Finances personnelles

Nouvelles et tendances qui concernent les finances personnelles, l’argent et les placement des entrepreneurs, gestionnaires et professionnels québécois (voir aussi Banques, Desjardins, Immobilier, Investissement)

Vos FINANCES

Des fonds verts qui font rire jaune

Publié le 16 avr. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Des fonds verts qui font rire jaune

(Image Unsplash)

  • Auparavant, toutes les grandes sociétés financières vantaient leurs gros rendements et l’étendue de leurs compétences.
  • Aujourd’hui, elles embrassent les valeurs de développement durable, d’égalité sociale et de saine gestion. Elles claironnent sur toutes les tribunes l’abréviation ESG (environnement, société, gouvernance). S’agit-il d’initiatives sincères ou est-ce du marketing de bonne conscience?

Il est permis de douter.

  • Certains financiers étaient hier les grands bailleurs de fonds de l’industrie pétrolière. Ils soutenaient les lobbyistes de Keystone XL.
  • Aujourd’hui, ils flirtent avec les fabricants de véhicules électriques et de cellules photovoltaïques, et ils échangent des poignées de mains avec les syndicats.

J’éprouve un malaise. Et vous?

Biden favorise quatre ans de croissance pour les placements ESG

Si vous cherchez une voyante pour vous aider à placer vos pions avec trois coups d’avance, fiez-vous aux élections présidentielles américaines.

Les deux dernières en sont la preuve.

En 2016, les républicains souhaitaient favoriser le charbon, le pétrole, les mieux nantis, les armes à feu et le «Buy American». L’élection surprise de Trump a donc été très bénéfique pour les grandes sociétés multinationales inscrites en bourse. Leur taux d’imposition est passé de 35% à 21% seulement.

On a vite compris que cette économie fiscale est allée en bonus, en dividendes aux actionnaires et en rachat d’actions.

Sous l’administration Biden, on va avoir droit jusqu’en 2024 à ce que les démocrates ont promis: un vaste plan d’investissements dans les infrastructures qui avantagera l’adoption des énergies renouvelables et des solutions de développement durable.

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Ne tombez pas dans le panneau… solaire

Depuis l’assermentation de Joe Biden, les grandes sociétés financières ont aiguisé leurs crayons pour profiter de cette nouvelle manne à saveur ESG: Environnement, équité Sociale et saine Gouvernance. Trois thèmes certes très nobles, mais maintenant servis sous la forme des trios de chez McDo.

Il y a de vraies opportunités et des initiatives sincères, mais le marketing qui l’entoure commence à déraper.

L’engouement pour les solutions d’investissements de type ESG est tel que la Securities Exchange Commission, le gendarme financier américain, a dû s’en mêler pour calmer les ardeurs.

Le 9 avril dernier, la SEC a publié un communiqué de catégorie Risk Alert pour aviser le public des risques grandissants sur les investissements qui prétendent respecter les facteurs ESG:

  • «Cette croissance rapide de la demande, l’augmentation du nombre de produits et services ESG, et l’absence de définition standardisée et précise présentent certains risques. Par exemple (…) créer de la confusion chez les investisseurs (…)»

J’espère que l’AMF et l’OCRCVM, qui réglementent la distribution des produits et services financiers chez nous, suivront le pas et presseront l’industrie de simplifier les offres, préciser les définitions et adoucir le battage publicitaire.

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D’évidence, comme on dit en québécois, on «beurre épais» avec les solutions ESG.

En regardant quelques fonds de type ESG proposés par de grandes institutions canadiennes, j’ai trouvé, en trois ou quatre clics, des investissements en actions dans:

  • des pétrolières impliquées dans l’exploitation des sables bitumineux;
  • des banques présentes aux îles Caïmans;
  • des minières qui ont intoxiqué des populations du Chili à l’arsenic;
  • un conglomérat qui a secondé la junte militaire au Myanmar; et
  • une firme d’ingénieur qui a sciemment versé des pots-de-vin à des dictateurs.

Êtes-vous bien certain que votre fonds d’économie durable est aussi «juste et vert» qu’il le prétend?

Prenez le temps d’analyser les documents qu’on vous remet et posez beaucoup de questions. L’appellation ESG n’est pas contrôlée. Elle est très poreuse à toutes sortes d’exceptions.

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Vos FINANCES

Comment freiner la spéculation immobilière?

Publié le 9 avr. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Comment freiner la spéculation immobilière?

(Photo Unsplash)

  • Le marché immobilier au Québec affiche une vigueur jamais vue. On dirait une locomotive de TGV sans frein.
  • L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec s’en inquiète. Elle relève que le prix de vente des maisons unifamiliales dans la région de Montréal a augmenté de 32% entre mars 2020 et mars 2021.

En plus des nouveaux acheteurs et des courtiers, l’inquiétude gagne maintenant les banquiers. C’est plutôt rare: d’ordinaire, ils tirent profit des mouvements spéculatifs.

Le PDG de BMO Darryl White a dit mercredi dernier que les autorités doivent, d’urgence, planifier l’intervention qu’elles pourraient devoir faire, dans les prochaines semaines, pour calmer la surchauffe dans le marché immobilier.

Il craint que, lorsqu’une majorité de la population sera vaccinée, une robuste reprise économique s’ensuive et que le secteur immobilier vive alors une nouvelle poussée de croissance. Cela se terminerait probablement par un éclatement douloureux de la bulle immobilière.

Remèdes de cheval pour cupidité galopante

Il n’y a probablement pas UNE seule solution qui pourrait freiner la spéculation systémique immobilière; il faudrait plutôt un cocktail de remèdes.

L’objectif serait de ralentir l’appétit pour la surenchère et les transactions éclair, tout en continuant d’encourager l’accès à la propriété de manière prudente pour les jeunes familles qui ont besoin d’un toit pour élever leurs enfants.

Voici 3 idées qui sont sur la table des décideurs politiques;

1. Encadrer rigoureusement les transactions au comptant, par l’entremise de prêteurs privés et/ou au bénéfice de société-écran

Actuellement, un certain laxisme rend ces opérations très opaques. Rien ne permet de confirmer l’authenticité des acheteurs véritables ni leur capacité financière réelle.

Selon l’organisme Transparency international, c’est aussi par ces canaux que le crime organisé parvient à blanchir des sommes importantes au Canada.

> Découvrez nos autres articles consacrés à l’immobilier

2. Éliminer les avantages fiscaux sur le gain en capital pour les propriétés laissées vacantes pendant plus d’un an, et l’exemption pour gain sur une résidence principale occupée pendant moins de 5 ans

Un attrait important de la spéculation immobilière réside dans l’avantage fiscal que représente l’exemption d’impôt sur revente de la résidence principale.

Le gain en capital sur les résidences secondaires et les immeubles multilogements est aussi fort avantageux, puisque seulement 50% du gain en capital à la vente est imposable.

En mettant un impôt ou en augmentant l’impôt sur de nombreuses transactions qui ne correspondent pas à d’authentiques besoins de logement, on couperait l’herbe sous le pied aux spéculateurs.

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3. Réduire la portée des garanties de la SCHL

Présentement, deux tiers des hypothèques sont protégées par une assurance-hypothèque, et la majorité l’est par la SCHL, une société de la Couronne.

Par l’intermédiaire de la SCHL, TOUS les Canadiens se portent garants de la solvabilité des emprunteurs.

Cette situation singulière rend le Canada fortement vulnérable puisque l’activité immobilière représente 12% de notre PIB.

  • Les banques financent ces acheteurs, mais elles ne sont pas entièrement imputables des prêts qu’elles font.
  • Elles reportent le risque sur tous les contribuables canadiens.

Il faudrait établir un mécanisme pour que la SCHL ne garantisse jamais plus des deux tiers du capital emprunté.

Ainsi, les banques pourraient utiliser des ratios financiers plus réalistes pour analyser les demandes de prêts: non plus basés comme actuellement sur les revenus bruts des demandeurs, avant impôts – une anomalie, selon moi – mais sur leurs revenus nets.

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La moitié des Canadiens se disent à 200 $ près d’être insolvables

Publié le 8 avr. 2021
La moitié des Canadiens se disent à 200 $ près d’être insolvables

(Source: Pixabay)

  • 53% des répondants canadiens à un sondage d’Ipsos disent qu’ils sont à moins de 200 $ de ne pas pouvoir régler leurs factures mensuelles. Le pourcentage est en hausse de dix points depuis décembre et à un sommet de cinq ans.
  • 30% des répondants disent même qu’à la fin du mois ils n’ont généralement plus un sou en poche ou ne peuvent pas payer toutes leurs factures.

Pour plusieurs, l’aide gouvernementale liée à la pandémie s’est terminée avant de pouvoir reprendre le travail, ce qui explique la hausse du nombre de cas d’insolvabilité au pays.

25% des Canadiens se sont endettés davantage durant la pandémie, révèle par ailleurs la plus récente édition de ce sondage trimestriel d’Ipsos:

  • 14% ont réglé leurs factures grâce à leur carte de crédit;
  • 7% ont recouru à une marge de crédit; et
  • 3% ont contracté un prêt bancaire.
Alain McKenna
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Vos FINANCES

Pourquoi Warren Buffett a perdu sa touche magique

Publié le 2 avr. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Pourquoi Warren Buffett a perdu sa touche magique

Warren Buffett (image YouTube)

  • L’action de classe A de la société Berkshire Hathaway se négocie à près de 385 000 $US. Sa valeur boursière totale frôle les 600 milliards $.
  • Malgré ces chiffres étourdissants, la performance de celui qu’on surnomme l’Oracle d’Omaha perd du lustre: depuis 10 ans, le rendement moyen annuel du S&P 500 a été de 13,99%, tandis celui de Berkshire Hathaway (NYSE: BRK.A) a été de 11,74%.

Contrairement à la croyance populaire, Buffett n’a pas toujours obtenu des rendements positifs, ni très stables. Ses placements ont traversé des périodes de léthargie, et même des replis inquiétants.

  • Par exemple, en 1974, l’action de Berkshire Hathaway chutait de 49% pendant que le S&P 500 se contractait de 26%.
  • En 1990, elle perdait 23% alors l’indice ne baissait que de 3%.

Parce que les actifs de Berkshire Hathaway sont très concentrés dans quelques dizaines d’entreprises, sa volatilité est beaucoup plus grande que celle de l’indice de référence, qui représente 500 sociétés.

Dans le tableau ci-dessous, vous verrez quelques gestionnaires de fonds qui ont battu Buffett à plate couture.

Indice, titre ou fonds canadienGestionnaireRend. moyen annual. sur 10 ansDifférence / S&P 500
S&P 50013,99%*
Berkshire HathawayWarren Buffett11,74%*-2,25%
Fidelity Situations spécialesMark Schmehl14,73%+0,74%
Actions amér. grandes cap. MackenzieRobert Brookby19,91%+5,92%
Croiss. amér. Power DynamiqueNoah Blackstein21,13%+7,14%
Sciences et techno. TDJoshua Spencer24,84%+10,85%
Catég. de soc. Techno. mond. Signature CIJeremy Yeung26,14%+12,15%
Rendements calculés sur 10 ans, du 1er avril 2011 au 30 mars 2021. Rendements indiqués en dollars canadiens sauf les deux premiers, indiqués par *, qui sont en dollars américains. L’évolution du cours des changes peut expliquer une partie de la différence de rendement entre les fonds canadiens et l’indice S&P 500.

Ils ne sont pas si exceptionnels. En filtrant les résultats de la dernière décennie avec le logiciel Laboratoire Morningstar, j’ai repéré 707 fonds qui ont fait mieux que le rendement annuel moyen de Berkshire Hathaway.

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Le style valeur tire de l’arrière depuis 12 ans

Si Buffett s’est fait battre par des centaines de gestionnaires de la dernière décennie, c’est principalement en raison de son style de gestion.

Buffett achète en suivant une méthode fondamentale basée sur la recherche de titres au rabais selon plusieurs critères dont le ratio cours/bénéfice et cours/valeur comptable.

Mais investir dans des sociétés formidables en les payant à prix d’aubaine, ce n’est pas simple.

Ce sont plutôt les titres de croissance qui ont le vent dans les voiles depuis 2016. Aujourd’hui, les investisseurs sont prêts à payer très cher des actions ayant des ratios démesurés.

Depuis 4 ou 5 ans, si un gestionnaire qui prétend appartenir au «style valeur» a obtenu de TRÈS belles performances, c’est simplement qu’il a renié son mandat et a succombé à l’attrait des sociétés de croissance.

  • En dopant son portefeuille de Nvidia, Facebook, NetFlix, Alibaba, Docusign, LightSpeed, Tesla et autres stéroïdes du genre… il a pris un raccourci pour épater la galerie.

De quoi sera faite la prochaine décennie?

Comme mentionné dans une chronique précédente «Pourquoi le style valeur n’a pas dit son dernier mot?», je crois que Buffett et les grands gestionnaires qui ont une approche fondamentale pourraient bien renouer avec le succès dès cette année.

La réouverture progressive de l’économie favorise le style valeur et les titres de l’économie traditionnelle comme les banques, les compagnies d’assurances, le transport, les ressources naturelles, l’énergie, les infrastructures, l’industrie touristique et le commerce de détail.

Un portefeuille diversifié comprenant des titres de croissance ET des actions de valeur sera toujours plus stable, parce que les deux styles ne réagissent pas du tout de la même manière aux différentes étapes des cycles économiques.

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Vos FINANCES

L’inflation vous inquiète? Voici comment vous en protéger

Publié le 26 mars 2021
Fabien Major
par Fabien Major
L’inflation vous inquiète? Voici comment vous en protéger

(Image Pixabay)

  • En plus d’éroder votre pouvoir d’achat, l’inflation vous oblige à augmenter vos cotisations d’épargne retraite. Il faut donc s’en soucier.
  • Actuellement, on peut anticiper que l’inflation va s’accélérer. Cela devrait avoir un impact sur vos objectifs financiers et sur la répartition de vos placements.

L’inflation fait bien plus de dommages économiques à long terme que les pandémies.

C’est la bête noire des banques centrales. Elle peut avoir des effets dévastateurs sur le service de la dette des gouvernements et des familles.

Sur les 40 dernières années, le taux d’inflation moyen a été de 2,72% par an.

Vos placements doivent vous offrir un rendement au moins équivalent, ou vous allez vous appauvrir à petit feu.

Vous aurez beau peaufiner vos scénarios et changer de stratégies d’investissement au gré des saisons, si vous ne parvenez pas à dépasser le taux annuel de l’indice des prix à la consommation, votre épargne stagnera.

Impact direct sur vos objectifs financiers

Je dis souvent que le plus important, en planification financière, c’est de définir ses objectifs.

Battre les indices boursiers n’est pas, en soi, un objectif pertinent pour un investisseur.

  • Si le Dow Jones chute de -35% et que vous faites -34%, vous ferez mieux que l’indice, mais il n’y aura pas de quoi pavoiser.

Votre premier objectif doit plutôt être lié au niveau de vie que vous souhaitez avoir dans l’avenir en tenant compte de l’effet de l’inflation.

Le rendement annuel moyen que vous viserez dépendra de nombreux facteurs: vos économies, votre stabilité d’emploi, votre endettement et vos engagements financiers, votre âge, l’âge auquel vous souhaitez prendre votre retraite, vos sources de revenus présentes et futures, et votre tolérance à la volatilité.

Ainsi, un rendement cible de 5,4% sera peut-être approprié dans votre cas, alors que 4,2% sera suffisant pour votre voisin.

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Les assurances anti-inflation 

Étant donné que les taux directeurs sont au plancher et que les gouvernements ont injecté plusieurs billions de dollars pour soutenir l’économie, il est certain que l’inflation se manifestera un peu partout.

  • L’augmentation du prix des matériaux de construction en témoigne déjà.
  • Nous observerons le phénomène dans la majorité des secteurs.

Warren Buffett est d’avis que, pour défendre efficacement son capital contre les poussées inflationnistes, rien ne vaut les actions – surtout celles qui offrent de bons dividendes en croissance.

Suivant son raisonnement, il serait donc approprié d’augmenter maintenant la part des placements investie en actions au détriment des obligations. 

Quelle industrie a toujours offert la meilleure couverture contre l’inflation?

La plupart des investisseurs diraient les sociétés aurifères et l’or métal.

Pourtant, selon Mark Hulbert, chroniqueur du site américain MarketWatch, la bonne réponse est: le secteur de la santé.

Il base sa conclusion sur une étude de l’université Darmouth College qui a analysé la performance de 49 groupes industriels depuis 1926.

On ne devrait pas se surprendre de constater que les soins de santé l’emportent sur les autres secteurs pour couvrir l’inflation.

En effet, la demande de soins de santé est relativement à l’abri des pressions inflationnistes.

À l’exception de quelques soins de chirurgie esthétique, vous ne refuserez probablement pas de recevoir des soins médicaux parce qu’ils coûtent plus cher. Surtout, si vous avez une bonne couverture d’assurance.

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Vos FINANCES

Votre comportement d’investisseur pèse davantage sur vos rendements que les frais

Publié le 19 mars 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Votre comportement d’investisseur pèse davantage sur vos rendements que les frais

[photo: Lars Bo Nielsen | Unsplash]

  • Depuis son creux du 23 mars 2020, l’indice S&P 500 a connu une croissance de +77%.
  • Alors pourquoi de nombreux investisseurs n’ont-ils pas encore rattrapé les pertes subies il y a un an? Parce qu’un biais comportemental commun explique la piètre performance des investisseurs à long terme.

Depuis 20 ans:

  • l’indice Standard and Poor’s 500 a produit un rendement annuel moyen de 6,1%;
  • Un portefeuille équilibré contenant 60% d’actions et 40% d’obligations aurait rapporté en moyenne 5,6 % par an;
  • un portefeuille investi à 100% en obligations aurait rapporté 5% par an;
  • la croissance moyenne de la valeur des maisons a été de 3,4% par an.

Ces données sont tirées du plus récent Guide to the Markets de J.P. Morgan.

Mais les données les plus surprenantes qu’il contient concernent le rendement moyen des investisseurs.

La firme de recherche Dalbar a calculé que, pendant la même période des 20 dernières années:

  • l’investisseur moyen a obtenu un maigre 2,5% de rendement annuel;
  • tandis que l’inflation a grugé chaque année 2,2 % de son pouvoir d’achat.

Il n’est donc resté à l’investisseur moyen qu’un gain net famélique: seulement 0,3% par an.

Comment est-ce possible?

La différence entre le rendement de la bourse et celui de l’investisseur est d’autant plus surprenante que, depuis 20 ans:

  • l’économie a connu des périodes de prospérité extraordinaire; et
  • les frais de gestion des produits financiers ont beaucoup diminué.

La période choisie peut-elle expliquer l’écart?  

Non. Si on fait les calculs sur 30 ans, le rendement annuel moyen du S&P 500 est alors de 10%, mais l’investisseur moyen n’obtient, lui, que 4,1% par an.

Pourquoi l’investisseur perd-il 60% de la croissance que lui offre la bourse?

Le problème est dans la tête.

Selon les chercheurs de Dalbar, l’explication ne se trouve ni dans les produits financiers ni dans leurs frais, mais plutôt… dans le cerveau de l’investisseur.

L’investisseur moyen est incapable de laisser son portefeuille tranquille. Il a tendance à suivre les mouvements de la foule, à tomber en amour avec certains titres, à modifier son profil de risque selon le contexte.

  • Si la bourse monte, il devient plus téméraire.
  • Si la bourse plonge, il devient au contraire plus prudent.

C’est exactement le contraire de ce qu’on lui recommande de faire.

Et, à long terme, son comportement lui coûte très cher.

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Ne rien faire est parfois plus payant!

On appelle biais d’action ou de mouvement ce louvoiement de l’esprit qui pousse les gens à intervenir constamment. Que les marchés soient bons ou mauvais, ils se sentent obligés de faire des transactions même si ce n’est pas nécessaire.

On peut faire une analogie avec le comportement des gardiens de but au soccer.

Selon les statistiques, 80% des tirs de pénalité au soccer se soldent par un but.

  • Dans 29% des cas, le ballon entre au centre des buts.
  • Or, le gardien ne se trouve là que dans 6% des cas.

En moyenne, le gardien plonge, quelques fractions de seconde avant le tir, 49% des fois à droite et 45% à gauche.

S’il restait tout simplement sans bouger, au beau milieu de son filet, il arrêterait le ballon bien plus souvent.  

En finance, ne pas bouger est souvent plus payant.

C’est ce qu’il fallait faire en mars 2020. Et c’est certainement ce qu’il faudra faire lors de la prochaine correction boursière généralisée.

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Vos FINANCES

De l’immobilier à rabais… pour un temps limité

Publié le 12 mars 2021
Fabien Major
par Fabien Major
De l’immobilier à rabais… pour un temps limité

(Photo Unsplash)

  • L’immobilier vous intéresse vraiment, mais vous trouvez que la surchauffe dans le marché du grand Montréal n’a plus de bon sens? Voici une occasion intéressante, et temporaire:
  • La pandémie de Covid-19 a affecté sévèrement les actions des entreprises de l’économie traditionnelle. Parmi les plus touchées, on trouve les sociétés immobilières cotées en bourse. Le secteur est toujours en repli de -10% par rapport à l’an dernier. 

Je pense que, dans le secteur immobilier, les plus belles opportunités sont du côté des fiducies de placement immobilier (FPI, ou REIT pour Real Estate Income Trust en anglais).

Ce sont des investissements publics qui se négocient sur les grandes places boursières comme Toronto et New York.

N’allez pas les comparer aux actions ordinaires: ce sont de véritables investissements directs dans la brique et le mortier, dans des bâtiments de toutes sortes.

Vous avez déjà vu leur nom sur de grands édifices ou des développements commerciaux. Simon Property Group, Chartwell, Cominar, RioCan, Allied, Choice (Propriétés de Choix), Summit… ça vous dit quelque chose?

Les FPI sont partout autour de nous.

  • Certaines détiennent de grands immeubles locatifs – comme Canadian Appartment Properties, qui possède, entre autres, les pyramides du Village Olympique.
  • D’autres investissent dans des domaines spécialisés: la gestion foncière des forêts (Weyerhaeuser), les cliniques médicales et les hôpitaux privés (NorthWest Healthcare), les sites d’antennes émettrices de signaux cellulaires (American Tower Corporation) ou les centres de données (Equinix).

On peut les détenir directement, ou par le biais d’un fonds commun ou un FNB.

Voici quelques fonds immobiliers qui pourraient vous intéresser:

Rendement net depuis:

Fonds1 an3 ans5 ans 10 ans
United Cat. Immo. W2,4%7,0%6,9%10,1%
Fds immo. mond. Dynamique s. F1,9%7,5%6,3%9,2%
Fds Fidelity Immo. mond. s. F-2,9%5,8%4,9%9,1%
FNB de FPI can. CI First Asset (TSX: RIT)-2,9%7,8%9,3%10,5%
iShares S&P/TSX Capped REIT Index ETF (TSX: XRE)-5,4%6,5%7,4%7,3%
(Source : Morningstar, données du 28 février 2021)

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Mieux qu’un plex?

  • On peut détenir des fonds et des FNB immobiliers dans son REER, son CELI ou le REEE des enfants.
  • Ce que j’adore par-dessus tout est que ces fonds ne donnent pas les soucis qu’a un proprio avec la gestion des taxes, les rénovations et les toilettes à aller déboucher le samedi matin.
  • Les FPI et les fonds immobiliers se revendent en 24 h sans devoir passer par un agent ou chez le notaire.
  • Et surtout, au point de vue fiscal, les revenus des FPI sont beaucoup moins taxés que les revenus de loyers d’un multilogement, car il arrive qu’on reçoive des versements en remboursement de capital.

Le rendement annuel moyen à long terme de l’indice S&P/TSX Capped REIT Index de Toronto est supérieur à 9%.

En ce moment, la valeur marchande moyenne des FPI canadiens est en repli de -10% par rapport à 2020.

Comme les infrastructures, les fiducies de revenus immobilières appartiennent à la catégorie des actifs réels. Elles représentent un excellent outil de diversification puisqu’elles ne sont pas pleinement corrélées avec les actions ni avec les obligations.

Selon J.P.Morgan, depuis 20 ans, aux États-Unis, les FPI sont le secteur d’investissement le plus rentable avec un rendement moyen de 11,6% par an comparé, à 7,6% pour les petites capitalisations et 6,1% pour le S&P 500.

  • À titre de comparaison, depuis 20 ans, l’investisseur américain moyen a obtenu un rendement annuel moyen de 2,5% et l’inflation annuelle a été de 2,2%.

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Vos FINANCES

Qu’allez-vous faire de toutes vos économies après la pandémie?

Publié le 5 mars 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Qu’allez-vous faire de toutes vos économies après la pandémie?

(Photo Pixabay)

  • Les Canadiens ont économisé autant en 2020 que lors des sept années précédentes combinées. Leur taux d’épargne global sur l’année a été supérieur à 15%. Au pic de la première vague de la pandémie, il a même atteint 27,5%.
  • Résultat: ils nagent dans les surplus financiers. On estime à 212 milliards $ les sommes accumulées dans leurs comptes bancaires. Comment vont-ils s’en servir?

Ces bas de laine bien garnis sont le fruit d’une conjoncture rarissime.

D’abord, grâce aux généreux programmes gouvernementaux d’aides aux entreprises et aux travailleurs, le revenu disponible des ménages n’a pratiquement pas bougé par rapport à 2019.

Ensuite, les taux d’intérêt ont reculé à des niveaux jamais vus.

Enfin, les restrictions imposées par les autorités de la Santé publique ont beaucoup limité les dépenses. Moins de restos, de déplacements, de voyages, de spectacles, d’activités sportives, ça représente des milliers de dollars d’économie forcée par ménage.

Le chiffre de 212 milliards $ est étonnant et réjouissant. En plus, il s’est accumulé pendant que les familles dépensaient quand même de bons montants dans l’amélioration de leur foyer.

  • Les constructions neuves ont connu une croissance de 4,1% l’an dernier, tandis que les dépenses en rénovation ont augmenté de 4,8%.

La consommation sera au cœur de la reprise

Tranquillement, les mesures de confinement s’allègent et les Canadiens rêvent de retrouver un semblant de vie normale. On n’ose pas encore faire de grands projets, mais on peut parier que lorsque le signal sera donné, les idées ne manqueront pas pour dépenser ces surplus accumulés.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que les boutiques et magasins seront pris d’assaut.

Les salles de spectacles et les agences de voyages qui auront eu les reins assez solides vont renouer avec la prospérité.

Des milliers de célébrations de mariage, d’anniversaire, de promotion, de naissance et baptême, de graduation ou simplement de rassemblements familiaux de toutes sortes ont été annulés. On ne demande donc qu’un peu de liberté de mouvement pour les remettre à l’agenda!

Les restaurants, hôtels et salles de réception connaîtront un regain salutaire.

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Trois trouble-fêtes

Sans exclure une troisième vague de pandémie qui serait due à des variants de la Covid-19, quoi d’autre pourrait freiner la reprise économique en 2021 dans les secteurs les plus touchés l’an dernier?

Je vois trois éléments qui pourraient jouer aux «casseux de party». 

1. L’excès de prudence des citoyens.

La pandémie nous a appris à conserver un bon fonds de prévoyance. Certains pourraient être plus craintifs et conserveront des liquidités importantes. Trop importantes.

2. Une correction sévère des marchés financiers pourrait refroidir l’ardeur des consommateurs.

La spéculation boursière a séduit de nombreux Canadiens. En 2020, le nombre d’ouvertures de nouveaux comptes de courtage direct a bondi de 159%.

Ces investisseurs novices ont peut-être pris des risques excessifs qui pourraient éroder leur valeur nette et… leur capacité de dépenser. 

3. La forte dépendance de l’économie canadienne au secteur immobilier n’est pas sans conséquence.

Le prix médian de revente des habitations fracasse des records.

En payant trop cher leur demeure, les Canadiens manqueront peut-être de fonds pour bien s’installer et reporteront les achats de meubles, stores, électros, piscine et accessoires de jardin.

Mais le pire n’est pas certain. L’hypothèse la plus probable est que vous allez réinjecter votre argent dans l’économie, et nous en profiterons tous.

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Les consommateurs des principales économies de la planète ont accumulé une épargne combinée de 3700 milliards $ durant le confinement

Publié le 3 mars 2021
  • À eux seuls, les consommateurs américains ont mis de côté 1900 milliards $ durant les premiers mois de la crise de Covid-19. Cette somme équivaut à cinq fois la valeur du produit intérieur brut québécois.
  • La vigueur de la reprise économique mondiale post-Covid dépend en grande partie de ce que feront les consommateurs avec cette épargne, indique Bloomberg Economics, qui publie ces statistiques. Par exemple, si les Américains dépensaient d’ici la fin de l’année leur épargne accumulée depuis mars dernier, la croissance anticipée du PIB américain pour 2021 passerait de 4,6% à 9%.

Surprise: la santé financière des Canadiens s’est améliorée durant les neuf premiers mois de l’an dernier

Publié le 2 mars 2021
Surprise: la santé financière des Canadiens s’est améliorée durant les neuf premiers mois de l’an dernier

(Source: Unsplash)

  • La valeur moyenne du patrimoine des ménages canadiens a augmenté de 5,2% du début janvier à la fin septembre 2020. Sur cette période, selon Statistique Canada, il y a eu une augmentation à tous les niveaux de revenus et dans tous les groupes d’âge.
  • Les gens à faible revenu (+6,3%) et ceux âgés de moins de 35 ans (+7,7%) sont les groupes démographiques dont le patrimoine a pris le plus de valeur. Ce sont pourtant ceux qui ont subi le plus de pertes d’emploi en raison de la pandémie.

Trois facteurs expliquent l’amélioration généralisée de la santé financière des ménages canadiens:

  • la hausse de valeur prononcée de l’immobilier, bonne pour les propriétaires de logements;
  • la bonne performance de la bourse, bénéfique pour les gens qui détiennent des placements;
  • l’aide financière du gouvernement qui a dépanné les gens ayant perdu leur emploi durant la pandémie.

Sans aide gouvernementale, la valeur du patrimoine des ménages canadiens aurait quand même augmenté, mais de 3,6% au lieu de 5,2%.

L’aide gouvernementale a plus directement impacté les revenus.

  • Elle a surtout profité aux ménages à faible revenu. Grâce à elle, leur revenu disponible s’est accru de 34% en neuf mois.
  • Chez les ménages dont les membres sont âgés de moins de 35 ans – et dont certains ont reçu de l’aide gouvernementale, le revenu disponible a augmenté de 20%.

Le gouvernement a-t-il été trop généreux pendant la pandémie?

  • Statistique Canada observe que la valeur du soutien gouvernemental «a plus que compensé» pour les pertes encourues par les ménages qui ont été affectés négativement par la Covid-19.
Alain McKenna
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Vos FINANCES

Surchauffe immobilière: pensez à louer plutôt qu’acheter

Publié le 26 fév 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Surchauffe immobilière: pensez à louer plutôt qu’acheter

(Photo Unsplash)

  • Presque la moitié des Canadiens âgés entre 25 et 35 ans sont propriétaires de leur résidence, selon un sondage de Royal LePage. 25% de ces jeunes propriétaires ont acheté leur résidence PENDANT la pandémie.
  • Considérant l’explosion des prix de l’immobilier actuellement, est-il préférable d’acheter sa résidence ou de la louer?

Au Québec, le marché de l’immobilier était déjà vigoureux depuis plusieurs années. Mais en plus :

  • La pandémie a engendré une rareté des propriétés à vendre. On dénombre maintenant 30% moins de propriétés disponibles que la normale.
  • Les taux hypothécaires sont à des planchers historiques, ce qui encourage des acheteurs à en profiter et contribue aussi à augmenter le prix de vente.

Les prix augmentent, jusqu’à la surchauffe

Selon l’Association Professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le prix médian des unifamiliales dans la province a grimpé de 22% en un an pour atteindre 323 500 $ en janvier 2021.

Curieusement, on assiste à une surenchère dans bien des quartiers. De nombreuses résidences unifamiliales ou des condos ayant plus de trois chambres se vendent plus cher que le prix demandé. 

Par exemple, une amie qui habitait une coquette maison de ville à Laval a eu la surprise de sa vie.

  • Juliette avait acquis sa demeure au prix de 140 000 $ en 2009.
  • Le mois dernier, après divers échanges avec son agent immobilier, ils ont convenu que 320 000 $ serait un prix de revente juste.
  • En 48 heures, ils ont reçu 22 offres.
  • La modeste demeure s’est finalement vendue à 405 000 $, sans inspection ni conditions.

La faiblesse de l’inventaire des maisons unifamiliales et grands condos de deux chambres ou plus favorise l’augmentation des prix. 

Les jeunes achètent massivement 

Certaines conséquences des règles sanitaires ont motivé plusieurs jeunes à acheter, selon Royal LePage.

  • Des millénariaux qui vivaient chez leurs parents ou avaient un colocataire ont trouvé leur environnement inconfortable et trop encombré pour y faire du télétravail.
  • D’autres ont vu dans la pandémie une occasion d’accéder à la propriété.

La diminution involontaire des dépenses a augmenté les réserves financières de ceux qui n’ont pas perdu leur emploi.

Je crois également que des gains en bourse ou avec les cryptomonnaies ont pu enrichir certains 25-35 ans et contribuer à la mise de fonds nécessaire à la réalisation du rêve de devenir propriétaire.

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Cette surchauffe immobilière ne peut durer très longtemps.

Dans un tel contexte, il serait sage de réviser ses hypothèses et de reconsidérer la location.

Après tout, une demeure c’est d’abord une dépense de consommation qui vise le confort et le bien-être.

  • Oui, acheter une propriété peut générer de bons gains lors de la revente.
  • Mais avec des prix qui sont peut-être actuellement à un sommet, rien n’est moins sûr.  

Afin de valider vos scénarios, prenez le temps d’entrer vos données dans le calculateur Est-il préférable de louer ou d’acheter? de l’Autorité des marchés financiers. Vous verrez que, dans l’état du marché immobilier actuel, louer sa demeure est très souvent un meilleur choix économique.

Je vois plusieurs bonnes raisons de louer sa résidence plutôt que de l’acheter.

  • Le retour à la croissance économique laisse présager de bons rendements sur les investissements diversifiés. Vous pouvez louer votre résidence et placer ailleurs vos économies… qui feront des intérêts composés.
  • La pandémie va se terminer et le nombre des propriétés à vendre va augmenter. Nul doute que de nombreuses occasions se présenteront alors. Soyez patient.
  • Le vieillissement de la population favorise le déplacement des aînés vers les résidences pour personnes âgées. Ce sont autant de personnes qui quitteront le marché immobilier.

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Vos FINANCES

Les belles histoires du Fonds de la FTQ

Publié le 19 fév 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Les belles histoires du Fonds de la FTQ

[Photo: FTQ]

  • L’actif du Fonds de solidarité de la FTQ dépasse 15 milliards $. Son rendement annuel depuis sa création est de 4,4%. Il offre un avantage fiscal difficile à battre.
  • Avec un tel actif financier et réputationnel, et avec des performances aussi honorables, pourquoi raconter des demi-vérités quant à ses frais de gestion et son engagement dans l’économie durable?

Comme une majorité de travailleurs québécois, je suis actionnaire des fonds de syndicats. Ils offrent l’opportunité de soutenir l’économie d’ici.

En tant que planificateur financier, je recommande aux professionnels et aux entrepreneurs ayant un taux marginal d’imposition élevé de souscrire à ces fonds pour la première tranche de 5000 $ de leur contribution REER.

J’y vois quatre bonnes raisons:

  • le crédit d’impôt supplémentaire;
  • le fait que ces fonds constituent un bon outil de diversification;
  • le mécanisme d’«épargne forcée» à long terme qu’ils représentent pour les individus; et
  • le soutien que les capitaux investis par ces fonds apportent à l’économie du Québec.

Mais le marketing du Fonds ne se contente pas de ces avantages. Il pousse le bouchon plus loin.

Des fonds dispendieux, sans conseil

Là où je lève les sourcils, c’est lorsque je lis les publicités du Fonds FTQ et que j’entends ses porte-paroles tenter de laver plus blanc que blanc sur la place publique.

Les fonds de syndicats ne sont pas assujettis à la Loi des produits et services financiers du Québec qui est sous la coupe de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Quand les dirigeants du Fonds FTQ tentent de comparer la structure, les résultats ou le contenu de leurs fonds avec l’industrie financière, ils font presque toujours des comparaisons boiteuses. 

Exemple: dans les états financiers du fonds et sur son site web, la direction  dit que le Fonds FTQ se compare aux fonds communs de la catégorie «équilibrés neutres» et que ces fonds ont, en moyenne, un ratio de frais de gestion annuel de 2,00%.

Là, je décroche. La FTQ tente ici de faire croire qu’avec son ratio de charges opérationnelles totales de de 1,49%*, le Fonds FTQ est moins cher.

*Ratio annuel des charges opérationnelles totales pour l’exercice terminé le 31 mai 2020. Source: rapport de gestion intermédiaire du Fonds de solidarité de la FTQ au 30 novembre 2020.

C’est du patinage artistique.

  • Les employés du Fonds FTQ n’ont pas de permis de conseillers de l’AMF.
  • Ils n’offrent pas de services de répartition de portefeuille, d’assurances de personnes, de plans de retraite, de conseils fiscaux et successoraux.

Parce que leur produit vient sans conseil, il est donc beaucoup plus pertinent de comparer le Fonds FTQ avec les fonds «sans frais de service et sans commission». 

Auparavant, tous les fonds communs de placement incorporaient dans leurs frais de gestion des commissions qu’ils remettaient aux conseillers financiers qui vendaient ces produits, de sorte que conseillers offraient eux-mêmes leurs services «gratuitement» à leurs clients. Ces fonds «avec commissions» existent encore, et c’est à eux que le Fonds FTQ compare ses propres frais.

Pourtant, depuis des années, les conseillers fonctionnent principalement à honoraires, qu’ils facturent directement à leurs clients. 93% des nouvelles ventes se dirigent donc vers des fonds «sans frais de service et sans commission», soit les fonds communs de série F.

Or, selon Morningstar, la médiane des ratios de frais annuels des 8667 fonds de série F est de 0,99%.

À 1,49%, le fonds de la FTQ serait donc 50% plus cher, et non moins cher.

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Socialement responsable? En partie seulement

Les dirigeants du Fonds FTQ se qualifient d’«investisseurs socialement responsables». 

Ajoutons des bémols. Je veux bien croire que ce critère de responsabilité sociale s’applique au volet des investissements en capital de développement.

Mais c’est escamoter un gros morceau.

Le Fonds détient pour près de 7 milliards $ en placements qui ne sont pas des investissements directs dans des sociétés et PME québécoises.      

  • 44,6% de son actif est dans des titres financiers mondiaux.
  • On y trouve des pipelines et des producteurs d’énergie fossile comme Enbridge, Shell, Transcanada, AltaGas, Valeo, Tourmaline ou encore l’uranium de Cameco.      
  • Il y aussi des parts de sociétés comme McDonald, Starbucks, LVMH (Louis Vuitton), Banque Scotia, Heineken ou Ferrari.  

Comme on ne peut détacher le Fonds FTQ de sa partie «autres investissements»,  c’est donc avec un grain de sel qu’il faut recevoir ses prétentions liées à l’économie durable: vraies, mais en partie.

Comme un breuvage qui contient 55,4% de «vrai jus»!

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