Une société brave l’interdiction d’extraire des hydrocarbures au Québec

Mis à jour il y a 9 h
Une société brave l’interdiction d’extraire des hydrocarbures au Québec

[image pour fins d’illustration seulement, tirée du site de Questerre mais sans rapport direct avec le projet]

  • Questerre Energy (TSX: QEC), une société de Calgary, a signé un accord de développement économique avec le Conseil de la Première nation des Abénakis de Wôlinak.
  • La société veut développer à Bécancour, dans le Centre-du-Québec, au sud de Trois-Rivières, un centre énergétique à émissions nettes nulles. Elle veut y mener des «projets pilotes qui produisent de l’énergie propre, y compris du gaz à émissions nulles».

Or, le premier ministre François Legault a annoncé en octobre dernier «la décision de renoncer définitivement à extraire des hydrocarbures» sur le territoire québécois.

Le projet de Questerre semble être en contradiction directe avec cet engagement.

Questerre joue la carte de l’association avec des autochtones.

L’entente prévoit que les Abénakis pourront tirer un profit net du développement de leur territoire et obtenir un «intérêt direct» dans les permis d’exploration de Questerre.

Dans un communiqué de Questerre, le chef du conseil de bande, Michel Bernard, soutient ouvertement le projet de la société.

  • «C’est la première entreprise à reconnaître pleinement nos territoires d’utilisation traditionnelle et à s’engager à aller de l’avant en consultant pleinement notre peuple et en coopérant avec lui.»

Dans une entrevue au Globe and Mail, le PDG de Questerre Michael Binnion dit qu’il se prépare à «une épreuve de force intéressante» avec le gouvernement du Québec pour faire avancer son projet.

Patrick Pierra
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Les cryptomonnaies semblent en partie responsables des émeutes au Kazakhstan

Publié le 7 janv. 2022
Les cryptomonnaies semblent en partie responsables des émeutes au Kazakhstan

Ordinateurs utilisés pour miner des bitcoin (Source: Unsplash)

  • La tension est à son comble au Kazakhstan. Le président a ordonné hier aux forces de sécurité de tirer à vue sur les émeutiers. En plus d’une tragédie pour la population du pays, cette crise a causé une chute du cours du bitcoin.
  • Pourquoi? Le Kazakhstan est, après les États-Unis, le deuxième pays où l’on «mine» (l’on fabrique) le plus de cryptomonnaies. Et cela a contribué à l’augmentation des prix de l’énergie qui est à l’origine des émeutes.

Au printemps de l’an dernier, la Chine, qui était l’un des principaux pays où des cryptomonnaies étaient fabriquées, a décidé d’en interdire le «minage» – l’ensemble des calculs informatiques qui permettent de créer des cryptomonnaies – à cause de l’énorme consommation d’énergie que ces calculs exigent, et de leur empreinte environnementale.

Beaucoup de «mineurs» ont alors déplacé leurs activités, particulièrement vers le Kazakhstan, pays voisin de la Chine.

  • Selon le Financial Times, il y aurait plus de 80 000 «fermes» informatiques de cryptomonnaies dans le pays.
  • Elles auraient, à elles seules, fait bondir de 8% la consommation d’électricité du pays.

Cette hausse de consommation électrique a directement contribué à l’augmentation du prix du gaz naturel compressé, qui produit 20% de l’électricité du pays.

Or c’est justement cette hausse des prix – un doublement – qui a déclenché il y a quelques jours des émeutes dans la population, parce le gaz naturel compressé est très utilisé comme carburant pour les véhicules au Kazakhstan.

Patrick Pierra
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Énergies fossiles: le Canada réduirait sa consommation de 62% d’ici 2050

Publié le 9 déc 2021
Énergies fossiles: le Canada réduirait sa consommation de 62% d’ici 2050

(Source: Jared Evans / Unsplash)

  • Selon la Régie de l’énergie du Canada, l’utilisation des combustibles fossiles dont les émissions de carbone ne sont pas captées va diminuer de 62% entre 2021 et 2050. 
  • Les Canadiens utiliseront moins d’essence et de diesel. La consommation d’électricité augmentera, elle, de 44%, avec la transition vers des véhicules électriques. L’énergie éolienne et solaire sera utilisée pour répondre à cette demande.

Selon les dernières prévisions de la Régie de l’énergie du Canada, le pays devrait réduire de façon significative ses émissions de GES au cours des 30 prochaines années. 

Mais le Canada n’atteindra pas la carboneutralité qu’il vise d’ici 2050. 

La Régie prévoit que la consommation de combustibles fossiles sans captage et stockage du CO2 diminuera par rapport aux niveaux actuels de: 

  • 19% vers 2030;
  • 45% vers 2040; et 
  • 62% vers 2050. 

L’électricité sera plus sobre en carbone.

La production d’électricité à partir de sources à émissions faibles ou nulles représente actuellement 82% de la production totale. 

Elle en représentera, calcule la Régie: 

  • 88% vers 2030; et 
  • 95% vers 2050.

L’éolien et le solaire permettront d’accroître la capacité électrique. 

  • La capacité éolienne et solaire passera de 100 GW actuellement à 150 GW d’ici 2050. 

Avant de baisser, la production de pétrole brut va encore augmenter pendant 10 ans, pour culminer à 5,8 millions de barils par jour (Mb/j) vers 2032. 

  • Elle diminuera ensuite lentement jusqu’à 4,8 Mb/j vers 2050, soit 200 000 barils de moins que les 5 Mb/j produits cette année.

Les prévisions de la Régie de l’énergie du Canada prennent en compte les récentes promesses de réduction d’émissions de GES du gouvernement fédéral. 

Johanna Sabys
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400 millions $ pour des autobus scolaires à zéro émission au Québec

Publié le 21 nov. 2021
400 millions $ pour des autobus scolaires à zéro émission au Québec

Autobus scolaires Vision et TX4 de Blue Bird distribués par Girardin (Source: Girardin)

  • La Banque de l’infrastructure du Canada (Bic) va prêter 400 millions $ aux transporteurs scolaires québécois pour acheter 4000 autobus à zéro émission (AZE). 
  • Ce budget doit permettre de couvrir la différence de prix qui existe entre les autobus à moteur diesel et leur équivalent électrique, encore 3 fois plus cher actuellement, et d’installer des bornes de recharge. 

La Bic a conclu une entente avec la Fédération des transporteurs par autobus, qui regroupe plus de 700 transporteurs privés à travers le Québec. 

  • L’entente prévoit un prêt à long terme de 400 millions $ pour financer une partie des coûts d’investissement initiaux que devront faire ces transporteurs pour électrifier leur flotte de véhicules scolaires. 

Les transporteurs devraient ensuite faire des économies grâce aux AZE. 

  • Leur coût d’exploitation devrait être en moyenne inférieur de 35% à celui des autobus diesel, ce qui devrait leur permettre de rembourser leur prêt.

Ces 400 millions $ proviennent d’un budget de 1,5 milliard $ que la Bic administre pour soutenir les transporteurs et les exploitants d’autobus scolaires du Canada dans leur transition énergétique. 

  • Au total, la Bic compte investir jusqu’à 5 milliards $ dans des projets de transport en commun vert au pays. 

Ces 4000 autobus AZE, qui prendront la place de 4000 autobus diesel, devraient réduire les émissions de GES du Québec de 81 000 tonnes par an.

Johanna Sabys
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Détecteur de rumeurs

Et non, l’électricité n’est pas la principale source d’énergie consommée au Québec

Publié le 21 nov. 2021
Et non, l’électricité n’est pas la principale source d’énergie consommée au Québec

(Source: Hydro-Québec)

  • Le Québec produit beaucoup d’hydroélectricité, et on pense souvent à tort qu’il s’agit aussi de la principale source d’énergie qui y est consommée. 
  • Or, selon les dernières données, plus de la moitié de l’énergie consommée dans la province provient encore des combustibles fossiles. 

L’hydroélectricité est la principale source d’électricité produite au Québec.   

Sur les 212 térawattheures (TWh) d’électricité produits en 2019, d’après le rapport État de l’énergie réalisé par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal:

  • 94% proviennent des installations hydroélectriques; 
  • 5% des éoliennes; 
  • 1% de la biomasse et du diesel; et 
  • seulement 0,001% de l’énergie solaire. 

En revanche, du côté de la consommation

  • 55% de l’énergie consommée en 2018 provenait des hydrocarbures (pétrole, gaz naturel, charbon et gaz liquide); 
  • 38% de l’électricité; et 
  • 7% des biocombustibles.

Les sources d’énergie comptabilisées servent à l’éclairage, au chauffage, à la climatisation des bâtiments (résidentiels, commerces, institutions), au transport (marchandises, personnes), à l’industrie et à l’agriculture.

Toutefois, en ajoutant l’électricité et les biocombustibles, 45% de l’énergie consommée au Québec est renouvelable. 

Le Québec fait donc mieux à cet égard: 

  • que la moyenne canadienne, qui est de 16% d’énergie renouvelable dans toute l’énergie consommée; et
  • que la moyenne des pays de l’OCDE (regroupant la majorité des pays développés), qui est de 11%. 
Agence Science-Presse
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Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

Publié le 18 nov. 2021
Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

(Source: Pixabay)

  • Selon un sondage réalisé par Ipsos pour l’Institut économique de Montréal (IEDM), 43% des Canadiens disent que le réchauffement climatique est parmi les 3 enjeux les plus importants pour eux. Mais 65% disent qu’ils ne veulent pas ou ne sont pas en mesure de payer davantage d’impôt pour contribuer à combattre les changements climatiques.
  • «Ça démontre un certain cynisme de la population, mais aussi un écart entre les générations», explique à InfoBref Miguel Ouellette, directeur des opérations et économiste à l’IEDM.

Après la santé (75%) et l’économie et l’emploi (61%), le changement climatique (43%) est désormais le troisième sujet que les Canadiens classent dans les 3 enjeux les plus importants pour eux.

La réticence à payer plus pour lutter contre le réchauffement climatique s’explique, selon Miguel Ouellette, par le sentiment qu’ont plusieurs citoyens de payer déjà assez par l’impôt et les taxes.

L’économiste observe cependant chez les jeunes générations une plus forte volonté de payer davantage.

  • À l’inverse, les plus vieilles générations tendent à vouloir payer moins. 

L’étude démontre aussi que la préoccupation à l’égard du climat gagne en importance. 

  • L’an dernier, dans un sondage similaire, 38% des Canadiens considéraient les changements climatiques comme faisant partie de leurs 3 principales priorités. 
  • Cette année, ils sont 43% à considérer cet enjeu comme l’un des 3 plus importants pour eux. [résultats de l’étude (PDF)]
Félix Côté
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Victoire pour Gaspé Énergies, mais les forages ne reprendront pas en Gaspésie

Publié le 16 nov. 2021
Victoire pour Gaspé Énergies, mais les forages ne reprendront pas en Gaspésie

(Source: Jared Evans / Unsplash)

  • La Cour du Québec demande au gouvernement Legault de réévaluer sa décision, le mois dernier, de ne pas accorder de permis de forage exploratoire à Gaspé Énergies. 
  • Après ce jugement, Québec devra peut-être délivrer un permis à la pétrolière. Mais, même s’il le fait, l’exploitation du gisement Galt, à 20 km de Gaspé, ne pourra pas se réaliser.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien avait refusé d’émettre une autorisation de forage à Gaspé Énergies parce que le site visé était situé à moins de 1000 mètres d’un cours d’eau permanent. 

La décision de la Cour constitue un premier test juridique

Le juge affirme que le refus du ministre «n’était pas suffisamment motivé». 

  • Il estime que l’article du règlement sur les hydrocarbures sur lequel le ministre a basé son refus ne peut pas s’appliquer parce que le projet de réglementation n’a pas été publié et n’a pas non plus fait l’objet de consultations avant d’être adopté. 

Le ministre de l’Énergie doit réévaluer la demande de la pétrolière. 

  • Le gouvernement sera peut-être obligé d’accorder un permis de forage exploratoire à Gaspé Énergies.  
  • Mais ce permis ne pourra pas mener à une exploitation lorsque la nouvelle loi sur les hydrocarbures sera adoptée.  

En effet, le gouvernement Legault a officiellement annoncé le mois dernier qu’il n’y aura plus d’extraction d’hydrocarbures au Québec.

Le gouvernement déposera bientôt son projet de loi, et tous les partis sont favorables à la fin de l’exploration et de l’exploitation des combustibles fossiles 

Québec est prêt à payer la facture pour mettre fin aux hydrocarbures.

  • Le mois dernier, François Legault a dit qu’il était prêt à «mettre les ressources financières et judiciaires» nécessaires. 
  • Son gouvernement compte dédommager les entreprises qui détiennent un permis d’exploration, même si la plupart n’ont jamais utilisé ce permis. 
Johanna Sabys
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La Cop26 signera-t-elle l’arrêt de mort du charbon?

Publié le 4 nov. 2021
La Cop26 signera-t-elle l’arrêt de mort du charbon?

Boris Johnson et Joe Biden (Source: Cop26)

  • Le Canada et plus de 70 pays se sont engagés jeudi à ne plus construire de nouvelles centrales et à ne plus produire d’électricité à partir du charbon d’ici 10 ou 20 ans. 
  • Mais, une fois de plus, les plus grands producteurs de charbon de la planète ont préféré s’abstenir. 

«La fin du charbon est proche», croit le président de la Cop26 Alok Sharma. 

Les pays signataires s’engagent:

  • à ne plus investir dans de nouvelles centrales au charbon – ni dans leur pays ni à l’étranger; et 
  • à ne plus produire d’électricité à partir du charbon – à compter de 2030 pour les pays riches, et de 2040 pour les pays en développement.  

De grands consommateurs de charbon ont signé, comme le Vietnam, le Chili ou la Pologne – qui produit encore actuellement au charbon 80% de son électricité. 

Aux côtés des États, des dizaines d’organisations se sont aussi engagées à ne plus financer l’industrie du charbon.

Mais les plus gros producteurs sont absents: les États-Unis, l’Inde, l’Australie et surtout la Chine.

  • Les 3 premiers pays ont extrait ensemble près du quart du charbon produit dans le monde en 2019.
  • La Chine a augmenté à la mi-octobre sa production de charbon de plus de 10% pour la faire passer à 11,5 millions de tonnes par jour.

La fin du charbon est jugée essentielle pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C et atteindre la carboneutralité d’ici 2050. 

  • À terme, l’objectif de l’accord est que 190 pays s’engagent à ne plus utiliser le plus polluant de tous les combustibles fossiles.

En 2019, 37% de l’électricité mondiale était encore produite au charbon, principalement parce que c’est un combustible bon marché, dont de nombreux pays dépendent encore pour produire leur énergie.

Johanna Sabys
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Le Maine dit non aux lignes haute tension, mais Hydro-Québec persiste dans son projet

Publié le 3 nov. 2021
Le Maine dit non aux lignes haute tension, mais Hydro-Québec persiste dans son projet

(Source: Unsplash)

  • Selon les résultats préliminaires du référendum tenu mardi dans le Maine, les citoyens se sont prononcés à 60% en faveur de l’interdiction de construire des lignes de haute tension sur tout le territoire de l’État. 
  • Ce résultat coupe l’herbe sous le pied d’Hydro-Québec: la société d’État projette de vendre son hydroélectricité à la ville de Boston, dans le Massachusetts. Mais elle devait y acheminer son électricité par la ligne d’interconnexion Appalaches-Maine, dont la construction, entamée depuis l’an dernier, est menacée.

Le Contrat avec le Massachusetts doit durer 20 ans et procurer des revenus de 10 milliards $ à Hydro-Québec. 

Hydro-Québec compte tout de même aller de l’avant, malgré le résultat du référendum.

  • La société a déclaré par communiqué qu’elle entreprendra «les actions nécessaires pour faire reconnaître ses droits et assurer la poursuite de la construction du projet».

Sophie Brochu, PDG d’Hydro-Québec, a affirmé au 98.5 que «cette ligne va se construire». Elle a:

  • répété plusieurs fois qu’Hydro-Québec ferait valoir ses droits; et
  • indiqué que la construction de la ligne se poursuivait malgré le référendum.

François Legault dit que le Québec a un plan B.

En mêlée de presse en marge de la Cop26, à Glasgow, il a indiqué:

  • qu’il y a «différents moyens» et «différents chemins» pour se rendre au Massachusetts; et
  • que «le gouvernement fédéral américain appuie le projet».

Le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, a ensuite précisé en point de presse à l’Assemblée nationale:

  • «On avait toutes les autorisations pour faire [ce projet] et on compte bien le poursuivre.»
  • Le gouvernement et Hydro-Québec vont envisager des recours juridiques.

Hydro-Québec essuierait un deuxième revers d’envergure si la construction de la ligne Appalaches-Maine devait être annulée.

  • En 2018, une vague d’opposition citoyenne au New Hampshire avait forcé la société à abandonner son projet de ligne Northern Pass qui devait alimenter Boston.

Hydro-Québec dit avoir déjà investi plus de 400 millions de $ dans le projet actuel de ligne Appalaches-Maine.

Patrick Pierra
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Hydro-Québec pourra-t-elle acheminer son hydroélectricité au Massachusetts? Le Maine se prononce demain

Publié le 1er nov. 2021
Hydro-Québec pourra-t-elle acheminer son hydroélectricité au Massachusetts? Le Maine se prononce demain

(Source: Unsplash)

  • L’avenir de la ligne d’interconnexion Appalaches-Maine est incertain: cette ligne de 233 km, dont l’objectif est d’acheminer et vendre l’hydroélectricité d’Hydro-Québec à la ville de Boston, dans le Massachusetts, fait l’objet d’un référendum dans l’État du Maine où la construction est déjà entamée. 
  • Les habitants du Maine doivent se prononcer demain sur l’interdiction de construire des lignes de haute tension sur tout le territoire de l’État, rétroactivement à 2020. Si le Oui l’emporte, Hydro-Québec pourrait perdre des revenus de 10 milliards $ sur une période de 20 ans. 

Le clan du Oui regroupe des entreprises, des élus et des groupes environnementaux. Il juge que l’énergie doit être produite localement, comme l’énergie solaire et éolienne. 

  • Les partisans du Oui avancent aussi que la construction de la ligne d’interconnexion Appalaches-Maine entraine la destruction de plusieurs milieux naturels. 
  • Paradoxalement, le Oui a formé une alliance avec des producteurs locaux de gaz naturel – une énergie plus polluante que l’hydroélectricité – pour financer leur campagne, qui a couté 26 millions $US.

Hydro-Québec et son partenaire américain Central Maine Power ont quant à eux dépensé presque 68 millions $US pour financer la campagne du Non.

Un projet environnemental?

Le projet a reçu l’appui du gouvernement de Joe Biden.

  • La secrétaire à l’Énergie, Jennifer Granholm, a appelé les citoyens du Maine à voter Non à l’interdiction.
  • Sur Twitter, elle a rappelé que la construction de la ligne permettrait de réduire en émission de gaz à effet de serre l’équivalent de 700 000 voitures.

En revanche, les partisans du Oui craignent que la portion de 85 kilomètres de la ligne qui passe par la forêt de Northwoods détruise une part importante de la faune et de la flore.

Si le Oui l’emporte, il s’agirait d’un second revers pour Hydro-Québec. 

  • En 2018, la société d’État québécoise avait déjà essuyé un revers en tentant de faire passer sa ligne Northern Pass par le New Hampshire pour alimenter Boston. 
  • Dans le Maine, le Oui et le Non étaient au coude à coude dans les derniers sondages.
Félix Côté
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Le Canada s’engage à réduire ses émissions de méthane

Publié le 11 oct. 2021
Le Canada s’engage à réduire ses émissions de méthane

(Source: Ralf Vetterle / Pixabay)

  • Le Canada et une vingtaine de pays ont rejoint hier un projet d’accord des États-Unis et de l’Union européenne qui vise à réduire à l’échelle mondiale les émissions de méthane – un puissant gaz à effet de serre. 
  • Cet engagement américano-européen annoncé le mois dernier doit mener à un accord mondial lors du sommet sur le climat (COP26) à Glasgow, en Écosse, le mois prochain. 

Par cet accord, les États s’engagent à réduire leurs émissions de méthane d’au moins 30% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2020.

  • Washington et Bruxelles étaient jusqu’ici appuyés par le Royaume-Uni, l’Italie, le Mexique, l’Argentine, le Ghana, l’Indonésie et l’Irak. 
  • Hier, 24 pays ont rejoint le projet d’accord, dont le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon, Israël et le Costa Rica.

Les émissions du secteur pétrolier et gazier sont dans le viseur: 

  • Ottawa s’engage à réduire les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier d’au moins 75% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2012.
  • Le Canada est ainsi le premier pays à se donner l’objectif de réduction des émissions de méthane fixé par l’Agence internationale de l’énergie, a souligné hier le ministre de l’Environnement Jonathan Wilkinson. 

Selon l’évaluation mondiale du méthane réalisée par la Coalition pour le climat et l’air pur et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, réduire les émissions de 30% d’ici 2030 permettrait d’éviter:  

  • plus de 200 000 décès prématurés; 
  • des centaines de milliers de visites aux urgences pour de l’asthme; et 
  • plus de 20 millions de tonnes de récoltes perdues chaque année à cause de la pollution engendrée en partie par le méthane.
Johanna Sabys
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Analyse POLITIQUE

Sortir du pétrole: la Caisse de dépôt a choisi son camp

Publié le 1er oct. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Sortir du pétrole: la Caisse de dépôt a choisi son camp

[crédit photo: Jeremy Bezanger | Unsplash]

  • L’épargne des Québécois ne servira plus à soutenir la production pétrolière, au Canada ni ailleurs. D’ici la fin de 2022, la Caisse de dépôt et placement du Québec aura retiré tous ses investissements de ce secteur.
  • La stratégie climatique adoptée par cette institution vient renforcer le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles initié par les groupes environnementalistes.

On pouvait s’y attendre, cette décision de la Caisse [détails sur la stratégie qu’elle a annoncée] a été bien reçue… sauf par l’industrie pétrolière.

Le gouvernement albertain l’a immédiatement qualifiée de «vision à courte-vue, déconnectée de la réalité».

  • C’est, presque mot pour mot, la réaction qu’il avait eu l’an dernier devant la décision du Fonds souverain de la Norvège de bannir quatre pétrolières canadiennes.

Le signal donné par la Caisse à la communauté financière avec sa stratégie climatique est de nature à inquiéter le secteur pétrolier de cette province.

  • L’actif de 390 milliards $ de la Caisse pèse lourd.
  • Sa décision aura un effet d’entraînement.

Les pressions pour le désinvestissement ne sont pas nouvelles.

Ces dernières décennies, plusieurs fonds se sont retirés de la production des énergies fossiles.

  • Au Canada, des communautés religieuses et des universités, notamment Laval et Concordia, ont participé à ce mouvement de désinvestissement.
  • Des fonds de travailleurs, comme le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction, s’y sont joints plus récemment.

Confortés par l’exemple donné, d’autres voudront s’ajouter à la liste.


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Il ne faut pas s’étonner de la décision de la Caisse.

Elle ne vit pas en vase clos de sa société.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, lui rappelait il y a peu qu’elle se devait d’apporter sa contribution à la lutte aux changements climatiques.

La Caisse ne peut ignorer que:

  • le parlement canadien a adopté il y a quelques mois une loi dont l’objectif est d’atteindre la carboneutralité au Canada à l’horizon 2050; ni que
  • le gouvernement Legault se prépare à interdire toute exploration et toute exploitation pétrolière et gazière sur le territoire québécois [détails].

Elle se distingue en cela de l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada qui agit à contre-courant des politiques climatiques du gouvernement canadien.

  • Fort d’un actif de 520 milliards $, il continue à soutenir les entreprises qui extraient du pétrole.

Les fonds qui persistent à investir dans les énergies fossiles prétendent pouvoir, par leur présence dans des compagnies, soutenir l’adoption de stratégies de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Ils font le pari que le pétrole a toujours un avenir.


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L’avenir du pétrole est pourtant limité.

En mai dernier, l’Agence internationale de l’Énergie appelait, pour contenir la croissance des émissions de GES produites par l’homme, à cesser tout investissement dans de nouveaux projets d’exploitation d’énergies fossiles.

Ce secteur de l’énergie produit trois quarts du total des GES.

La Caisse de dépôt avance prudemment, malgré le caractère spectaculaire de son retrait de la production pétrolière.

  • Elle ne sort que 1% de son actif du secteur des énergies fossiles.
  • Le risque de perte n’est pas grand.
  • Elle maintient par ailleurs ses investissements dans le gaz naturel – toujours nécessaire comme énergie de transition –, tout comme dans les oléoducs.

L’obligation de donner à ses épargnants de bons rendements la conduit à rechercher un juste milieu entre le profit et son engagement envers le climat.

Néanmoins, elle a su, avec cette stratégie, choisir son camp.

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