Finance durable

Nouvelles, tendances et conseils concernant la finance durable et socialement responsable, selon les principes ESG (environnement, société, gouvernance), avec la perspective d’un investisseur québécois (voir aussi Économie verte, Environnement, Finances personnelles, Investissement, et Technologies propres)

Un FNB canadien de bitcoins compensera son empreinte carbone

Publié le 11 mai 2021
Un FNB canadien de bitcoins compensera son empreinte carbone

(Source: Unsplash)

  • Ninepoint, une société canadienne de gestion de placements, s’engage à entièrement compenser l’empreinte carbone de son nouveau fonds négocié en bourse (FNB) Ninepoint Bitcoin (TSX: BITC). Ce FNB reproduit un indice basé sur la valeur du Bitcoin, dont l’utilisation consomme énormément d’énergie. 
  • Ninepoint consacrera une partie des frais de gestion du FNB à financer des projets de conservation de la forêt amazonienne.

Warren Buffet ne veut pas de divulgation obligatoire sur l’inclusion et le climat

Publié le 30 avr. 2021
Warren Buffet ne veut pas de divulgation obligatoire sur l’inclusion et le climat

Warren Buffett (Source: Wikimedia)

  • Le célèbre investisseur s’oppose à deux propositions d’actionnaires de sa société Berkshire Hathaway: elles demandent à son conseil d’administration de publier des rapports annuels sur la manière dont le conglomérat de 630 milliards $US aborde les problèmes d’environnement, de diversité et d’inclusion. 
  • Réunis dans le cadre de l’assemblée annuelle, les actionnaires de Berkshire Hathaway doivent se prononcer aujourd’hui sur ces propositions.

Conseils pour vos FINANCES

Des fonds verts qui font rire jaune

Publié le 16 avr. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Des fonds verts qui font rire jaune

(Image Unsplash)

  • Auparavant, toutes les grandes sociétés financières vantaient leurs gros rendements et l’étendue de leurs compétences.
  • Aujourd’hui, elles embrassent les valeurs de développement durable, d’égalité sociale et de saine gestion. Elles claironnent sur toutes les tribunes l’abréviation ESG (environnement, société, gouvernance). S’agit-il d’initiatives sincères ou est-ce du marketing de bonne conscience?

Il est permis de douter.

  • Certains financiers étaient hier les grands bailleurs de fonds de l’industrie pétrolière. Ils soutenaient les lobbyistes de Keystone XL.
  • Aujourd’hui, ils flirtent avec les fabricants de véhicules électriques et de cellules photovoltaïques, et ils échangent des poignées de mains avec les syndicats.

J’éprouve un malaise. Et vous?


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Biden favorise quatre ans de croissance pour les placements ESG

Si vous cherchez une voyante pour vous aider à placer vos pions avec trois coups d’avance, fiez-vous aux élections présidentielles américaines.

Les deux dernières en sont la preuve.

En 2016, les républicains souhaitaient favoriser le charbon, le pétrole, les mieux nantis, les armes à feu et le «Buy American». L’élection surprise de Trump a donc été très bénéfique pour les grandes sociétés multinationales inscrites en bourse. Leur taux d’imposition est passé de 35% à 21% seulement.

On a vite compris que cette économie fiscale est allée en bonus, en dividendes aux actionnaires et en rachat d’actions.

Sous l’administration Biden, on va avoir droit jusqu’en 2024 à ce que les démocrates ont promis: un vaste plan d’investissements dans les infrastructures qui avantagera l’adoption des énergies renouvelables et des solutions de développement durable.

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Ne tombez pas dans le panneau… solaire

Depuis l’assermentation de Joe Biden, les grandes sociétés financières ont aiguisé leurs crayons pour profiter de cette nouvelle manne à saveur ESG: Environnement, équité Sociale et saine Gouvernance. Trois thèmes certes très nobles, mais maintenant servis sous la forme des trios de chez McDo.

Il y a de vraies opportunités et des initiatives sincères, mais le marketing qui l’entoure commence à déraper.

L’engouement pour les solutions d’investissements de type ESG est tel que la Securities Exchange Commission, le gendarme financier américain, a dû s’en mêler pour calmer les ardeurs.

Le 9 avril dernier, la SEC a publié un communiqué de catégorie Risk Alert pour aviser le public des risques grandissants sur les investissements qui prétendent respecter les facteurs ESG:

  • «Cette croissance rapide de la demande, l’augmentation du nombre de produits et services ESG, et l’absence de définition standardisée et précise présentent certains risques. Par exemple (…) créer de la confusion chez les investisseurs (…)»

J’espère que l’AMF et l’OCRCVM, qui réglementent la distribution des produits et services financiers chez nous, suivront le pas et presseront l’industrie de simplifier les offres, préciser les définitions et adoucir le battage publicitaire.

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D’évidence, comme on dit en québécois, on «beurre épais» avec les solutions ESG.

En regardant quelques fonds de type ESG proposés par de grandes institutions canadiennes, j’ai trouvé, en trois ou quatre clics, des investissements en actions dans:

  • des pétrolières impliquées dans l’exploitation des sables bitumineux;
  • des banques présentes aux îles Caïmans;
  • des minières qui ont intoxiqué des populations du Chili à l’arsenic;
  • un conglomérat qui a secondé la junte militaire au Myanmar; et
  • une firme d’ingénieur qui a sciemment versé des pots-de-vin à des dictateurs.

Êtes-vous bien certain que votre fonds d’économie durable est aussi «juste et vert» qu’il le prétend?

Prenez le temps d’analyser les documents qu’on vous remet et posez beaucoup de questions. L’appellation ESG n’est pas contrôlée. Elle est très poreuse à toutes sortes d’exceptions.

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Conseils pour vos FINANCES

Les belles histoires du Fonds de la FTQ

Publié le 19 fév 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Les belles histoires du Fonds de la FTQ

[Photo: FTQ]

  • L’actif du Fonds de solidarité de la FTQ dépasse 15 milliards $. Son rendement annuel depuis sa création est de 4,4%. Il offre un avantage fiscal difficile à battre.
  • Avec un tel actif financier et réputationnel, et avec des performances aussi honorables, pourquoi raconter des demi-vérités quant à ses frais de gestion et son engagement dans l’économie durable?

Comme une majorité de travailleurs québécois, je suis actionnaire des fonds de syndicats. Ils offrent l’opportunité de soutenir l’économie d’ici.

En tant que planificateur financier, je recommande aux professionnels et aux entrepreneurs ayant un taux marginal d’imposition élevé de souscrire à ces fonds pour la première tranche de 5000 $ de leur contribution REER.

J’y vois quatre bonnes raisons:

  • le crédit d’impôt supplémentaire;
  • le fait que ces fonds constituent un bon outil de diversification;
  • le mécanisme d’«épargne forcée» à long terme qu’ils représentent pour les individus; et
  • le soutien que les capitaux investis par ces fonds apportent à l’économie du Québec.

Mais le marketing du Fonds ne se contente pas de ces avantages. Il pousse le bouchon plus loin.

Des fonds dispendieux, sans conseil

Là où je lève les sourcils, c’est lorsque je lis les publicités du Fonds FTQ et que j’entends ses porte-paroles tenter de laver plus blanc que blanc sur la place publique.

Les fonds de syndicats ne sont pas assujettis à la Loi des produits et services financiers du Québec qui est sous la coupe de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Quand les dirigeants du Fonds FTQ tentent de comparer la structure, les résultats ou le contenu de leurs fonds avec l’industrie financière, ils font presque toujours des comparaisons boiteuses. 

Exemple: dans les états financiers du fonds et sur son site web, la direction  dit que le Fonds FTQ se compare aux fonds communs de la catégorie «équilibrés neutres» et que ces fonds ont, en moyenne, un ratio de frais de gestion annuel de 2,00%.

Là, je décroche. La FTQ tente ici de faire croire qu’avec son ratio de charges opérationnelles totales de de 1,49%*, le Fonds FTQ est moins cher.

*Ratio annuel des charges opérationnelles totales pour l’exercice terminé le 31 mai 2020. Source: rapport de gestion intermédiaire du Fonds de solidarité de la FTQ au 30 novembre 2020.

C’est du patinage artistique.

  • Les employés du Fonds FTQ n’ont pas de permis de conseillers de l’AMF.
  • Ils n’offrent pas de services de répartition de portefeuille, d’assurances de personnes, de plans de retraite, de conseils fiscaux et successoraux.

Parce que leur produit vient sans conseil, il est donc beaucoup plus pertinent de comparer le Fonds FTQ avec les fonds «sans frais de service et sans commission». 

Auparavant, tous les fonds communs de placement incorporaient dans leurs frais de gestion des commissions qu’ils remettaient aux conseillers financiers qui vendaient ces produits, de sorte que conseillers offraient eux-mêmes leurs services «gratuitement» à leurs clients. Ces fonds «avec commissions» existent encore, et c’est à eux que le Fonds FTQ compare ses propres frais.

Pourtant, depuis des années, les conseillers fonctionnent principalement à honoraires, qu’ils facturent directement à leurs clients. 93% des nouvelles ventes se dirigent donc vers des fonds «sans frais de service et sans commission», soit les fonds communs de série F.

Or, selon Morningstar, la médiane des ratios de frais annuels des 8667 fonds de série F est de 0,99%.

À 1,49%, le fonds de la FTQ serait donc 50% plus cher, et non moins cher.

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Socialement responsable? En partie seulement

Les dirigeants du Fonds FTQ se qualifient d’«investisseurs socialement responsables». 

Ajoutons des bémols. Je veux bien croire que ce critère de responsabilité sociale s’applique au volet des investissements en capital de développement.

Mais c’est escamoter un gros morceau.

Le Fonds détient pour près de 7 milliards $ en placements qui ne sont pas des investissements directs dans des sociétés et PME québécoises.      

  • 44,6% de son actif est dans des titres financiers mondiaux.
  • On y trouve des pipelines et des producteurs d’énergie fossile comme Enbridge, Shell, Transcanada, AltaGas, Valeo, Tourmaline ou encore l’uranium de Cameco.      
  • Il y aussi des parts de sociétés comme McDonald, Starbucks, LVMH (Louis Vuitton), Banque Scotia, Heineken ou Ferrari.  

Comme on ne peut détacher le Fonds FTQ de sa partie «autres investissements»,  c’est donc avec un grain de sel qu’il faut recevoir ses prétentions liées à l’économie durable: vraies, mais en partie.

Comme un breuvage qui contient 55,4% de «vrai jus»!

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