifiques à chaque besoin typique exprimé par un patient.

Ces questionnaires peuvent être remplis à l’écran:

  • soit par un assistant technique – il pose les questions lorsqu’un client entre dans et demande à voir un pharmacien;
  • soit par les patients eux-mêmes, s’ils sont prêts à répondre sur leur propre téléphone: l’assistant leur envoie par SMS un lien vers un formulaire web sécurisé.

«Des pharmaciens testent aussi d’autres modes d’entrée des données, dit Philipe Chartrand.

  • Certains mettent des tablettes à la disposition des patients pour qu’ils remplissent leur questionnaire.
  • D’autres affichent un code QR qui permet au patient de récupérer le questionnaire sur son téléphone.»

Les données, anonymisées et cryptées, sont conservées dans des serveurs d’Empego à Montréal.

  • Seuls les pharmaciens de la pharmacie peuvent accéder aux réponses des patients.

«Obtenir les réponses des patients en amont fait gagner aux pharmaciens un temps précieux, qu’ils peuvent consacrer à des tâches cliniques», explique Philippe Chartrand.


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Le modèle d’affaires: un logiciel vendu en tant que service.

  • Les pharmaciens propriétaires achètent une licence d’utilisation de la plateforme technologique d’Empego, à un prix moyen d’environ 300 $ par mois.
  • Tous les pharmaciens employés par l’établissement peuvent utiliser cette licence.

Où l’entreprise en est-elle actuellement?

  • «Nous aurons bientôt 100 pharmacies clientes, moins d’un an après le lancement de notre produit», se félicite Philippe Chartrand.
  • Empego a 7 employés, dont plusieurs ingénieurs.
  • Empego a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

À surveiller:

D’ici la fin de 2022, Empego souhaite avoir implanté son logiciel dans 300 pharmacies.

  • Pour contexte, il y a au Québec environ 1900 pharmacies, mais dont certaines sont peut-être trop petites pour pleinement bénéficier du logiciel.

Même si l’entreprise se concentre sur le marché québécois pour l’instant, elle va explorer, par des projets-pilotes, comment son logiciel pourrait servir à des pharmacies dans d’autres provinces.

  • « C’est important de bâtir localement une base solide, mais il ne faut pas non plus trop retarder l’expansion nationale et internationale», dit Philippe Chartrand.
  • «On regarde notamment l’Alberta, où les pharmaciens jouent un rôle assez similaire à celui qu’ils ont au Québec.»

Empego va aussi lancer un deuxième module de son logiciel, pour permettre aux pharmaciens d’automatiser le suivi des dossiers des patients.

Comme l’entreprise génère déjà des revenus récurrents appréciables, le fondateur n’aura peut-être pas besoin de céder du capital-actions pour financer ces développements.

  • «Entre les bourses et subventions fédérales, provinciales et municipales, constate-t-il, il y a beaucoup d’argent disponible pour les entrepreneurs d’ici.»
Patrick Pierra
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Un cadeau fiscal aux nouvelles PME québécoises pourrait créer 1000 emplois

Publié le 7 sept. 2021
Un cadeau fiscal aux nouvelles PME québécoises pourrait créer 1000 emplois

(Source: Unsplash)

  • En mars dernier, le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) avait émis plusieurs recommandations pour relancer l’économie du Québec. L’une d’elles était d’exempter d’impôt, pendant les deux années suivant la fondation d’une PME, les profits de l’entreprise et les salaires de ses fondateurs. 
  • Selon une étude que vient de dévoiler la firme d’analyse économique AppEco, cette mesure pourrait soutenir 1000 emplois au Québec et augmenter de 12 millions $ le PIB net de la province, explique à InfoBref le président du RJCCQ.

9500 nouvelles PME bénéficieraient d’une exemption totale d’impôt pendant leurs 2 premières années, selon le RJCCQ. 

  • Ces PME obtiendraient une économie d’impôt annuelle de 234 millions $.
  • L’argent économisé permettrait de créer ou de maintenir 1000 emplois dans la province.

Ces incitatifs fiscaux encourageraient aussi la création de nouvelles entreprises. 

  • Un tiers des nouvelles entreprises n’atteignent pas le seuil de rentabilité même après deux ans d’activité, selon le RJCCQ.
  • «Environ 2000 propriétaires de nouvelles PME ne se versent pas de salaire au Québec», a précisé à InfoBref Pierre Graff, président du RJCCQ. «Pour plusieurs entrepreneurs potentiels, la perspective de ne pas recevoir de salaire pendant une longue période est un frein à se lancer en affaires.» 

L’effet d’une exemption serait bénéfique sur l’économie, plaide AppEco.

  • Malgré des baisses d’impôt totalisant 234 millions $, ces exemptions fiscales permettraient aux nouvelles PME exemptées d’augmenter le PIB de la province de 261 millions $, ce qui, en fin de compte, augmenterait de 12 millions $ le PIB net québécois. 
  • Le RJCCQ croit qu’une exemption d’impôt serait particulièrement bénéfique pour les PME des secteurs du tourisme, de l’hébergement et de la restauration. 
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Zetane démocratise l’intelligence artificielle pour accélérer son adoption

Publié le 6 sept. 2021
Zetane démocratise l’intelligence artificielle pour accélérer son adoption

Guillaume Hervé, PDG et cofondateur de Zetane. À droite, sa photo est fusionnée avec un vitrail par un modèle d’apprentissage automatique [image: copie d’écran du logiciel Zetane]

  • L’intelligence artificielle (IA) est fascinante, mais aussi inquiétante. On ne sait pas trop pourquoi ni comment elle tire des conclusions ou prend une décision: c’est une «boîte noire» dont on ignore comment elle fonctionne.
  • La jeune entreprise montréalaise Zetane a pourtant trouvé une façon d’ouvrir la boîte noire pour rendre le fonctionnement des logiciels d’IA plus faciles à comprendre aux gestionnaires et professionnels non spécialistes, afin d’accélérer le développement d’applications pratiques et leur adoption dans les entreprises.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: la méfiance des décideurs à l’égard de l’IA et des risques qu’elle pourrait faire courir à leur entreprise.

Selon la firme de recherche Gartner, 85% des projets d’IA qui sont développés ne sont, en fin de compte, jamais déployés.

«C’est parce que les preneurs de décision n’ont pas suffisamment confiance», explique à InfoBref Guillaume Hervé, PDG et cofondateur de Zetane.

  • «Comme ils n’arrivent pas à comprendre le processus de décision des algorithmes d’IA, ils hésitent à prendre la responsabilité de les implanter lorsqu’une erreur pourrait avoir des conséquences graves ou coûteuses.»

C’est particulièrement vrai dans des secteurs comme l’aérospatiale, la défense, l’imagerie médicale, les véhicules autonomes ou la production robotisée sur des chaînes de fabrication.

«Les gestionnaires doivent gérer le risque, poursuit Guillaume Hervé. Ils veulent savoir pourquoi, comment et quand un système d’IA pourrait faire une erreur.»

La solution: un logiciel qui permet à des non-spécialistes de l’IA de regarder dans la boîte noire pour visualiser comment les algorithmes fonctionnent.

«Certaines zones du cerveau humain sont plus spécialisées dans tel ou tel type de travail, rappelle Guillaume Hervé. C’est un peu la même chose en IA. Un système d’IA est un réseau de neurones virtuels, où chaque neurone fait une contribution précise à l’analyse des données.»

Le logiciel de Zetane permet de voir un système d’IA comme un cerveau, en montrant quel neurone fait quelle contribution.

  • Ainsi, un non-spécialiste peut mieux suivre le cheminement de l’analyse des données, et reconnaître les endroits, dans le système, où il pourrait y avoir une faiblesse.
  • Il peut alors discuter avec le développeur pour qu’il améliore cette partie du système.

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Un exemple d’application:

Un client de Zetane développait un logiciel d’IA pour gérer des trains autonomes, sans conducteur.

Le système devait arrêter le train s’il y avait un obstacle sur la voie.

Le problème est que le train s’arrêtait également juste avant d’arriver dans un tunnel, même s’il n’y avait pas d’obstacle. Pourquoi?

«En passant le système dans notre logiciel, on a pu identifier la source du problème, raconte Guillaume Hervé.

  • Le système se basait sur la reconnaissance de la forme d’un obstacle potentiel.
  • Or, de loin, l’entrée d’un tunnel est une forme noire qui peut ressembler à un gros rocher sur la voie – c’était justement l’un des exemples d’obstacle sur lequel le modèle d’IA avait été entraîné.

On a modifié le modèle et les données pour l’entraîner, ce qui a réglé le problème.»

Le modèle d’affaires:

Zetane vend des licences de son logiciel à des entreprises qui développent des modèles d’IA pour leurs propres besoins, et à des firmes de consultation spécialisées.

  • La licence de base est de 50 $ par mois.
  • La société commercialise, en option, des services complémentaires pour personnaliser son logiciel.
  • Il existe aussi une version gratuite du logiciel, pour faire de premiers essais.

Où l’entreprise en est-elle actuellement?

Elle a 14 employés – ingénieurs, développeurs, scientifiques de données, dont la majorité travaillent à Montréal.

Déjà, plus de 400 organisations dans une quarantaine de pays utilisent son logiciel.

Elle a été sélectionnée comme l’une de Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Zetane a obtenu du financement de programmes gouvernementaux et plusieurs subventions – dont une d’Epic Games, un grand studio américain de jeux vidéo.

Au total, elle a reçu 1,5 million $ en financement, mais ses 2 cofondateurs possèdent encore la quasi-totalité du capital.

À surveiller:

  • Zetane lancera à l’automne, sous la forme de logiciel en tant que service disponible à distance, de nouveaux services d’essai et de validation des données pour des applications industrielles d’IA.
  • Elle prévoit une collecte de fonds en capital au début de 2022.

Lundi prochain dans InfoBref, découvrez l’entreprise Empego. Ne manquez pas nos nouvelles Affaires, Politique et Techno pour entrepreneurs, gestionnaires et professionnels: abonnez-vous gratuitement à nos infolettres quotidiennes ici ou en cliquant sur le bouton Infolettres en haut à droite.

Patrick Pierra
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