Économie verte

L’économie que l’on construit pour demain – au Québec et au Canada comme ailleurs dans le monde – doit limiter les changements climatiques et s’adapter à leurs impacts – nouvelles, politiques, projets et réalisations (voir aussi Climat, Environnement, Électrification, Finance durable et Technologies propres)

Bonne performance du Québec au classement des entreprises les plus «durables»

Publié hier
Bonne performance du Québec au classement des entreprises les plus «durables»
  • 5 sociétés québécoises figurent au plus récent classement annuel des 100 grandes entreprises les plus durables (sustainable) au monde établi par Corporate Knights, une entreprise de Toronto qui édite le magazine du même nom.
  • Ce classement analyse chaque année les revenus et investissements de presque 7000 organisations dans le monde sur la base des critères de responsabilité ESG (environnement, responsabilité sociale et gouvernance). TC Transcontinental est la société canadienne la mieux placée dans le classement 2022. 

Sociétés québécoises classées dans l’édition 2022 du palmarès Global 100 des entreprises les plus durables au monde:

  • TC Transcontinental (TSX: TCL): 16e (45e en 2021)
  • Cascades (TSX: CAS): 18e (17e en 2021)
  • Gildan (TSX et NYSE: GIL): 79e (nouvelle au classement)
  • Banque de Montréal (TSX et NYSE: BMO): 80e (47e en 2021)
  • Cogeco Communications (TSX: CCA): 81e (68e en 2021)

Quelques autres sociétés canadiennes qui figurent dans ce classement: Canadian Tire, le Canadien Pacifique, Financière IGM, Financière Sun Life et Telus.

L’entreprise classée en première position est Vestas, un fabricant danois d’éoliennes.

Patrick Pierra
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Flo veut se rapprocher de GM en séduisant ses employés

Mis à jour il y a 20 h
Flo veut se rapprocher de GM en séduisant ses employés

Bornes de recharge Flo installées chez GM à Arlington, au Texas. [Crédit photo: Lake Erie Electric and Lone Star Electric)

  • La société de Québec AddÉnergie a trouvé un bon moyen de renforcer l’intérêt d’un des plus grands constructeurs mondiaux d’automobiles à son réseau de recharge de véhicules électriques, Flo.
  • Elle installe des bornes de recharge dans les stationnements des usines et des bureaux de GM aux États-Unis, pour que les employés de GM les utilisent et en voient les avantages.

Flo a déjà plusieurs ententes commerciales avec GM.

L’une de ces ententes est pour installer des bornes là où stationnent les employés américains du constructeur.

Flo a livré à GM 350 bornes de recharge – majoritairement des bornes à courant alternatif de niveau 2, et quelques bornes de recharge rapide à courant continu.

  • Ces bornes sont installées à New York, à Austin et Arlington, au Texas, à Flint, au Michigan, et dans d’autres lieux de travail de GM.

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Elles serviront à des utilisateurs stratégiques pour les relations d’affaires entre Flo et GM.

«Puisque nous nous adressons aux employés – conducteurs des véhicules électriques actuels et futurs de marque GM – nous savons que nos bornes de recharge en milieu de travail serviront à des conducteurs de VE sophistiqués et exigeants», explique dans un communiqué le PDG de Flo, Louis Tremblay. «Nous avons hâte de leur démontrer la fiabilité de nos produits et par le fait même, de renforcer notre collaboration avec GM.»

Patrick Pierra
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Entrevue

Le développement durable: un défi pour les PME

Publié le 18 janv. 2022
Le développement durable: un défi pour les PME

(Source: Unsplash)

  • Selon un sondage réalisé par la firme d’audit KPMG, seulement 49% des PME québécoises de 25 à 100 employés ont mis en place des objectifs et une politique de développement durable. La proportion chute à 29% dans le cas des PME de moins de 25 employés.
  • «Le principal défi des PME, ce sont leurs moyens», explique à InfoBref Andrew Ross, directeur principal, durabilité et changement climatique chez KPMG. «Pour développer les opportunités liées au développement durable, les PME doivent prioriser ce qui est important.»

Ce qu’il faut prioriser: les attentes du consommateur

«La première chose, dit-il, c’est de comprendre quelles sont les attentes des consommateurs.»

Une fois les attentes comprises, il faut que l’entreprise «comprenne les impacts sociaux et environnementaux de ses produits» pour les expliquer au consommateur. 

Ensuite, si un produit coûte plus cher parce qu’il répond à des critères durables, il y a un «seuil» au-delà duquel le consommateur ne sera plus prêt à payer. 

  • «C’est important d’évaluer et de connaitre ce seuil», dit Andrew Ross. 

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Les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont de plus en plus importants pour beaucoup de consommateurs. 

  • 68% des répondants au sondage de KPMG (dont les 2 tiers sont des cadres dirigeants) disent qu’ils sont influencés par les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs choix personnels de consommation.

Pour les employeurs, les facteurs ESG peuvent aussi avoir de l’attrait. 

  • 72% des répondants disent qu’ils considèrent une organisation comme un employeur de choix lorsqu’elle prend position sur un enjeu de société en accord avec leurs valeurs.
Félix Côté
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Dévoilement d’une voiture électrique conçue pour Uber

Publié le 27 déc 2021
Dévoilement d’une voiture électrique conçue pour Uber

(Source: Arrival)

  • Le constructeur britannique de véhicules électriques Arrival avait annoncé une association stratégique avec Uber en mai dernier. 
  • Ces derniers jours, Arrival a présenté un prototype de son véhicule entièrement électrique développé avec et pour le géant du covoiturage dans le cadre de cette association. 

La voiture est conçue pour les besoins du covoiturage.

Selon Arrival, le véhicule:

  • offre 2 fois plus d’espace pour les jambes qu’un véhicule moyen de même longueur; et
  • peut supporter les 50 000 km que parcourent en moyenne chaque année les conducteurs Uber. 

Elle devrait être produite dès fin 2023 pour les marchés britannique et européen.

On ignore si Uber prévoit d’acheter directement ces véhicules.

Actuellement, le modèle économique d’Uber prévoit que les conducteurs fournissent eux-mêmes leur véhicule.

Johanna Sabys
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Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

Publié le 18 nov. 2021
Climat: les Canadiens sont préoccupés, mais ne veulent pas payer plus

(Source: Pixabay)

  • Selon un sondage réalisé par Ipsos pour l’Institut économique de Montréal (IEDM), 43% des Canadiens disent que le réchauffement climatique est parmi les 3 enjeux les plus importants pour eux. Mais 65% disent qu’ils ne veulent pas ou ne sont pas en mesure de payer davantage d’impôt pour contribuer à combattre les changements climatiques.
  • «Ça démontre un certain cynisme de la population, mais aussi un écart entre les générations», explique à InfoBref Miguel Ouellette, directeur des opérations et économiste à l’IEDM.

Après la santé (75%) et l’économie et l’emploi (61%), le changement climatique (43%) est désormais le troisième sujet que les Canadiens classent dans les 3 enjeux les plus importants pour eux.

La réticence à payer plus pour lutter contre le réchauffement climatique s’explique, selon Miguel Ouellette, par le sentiment qu’ont plusieurs citoyens de payer déjà assez par l’impôt et les taxes.

L’économiste observe cependant chez les jeunes générations une plus forte volonté de payer davantage.

  • À l’inverse, les plus vieilles générations tendent à vouloir payer moins. 

L’étude démontre aussi que la préoccupation à l’égard du climat gagne en importance. 

  • L’an dernier, dans un sondage similaire, 38% des Canadiens considéraient les changements climatiques comme faisant partie de leurs 3 principales priorités. 
  • Cette année, ils sont 43% à considérer cet enjeu comme l’un des 3 plus importants pour eux. [résultats de l’étude (PDF)]
Félix Côté
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Startups: votre impact social et environnemental est important

Publié le 8 nov. 2021
Startups: votre impact social et environnemental est important

Sylvain Carle, associé directeur d’Objectif 13 (Crédit photo: Yannick B. Gélinas)

  • L’OBNL Bonjour Startup Montréal a organisé récemment la première Semaine de l’Impact, une série de conférences et d’ateliers pour sensibiliser les jeunes pousses aux façons de concilier leurs impacts social et environnemental avec leur impact économique. 
  • Pourquoi est-ce important? «Parce que, de plus en plus, les fonds d’investissement et de capital de risque cherchent à investir dans des startups qui trouvent un équilibre entre le social, l’environnement et l’économie», explique à InfoBref Sylvain Carle, associé directeur d’Objectif 13, un nouveau fonds d’investissement vert.

«Plusieurs fonds veulent faire de l’investissement responsable», observe Sylvain Carle.

«Aujourd’hui, les entreprises qui livrent une valeur non seulement financière, mais aussi une valeur autre, ont de meilleures chances d’obtenir du financement», explique-t-il.

Sylvain Carle a lui-même quitté l’an dernier le fonds de capital de risque montréalais Real Ventures pour se consacrer aux startups d’impact. (Le mot «impact» seul, sans adjectif qualificatif, fait habituellement référence à l’impact sur l’environnement et la société.)

  • Il est parmi la vingtaine d’experts qui animent la Semaine de l’Impact.
  • L’événement doit aider les entrepreneurs à «adapter leur modèle d’affaires» et à «mesurer leurs impacts», explique Sylvain Carle. 

Le Québec dispose d’une longueur d’avance en impact social, croit-il, puisque «les principes d’économie sociale et d’innovation sociale existent depuis des décennies au Québec». 

Félix Côté
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Jeune entreprise québécoise innovante

Comment Mini-Cycle élimine le gaspillage vestimentaire

Publié le 7 nov. 2021
Comment Mini-Cycle élimine le gaspillage vestimentaire

Jad Robitaille, fondatrice et PDG de Minicycle [crédit photo: Myriam Baril-Tessier pour PME MTL]

  • Parce que les enfants grandissent vite, ils ont à peine le temps d’user leurs vêtements. Alors, les parents ont souvent tendance à se contenter de vêtements pas chers, vendus par des grandes chaînes, qui ne servent pas longtemps et ne peuvent pas vraiment être réutilisés.
  • Pour casser ce cercle vicieux dommageable à l’environnement, la jeune PME montréalaise Mini-Cycle a inventé un système de distribution inédit: elle ne vend que des vêtements haut de gamme et durables, qu’elle s’engage ensuite à racheter pour les nettoyer, les réparer au besoin, puis les revendre, les réutiliser ou les recycler.

Le problème que l’entreprise cherche à régler: le gaspillage vestimentaire.

L’engouement pour la mode rapide (fast fashion) incite à acheter à bas prix des vêtements qui ne sont pas faits pour durer. 

Mais si leur prix est bas, le coût social et environnemental de ces vêtements est lourd. 

  • «La mode rapide ne prend soin ni de la planète ni des personnes qui la fabriquent», explique Jad Robitaille, fondatrice et PDG de la PME montréalaise Mini-Cycle – et chargée de cours en stratégie de durabilité à l’Université McGill.

La solution: un modèle de distribution de vêtements entièrement basé sur l’économie circulaire.

Mini-Cycle le définit en 3 étapes:

  • Pré-cycle: l’entreprise vend en ligne des vêtements neufs de haute qualité, sélectionnés pour leur durabilité et pour leur faible impact sur l’environnement.
  • Mi-cycle: l’entreprise s’engage à racheter par la suite au prix du marché tous ses produits après qu’ils aient été utilisés et aient donné satisfaction aux enfants et à leurs parents.
  • Re-cycle: les vêtements rachetés sont réparés si c’est nécessaire, puis revendus comme vêtement de seconde main. S’ils sont trop usés, des morceaux sont récupérés pour être réutilisés – par exemple pour fabriquer des accessoires ou des jouets pour enfants, qui sont à leur tour vendus.

Ainsi, tous les vêtements sont utilisés au maximum de leur durée de vie.

  • «On cherche à rendre plus accessible la mode éthique et durable», résume Jad Robitaille.

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Le modèle d’affaires:

Mini-Cycle est d’abord un détaillant, mais pas un détaillant comme les autres.

L’entreprise sélectionne ses fournisseurs moins pour la notoriété de leur marque ou le volume qu’ils peuvent livrer que pour la qualité, la durabilité et la faible empreinte environnementale de leurs produits.

  • «On favorise dès qu’on peut les fabricants locaux», dit Jad Robitaille. 

Lorsqu’un client veut que Mini-Cycle reprenne un vêtement après utilisation, l’entreprise le rachète à un prix qui dépend de son état.

  • Si le vêtement est trop usé pour être réparé, l’entreprise remet quand même un montant symbolique.

Elle gère elle-même la logistique de réception des reprises, leur évaluation, leur nettoyage et leur réparation si nécessaire.


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Où en est l’entreprise actuellement?

Mini-Cycle vient de fêter son 3e anniversaire. Elle a déjà reçu plus de 20 000 commandes.

  • «On fait actuellement 45% de nos ventes au Québec, 40% dans le reste du Canada et 15% aux États-Unis», dit Jad Robitaille.

L’entreprise a connu une croissance rapide malgré la pandémie.

  • «Nous avons quintuplé nos ventes l’an dernier, et nous sommes en train de les doubler encore cette année», continue Jad Robitaille.
  • La PME a d’ailleurs dû changer 3 fois de local dans l’année pour répondre à ses besoins croissants d’entreposage. 

Mini-Cycle emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes.

  • La moitié travaille sur les produits de seconde main, et l’autre moitié sur les opérations, la gestion de l’entrepôt et l’administration.

L’entreprise a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]. 


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Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise investit pour améliorer le processus de rachat de produits.

  • «En ce moment, on ne peut pas encore dire aux clients combien on va leur payer avant qu’ils renvoient leurs produits», explique Jad Robitaille.
  • «On veut faciliter le processus de reprise autant pour eux, en leur donnant une estimation du prix de rachat dans leur compte en ligne, que pour nous, en automatisant le traitement des données.»

Mini-Cycle élargit également son catalogue.

  • Il permet déjà d’habiller les enfants de 0 à 14 ans des pieds à la tête. «Il ne nous manque plus que les bottes d’hiver», précise Jad Robitaille.
  • L’entreprise a aussi commencé des tests avec des vêtements de seconde main pour femmes.

Après l’investissement initial d’un ami suivi de quelques prêts et bourses, l’entreprise se prépare à mener prochainement une première ronde de financement d’amorçage pour soutenir la croissance de l’entreprise.

Patrick Pierra
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Cop26: Legault annonce 5 milliards $ pour des autobus électriques

Publié le 3 nov. 2021
Cop26: Legault annonce 5 milliards $ pour des autobus électriques

François Legault à Glasgow (Source: Émilie Nadeau / Bureau du premier ministre)

  • François Legault a annoncé à Glasgow, en Écosse, que son gouvernement compte acheter 2148 autobus pour électrifier d’ici 2030 plus de la moitié des autobus urbains du Québec.
  • Sur cet investissement de 5 milliards $, une moitié sera consacrée à l’achat d’autobus entièrement électriques, et l’autre, à construire et convertir des garages. 

Dès son arrivée à la Conférence sur les changements climatiques (Cop26), le premier ministre a fait valoir que le Québec est un «modèle» en matière d’électrification des transports. 

Avec cette commande de 2000 autobus électriques, le Québec représentera «la moitié de tout le carnet de commandes de l’Amérique du Nord», dit Legault. 

Le Québec est très attirant pour les investisseurs, croit-il, notamment grâce à «ses surplus d’électricité et d’énergie propre». 

François Legault dit qu’il «veut être capable d’augmenter la richesse des Québécois», tout en réduisant les émissions de GES de la province. 

Ces 2148 autobus permettraient à Québec d’atteindre son objectif que, d’ici 2030, 55% des autobus urbains soient électriques.

  • 9 grandes sociétés québécoises de transports recevront ces autobus. 
  • Les premiers devraient être livrés à partir de 2025. 

Un «maximum de ces autobus seront fabriqués au Québec», assure Legault, qui espère qu’ils seront tous construits dans la province.

  • Le premier ministre a nommé 2 compagnies qui pourraient se charger de cette commande: Lion Électrique, à Saint-Jérôme, et Novabus, à Saint-Eustache. 

Le gouvernement réglera l’essentiel de la facture: 3,65 milliards $. 

  • 1,35 milliard $ viendra des sociétés de transport et d’Ottawa.
Johanna Sabys
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Le Maine dit non aux lignes haute tension, mais Hydro-Québec persiste dans son projet

Publié le 3 nov. 2021
Le Maine dit non aux lignes haute tension, mais Hydro-Québec persiste dans son projet

(Source: Unsplash)

  • Selon les résultats préliminaires du référendum tenu mardi dans le Maine, les citoyens se sont prononcés à 60% en faveur de l’interdiction de construire des lignes de haute tension sur tout le territoire de l’État. 
  • Ce résultat coupe l’herbe sous le pied d’Hydro-Québec: la société d’État projette de vendre son hydroélectricité à la ville de Boston, dans le Massachusetts. Mais elle devait y acheminer son électricité par la ligne d’interconnexion Appalaches-Maine, dont la construction, entamée depuis l’an dernier, est menacée.

Le Contrat avec le Massachusetts doit durer 20 ans et procurer des revenus de 10 milliards $ à Hydro-Québec. 

Hydro-Québec compte tout de même aller de l’avant, malgré le résultat du référendum.

  • La société a déclaré par communiqué qu’elle entreprendra «les actions nécessaires pour faire reconnaître ses droits et assurer la poursuite de la construction du projet».

Sophie Brochu, PDG d’Hydro-Québec, a affirmé au 98.5 que «cette ligne va se construire». Elle a:

  • répété plusieurs fois qu’Hydro-Québec ferait valoir ses droits; et
  • indiqué que la construction de la ligne se poursuivait malgré le référendum.

François Legault dit que le Québec a un plan B.

En mêlée de presse en marge de la Cop26, à Glasgow, il a indiqué:

  • qu’il y a «différents moyens» et «différents chemins» pour se rendre au Massachusetts; et
  • que «le gouvernement fédéral américain appuie le projet».

Le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, a ensuite précisé en point de presse à l’Assemblée nationale:

  • «On avait toutes les autorisations pour faire [ce projet] et on compte bien le poursuivre.»
  • Le gouvernement et Hydro-Québec vont envisager des recours juridiques.

Hydro-Québec essuierait un deuxième revers d’envergure si la construction de la ligne Appalaches-Maine devait être annulée.

  • En 2018, une vague d’opposition citoyenne au New Hampshire avait forcé la société à abandonner son projet de ligne Northern Pass qui devait alimenter Boston.

Hydro-Québec dit avoir déjà investi plus de 400 millions de $ dans le projet actuel de ligne Appalaches-Maine.

Patrick Pierra
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Hydro-Québec pourra-t-elle acheminer son hydroélectricité au Massachusetts? Le Maine se prononce demain

Publié le 1er nov. 2021
Hydro-Québec pourra-t-elle acheminer son hydroélectricité au Massachusetts? Le Maine se prononce demain

(Source: Unsplash)

  • L’avenir de la ligne d’interconnexion Appalaches-Maine est incertain: cette ligne de 233 km, dont l’objectif est d’acheminer et vendre l’hydroélectricité d’Hydro-Québec à la ville de Boston, dans le Massachusetts, fait l’objet d’un référendum dans l’État du Maine où la construction est déjà entamée. 
  • Les habitants du Maine doivent se prononcer demain sur l’interdiction de construire des lignes de haute tension sur tout le territoire de l’État, rétroactivement à 2020. Si le Oui l’emporte, Hydro-Québec pourrait perdre des revenus de 10 milliards $ sur une période de 20 ans. 

Le clan du Oui regroupe des entreprises, des élus et des groupes environnementaux. Il juge que l’énergie doit être produite localement, comme l’énergie solaire et éolienne. 

  • Les partisans du Oui avancent aussi que la construction de la ligne d’interconnexion Appalaches-Maine entraine la destruction de plusieurs milieux naturels. 
  • Paradoxalement, le Oui a formé une alliance avec des producteurs locaux de gaz naturel – une énergie plus polluante que l’hydroélectricité – pour financer leur campagne, qui a couté 26 millions $US.

Hydro-Québec et son partenaire américain Central Maine Power ont quant à eux dépensé presque 68 millions $US pour financer la campagne du Non.

Un projet environnemental?

Le projet a reçu l’appui du gouvernement de Joe Biden.

  • La secrétaire à l’Énergie, Jennifer Granholm, a appelé les citoyens du Maine à voter Non à l’interdiction.
  • Sur Twitter, elle a rappelé que la construction de la ligne permettrait de réduire en émission de gaz à effet de serre l’équivalent de 700 000 voitures.

En revanche, les partisans du Oui craignent que la portion de 85 kilomètres de la ligne qui passe par la forêt de Northwoods détruise une part importante de la faune et de la flore.

Si le Oui l’emporte, il s’agirait d’un second revers pour Hydro-Québec. 

  • En 2018, la société d’État québécoise avait déjà essuyé un revers en tentant de faire passer sa ligne Northern Pass par le New Hampshire pour alimenter Boston. 
  • Dans le Maine, le Oui et le Non étaient au coude à coude dans les derniers sondages.
Félix Côté
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Lion Électrique reçoit sa plus grosse commande à ce jour, mais elle est «conditionnelle»

Publié le 26 oct. 2021
Lion Électrique reçoit sa plus grosse commande à ce jour, mais elle est «conditionnelle»

(Source: Lion Électrique)

  • La Compagnie Électrique Lion (TSX: LEV), de Saint-Jérôme, a reçu une commande pour 1 000 autobus scolaires électriques de la filiale canadienne de Student Transportation of America, un chef de file nord-américain du transport scolaire qui a pour actionnaire de contrôle la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).
  • Cette commande est cependant conditionnelle à ce que la filiale canadienne soit admissible à «l’octroi satisfaisant» de subventions du Fonds pour le transport en commun à zéro émission d’Infrastructure Canada.

Jeune entreprise québécoise innovante

Circulus Agtech sort les combustibles fossiles des fertilisants pour serres et fermes verticales

Publié le 26 sept. 2021
Circulus Agtech sort les combustibles fossiles des fertilisants pour serres et fermes verticales

David Leroux, co-fondateur et président de Circulus Agtech Solutions

  • On a l’impression de consommer sainement et de façon écologique quand on mange une laitue hydroponique. Mais les fertilisants des cultures hydroponiques en serres et en fermes verticales sont des produits majoritairement synthétisés à l’aide de combustibles fossiles.
  • Une jeune entreprise de Montréal, Circulus Agtech, veut leur substituer un fertilisant organique, produit de façon durable à partir de matière résiduelle organique. L’entreprise met l’intelligence artificielle au service de l’agriculture de précision.

Le problème auquel l’entreprise s’attaque: dans les serres et les fermes verticales, qui se multiplient actuellement, l’azote utilisé pour la culture hydroponique est synthétique: il provient d’un procédé industriel qui consomme de grandes quantités de combustibles fossiles.

«La production de fertilisant synthétique est très énergivore», explique à InfoBref David Leroux, président et co-fondateur de Circulus Agtech.

  • «À elle seule, la production de l’azote synthétique pour les fertilisants agricoles représente 2% de la consommation mondiale d’énergie.»

C’est un peu paradoxal d’utiliser ces fertilisants chimiques alors que la culture en serre et les fermes intérieures – ce qu’on appelle l’agriculture en environnement contrôlé – visent habituellement à produire des aliments plus sains, plus près des lieux de consommation, dans l’optique de favoriser des pratiques durables.

La solution: valoriser des matières organiques résiduelles pour produire des fertilisants liquides.

Pourquoi liquides?

Parce que la production des serres et des fermes intérieures est dominée par l’hydroponie:

  • Les cultures baignent dans un liquide.
  • C’est dans ce liquide qu’il faut les alimenter en nutriments.

Circulus Agtech veut récupérer des matières telles que le fumier de volailles et de poissons.

  • Actuellement, elles sont souvent épandues dans des champs.
  • L’entreprise veut maintenant les utiliser pour des cultures en intérieur.

Les matières résiduelles peuvent aussi être du vermicompost, ou des résidus provenant d’élevages d’insectes qui produisent des protéines alternatives.

«On fait fermenter ces matières, puis réagir avec des bactéries qui viennent transformer l’azote», explique David Leroux.

L’agriculture en ferme intérieure en est une de précision: les producteurs veulent savoir quelles sont les propriétés exactes des fertilisants et quels dosages utiliser précisément pour optimiser leur production.

C’est pourquoi Circulus Agtech est d’abord une entreprise de technologie. 

  • Elle mesure les bioréactions et recueille beaucoup de données pour l’aider à composer un produit stable, que ses clients pourront utiliser de la façon la plus efficace possible.

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Le modèle d’affaires: vendre des fertilisants organiques, produits de façon durable et dans l’esprit d’une économie circulaire, aux exploitants de serres et de fermes intérieures.

  • «Les fertilisants peuvent représenter 5 à 10% des coûts d’exploitation des serres hydroponiques», calcule David Leroux

Grâce à sa gestion des données, l’entreprise pourra s’adapter aux intrants – selon les matières organiques résiduelles qu’on peut trouver à proximité – et aux exigences spécifiques de ses clients producteurs agricoles.

Où en est l’entreprise actuellement?

Elle mène un premier projet pilote avec Hydroserre Mirabel, un important producteur de laitues hydroponiques des Laurentides.

  • Circulus produit du fertilisant à partir de la boue piscicole d’un éleveur de poissons de la région.

Actuellement son fertilisant est encore environ 30% plus cher qu’un fertilisant conventionnel, c’est-à-dire synthétique.

  • «Mais il est déjà 2 à 10 fois moins cher que les autres fertilisants organiques, qui eux-mêmes ne peuvent pas être utilisés en agriculture d’intérieur parce qu’ils ne sont pas sous forme liquide», précise David Leroux.
  • De plus, il réduit l’impact environnemental de la culture, et augmente la qualité du produit final – ce qui devrait avantager auprès des consommateurs les légumes produits avec ce fertilisant.

Circulus a aussi un laboratoire au Marché central de Montréal, à la coopérative la Centrale Agricole.

Les 5 cofondateurs de l’entreprise sont tous issus de la faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill. Des stagiaires les épaulent dans leur projet pilote.

L’entreprise a participé à plusieurs accélérateurs, et elle a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021].


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Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise cherche un investisseur en technologies vertes.

  • Son objectif est de réunir 500 000 $ en financement de pré-amorçage pour créer, à Montréal, une deuxième «brasserie»-pilote de fertilisants.

À terme, l’entreprise voudrait faire de la concentration de fertilisants pour pouvoir centraliser la production.

  • Cela lui permettrait de livrer son produit à distance au lieu de faire seulement de la production de proximité.

Pour se développer plus rapidement, elle envisage divers partenariats avec des entreprises spécialisées en fertilisation et en traitement de l’eau.

Patrick Pierra
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