Finances personnelles

Nouvelles et tendances qui concernent les finances personnelles, l’argent et les placement des entrepreneurs, gestionnaires et professionnels québécois (voir aussi Banques, Desjardins, Immobilier, Investissement)

Vos FINANCES

Flairer les conflits d’intérêts dans la vente de produits financiers

Publié le 15 janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Flairer les conflits d’intérêts dans la vente de produits financiers

(Photo Unsplash)

  • Après la fuite massive de données personnelles de ses membres en 2019, on apprend que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a dû sermonner une fois de plus le Mouvement Desjardins.
  • Le gendarme de la finance du Québec a infligé à Desjardins Cabinet de services financiers une amende d’un million de dollars pour avoir placé ses conseillers en situation de conflits d’intérêts.

Bien que l’amende et les grands titres des journaux sur l’affaire frappent l’imaginaire, il s’agit d’un fait connu et assez répandu dans l’industrie. Une vérité de La Palice.

Dans les grandes institutions financières, il est fréquent qu’on incite les vendeurs à offrir en priorité, les produits financiers «maison».

  • Ici, l’AMF a révélé que Desjardins offrait aux employés une structure de bonification inégale selon les fournisseurs des produits qu’ils vendaient.
  • Si le vendeur vendait des produits Desjardins, il pouvait compter ses points bonis jusqu’à 150% du volume de vente contre 60% pour des produits externes.

Cet écart d’incitatif monétaire place les employés en conflits d’intérêts. C’est contraire à l’esprit du Règlement 81-105 de la Loi encadrant les services financiers, qui exige qu’un professionnel doive favoriser le meilleur intérêt des clients.

Il y a quelques années, j’en ai discuté avec G.P., un jeune conseiller en Mauricie. Depuis ses débuts, ce planificateur assemblait les portefeuilles de clients en sélectionnant minutieusement des fonds en fonction de critères exhaustifs. G.P. avait beaucoup de succès et touchait de généreux bonis.

Mais, ses portefeuilles ne plaisaient pas à la direction: ils ne contenaient aucun fonds Desjardins.

«Par éthique professionnelle, je ne pouvais pas les choisir. Dans presque toutes les catégories, mes logiciels démontraient que je pouvais trouver mieux auprès d’autres fournisseurs. Je pouvais le faire et je le faisais. Mais cela m’a pénalisé.»

En 2013, avec ses excellents chiffres de ventes et des clients très satisfaits de ses conseils, G.P. s’attendait à recevoir près de 20 000 $ en bonis.

Il reçut plutôt un blâme et zéro dollar. La maison avait modifié sa politique et éliminé tout boni pour les conseillers dont les clients avaient une proportion trop importante de leurs placements dans des produits autres que ceux fournis par l’institution.  

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Le coût d’un mauvais conseil

Si un conseiller vendeur d’une institution favorise son intérêt financier avant le vôtre, qu’est-ce que ça change?

Ça peut coûter très cher en perte d’opportunité. Parfois des milliers de dollars.

  • Si, par exemple, en 2015, un employé de Desjardins avait dirigé votre REER de 100 000 $ dans le Portefeuille SociéTerre croissance maximum au lieu d’un des meilleurs produits ESG du marché, soit le fonds AGF Croissance Durable, vous ne seriez pas de bonne humeur.
  • En janvier 2021, votre placement aurait une valeur de 276 884 $, comparativement à 340 821 $ si vous aviez acheté le produit d’AGF. Une différence de 63 000 $.

La sanction infligée par l’AMF pourrait bien occasionner un effet domino dans l’industrie et provoquer en justice des actions collectives.

À retenir

  • Avant de souscrire un produit de placement, demandez à la personne qui vous le propose de vous expliquer de quelle façon elle est rémunérée.
  • Demandez-lui si elle doit atteindre des cibles de ventes ou si elle a l’obligation de vous vendre des produits précis.
  • Demandez-lui de vous fournir des données écrites récentes sur les produits comparables et d’expliquer en quoi sa proposition favorise vos intérêts.

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Les entrées en bourse réalisées via des sociétés d’acquisition à vocation spécifique ont atteint un niveau record en 2020

Publié le 13 janv. 2021
Les entrées en bourse réalisées via des sociétés d’acquisition à vocation spécifique ont atteint un niveau record en 2020

Virgin Galactic

  • Pas moins de 165 premiers appels publics à l’épargne (PAPE) sont survenus en bourse en 2020, pour une récolte de capitaux de 62 milliards $US – un niveau qui n’a pas été vu depuis la bulle techno du début des années 2000.
  • C’est toutefois moins que les 248 entrées en bourse réalisées l’an dernier par l’entremise de sociétés d’acquisition à vocation spécifique (SAVS) – un nombre de transactions historique qui a permis à des sociétés privées de récolter 75 milliards $US sans avoir à passer par toutes les étapes d’un PAPE conventionnel.

Qu’est-ce que les SAVS (ou SPAC)? 

Les sociétés d’acquisition à vocation spécifique, appelées en anglais SPAC (pour Special Purpose Acquisition Company), sont des sociétés déjà présentes en bourse et dotées d’un capital d’investissement assez important.

  • Elles sont à la recherche d’une société privée en croissance rapide pour l’acquérir en lui cédant le contrôle de la nouvelle entité ainsi créée.
  • Des sociétés comme Virgin Galactic et DraftKings sont entrées à la bourse de New York en recourant à cette méthode. Lion Électrique, de Saint-Jérôme, se prépare à faire de même.

Pourquoi les SAVS sont-elles si populaires?

Il y a eu quatre fois plus de transactions impliquant une SAVS en 2020 qu’en 2019. 

  • Les entrepreneurs apprécient cette façon d’accéder à la bourse, car elle réduit les délais et les exigences légales pour y arriver.
  • Elle coûte aussi moins cher en frais de consultation auprès des institutions bancaires à qui on confie généralement la gestion d’un PAPE.

Quels sont les risques liés aux SAVS?

Les entreprises qui s’inscrivent en bourse via une SAVS se voient attribuer une valeur qui ne correspond pas à leur niveau de revenus ou à leur rentabilité à court terme.

  • Cela signifie que la valeur de leur action risque de croître peu rapidement, ou pas du tout, à court et moyen terme.
  • Les investisseurs ont également moins d’information sur ces sociétés: leur modèle d’affaires n’a pas été vérifié avec la même rigueur que lors d’un premier appel à l’épargne.
Alain McKenna
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Les entrées en bourse réalisées via des sociétés d’acquisition à vocation spécifique ont atteint un niveau record en 2020

Virgin Galactic

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Bilan 2020: qui sont les champions de la bourse?

Publié le 1er janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Bilan 2020: qui sont les champions de la bourse?

[image: Gerd Altmann | Pixabay]

  • Les marchés boursiers ont plongé, puis se sont redressés beaucoup plus vite qu’on pouvait le penser.
  • Cela a permis à certains titres et certains fonds de réaliser des performances impressionnantes pour une année de crise pandémique.

2020 a été une année boursière complètement folle!

J’ai cru, comme beaucoup, que la reprise se ferait en forme de U et que 18 à 24 mois seraient nécessaires pour que les indices boursiers retrouvent leurs niveaux de janvier 2020.

C’était sans compter sur le taux d’épargne extraordinaire de nombreux ménages et sur la réaction énergique des banques centrales. Ces deux facteurs ont favorisé une reprise fulgurante des marchés.

Voici un bilan sommaire de ce que les marchés financiers nord-américains ont offert aux investisseurs.

Au Canada, les marchés ont pu garder la tête hors de l’eau grâce principalement à Shopify et aux sociétés aurifères.

Le S&P/TSX a terminé l’année avec un léger gain de +2%.

Les cinq titres les plus performants du S&P/TSX en 2020:

  • Trillium Therapeutics: +1308%
  • Ballard Power System: +220%
  • Shopify: +178%
  • Lightspeed POS: +149%
  • New Gold +143%

Si vous déteniez beaucoup de pétrolières et de financières, votre portefeuille n’a sans doute pas très bonne mine.

Aux États-Unis, l’indice S&P500 a offert un très bon résultat: +16,3%.

Cependant, pour les investisseurs qui n’avaient pas d’entreprise de technologie en portefeuille, la marque finale n’a pas été réjouissante. En effet, plus de 200 des 500 titres de l’indice ont eu un rendement négatif.

Les 5 titres les plus performants du S&P500 en 2020:

  • Tesla: +743%
  • Etsy: +302%
  • Carrier Global: +214%
  • Nvidia: +122%
  • Paypal: +117%

L’intrus dans ce classement est le groupe de climatisation Carrier.

  • Lorsque sa valeur de son action a touché un plancher de 11,49$ en mars, de nombreux gestionnaires ont su repérer que le titre de Carrier avait été malmené sans raison et que cette aubaine ne durerait pas.
  • Ils ont vu juste. En novembre 2020, Carrier a atteint son sommet de l’année à 41,48$.

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Du côté des fonds, de nombreux fonds négociés en bourse (FNB) et fonds communs sectoriels ont su se démarquer en dégageant des plus-values bien supérieures aux indices.

Selon les données de Morningstar, 2020 fut une année prospère pour la gestion active: 3567 fonds communs ont réalisé un rendement supérieur au S&P500.

Des fonds concentrés en biotech, dans les géants du Web, dans les cryptomonnaies et dans l’énergie solaire ont même offert des rendements à trois chiffres.

Ce fut notamment le cas de:

  • Fonds de cryptoactifs mondial 3iQ: +319%
  • Evolve Indiciel FNB innovation automobile +186%
  • Emerge ARK Genomics & Biotech: +165%%.
  • Blockchain technologies ETF: +154%
  • Fonds Marquest Explorer: +119%.

Attention: ces fonds sont très volatils. Ils sont destinés aux investisseurs audacieux pouvant tolérer de très fortes fluctuations.

Les sommes investies dans les actions, les FNB et les fonds ne sont jamais protégées contre les pertes causées par les fluctuations importantes.

Quelques rappels et conseils pour débuter 2021

  • Il est très rare que les secteurs gagnants une année le soient aussi l’année suivante.
  • Si vous avez fait des profits en bourse en 2020, il est recommandé d’en prendre au moins une partie et d’en profiter pour diversifier vos investissements.
  • Vous jugez que les indices sont trop haut et vous souhaitez sortir votre argent de la bourse? Vous pourriez vous en mordre les doigts. Les bas taux d’intérêt et la récupération progressive de l’économie favoriseront encore les actions en 2021.
  • Les FNB et les fonds de développement durable de type ESG (responsabilité sociale, environnementale et gouvernance), les petites capitalisations et les actions des marchés émergents offrent de belles opportunités à long terme.

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Remboursement de la PCU – voici l’essentiel

Publié le 20 déc 2020
  • Le gouvernement fédéral a reconnu que les critères d’admissibilité à la Prestation canadienne d’urgence manquaient de clarté, et Justin Trudeau a assuré qu’il n’y a pas de limite fixée au 31 décembre pour rembourser des prestations perçues par erreur.
  • Mais que risquent vraiment les Canadiens qui tardent à rembourser les sommes qu’ils ont perçues sans répondre aux conditions d’admissibilités? 

Environ 441 000 Canadiens ont reçu un courrier les invitant à rembourser avant le 31 décembre les prestations qu’ils ont touchées sans y être admissibles. 

Mais le premier ministre a affirmé vendredi dernier qu’ils ne seraient pas obligés de les rembourser d’ici la fin de l’année.

  • Il n’y aurait ni pénalités ni intérêts supplémentaires à rembourser.
  • Selon Justin Trudeau, le 1er janvier ne serait plus une date limite, et le gouvernement s’engage à trouver dans les mois qui viennent «une voie à suivre qui ait du sens».

Cependant, ceux qui décident de ne pas rembourser ces sommes devront payer de l’impôt sur la PCU, qui sera considérée comme un revenu perçu cette année. 

  • Ils pourraient aussi perdre certains crédits ou allocations établis en fonction de leurs revenus, qui se trouveront gonflés par la PCU.

Sur son site, l’Agence du revenu du Canada encourage toujours les Canadiens à rembourser avant le 31 décembre tout paiement de PCU reçu par erreur.

Johanna Sabys
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Dix milliardaires se sont enrichis de 450 milliards $ au total pendant la pandémie

Publié le 20 déc 2020
  • Selon le magazine Forbes, la fortune du fondateur d’Amazon Jeff Bezos a augmenté de 70 milliards $ depuis le mois de mars; le fondateur de Tesla Elon Musk, le patron du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault et le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg sont d’autres milliardaires qui se sont enrichis cette année.
  • Depuis le printemps dernier, la majorité des personnes les plus riches auraient vu leur fortune augmenter: le groupe Americans for Tax Fairness estime que la richesse collective des 651 milliardaires américains a augmenté de 1,1 milliard $.

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La croissance mondiale sera de retour en 2021, mais pour combien de temps?

Publié le 18 déc 2020
Fabien Major
par Fabien Major
La croissance mondiale sera de retour en 2021, mais pour combien de temps?

(Image Pixabay)

  • Après une chute de l’activité économique cette année, ça augure plutôt bien pour 2021, selon les prévisions du Fonds monétaire international.
  • Mais la reprise économique ne sera pas aussi vigoureuse partout, et il faudra réunir plusieurs conditions pour qu’elle perdure.

En 2020, l’économie mondiale s’est contractée de 4,4%.

Moins d’échanges commerciaux et de consommation génèrent moins de travail, moins de revenus pour les travailleurs et les entreprises, et moins de recettes fiscales pour les gouvernements.

En regardant les données du Fonds monétaire international (FMI), on voit à quel point la pandémie de Covid-19 a ébranlé les finances publiques.

La dette des pays, en proportion de ce qu’ils produisent chaque année (leur produit intérieur brut ou PIB), a fait un bond. De 2019 à 2020, le ratio dette/PIB a augmenté:

  • de 105% à 125% dans les pays riches; 
  • de 53% à 62% dans les pays émergents, qui comptent une proportion importante de citoyens dans la classe moyenne; et
  • de 43% à 49% dans les pays en voie de développement.

Des taux d’intérêt au plancher pour longtemps

Pour limiter l’impact de la crise, les banques centrales ont utilisé des électrochocs. Les taux d’intérêt n’étaient déjà pas très élevés, elles les ont abaissés au plancher.

  • Les taux directeurs sont devenus quasi nul au Canada et aux États-Unis.
  • Ils sont nuls en Europe et au Japon.
  • On observe même des taux obligataires de 10 ans négatifs dans une dizaine de pays. 

Par exemple, les obligations suisses à échéance de 10 ans affichent un taux de -0,81%. Si vous en achetez pour 100 000$, la Suisse vous remettra 95 884$ dans une décennie.

Pour que l’économie reprenne de la vigueur, il est probable que les taux devront demeurer extrêmement faibles très longtemps.

  • L’économiste Joanie Fontaine, de JLR Solutions foncières, estime qu’ils ne devraient pas remonter avant 2023.
  • Déjà, en janvier 2020, Fidelity Investments considérait fort probable que les taux restent faibles jusqu’en… 2030.

Ce genre d’environnement est très propice à l’immobilier et aux marchés boursiers. L’ère des actions dispendieuses ne fait peut-être que commencer.

L’économie devrait se raffermir en 2021.

  • Le FMI prévoit pour l’an prochain une croissance mondiale de 5,2%.
  • Les grandes banques américaines sont généralement un peu plus optimistes: leurs prévisions de croissance mondiale pour l’an prochain vont de 5% à 6,4%.

En Amérique du Nord, la reprise sera relativement lente – sauf au Canada. Le FMI prévoit pour 2021 un taux de croissance de:

  • 5,2% au Canada;
  • 3,1% aux États-Unis;
  • 3,5% au Mexique.  

Dans la zone euro, la reprise devrait être plus robuste:

  • La croissance attendue par le FMI sera entre 4,2% pour l’Allemagne et 7,2% pour l’Espagne.

C’est en Asie que l’activité économique bourgeonnera le plus.

  • Le FMI prévoit une croissance de 8,2% en Chine et 8,8% en Inde.

Cette reprise sera-t-elle durable?

La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva calcule que l’ensemble des gouvernements ont déjà dépensé – ou se sont engagés à dépenser – un total de 12 billions (12 000 milliards) $US en aide financière à leurs citoyens et à leurs entreprises.

Cette aide et la réponse musclée des banques centrales ont permis d’éviter le pire.

Mais la reprise reste fragile.

Selon la DG du FMI, trois conditions doivent être remplies pour que la relance de l’économie mondiale soit durable:

  • un accès facile aux vaccins, dans le cadre d’une coordination mondiale, pour accélérer la reprise de l’activité économique dans chaque pays;
  • la mise en veilleuse de mesures protectionnistes, pour rouvrir les échanges commerciaux et relancer le tourisme; et
  • une plus grande coopération internationale, impliquant un soutien financier aux pays qui en ont besoin.

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Plan climatique du Canada: quelles entreprises cotées en bourse en sortiront gagnantes ou perdantes?

Publié le 14 déc 2020
Plan climatique du Canada: quelles entreprises cotées en bourse en sortiront gagnantes ou perdantes?
  • La volonté du gouvernement fédéral de hausser le prix de sa taxe carbone de 30$ à 170$ la tonne d’ici 2030 punira principalement les sociétés pétrolières qui font de la raffinerie au Canada, puisque c’est l’activité la plus polluante au pays.
  • Selon l’analyste Jason Bouvier de la Banque Scotia, le secteur des énergies renouvelables et des infrastructures vertes sera pour sa part bien placé pour profiter de cette transition énergétique.

Outre la taxe carbone, le plan climatique d’Ottawa promet un accès à de l’énergie propre pour toutes les régions du pays, et un meilleur soutien à l’électrification du transport.

Deux sociétés québécoises sont identifiées par la Scotia comme étant parmi les plus susceptibles de profiter de la manne qui découlera de ces promesses:

  • Boralex (TSX: BLX) construit et gère des centrales solaires et éoliennes dans l’est du Canada, aux États-Unis et en France – l’entreprise a les capitaux nécessaires pour faire croître ses activités dans le reste du Canada.
  • Innergex (TSX: INE) construit et opère des centrales hydroélectriques, solaires et éoliennes – surtout au Québec, mais elle a commencé à prendre de l’expansion en Ontario et en Colombie-Britannique.

L’impact négatif sur les pétrolières et les grands pollueurs sera inégal, précise Jason Bouvier.

  • Suncor (TSX: SU) et L’Impériale (Esso: TSX: IMO) seront les plus affectées, car elles sont présentes dans les sables bitumineux et raffinent au Canada, explique l’analyste.
  • À l’inverse, les sociétés pétrolières qui exportent seront moins affectées puisque leurs émissions sont concentrées à l’extérieur du pays.
  • Les distributeurs – comme les exploitants d’oléoducs et les sociétés ferroviaires – seront peu affectés eux aussi puisqu’ils jouissent d’une position de quasi-monopole et qu’ils pourront refiler à leurs clients le coût supplémentaire dû à la taxe carbone.

Alain McKenna
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Comment le cygne noir a confondu les experts financiers en 2020

Publié le 12 déc 2020
Fabien Major
par Fabien Major
Comment le cygne noir a confondu les experts financiers en 2020

(Image Unsplash)

  • L’année boursière 2020 a fait mentir les prévisions de bien des experts.
  • Un choc inattendu – un «cygne noir» – a mis fin au cycle haussier, sans précipiter pour autant une chute des marchés.

En début d’année, de nombreux analystes des grandes banques et gestionnaires de portefeuilles s’entendaient sur deux choses:

  • 2020 sonnerait probablement le retour des hausses de taux d’intérêt; et
  • les grosses vedettes de 2019 (les technos) allaient sans doute piquer du nez.

On conseillait donc de rééquilibrer les portefeuilles et d’acheter des obligations.

C’était sans compter sur les effets du «cygne noir» de 2020: la pandémie de Covid-19.

On doit au statisticien Nassim Nicholas Taleb cette idée d’un «hasard sauvage» qui a le pouvoir de bouleverser l’économie à l’échelle planétaire.

Il y a de ces évènements rares – aussi rares que les cygnes noirs – qui peuvent engendrer des effets positifs comme l’avènement de l’ordinateur personnel et d’Internet, mais aussi, des chocs plus brutaux au niveau social, comme la chute de l’URSS et les attentats du World Trade Center.

Par leur nature, les cygnes noirs sont tout à fait imprévisibles. On les reconnaît uniquement lorsqu’ils nous frappent en plein visage.

Une fin de cycle… explosive

En mars 2020, constatant que l’épidémie du coronavirus devenait une pandémie, les investisseurs ont, devant l’inconnu, préféré larguer la majorité des titres qui risquaient de subir les effets néfastes des restrictions imposées par les autorités sanitaires – comme les compagnies aériennes, les chaînes hôtelières et de restaurants, les banques, les croisiéristes, et bien d’autres.

Résultat: les indices ont subi une correction de plus de -30%. 

Mais la suite a été encore plus surprenante. Les experts ont dû ravaler leurs prévisions, qui ont été contredites par les marchés:

  • les taux d’intérêt directeurs ont chuté à des niveaux plancher; et
  • les GAFAM+ ont propulsé le Nasdaq encore plus haut.

Avec les titres pétroliers, les obligations d’état à long terme se sont avérées l’un des pires paris de l’année.

Les offres initiales explosent, elles aussi

Un autre conseil d’expert qui a foiré royalement: celui qui suggérait d’éviter pendant un bon moment tous les titres qui viennent de faire leur entrée en bourse (IPO).

Au contraire, cette année, les introductions en bourse les plus attendues ont non seulement été couronnées de succès, elles ont même dépassé les espérances les plus folles des fondateurs des entreprises.

  • Airbnb, qui était évaluée à seulement 18 milliards $US en avril dernier, a terminé sa première semaine en bourse à 83 milliards $US.
  • Même phénomène avec la firme de livraison à domicile DoorDash. D’un consensus à 16 milliards $US avant l’introduction, sa valeur totale s’est envolée dès son entrée en bourse: elle est maintenant de plus de 60 milliards!
  • La vedette de l’infonuagique SnowFlakes a fait exploser la valeur nette de ses fondateurs. D’une estimation à 12 milliards $US, SNOW affiche aujourd’hui au NYSE une capitalisation boursière de 100 milliards $US.

Qui donc aurait pu prévoir que le cygne noir de 2020 allait se transformer en joyeux flamant rose pour les investisseurs?

Avec encore beaucoup d’argent en réserve et prêt à entrer en bourse, il y a encore assez de carburant pour alimenter la flambée boursière pour un bon moment. 

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

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Les actions sont à la fois dispendieuses et à prix d’aubaine

Publié le 5 déc 2020
Fabien Major
par Fabien Major
Les actions sont à la fois dispendieuses et à prix d’aubaine

(Photo: Unsplash)

  • Même si les indices boursiers fracassent des records, les actions sont probablement moins chères qu’on le pense.
  • Les bas taux d’intérêt et la numérisation de l’économie favorisent la prise de risque.

L’économie mondiale entre en terrain inconnu.

Au moment où j’écris ces lignes, l’indice phare de la bourse de New York, le S&P500, valorise les sociétés qui y sont incluses à 37 fois leurs bénéfices.

  • Si l’on tient compte de l’inflation, le ratio CAPE (ratio de cours/bénéfice ajusté en fonction du cycle, ou ratio de Shiller) est actuellement de 33. Il atteint presque le niveau d’octobre 1929, à la veille de la grande dépression.

Beaucoup d’investisseurs restent sceptiques. Ils ne comprennent pas pourquoi les marchés boursiers mondiaux ne se sont pas effondrés de manière prolongée face aux effets de la pandémie de Covid-19.

Qu’est-ce qui soutient les indices?

Robert J. Shiller, prix Nobel d’économie et créateur du ratio CAPE, croit que la situation justifie l’approche de son livre Narrative Economics: How Stories Go Viral and Drive Major Economic Events.

Il explique que trois récits ou thèmes économiques répandus soutiennent les évaluations élevées et attirent les investisseurs vers des actions déjà onéreuses:

  • La FOMO (fear of missing opportunities): La peur de passer à côté d’une occasion est très puissante. Elle dirige des capitaux vers des secteurs ayant déjà offert de gros rendements.
  • La vitesse initiale de la reprise: Lors de l’effondrement des marchés en mars, les stratèges et les économistes pensaient que la récupération se ferait progressivement, en forme de U. Les actionnaires on crut qu’elle serait plus rapide et prendrait plutôt la forme d’un V. Les actionnaires ont eu raison jusqu’à présent.  
  • La conjonction du travail ET du divertissement à domicile: Le confinement et les mesures de distanciation physique ont fait bondir la demande (déjà forte) pour l’économie numérique. Des secteurs comme les technologies de l’information, les télécommunications, le commerce en ligne, la diffusion en continu (streaming), la vidéoconférence et les réseaux sociaux ont soudainement rallié massivement des clients plus âgés et de tous les milieux.

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J’ai discuté pour un balado avec Fred Demers, stratège et directeur général des solutions multiactif chez BMO gestion mondiale d’actifs.

Les évaluations que soutiennent actuellement les indices ne l’effraient pas, lui non plus.

«Il faut regarder les tendances à long terme, m’a-t-il dit. Après inflation, le choix est facile à faire. Les actions sont beaucoup moins chères que les obligations.»

Comparativement aux crises économiques du passé, celle de 2020 a été déclenchée volontairement par les gouvernements pour limiter une crise sanitaire.

  • Il n’y a pas eu de rupture dans le marché des capitaux. Sur les lignes de côté, des milliers de milliards de dollars attendent une correction (baisse subite) ou une embellie économique pour acheter des actions.
  • Avec un taux d’épargne de 33%, de nombreux Américains ont des réserves financières qui excèdent leurs obligations financières pendant 3 à 6 mois.

Comme les taux d’intérêt sont à des planchers historiques, les ratios qui indiquent habituellement des risques excessifs doivent être ajustés et mis en contexte.

  • Selon la théorie financière traditionnelle, lorsque les taux d’intérêt baissent, le prix des actions devrait augmenter.
  • Mais comme les banques centrales maintiennent les taux d’intérêt artificiellement bas, la théorie ne fonctionne pas.
  • Cela peut justifier des prix d’action et des ratios CAPE plus élevés.

On ignore quand la pandémie de Covid-19 se terminera. Mais on sait que les taux d’intérêt devront demeurer faibles pour favoriser la reprise à l’échelle mondiale.

Ainsi, les valorisations boursières actuelles peuvent ne pas être aussi absurdes que certains le pensent.

Que doivent faire les investisseurs dans un tel environnement? Plus que jamais:

  • favoriser la sélection minutieuse de titres (stock picking);
  • diversifier leurs placements par zone géographique, par secteur et par style; et
  • diminuer leurs attentes de rendement.

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La dette totale des consommateurs canadiens atteint maintenant presque 2000 milliards $

Publié le 30 nov. 2020
  • Leur dette individuelle moyenne se chiffre à 75 000 $, une augmentation d’un peu plus de 3% au troisième trimestre de cette année par rapport au même trimestre de 2019.
  • Selon le dernier rapport trimestriel d’Equifax Canada, la hausse notable de la valeur des transactions immobilières et du prix des voitures neuves sont les principales causes de la hausse de l’endettement au pays.

Les gens qui possèdent beaucoup d’actions d’entreprises cotées en bourse se sont enrichis plus vite que les autres depuis 2016

Publié le 29 nov. 2020
Les gens qui possèdent beaucoup d’actions d’entreprises cotées en bourse se sont enrichis plus vite que les autres depuis 2016

Source: Pixabay)

  • Un sondage de la Réserve fédérale montre que les 10% d’Américains les plus riches possédaient en moyenne 1,7 million $US en actions dans leur portefeuille à la fin 2019.
  • Grâce à la bourse, ils ont réalisé un gain moyen de 67 000 $US sur trois ans, soit l’équivalent du salaire annuel médian des ménages américains.

Évidemment, parmi les autres 90% de la population américaine, d’autres gens détenaient aussi des actions pendant cette période.

Mais, en moyenne, la valeur de leur portefeuille boursier n’a pratiquement pas monté en trois ans – elle a même baissé dans certains cas.

Toute proportion gardée, les gros portefeuilles semblent donc avoir mieux performé que les petits.

Les données publiées par la Réserve fédérale américaine mettent en lumière plusieurs caractéristiques socioéconomiques de la population américaine, qu’on peut comparer selon différents facteurs :

Les Blancs et les Noirs:

  • La proportion de Blancs qui détiennent des actions d’entreprises cotées en bourse (61%) est presque le double de celles des Noirs qui en possèdent (34%).
  • Mais la valeur moyenne des portefeuilles boursiers des Blancs (433 000 $US) est presque six fois plus élevée que celles des Noirs (76 000 $US).

Le niveau d’éducation:

  • Les ménages ne comptant aucun diplôme d’études secondaires ont vu leur niveau de richesse (actif net) baisser de presque 20% entre 2016 et 2019.
  • Pendant ce temps, celui des ménages ayant au moins un diplôme universitaire augmentait de 15%.
Alain McKenna
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Les gens qui possèdent beaucoup d’actions d’entreprises cotées en bourse se sont enrichis plus vite que les autres depuis 2016

Source: Pixabay)

Vos FINANCES

Considérer la bourse comme un chien? Ça rapporte!

Publié le 28 nov. 2020
Fabien Major
par Fabien Major
Considérer la bourse comme un chien? Ça rapporte!

(Photo Unsplash)

  • Le lien entre les soubresauts de la bourse et la tendance de l’économie réelle est difficile à voir à court terme.
  • L’analogie du chien et de son maître suggère pourtant que ce lien existe, et qu’il est possible d’en bénéficier dans ses placements.

«Nous sommes en pleine pandémie! Pourquoi diable, la bourse ne cesse de grimper et de battre des records?» S’il y a une phrase que j’entends pratiquement toutes les semaines depuis juin, c’est bien celle-là. Et avec l’indice Dow Jones qui a franchi mardi la barre psychologique des 30 000 points avant de redescendre un peu, il y a de quoi être perplexe.

S’ils suivent les mouvements quotidiens des marchés financiers, les investisseurs vivent une vaste gamme d’émotions. Tantôt, le Dow grimpe de 1000 points; plus tard, il descend de 850.

  • En voyant ces secousses importantes, des gens se demandent: «Est-ce que je risque de perdre mon emploi?» 
  • Ou, au contraire: «Est-ce que la compagnie qui m’emploie est plus rentable que je ne le pensais et ils vont embaucher ou augmenter les salaires?»

Quelle est la relation entre ce qui se passe sur les parquets de la bourse d’une part, et dans la rue, dans l’économie réelle d’autre part? Quel est le lien, s’il y en a un?

Il y a quelques jours, dans une courte publication sur Facebook, le consultant et formateur financier Michel Villa a bien exprimé la relation entre la bourse et l’économie réelle. Il y rappelait l’analogie employée par Josh Brown, cofondateur de Ritholtz Wealth Management, sur la chaîne de télévision financière CNBC. 

Josh Brown voit l’économie comme un quelqu’un qui marche dans un parc en tenant son chien en laisse.

Imaginez Julien qui promène Molly, sa Golden retriever, dans le parc Maisonneuve avec une laisse rétractable – vous savez, celle qui permet facilement de lâcher du lest ou au contraire de réduire la longueur du cordon.

Quand on regarde Julien qui déambule dans le parc, on le voit marcher en ligne assez droite. Il maintient une cadence régulière. Son pas est assez constant.

Mais quand on regarde Molly… c’est autre chose.

Le chien se déplace dans toutes les directions pour sentir les poteaux, les bornes-fontaines, les arbres. Il change de vitesse sans arrêt. Il jappe après un écureuil ou un coureur et il regarde dans tous les sens.

Mais il ne va pas plus loin que le bout de la laisse que Julien veut bien lui donner.

Dans la métaphore liée aux marchés financiers :

  • Molly, le chien, représente la bourse;
  • et Julien, le maître du chien, est l’activité économique.

Les deux vont dans la même direction… la plupart du temps.

Le chien a beau être très agité et parfois aboyer, le maître peut garder son calme et marcher à son rythme. Après tout, c’est lui le maître.

Si on regarde le duo de loin, l’homme et le chien paraissent tout petits. La distance nous donne l’impression qu’ils avancent à même vitesse. Ils semblent presque collés l’un sur l’autre.

Le temps modifie la perspective sur la bourse de la même façon que la distance la modifie à l’égard du chien.

Avec des années de recul, on constate que, oui, la bourse suit les grandes tendances économiques, la croissance des bénéfices des entreprises, le taux de chômage, etc. La vraie vie quoi!

Mais, à très court terme, au jour le jour, la bourse semble parfois déconnectée de l’économie réelle… comme en ce moment.

Réduire le décalage entre le court terme et le long terme, ou en profiter

  • Vous avez une solution pour modérer l’envie de votre chien partir dans toutes les directions: le dresser.
  • Pour vos placements aussi, vous pouvez limiter la variabilité de vos rendements et leur déconnexion d’avec l’économie réelle – ou au contraire, profiter de cette déconnexion pour vous concentrer sur les segments de l’économie qui sont en croissance à long terme.

Dans les deux cas, il faut étudier, s’exercer, y mettre du temps et des efforts, apprivoiser des outils, choisir des véhicules d’investissement, ou confier une partie du travail à un professionnel.

Vous savez comment s’appelle mon chien? Portfolio.«Allez Portfolio, rapporte!» 

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