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Le MONDE en questions

Migrants: l’Union européenne doit-elle clôturer ses frontières?

Mis à jour il y a 1 h
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Migrants: l’Union européenne doit-elle clôturer ses frontières?

[crédit photo: Markus Spiske / Unsplash]

  • «Absolument pas», répond sans hésiter à InfoBref le professeur en droit international public de l’Université McGill François Crépeau, ancien Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme des migrants. «Au contraire, dit-il, l’Europe s’est même engagée à faciliter la mobilité.»
  • La question divise aujourd’hui les pays européens. La Commission européenne refuse fermement de financer des murs aux portes de l’UE, mais plusieurs États membres le demandent en coulisses, et le président du Conseil européen l’envisage.

Début novembre, la situation s’est tendue aux frontières européennes lorsque des milliers de migrants venus du Moyen-Orient se sont massés à la frontière polonaise.

Un afflux créé par la Biélorussie.

La Pologne et les instances européennes ont formellement accusé la Biélorussie d’avoir orchestré cette crise aux portes de l’Europe pour se venger de sanctions occidentales contre son régime autoritaire.

  • Une source au Conseil européen a confirmé à InfoBref que cet afflux de migrants n’a jamais été perçu comme un problème migratoire et qu’il s’agit bien d’une «attaque hybride».  

«C’était un chantage évident», affirme le professeur Crépeau.

Il dénonce toutefois «une instrumentalisation de la vie humaine indigne de l’UE».

  • Au-delà du conflit avec la Biélorussie, «sauver des vies auraient dû être la priorité» des pays européens.
  • Au moins 12 migrants sont morts de froid, souligne-t-il, parce que l’Europe ne les a pas laissé entrer. 

L’Europe ne doit pas «s’emmurer»,dit le professeur Crépeau.

«Elle s’est même engagée à faciliter la mobilité. Mais ce n’est pas ce qu’elle fait en ce moment ni ce qu’elle prévoit de faire dans les 10 prochaines années.» 

Le problème, dit-il, c’est qu’aucun politicien ne mettra sa carrière en jeu en prenant des engagements pro-migrants.

  • «Comment gagner des voix en favorisant l’immigration? lâche-t-il, les migrants ne votent pas et les citoyens s’en fichent.»
  • «Le seul électorat mobilisable sur l’immigration, c’est celui de l’extrême droite qui n’a qu’un seul agenda: voter contre.»

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La Commission européenne s’oppose aux murs.  

  • «L’Union européenne a été divisée par des murs dans le passé», rappelle une source à la Commission européenne, qui est un peu l’équivalent du gouvernement de l’Europe.
  • «Pour la Commission, c’est une position de longue date que les barbelés et les murs ne sont pas financés par le budget de l’UE.»

Mais elle n’empêche pas les États d’en ériger

Les États membres ont la responsabilité d’effectuer le contrôle aux frontières et il leur appartient de déterminer comment le faire.

Le droit de l’UE n’exclut pas d’utiliser des barrières physiques aux frontières, confirme la même source. 

En fait, reconnaît-elle, cela a déjà été fait par certains États membres.

  • La Pologne, par exemple, a dressé des barbelés le long de sa frontière et prévoit de construire un mur sur plus de 100 km.

Mais ces barrières ont été financées au niveau national.

Les fonds de l’UE sont, eux, seulement utilisés «pour renforcer les capacités de contrôle aux frontières des États membres».

Dans le dernier cadre financier européen (2021-2027), 6,4 milliards d’euros ont été alloués aux États pour financer des équipements de surveillance électronique, des véhicules de patrouille ou des images par satellite des infrastructures critiques.

«C’est la gestion des frontières que nous soutenons», a assuré mardi soir dans un discours la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, sans mentionner une seule fois les murs ni les barbelés.

«Sur la Question migratoire, la Commission est prisonnière du fait que l’initiative est au Conseil européen», observe le professeur Crépeau.

(Le Conseil européen réunit les chefs d’État des 27 membres de l’UE et veille aux intérêts des pays.)

  • «Sur la plupart des sujets, la Commission a l’initiative législative. Mais aujourd’hui, en matière migratoire, elle fera ce que le Conseil estime politiquement adéquat», croit-il. 
  • La Commission sait pourtant très bien que l’immigration n’est pas une menace, plutôt une richesse, témoigne-t-il, mais elle est incapable de l’affirmer.

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Le Conseil européen croit que l’UE pourrait financer des murs.

Le président du Conseil, Charles Michel, a reconnu le mois dernier que cette question avait été abordée lors d’un sommet européen, le 22 octobre à Bruxelles.

  • «Quelques États membres ont présenté une lettre en ce sens, et la possibilité de financer la construction de barrières physiques a été discutée», confirme une source au Conseil européen.
  • «Un bon nombre d’États membres considèrent que ce serait bien, et il ne s’agit pas seulement des États qui sont aux frontières de l’Europe.»

Juridiquement, la décision reviendrait à la Commission.

Charles Michel souhaite qu’une décision soit prise bientôt sur ce sujet important.

Il faut clarifier, a-t-il dit, si l’UE peut montrer sa solidarité aux pays qui sont en première ligne en les aidant à protéger leurs frontières nationales qui sont aussi les frontières européennes.

  • À l’intérieur de l’espace Schengen – qui regroupe 26 pays européens – il n’y a pas de frontières.
  • Les frontières extérieures de l’UE sont donc, en effet, des frontières de certains de ses États membres.

Les migrants, eux, ne participent pas au débat, déplore le professeur Crépeau. 

  • Dans tous les pays, dont le Canada, «ils remplissent un rôle important dans la société, mais ne sont pas reconnus comme des acteurs sociaux.»

«Les lois d’immigration sont faites par des politiciens non migrants, pour les non-migrants qui votent pour eux.»

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La moitié des 18-34 ans n’ont pas de plan financier

Publié le 24 nov. 2021
La moitié des 18-34 ans n’ont pas de plan financier

(Source: Unsplash)

  • Selon un sondage Som réalisé pour l’Institut québécois de la planification financière (IQPF), près de 40% des répondants n’ont pas de plan pour leur avenir financier. La proportion monte à 48% chez les moins de 35 ans. Au chapitre des connaissances, c’est pire: 68% des répondants estiment qu’ils n’ont pas les connaissances financières suffisantes pour bien planifier leurs finances.
  • Chantal Lamoureux, PDG de l’IQPF, a indiqué en entrevue à InfoBref que ces résultats s’expliquent par le «tabou que représente encore l’argent dans la société québécoise» et «le niveau de littératie financière qui n’est pas suffisamment élevé». 

«Heureusement, les choses changent», estime Chantal Lamoureux. Elle souligne 2 changements:

  • Le gouvernement fédéral a mis en place à l’automne une stratégie nationale pour la littératie financière. 
  • Depuis 2017, le cours d’éducation financière est obligatoire dans les écoles du Québec pour les élèves de secondaire 5. Ce cours était absent du cursus depuis 2009. 

La majorité des Québécois gèrent eux-mêmes leurs finances, selon le sondage de l’IQPF.  

  • 61% des Québécois n’ont jamais eu recours aux services d’un planificateur financier. 
  • «Beaucoup pensent que le planificateur ne fait que gérer des placements, mais ce n’est pas son seul rôle, explique Chantal Lamoureux. Il peut aider à planifier d’autres aspects, comme une succession, une stratégie de retraite, ou un retour aux études.»

L’IQPF a mis sur pied une série de formations, dont une gratuite, pour apprendre certaines bases des finances personnelles.

Félix Côté
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Entrevue

Plus de défis pour retenir les travailleurs de l’informatique du gouvernement?

Publié le 23 nov. 2021
Plus de défis pour retenir les travailleurs de l’informatique du gouvernement?

(Source: Unsplash)

  • Alors que le gouvernement veut créer un nouveau ministère de la Cybersécurité et du Numérique, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) demande au gouvernement d’être moins dépendant des fournisseurs privés en services numériques et cybersécurité.
  • Il faudrait pour cela que le gouvernement embauche plus de personnel. Mais pour attirer les travailleurs, les conditions d’emploi devraient changer: «le gouvernement doit offrir à ses travailleurs de l’informatique, en plus de salaires plus concurrentiels, des défis professionnels et leur permettre de se surpasser, comme dans le secteur privé», explique à InfoBref Christian Daigle, président général du SFPQ.

Le gouvernement a de plus en plus recours à des consultants en informatique et en cybersécurité.

  • En 2017, environ 2300 consultants faisaient affaire avec le gouvernement ou avec des organismes publics.
  • En 2020, ils étaient près de 3200, soit une hausse de 35%. 

La fonction publique québécoise souffre, comme tous les employeurs, de la pénurie de main d’œuvre

  • Elle semble particulièrement forte dans le domaine informatique.
  • Le SFPQ recense 970 postes vacants, soit 12% des postes de ce domaine dans la fonction publique.

Pour attirer et retenir des travailleurs en informatique, le gouvernement doit confier plus de projets de développement à ses propres travailleurs, argumente le SFPQ. 

  • «À l’heure actuelle, la fonction publique n’offre pas les mêmes défis qu’au privé», explique Christian Daigle.
  • «Les fonctionnaires devraient se faire confier des défis plus intéressants, explique-t-il, comme l’opportunité de réaliser davantage de tâches de développement pour que le travail soit au moins aussi attrayant qu’au privé.»
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

LFAnt Médical rend votre vie sexuelle plus sereine

Publié le 21 nov. 2021
LFAnt Médical rend votre vie sexuelle plus sereine

Patrick O’Neill, cofondateur et chef scientifique de LFAnt Médical

  • On en parle peu, mais les maladies transmises sexuellement continuent à se répandre, souvent sans être décelées, et à faire d’importants dommages.
  • La startup montréalaise LFAnt Médical a inventé un moyen de permettre à chacun de les dépister facilement et rapidement, à domicile.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: la faiblesse du dépistage des maladies transmises sexuellement (MTS).

«Aux États-Unis, environ une personne sur cinq a une MTS, et la majorité des personnes atteintes ne le savent pas», explique Patrick O’Neill, cofondateur et chef scientifique de LFAnt Médical.

Or, la chlamydia et la gonorrhée – les MTS les plus répandues – peuvent causer des problèmes de santé importants, même quand elles ne présentent pas de symptômes.

  • «Si elles ne sont pas traitées, à long terme, elles peuvent être une cause d’infertilité chez les femmes», note Patrick O’Neill.

Mais qui, parmi les personnes asymptomatiques actives sexuellement, suit la recommandation de Santé Canada de passer un test de dépistage tous les 6 mois?

La solution inventée par LFAnt: un appareil connecté de test à domicile.

Appelé le Compact, l’appareil utilise une technologie éprouvée, celle du «test de flux latéral»:

  • Un liquide, mis en contact avec une membrane, cause ou non une réaction produisant un changement de couleur.
  • La coloration signale la présence dans le liquide du marqueur d’une maladie ou d’une condition de santé.

Cette technologie est déjà utilisée dans les tests de grossesse.

Elle est aussi utilisée pour les tests de dépistage rapide de la Covid-19.


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L’objectif de LFAnt est de rendre ces tests beaucoup plus faciles à utiliser par la population.

Le Compact a à peu près la taille d’un étui de brosse à dent, un peu plus large. Il a 2 composantes.

Une cartouche jetable comprend la membrane à mettre en contact avec un liquide provenant du corps: de l’urine, du sang ou de la salive.

On insère cette cartouche dans un étui qui est aussi un lecteur électronique.

  • Il capte des données électromagnétiques provenant de la réaction du liquide sur la membrane; et
  • il les communique, par le protocole de communication sans fil Bluetooth, à une application mobile qui permet d’interpréter les données.

L’application mobile d’accompagnement peut servir au consommateur lui-même.

  • Mais elle peut aussi servir à un médecin, pour lui permettre de faire un diagnostic, soit en personne ou à distance.

Le modèle d’affaires est «celui du rasoir et des lames», explique Patrick O’Neill.

  • Le lecteur sera vendu aux consommateurs à un prix qui pourrait être de l’ordre de 60 $.
  • Les cartouches seront vendues séparément, selon les besoins du client et le marqueur qu’il veut détecter. Leur prix pourrait être de l’ordre de 15 $.

Ces cartouches ne serviront pas seulement pour détecter des MTS.

En fait, LFAnt considère son produit comme une plateforme de mesure liée à la santé:

  • pour détecter des infections, d’autres maladies comme l’influenza, par exemple; et
  • pour mesurer périodiquement d’autres indicateurs de santé.

«Notre objectif à terme vise le dépistage des MTS, précise Patrick O’Neill. Mais il est très probable que nous allons d’abord proposer de détecter d’autres marqueurs.»

  • Ce pourrait être, par exemple, pour évaluer le niveau de stress en mesurant le cortisol dans le sang;
  • ou encore pour mesurer le taux de magnésium ou de vitamine B.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Créée en 2019, LFAnt Médical a obtenu près de 1 million $ en financement, dont:

  • plus de la moitié en subventions, bourses et prêts; et
  • 350 000 $ en capital-actions provenant d’investisseurs providentiels («anges»).

L’entreprise a perfectionné sa technologie, déposé 2 demandes de brevet, et fabriqué des prototypes de son appareil.

Elle a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]. Elle compte aujourd’hui 5 employés.

Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise veut commencer à vendre ses produits en 2023. Elle a entrepris des discussions avec des manufacturiers pour fabriquer son produit en série.

Elle doit d’abord choisir quel marqueur de santé son appareil va mesurer en premier.

  • En commençant par une mesure qui n’implique pas un diagnostic médical, la société éviterait de devoir traverser la longue épreuve des essais cliniques et des approbations réglementaires avant de s’introduire dans le marché.

LFAnt évalue aussi 2 avenues pour sa stratégie de développement:

  • continuer sous la forme d’une PME complètement indépendante, en allant chercher du capital pour financer sa croissance; ou plutôt
  • s’associer à un joueur déjà implanté dans le secteur médical.
Patrick Pierra
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Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

Publié le 18 nov. 2021
Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

(Source: Pixabay)

  • Selon un sondage réalisé par Ipsos pour l’Institut économique de Montréal (IEDM), 43% des Canadiens disent que le réchauffement climatique est parmi les 3 enjeux les plus importants pour eux. Mais 65% disent qu’ils ne veulent pas ou ne sont pas en mesure de payer davantage d’impôt pour contribuer à combattre les changements climatiques.
  • «Ça démontre un certain cynisme de la population, mais aussi un écart entre les générations», explique à InfoBref Miguel Ouellette, directeur des opérations et économiste à l’IEDM.

Après la santé (75%) et l’économie et l’emploi (61%), le changement climatique (43%) est désormais le troisième sujet que les Canadiens classent dans les 3 enjeux les plus importants pour eux.

La réticence à payer plus pour lutter contre le réchauffement climatique s’explique, selon Miguel Ouellette, par le sentiment qu’ont plusieurs citoyens de payer déjà assez par l’impôt et les taxes.

L’économiste observe cependant chez les jeunes générations une plus forte volonté de payer davantage.

  • À l’inverse, les plus vieilles générations tendent à vouloir payer moins. 

L’étude démontre aussi que la préoccupation à l’égard du climat gagne en importance. 

  • L’an dernier, dans un sondage similaire, 38% des Canadiens considéraient les changements climatiques comme faisant partie de leurs 3 principales priorités. 
  • Cette année, ils sont 43% à considérer cet enjeu comme l’un des 3 plus importants pour eux. [résultats de l’étude (PDF)]
Félix Côté
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Sommet des Trois Amigos: «un succès au niveau du ton, mais pas du fond»

Publié le 17 nov. 2021
Sommet des Trois Amigos: «un succès au niveau du ton, mais pas du fond»

Justin Trudeau, à son départ pour Washington mercredi matin (Source: compte Twitter du premier ministre)

  • Le président américain Joe Biden a convié ce jeudi ses homologues canadien et mexicain, Justin Trudeau et Andrés Manuel López Obrador, à la première rencontre trilatérale des pays nord-américains en plus de 5 ans. 
  • John Parisella, expert en politique américaine et ancien délégué général du Québec à New York, explique à InfoBref pourquoi ce sommet sera positif, même s’il ne permettra pas de régler tous les problèmes. 

Ce court sommet d’une journée permettra jeudi aux 3 présidents, lors d’une série de réunions, de discuter chacun 2 par 2, puis à 3. 

  • Il n’y aura pas de «grosses négociations» ni d’entente signée à la fin de la journée, croit John Parisella.

C’est la première fois que ces chefs d’État se rencontrent tous ensemble.

  • Biden est arrivé à la Maison-Blanche en janvier et Obrador a été élu en 2018. 
  • Or, il n’y a eu aucun sommet entre les 3 pays pendant le mandat de l’ancien président américain Donald Trump. 

«Chacun a ses intérêts» et des points à marquer: Biden affrontera les élections de mi-mandat l’an prochain, et le nouveau gouvernement Trudeau est toujours minoritaire.  

Selon Parisella, le sommet devrait toutefois permettre aux pays nord-américains: 

  • de renouer un dialogue positif; 
  • de reconnaître les intérêts qu’ils ont en commun; et 
  • d’instaurer un mécanisme pour régler les problèmes. 

Les pays aborderont les points litigieux, affirme-t-il, comme le protectionnisme américain ou la frontière canado-américaine. 

Mais les progrès se mesureront plutôt sur la façon dont les pays pourront à l’avenir travailler ensemble.  

La rencontre n’apportera pas de solution concrète, croit John Parisella:   

  • ni sur les anciens dossiers – les litiges sur le bois d’œuvre et les produits laitiers, ou les migrants qui traversent la frontière mexicano-américaine;  
  • ni sur les nouveaux – John Parisella ne s’attend pas, par exemple, à ce qu’une entente sur les véhicules électriques soit conclue. 

Mais ce sommet va «établir le ton, assure-t-il, il faudra être patient sur le fond, mais il y aura [cette fois-ci] un autre sommet l’an prochain».

Johanna Sabys
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La startup montréalaise RestoLoco lance une campagne de financement participatif

Publié le 17 nov. 2021
La startup montréalaise RestoLoco lance une campagne de financement participatif

(Source: Capture d’écran InfoBref)

  • RestoLoco, une plateforme de livraison en ligne créée l’an dernier, veut lever des capitaux en permettant au public de devenir actionnaire de l’entreprise.  
  • Pourquoi avoir recours au financement participatif? «Parce que notre entreprise a été développée dans un esprit collectif et on voulait faire participer le public», explique à InfoBref Axel Lespérance, fondateur de RestoLoco.

RestoLoco veut «sauver les restaurants».

L’entreprise propose une plateforme de commande et de livraison similaire à celles des géants américains Uber Eats et DoorDash, mais dont l’objectif est de valoriser l’économie locale. 

RestoLoco dit vouloir créer des écosystèmes locaux dans les villes où elle s’implante, en collaboration avec des services de taxi déjà établis. 

  • «Plutôt que de damer le pion aux chauffeurs de taxi, qui connaissent très bien les marchés locaux, on préfère collaborer avec eux», explique Axel Lespérance.  

Cette manière de faire permet aussi aux restaurateurs de conserver leurs relations avec les clients.

  • Selon RestoLoco, des applications comme Uber Eats et DoorDash privent les restaurateurs de tout contact avec leur clientèle. 

L’entreprise mène une ronde de financement sur FrontFundr, une plateforme canadienne qui permet d’investir dans de jeunes pousses.

Contrairement à l’investissement en capital de risque traditionnel, qui requiert un important capital dont ne dispose pas l’investisseur moyen, FrontFundr permet d’investir de petits montants en capital de risque

  • La ronde menée par RestoLoco requiert un investissement minimum de seulement 250 $. 

L’entreprise cherche à obtenir 250 000 $. [Voir l’offre d’investissement. Rappel d’InfoBref: tout investissement dans une nouvelle entreprise est extrêmement risqué.]

  • Mercredi soir, elle avait déjà reçu 58 000 $. 

RestoLoco prévoit d’utiliser les fonds de ce financement pour mieux faire connaitre sa marque et s’étendre à d’autres marchés dans la province.

  • Pour le moment, la plateforme est utilisée par environ 150 restaurants concentrés dans quelques villes, surtout Montréal.
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Coinmiles vous récompense en bitcoins pour vos achats

Mis à jour il y a 21 h
Coinmiles vous récompense en bitcoins pour vos achats

Dave Pouliot, fondateur et PDG, et Chris Yeramian, chef des finances et de l’exploitation, de Coinmiles

  • Les bitcoins font beaucoup parler, mais seule une minorité de gens ont pris le risque d’en acheter. Et si on leur en offrait gratuitement, les prendraient-ils?
  • Sans aucun doute, si l’on en croit la startup montréalaise Coinmiles. Elle offre des bitcoins en récompense pour des achats auprès de marchands partenaires, et les clients sont au rendez-vous.

L’opportunité qu’a voulu saisir Dave Pouliot, fondateur et PDG de Coinmiles, c’est d’abord l’engouement pour les cryptomonnaies, et le potentiel marketing qu’il représente pour les commerçants.

  • «Ceux qui s’intéressent aux bitcoins constituent un auditoire idéal pour les marchands, dit Dave Pouliot.
  • Ce sont principalement des jeunes professionnels qui ont de bons revenus et sont ouverts aux nouveautés.»

L’idée pour exploiter cette opportunité est d’associer les bitcoins aux programmes de fidélisation, qui sont déjà une stratégie solidement implantée dans le monde du commerce.

Comme la plupart de ces programmes, Coinmiles offre des remises sur les achats effectués chez des commerçants partenaires.

La différence est que ces remises sont en bitcoins – plus précisément en satochis, souvent appelés sats, qui correspondent à des cent millionièmes de bitcoins.


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Le fonctionnement de Coinmiles est simple pour les usagers.

  • Ils installent une application sur leur téléphone, et ils y ouvrent un compte.
  • Ensuite, lorsqu’ils font des achats chez des marchands partenaires et que ces achats sont liés à leur compte, ils reçoivent automatiquement une remise en bitcoins.
  • Ces remises s’ajoutent à celles que, par ailleurs, l’usager pourrait obtenir en utilisant une carte de fidélité du détaillant ou un programme de récompense de sa carte de crédit.

«L’usager ne dépense aucun montant ni supplément pour obtenir des bitcoins, précise Dave Pouliot. C’est une récompense offerte par le marchand pour avoir acheté chez lui. Elle se situe généralement entre 1% et 15% du prix payé pour l’achat, mais peut aller jusqu’à 35%.»

  • Une fois la récompense reçue, tant qu’elle est conservée en bitcoins, sa valeur fluctue selon l’évolution du cours de la cryptomonnaie.
  • Malgré des turbulences fréquentes à court terme, beaucoup espèrent que la tendance à moyen terme va rester à la hausse.

«À tout moment, poursuit Dave Pouliot, un usager peut demander la conversion de ses bitcoins en argent, et les dépenser comme il le souhaite. Notre formule plait particulièrement à ceux qui pensent que le bitcoin va prendre de la valeur.»

Il assure que l’entreprise détient les bitcoins accumulés par ses membres et pourra donc leur remettre l’argent à tout moment.


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Le modèle d’affaires est basé sur une rémunération à la performance.

«Nos marchands partenaires nous paient pour le volume de transaction qu’on leur amène, et on partage cette rémunération avec nos membres en leur remettant des bitcoins», résume Dave Pouliot.

Où en est l’entreprise actuellement?

Coinmiles a lancé son application à la fin de 2020. Elle compte déjà plus de 40 000 usagers.

Ils peuvent bénéficier de remises à l’achat de produits de plus de 1000 entreprises – dont beaucoup de marques connues dont Sephora, Nike, Home Depot, Canadian Tire, Indigo, Best Buy et Reebok Canada – et ce autant pour des achats en ligne qu’en magasin.

Coimiles compte une dizaine d’employés.

L’entreprise a reçu 1,25 million $ en investissement, provenant principalement d’investisseurs providentiels («anges») québécois.

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Prochaines étapes à surveiller

Dave Pouliot veut continuer à étendre le bassin des produits pour lesquels ses usagers peuvent obtenir des récompenses.

  • Coinmiles va très bientôt offrir des récompenses sur des réservations d’hôtels.

Mais il veut aussi déployer rapidement Coinmiles hors du Canada pour devenir la référence des systèmes de récompense en bitcoins.

Patrick Pierra
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Le MONDE en questions

Comment aider les Afghans sans financer les talibans?

Publié le 12 nov. 2021
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Comment aider les Afghans sans financer les talibans?

Chris Alexander à Kaboul (crédit photo: Kate Brooks)

  • 97% des Afghans pourraient sombrer sous le seuil de pauvreté s’ils ne sont pas aidés d’urgence, selon un rapport de l’ONU publié en septembre.
  • Le pays, déjà pauvre avant le retour au pouvoir des talibans, est aujourd’hui «en chute libre», explique à InfoBref Chris Alexander, ancien ministre fédéral et ancien ambassadeur du Canada en Afghanistan: les Afghans sont menacés par la «plus grande famine» de leur histoire.

Les pays occidentaux ont coupé les vivres à l’Afghanistan au lendemain de la prise de pouvoir des talibans, le 15 août dernier. 

  • Or, près de la moitié du PIB du pays dépendait des aides internationales.

Dépourvu de ces aides, l’Afghanistan est désormais «l’un des pays les plus pauvres, peut-être le plus pauvre au monde», estime Chris Alexander, qui était de 2003 à 2005 le premier ambassadeur canadien en Afghanistan après la chute des talibans. 

Depuis le conflit de cet été: 

  • «les exportations du pays sont suspendues; 
  • l’agriculture a été interrompue;
  • le système financier afghan est en déroute; et
  • aucun argent n’arrive plus au pays». 

Tous les programmes des Nations unies et des ONG doivent être mis en œuvre pour offrir une «réponse humanitaire sans précédent», plaide-t-il.

Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a lancé en octobre un plan pour injecter des fonds dans l’économie afghane sans passer par les talibans.

  • Ce plan prévoit d’offrir aux plus vulnérables un programme «argent contre travail» et des subventions pour les PME du pays.

Mais il faut, dès aujourd’hui, agir à grande échelle, dit Alexander, pour envoyer de la nourriture et des médicaments à une population de 40 millions de personnes.

Sans quoi, des dizaines de milliers d’Afghans pourraient mourir, croit l’ancien ambassadeur.

  • «Il n’y a pas de limite à la misère qui pourrait frapper les Afghans cet hiver.»

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Il ne faut pas négocier avec les talibans, assure-t-il. 

  • «C’est non négociable, insiste-t-il, les organisations ont le droit de sauver des vies, et il s’agit bien ici d’un sauvetage.»

Que doit faire la communauté internationale?

  • faire front commun contre les talibans pour développer les leviers d’influence;
  • «prendre des sanctions contre les personnes et les organismes au Pakistan qui ont monté l’invasion et qui gardent les talibans en place; et surtout
  • livrer directement à la population ce dont elle a besoin par tous les canaux disponibles».

De son côté, le Canada devrait garder contact avec le régime taliban, dit-il.

  • Ottawa dialogue actuellement au Qatar avec des responsables talibans.
  • «Mais il n’y a plus personne sur le terrain et nos leviers ont disparu.»

Le Canada est néanmoins l’un des seuls pays prêts à recevoir des Afghans en grand nombre, souligne-t-il.

  • Les Afghans qui veulent quitter le pays pensent au Canada et à sa politique d’accueil.

Mais nos programmes ne rejoignent pas ceux qui sont encore en Afghanistan.

  • Les talibans ne laissent pas partir du pays les personnes qui ont travaillé pour le gouvernement afghan ou pour un pays étranger.

Ce qui manque aujourd’hui c’est «l’attention politique», affirme l’ancien ministre canadien de l’Immigration. 

La situation de l’Afghanistan est exceptionnelle, plaide Chris Alexander.

  • Le pays se retrouve «privé de son revenu de base; et
  • il est abîmé par la présence du régime le moins susceptible de respecter les droits de la personne de l’histoire moderne». 

«Les talibans n’ont aucun respect pour la vie humaine, affirme-t-il. Ces personnes ne sont pas originaires de l’Afghanistan: ce sont des réfugiés ou des citoyens du Pakistan chargés de garder le contrôle par la peur ou la violence.»

  • «C’est dévastateur, la litanie de gestes absolument inhumains qui nous arrive tous les jours», témoigne-t-il, en précisant qu’il reçoit encore des appels quotidiens en provenance du pays.

Les États-Unis sont «gênés, voire humiliés par cet échec et leur incapacité à influencer la situation dans un meilleur sens», croit-il. 

«Il faut aujourd’hui mettre de côté la gêne, l’embarras et toutes les erreurs du passé et se concentrer sur les besoins urgents de 40 millions de personnes.»

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Startups: votre impact social et environnemental est important

Publié le 8 nov. 2021
Startups: votre impact social et environnemental est important

Sylvain Carle, associé directeur d’Objectif 13 (Crédit photo: Yannick B. Gélinas)

  • L’OBNL Bonjour Startup Montréal organise ces jours-ci la première Semaine de l’Impact, une série de conférences et d’ateliers pour sensibiliser les jeunes pousses aux façons de concilier leurs impacts social et environnemental avec leur impact économique. 
  • Pourquoi est-ce important? «Parce que, de plus en plus, les fonds d’investissement et de capital de risque cherchent à investir dans des startups qui trouvent un équilibre entre le social, l’environnement et l’économie», explique à InfoBref Sylvain Carle, associé directeur d’Objectif 13, un nouveau fonds d’investissement vert.

«Plusieurs fonds veulent faire de l’investissement responsable», observe Sylvain Carle.

«Aujourd’hui, les entreprises qui livrent une valeur non seulement financière, mais aussi une valeur autre, ont de meilleures chances d’obtenir du financement», explique-t-il.

Sylvain Carle a lui-même quitté l’an dernier le fonds de capital de risque montréalais Real Ventures pour se consacrer aux startups d’impact. (Le mot «impact» seul, sans adjectif qualificatif, fait habituellement référence à l’impact sur l’environnement et la société.)

  • Il est parmi la vingtaine d’experts qui animent la Semaine de l’Impact.
  • L’événement doit aider les entrepreneurs à «adapter leur modèle d’affaires» et à «mesurer leurs impacts», explique Sylvain Carle. 

Le Québec dispose d’une longueur d’avance en impact social, croit-il, puisque «les principes d’économie sociale et d’innovation sociale existent depuis des décennies au Québec». 

Félix Côté
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Les frais de téléphonie mobile ont-ils réellement baissé cette année?

Publié le 7 nov. 2021
Les frais de téléphonie mobile ont-ils réellement baissé cette année?

(Source: Niek Verlaan / Pixabay)

  • Le ministère fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie a indiqué ces derniers jours que les prix des forfaits de données sans-fil allant de 2 Go à 6 Go avaient baissé entre 10% et 25% par rapport au début 2020. Ottawa qualifie cette baisse de pas dans la bonne direction.
  • Mais, dans les faits, le prix des forfaits de téléphonie cellulaire baisse-t-il réellement? Pas nécessairement, selon ce qu’a expliqué à InfoBref Nadir Marcos, cofondateur et PDG de PlanHub, une plateforme québécoise qui permet de comparer les forfaits de téléphonie cellulaire.

Le gouvernement fédéral vante les mesures qu’il a prises pour favoriser la concurrence sur le marché du sans-fil.

  • L’an dernier, Ottawa avait modifié les règles pour favoriser les plus petits fournisseurs dans la vente aux enchères de licences de spectre dans la bande des 600 MHz.
  • Selon le gouvernement, ces changements doivent amener les trois plus gros joueurs, Rogers, Bell et Telus, à réduire d’ici l’an prochain de 25% le prix de leurs forfaits de 2 Go à 6 Go par rapport à 2020.

Mais, dans les faits, beaucoup de consommateurs paieraient toujours aussi cher leurs forfaits de téléphonie cellulaire.

  • «Les données mobiles coûtent de moins en moins cher, mais les consommateurs recherchent des forfaits qui offrent de plus en plus de données», explique Nadir Marcos.
  • Les téléphones sont plus puissants que les précédents, mais coûtent aussi plus cher, observe-t-il: «Au final, le consommateur moyen paie au moins aussi cher qu’avant.»
  • Selon Nadir Marcos, les fournisseurs de données mobiles tirent toujours le même revenu moyen par usager qu’ils le faisaient il y a deux ans.

Comment économiser sur un forfait de téléphonie cellulaire?

  • «Les prix fluctuent beaucoup selon la période de l’année», note Nadir Marcos.
  • Selon lui, le meilleur moment pour magasiner un forfait est lors du «vendredi fou» qui suit le 4e jeudi du mois de novembre – vendredi 26 novembre cette année.
Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Comment Mini-Cycle élimine le gaspillage vestimentaire

Publié le 7 nov. 2021
Comment Mini-Cycle élimine le gaspillage vestimentaire

Jad Robitaille, fondatrice et PDG de Minicycle [crédit photo: Myriam Baril-Tessier pour PME MTL]

  • Parce que les enfants grandissent vite, ils ont à peine le temps d’user leurs vêtements. Alors, les parents ont souvent tendance à se contenter de vêtements pas chers, vendus par des grandes chaînes, qui ne servent pas longtemps et ne peuvent pas vraiment être réutilisés.
  • Pour casser ce cercle vicieux dommageable à l’environnement, la jeune PME montréalaise Mini-Cycle a inventé un système de distribution inédit: elle ne vend que des vêtements haut de gamme et durables, qu’elle s’engage ensuite à racheter pour les nettoyer, les réparer au besoin, puis les revendre, les réutiliser ou les recycler.

Le problème que l’entreprise cherche à régler: le gaspillage vestimentaire.

L’engouement pour la mode rapide (fast fashion) incite à acheter à bas prix des vêtements qui ne sont pas faits pour durer. 

Mais si leur prix est bas, le coût social et environnemental de ces vêtements est lourd. 

  • «La mode rapide ne prend soin ni de la planète ni des personnes qui la fabriquent», explique Jad Robitaille, fondatrice et PDG de la PME montréalaise Mini-Cycle – et chargée de cours en stratégie de durabilité à l’Université McGill.

La solution: un modèle de distribution de vêtements entièrement basé sur l’économie circulaire.

Mini-Cycle le définit en 3 étapes:

  • Pré-cycle: l’entreprise vend en ligne des vêtements neufs de haute qualité, sélectionnés pour leur durabilité et pour leur faible impact sur l’environnement.
  • Mi-cycle: l’entreprise s’engage à racheter par la suite au prix du marché tous ses produits après qu’ils aient été utilisés et aient donné satisfaction aux enfants et à leurs parents.
  • Re-cycle: les vêtements rachetés sont réparés si c’est nécessaire, puis revendus comme vêtement de seconde main. S’ils sont trop usés, des morceaux sont récupérés pour être réutilisés – par exemple pour fabriquer des accessoires ou des jouets pour enfants, qui sont à leur tour vendus.

Ainsi, tous les vêtements sont utilisés au maximum de leur durée de vie.

  • «On cherche à rendre plus accessible la mode éthique et durable», résume Jad Robitaille.

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Le modèle d’affaires:

Mini-Cycle est d’abord un détaillant, mais pas un détaillant comme les autres.

L’entreprise sélectionne ses fournisseurs moins pour la notoriété de leur marque ou le volume qu’ils peuvent livrer que pour la qualité, la durabilité et la faible empreinte environnementale de leurs produits.

  • «On favorise dès qu’on peut les fabricants locaux», dit Jad Robitaille. 

Lorsqu’un client veut que Mini-Cycle reprenne un vêtement après utilisation, l’entreprise le rachète à un prix qui dépend de son état.

  • Si le vêtement est trop usé pour être réparé, l’entreprise remet quand même un montant symbolique.

Elle gère elle-même la logistique de réception des reprises, leur évaluation, leur nettoyage et leur réparation si nécessaire.


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Où en est l’entreprise actuellement?

Mini-Cycle vient de fêter son 3e anniversaire. Elle a déjà reçu plus de 20 000 commandes.

  • «On fait actuellement 45% de nos ventes au Québec, 40% dans le reste du Canada et 15% aux États-Unis», dit Jad Robitaille.

L’entreprise a connu une croissance rapide malgré la pandémie.

  • «Nous avons quintuplé nos ventes l’an dernier, et nous sommes en train de les doubler encore cette année», continue Jad Robitaille.
  • La PME a d’ailleurs dû changer 3 fois de local dans l’année pour répondre à ses besoins croissants d’entreposage. 

Mini-Cycle emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes.

  • La moitié travaille sur les produits de seconde main, et l’autre moitié sur les opérations, la gestion de l’entrepôt et l’administration.

L’entreprise a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]. 


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Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise investit pour améliorer le processus de rachat de produits.

  • «En ce moment, on ne peut pas encore dire aux clients combien on va leur payer avant qu’ils renvoient leurs produits», explique Jad Robitaille.
  • «On veut faciliter le processus de reprise autant pour eux, en leur donnant une estimation du prix de rachat dans leur compte en ligne, que pour nous, en automatisant le traitement des données.»

Mini-Cycle élargit également son catalogue.

  • Il permet déjà d’habiller les enfants de 0 à 14 ans des pieds à la tête. «Il ne nous manque plus que les bottes d’hiver», précise Jad Robitaille.
  • L’entreprise a aussi commencé des tests avec des vêtements de seconde main pour femmes.

Après l’investissement initial d’un ami suivi de quelques prêts et bourses, l’entreprise se prépare à mener prochainement une première ronde de financement d’amorçage pour soutenir la croissance de l’entreprise.

Patrick Pierra
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