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Les compagnies d’assurance utilisent-elles leur pouvoir contre la crise climatique?

Publié le 3 oct. 2022
par Agence Science-Presse

(Source: Kelly Sikkema / Unsplash)

  • Les compagnies d’assurance sont dans une position unique face aux changements climatiques. 
  • D’un côté, elles paient de plus en plus cher pour les dégâts causés par les événements météorologiques extrêmes. De l’autre, elles financent des industries qui contribuent au réchauffement. Certaines commencent toutefois à faire pression sur ces industries. 

Traditionnellement, les compagnies d’assurance s’appuyaient sur des données historiques pour évaluer les risques de tempêtes et de feux de forêt. 

  • Elles facturaient leurs clients en fonction de ces risques. 

Mais ces calculs ne tiennent plus. 

Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dit que les risques climatiques deviennent plus complexes à évaluer et plus difficiles à gérer. 

Le réchauffement climatique pose un problème existentiel pour l’industrie de l’assurance, affirme l’expert des finances climatiques Zac Taylor, aux Pays-Bas. 

  • Lorsqu’il devient «plus difficile ou plus coûteux d’assurer, dit-il, cela a des ramifications dans l’ensemble du système».

Résultats: des assureurs ont déjà haussé leurs primes et se sont retirés de régions qu’ils considèrent trop risquées. 

«Les gens vont ressentir cela de deux façons, poursuit Zac Taylor: 

  • soit leur assurance va leur coûter beaucoup plus cher; 
  • soit ils ne seront plus capables d’en avoir une.»

Les compagnies d’assurance ont un grand pouvoir sur la transition énergétique. 

Elles peuvent soutenir ou bloquer des projets d’exploitation des carburants fossiles en choisissant de les assurer ou non, et à quel prix. 

En théorie, accélérer la transition vers des énergies vertes réduirait l’exposition des assureurs aux événements météorologiques catastrophiques.

Mais pour l’instant, en dépit des appels à cesser d’ouvrir de nouvelles mines de charbon ou de nouveaux forages gaziers ou pétroliers, l’industrie de l’assurance continue globalement de soutenir ces industries. 

Munich Re, la plus grosse firme de réassurance du monde, qui lance des alertes sur les dangers des changements climatiques depuis plus d’un demi-siècle, indique sur son site qu’elle continue d’approcher des compagnies qui «gèrent de grandes quantités d’hydrocarbures».

  • La compagnie a toutefois cessé d’assurer les mines de charbon et leurs centrales en 2018. 

Swiss Re et Hannover Re, les 2e et 3e plus grandes firmes de réassurance, ont quant à elles cessé d’assurer des projets gaziers et pétroliers. 

Agence Science-Presse