Investissement

Un nouveau fonds d’investissement spécialisé dans les entreprises en difficulté et l’investissement «activiste» voit le jour à Montréal

Publié le 21 janv. 2021
  • Converium Capital est en train de créer un fonds d’investissement qui devrait être doté de 500 millions $US. Il sera établi à Montréal et ciblera des entreprises canadiennes en situation financière difficile ou en redressement.
  • Le fonds est dirigé par Aaron Stern, un gestionnaire d’origine montréalaise qui a auparavant travaillé pour la firme new-yorkaise Fir Tree Capital Management. Il compte aussi agir à l’occasion comme investisseur «activiste» en questionnant la direction des entreprises où il investit. 

Les entrées en bourse réalisées via des sociétés d’acquisition à vocation spécifique ont atteint un niveau record en 2020

Publié le 13 janv. 2021
Les entrées en bourse réalisées via des sociétés d’acquisition à vocation spécifique ont atteint un niveau record en 2020

Virgin Galactic

  • Pas moins de 165 premiers appels publics à l’épargne (PAPE) sont survenus en bourse en 2020, pour une récolte de capitaux de 62 milliards $US – un niveau qui n’a pas été vu depuis la bulle techno du début des années 2000.
  • C’est toutefois moins que les 248 entrées en bourse réalisées l’an dernier par l’entremise de sociétés d’acquisition à vocation spécifique (SAVS) – un nombre de transactions historique qui a permis à des sociétés privées de récolter 75 milliards $US sans avoir à passer par toutes les étapes d’un PAPE conventionnel.

Qu’est-ce que les SAVS (ou SPAC)? 

Les sociétés d’acquisition à vocation spécifique, appelées en anglais SPAC (pour Special Purpose Acquisition Company), sont des sociétés déjà présentes en bourse et dotées d’un capital d’investissement assez important.

  • Elles sont à la recherche d’une société privée en croissance rapide pour l’acquérir en lui cédant le contrôle de la nouvelle entité ainsi créée.
  • Des sociétés comme Virgin Galactic et DraftKings sont entrées à la bourse de New York en recourant à cette méthode. Lion Électrique, de Saint-Jérôme, se prépare à faire de même.

Pourquoi les SAVS sont-elles si populaires?

Il y a eu quatre fois plus de transactions impliquant une SAVS en 2020 qu’en 2019. 

  • Les entrepreneurs apprécient cette façon d’accéder à la bourse, car elle réduit les délais et les exigences légales pour y arriver.
  • Elle coûte aussi moins cher en frais de consultation auprès des institutions bancaires à qui on confie généralement la gestion d’un PAPE.

Quels sont les risques liés aux SAVS?

Les entreprises qui s’inscrivent en bourse via une SAVS se voient attribuer une valeur qui ne correspond pas à leur niveau de revenus ou à leur rentabilité à court terme.

  • Cela signifie que la valeur de leur action risque de croître peu rapidement, ou pas du tout, à court et moyen terme.
  • Les investisseurs ont également moins d’information sur ces sociétés: leur modèle d’affaires n’a pas été vérifié avec la même rigueur que lors d’un premier appel à l’épargne.
Alain McKenna
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Les entrées en bourse réalisées via des sociétés d’acquisition à vocation spécifique ont atteint un niveau record en 2020

Virgin Galactic

Après une appréciation de plus de 1000% du titre de Tesla en bourse, la Banque Royale admet avoir sous-estimé le constructeur automobile californien

Publié le 7 janv. 2021
Après une appréciation de plus de 1000% du titre de Tesla en bourse, la Banque Royale admet avoir sous-estimé le constructeur automobile californien

(Source: Tesla)

  • «Nous nous sommes complètement trompés à propos du titre de Tesla», reconnaît le directeur de RBC Marché des capitaux dans une note aux investisseurs.
  • La division d’investissement de la Banque Royale revoit à la hausse son évaluation du titre de Tesla et lui prédit désormais une «performance comparable au secteur (automobile)». Elle la qualifiait de sous-performante depuis janvier 2019, alors que la valeur de l’action a été multipliée par douze sur cette période.

Le gestionnaire de fonds torontois Brookfield veut racheter en totalité une de ses filiales immobilières

Publié le 4 janv. 2021
Le gestionnaire de fonds torontois Brookfield veut racheter en totalité une de ses filiales immobilières

Le First Canadian Place de Toronto (à droite), une des propriétés de Brookfield Property Partners.

  • Le fonds torontois offre 6 milliards $ pour racheter les 40% de sa division immobilière Brookfield Property Partners qu’il ne possède pas.
  • La direction de Brookfield (TSX: BAM.A) estime que le titre de Brookfield Property Partners (TSX: BPY.UN) se négocie à un prix qui sous-estime la valeur réelle des immeubles qu’il possède partout dans le monde, surtout depuis la chute boursière de mars dernier.

Fiera Capital vend deux filiales américaines

Publié le 4 janv. 2021
Fiera Capital vend deux filiales américaines

(Photo Fiera Capital)

  • La vente de Bel Air Investment Advisors et de Wilkinson Global Asset Management, dans le cadre de deux transactions distinctes, rapportera 81 millions $ à Fiera Capital, une somme qui ira au remboursement de sa dette.
  • Fiera Capital, un gestionnaire de placements basé à Montréal et qui gère des actifs qui valaient 177 milliards $ à la fin septembre, poursuit ainsi une restructuration qui a commencé l’an dernier.
Fiera Capital vend deux filiales américaines

(Photo Fiera Capital)

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Vos FINANCES

Bilan 2020: qui sont les champions de la bourse?

Publié le 1er janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Bilan 2020: qui sont les champions de la bourse?

[image: Gerd Altmann | Pixabay]

  • Les marchés boursiers ont plongé, puis se sont redressés beaucoup plus vite qu’on pouvait le penser.
  • Cela a permis à certains titres et certains fonds de réaliser des performances impressionnantes pour une année de crise pandémique.

2020 a été une année boursière complètement folle!

J’ai cru, comme beaucoup, que la reprise se ferait en forme de U et que 18 à 24 mois seraient nécessaires pour que les indices boursiers retrouvent leurs niveaux de janvier 2020.

C’était sans compter sur le taux d’épargne extraordinaire de nombreux ménages et sur la réaction énergique des banques centrales. Ces deux facteurs ont favorisé une reprise fulgurante des marchés.

Voici un bilan sommaire de ce que les marchés financiers nord-américains ont offert aux investisseurs.

Au Canada, les marchés ont pu garder la tête hors de l’eau grâce principalement à Shopify et aux sociétés aurifères.

Le S&P/TSX a terminé l’année avec un léger gain de +2%.

Les cinq titres les plus performants du S&P/TSX en 2020:

  • Trillium Therapeutics: +1308%
  • Ballard Power System: +220%
  • Shopify: +178%
  • Lightspeed POS: +149%
  • New Gold +143%

Si vous déteniez beaucoup de pétrolières et de financières, votre portefeuille n’a sans doute pas très bonne mine.

Aux États-Unis, l’indice S&P500 a offert un très bon résultat: +16,3%.

Cependant, pour les investisseurs qui n’avaient pas d’entreprise de technologie en portefeuille, la marque finale n’a pas été réjouissante. En effet, plus de 200 des 500 titres de l’indice ont eu un rendement négatif.

Les 5 titres les plus performants du S&P500 en 2020:

  • Tesla: +743%
  • Etsy: +302%
  • Carrier Global: +214%
  • Nvidia: +122%
  • Paypal: +117%

L’intrus dans ce classement est le groupe de climatisation Carrier.

  • Lorsque sa valeur de son action a touché un plancher de 11,49$ en mars, de nombreux gestionnaires ont su repérer que le titre de Carrier avait été malmené sans raison et que cette aubaine ne durerait pas.
  • Ils ont vu juste. En novembre 2020, Carrier a atteint son sommet de l’année à 41,48$.

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Du côté des fonds, de nombreux fonds négociés en bourse (FNB) et fonds communs sectoriels ont su se démarquer en dégageant des plus-values bien supérieures aux indices.

Selon les données de Morningstar, 2020 fut une année prospère pour la gestion active: 3567 fonds communs ont réalisé un rendement supérieur au S&P500.

Des fonds concentrés en biotech, dans les géants du Web, dans les cryptomonnaies et dans l’énergie solaire ont même offert des rendements à trois chiffres.

Ce fut notamment le cas de:

  • Fonds de cryptoactifs mondial 3iQ: +319%
  • Evolve Indiciel FNB innovation automobile +186%
  • Emerge ARK Genomics & Biotech: +165%%.
  • Blockchain technologies ETF: +154%
  • Fonds Marquest Explorer: +119%.

Attention: ces fonds sont très volatils. Ils sont destinés aux investisseurs audacieux pouvant tolérer de très fortes fluctuations.

Les sommes investies dans les actions, les FNB et les fonds ne sont jamais protégées contre les pertes causées par les fluctuations importantes.

Quelques rappels et conseils pour débuter 2021

  • Il est très rare que les secteurs gagnants une année le soient aussi l’année suivante.
  • Si vous avez fait des profits en bourse en 2020, il est recommandé d’en prendre au moins une partie et d’en profiter pour diversifier vos investissements.
  • Vous jugez que les indices sont trop haut et vous souhaitez sortir votre argent de la bourse? Vous pourriez vous en mordre les doigts. Les bas taux d’intérêt et la récupération progressive de l’économie favoriseront encore les actions en 2021.
  • Les FNB et les fonds de développement durable de type ESG (responsabilité sociale, environnementale et gouvernance), les petites capitalisations et les actions des marchés émergents offrent de belles opportunités à long terme.

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La Caisse de dépôt investit dans un parc éolien à Taïwan

Publié le 29 déc 2020
  • La Caisse de dépôt et placement du Québec vient d’acquérir pour 3,4 milliards $ une participation de 25% dans un parc éolien taiwanais, développé par la société danoise Orsted.
  • C’est le premier investissement de la Caisse à Taïwan qui lui permet de diversifier sa présence en Asie.

Neo, de Calgary, reçoit 25 millions $US pour l’aider à devenir la première banque numérique canadienne

Publié le 16 déc 2020
Neo, de Calgary, reçoit 25 millions $US pour l’aider à devenir la première banque numérique canadienne
  • Fondée par deux ex-dirigeants du service de livraison Skip, Neo vient de boucler une ronde de financement auprès d’investisseurs renommés du secteur technologique nord-américain.
  • Neo se distingue des grandes banques en proposant d’ouvrir un compte d’épargne avec un taux d’intérêt élevé et d’obtenir une carte de crédit Mastercard de façon entièrement numérique, à partir d’un téléphone intelligent.

La formule de banque numérique connaît déjà un certain succès en Europe et aux États-Unis. À l’exception du service Tangerine, qui avait été racheté par la Banque Scotia, Neo est la première du genre au Canada.

Un des atouts de Neo est de compter sur un réseau de 2000 commerçants au Canada, incluant les stations d’essence de la chaîne Esso, où ses clients peuvent accumuler des points à échanger contre des récompenses.

Son potentiel est grand, affirme à InfoBref Chris Arsenault, associé du fonds montréalais iNovia, un des investisseurs dans Neo aux côtés de Peter Thiel, un homme d’affaires bien connu de la Silicon Valley. 

  • «Ils ont une stratégie impressionnante et sont bien placés pour devenir une vraie banque, prête pour l’économie numérique de demain.»
  • «Les données préliminaires confirment un grand intérêt de la part des consommateurs millénariaux qui sont nés dans le numérique.»

Neo est en développement depuis deux ans. Elle a commencé à accepter ses premiers clients la semaine dernière. Selon son fondateur Andre Chau, l’entreprise a une liste d’attente de plusieurs dizaines de milliers de gens intéressés par son service.

Alain McKenna
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Plan climatique du Canada: quelles entreprises cotées en bourse en sortiront gagnantes ou perdantes?

Publié le 14 déc 2020
Plan climatique du Canada: quelles entreprises cotées en bourse en sortiront gagnantes ou perdantes?
  • La volonté du gouvernement fédéral de hausser le prix de sa taxe carbone de 30$ à 170$ la tonne d’ici 2030 punira principalement les sociétés pétrolières qui font de la raffinerie au Canada, puisque c’est l’activité la plus polluante au pays.
  • Selon l’analyste Jason Bouvier de la Banque Scotia, le secteur des énergies renouvelables et des infrastructures vertes sera pour sa part bien placé pour profiter de cette transition énergétique.

Outre la taxe carbone, le plan climatique d’Ottawa promet un accès à de l’énergie propre pour toutes les régions du pays, et un meilleur soutien à l’électrification du transport.

Deux sociétés québécoises sont identifiées par la Scotia comme étant parmi les plus susceptibles de profiter de la manne qui découlera de ces promesses:

  • Boralex (TSX: BLX) construit et gère des centrales solaires et éoliennes dans l’est du Canada, aux États-Unis et en France – l’entreprise a les capitaux nécessaires pour faire croître ses activités dans le reste du Canada.
  • Innergex (TSX: INE) construit et opère des centrales hydroélectriques, solaires et éoliennes – surtout au Québec, mais elle a commencé à prendre de l’expansion en Ontario et en Colombie-Britannique.

L’impact négatif sur les pétrolières et les grands pollueurs sera inégal, précise Jason Bouvier.

  • Suncor (TSX: SU) et L’Impériale (Esso: TSX: IMO) seront les plus affectées, car elles sont présentes dans les sables bitumineux et raffinent au Canada, explique l’analyste.
  • À l’inverse, les sociétés pétrolières qui exportent seront moins affectées puisque leurs émissions sont concentrées à l’extérieur du pays.
  • Les distributeurs – comme les exploitants d’oléoducs et les sociétés ferroviaires – seront peu affectés eux aussi puisqu’ils jouissent d’une position de quasi-monopole et qu’ils pourront refiler à leurs clients le coût supplémentaire dû à la taxe carbone.

Alain McKenna
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Vos FINANCES

Investissement: pourquoi le style «valeur» n’a pas dit son dernier mot

Publié le 21 nov. 2020
Fabien Major
par Fabien Major
Investissement: pourquoi le style «valeur» n’a pas dit son dernier mot

(Image Unsplash)

  • Le débat valeur contre croissance est presque aussi polarisant dans le monde financier que la rivalité Trump – Biden en politique américaine.
  • Mais malgré la confrontation des arguments financiers, heureusement les deux options cohabitent très bien et peuvent toutes deux vous faire gagner gros!

Croissance vs valeur? Si vous n’avez pas suivi attentivement les pages économiques depuis 12 mois, résumons.

  • Malgré la pandémie, les indices boursiers américains semblent avoir retrouvé leur vigueur.
  • Au tableau de pointage de l’année 2020, le Dow Jones et le S&P500 affichent maintenant des rendements cumulatifs positifs.

Mais, sans l’apport d’une pincée de titres de croissance et de technologie bien connus, les résultats seraient comme la température des nuits québécoises, soit bien au-dessous de zéro.

  • Les FAANG – Facebook, Amazon, Apple, Netflix, Alphabet (Google) et Microsoft – apportent 7% en rendement à l’indice S&P500.
  • Les groupes technologiques et les TI représentent maintenant pas moins de 20% de la capitalisation totale de l’indice phare américain, du jamais vu.  

Qui dit gros rendements dit aussi risque accru.

Les ratios d’évaluation des titres vedettes du Nasdaq frisent d’ailleurs l’indécence.

À plus de 3000$, l’action d’Amazon se vend 91 fois ses bénéfices. Netflix, 78 fois.

Et que dire de Zoom qui se transige à 533 fois ses profits, ou de Tesla, dont le ratio cours/bénéfice est de 997. Autrement dit, si l’entreprise conserve son niveau actuel de profitabilité par action, un investisseur qui achète Tesla à 500$ retrouvera son capital dans… un millénaire.

Au contraire, pour les titres de fiducies immobilières, pétrolières et gazières, banques, constructeurs auto, pharmas et commerces de détail, les ratios sont au tapis. Certaines actions se vendent même SOUS la valeur intrinsèque des entreprises.

Bien sûr, la Covid-19 les a affectées, mais il y a une limite au mépris!

C’est justement là que le débat s’enflamme chez les gestionnaires financiers.

  • D’un côté, les partisans des vedettes technos entament le refrain popularisé pendant la bulle des technos de 1999-2000: «Cette fois c’est différent!»
  • De l’autre, les ténors de l’approche fondamentale «Valeur» sermonnent que la fin du monde est à nos portes!

Avec plusieurs récessions et quelques krachs boursiers sévères derrière la cravate, je sais que ces deux clans ont raison… et tort.

Certes, un environnement à faibles taux d’intérêt favorise la prise de risque et les évaluations d’entreprises plus élevées.

Mais la réouverture presque complète de l’activité économique, à prévoir d’ici 6 à 12 mois, propulsera aussi des secteurs plus traditionnels comme l’énergie, le transport, les finances, le tourisme, les ressources et l’immobilier commercial.  

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Que feront les marchés en 2021? Je l’ignore. Mais je sais pertinemment que, si j’évite un des deux styles, je vais certainement manquer quelque chose.

  • Principaux titres «valeur» américains: AT&T, GM, IBM, Fedex, Target, Citigroup et Pfizer.
  • Principaux titres de «croissance» américains: Apple, Microsoft, Amazon, Facebook, Alphabet, Visa, et Nvidia.

Arguments en faveur du retour du style valeur:

  • Les vaccins vont accélérer la réouverture de l’économie.
  • De nombreux titres négligés se négocient actuellement au rabais.
  • On trouve de belles et bonnes entreprises de la vieille économie en excellente santé.
  • La faiblesse des taux d’intérêt oblige les investisseurs prudents à acheter des actions de qualité.

Arguments en faveur du style croissance:

  • L’innovation transforme rapidement la société de consommation.
  • Les sociétés technologiques révolutionnent les façons de faire du commerce.
  • La faiblesse des taux d’intérêt favorise la prise de risque.
  • La popularité de la gestion indicielle favorise les grandes capitalisations et les FAANG.

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Une reprise économique soutenue dès 2021? C’est de plus en plus probable, selon Morgan Stanley

Publié le 16 nov. 2020
  • Le développement de vaccins prometteurs et la volonté des gouvernements d’accélérer la croissance économique une fois la pandémie terminée sont de bon augure pour 2021, selon la banque d’investissement américaine.
  • «Croyez-en la relance», écrivent ses économistes dans une note qui recommande de faire le plein d’actions et d’obligations avant que les prix ne remontent.

Vos FINANCES

La bourse n’est pas un jeu vidéo

Publié le 14 nov. 2020
La bourse n’est pas un jeu vidéo
  • Une nouvelle génération d’entreprises financières cible les jeunes investisseurs avec un marketing basé sur le divertissement et l’émotion.
  • Elles risquent malheureusement d’appauvrir leurs clients pour longtemps.

Essentiellement, ces institutions suggèrent d’investir dans ce qu’on aime.

  • Vous aimez les croisières? Allez hop, naviguez dans le sillage des actions de Carnival.
  • Vous aimez les tacos, la poutine et les souvlakis? Empiffrez-vous des titres du franchiseur en restauration MTY.
  • Vous aimez les voitures électriques? Branchez votre fonds d’urgence sur Tesla.

Le raisonnement vous apparaît simpliste?

C’est pourtant la base de la campagne publicitaire d’une jeune firme de courtage canadienne.

Cette plateforme, qui peine à rentabiliser ses activités de robot-conseiller, a pivoté récemment vers le courtage à escompte «sans frais» pour cibler les jeunes.

En analysant ce qui attire l’attention des petits investisseurs américains, cette jeune start-up a choisi d’imiter le modèle d’affaires du groupe américain Robinhood: elle offre comme un buffet à volonté les transactions boursières sur séance sans frais.

N’allez pas croire que je suis offusqué parce qu’ils offrent des transactions sans frais. Là n’est pas la question.

Mais il n’y a pas de repas gratuit. Encore moins en finance.

Si on ne vous facture aucuns frais de courtage, c’est parce que:

  • on peut prêter vos titres pour favoriser leur déconfiture avec les ventes à découvert du voisin ou d’un fonds spéculatif;
  • on fait payer des frais d’échange de devises à chaque opération;
  • et bien sûr, on espère faire des millions en intérêt avec la liquidité que les clients laissent dans leur encaisse.

Je suis surtout outré par des publicités qui invitent à investir dans «ce qu’on aime».

Ce n’est pas un conseil, ni même une idée parmi d’autres, c’est juste irresponsable.

L’investissement devient un jeu vidéo

2020 passera à l’histoire pour toutes sortes de raisons. Dans les cours de finance du futur, on fera sans doute le bilan de certaines débâcles boursières.

On y soulignera peut-être le rôle qu’ont pu y jouer les tactiques de marketing douteuses et racoleuses de WealthSimple, Robinhood, E-Trade ou Charles Schwab, et leur propension à banaliser l’investissement pour rabaisser le geste au rang des jeux vidéo.

D’ailleurs l’interface de transactions de ces outils en ligne est maintenant agrémentée par des explosions et des feux d’artifice, pour stimuler les transactions. Ce phénomène pourrait expliquer en partie la montée fulgurante des titres technos cette année.   

Non, ce que vous aimez n’est pas toujours le reflet d’une saine gestion d’entreprise, ni de sa capacité à générer des profits. Encore moins de la possibilité que le titre boursier gagne en valeur à court ou long terme.

Investir n’est pas une affaire de croyance ni d’amour. C’est une affaire de «connaissances», de jugement, de prix, de valeur et… de temps. Que vous aimiez une compagnie ou pas, le marché s’en moque.

Au contraire, plus vous analysez une entreprise de façon rationnelle, sans y mêler vos sentiments, moins vous prenez de risque. Plus vous aiguisez votre jugement, plus vous améliorez la pertinence de vos décisions. Puis, investissez à bas prix au bon moment dans de bonnes entreprises générant de la valeur pour les actionnaires. Ensuite, le temps fera son œuvre – et, parfois, des chefs-d’œuvre.

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Fabien Major
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