Chine

Nouvelles et tendances concernant la Chine [voir aussi: Asie]

Trudeau s’inquiète de voir la Chine politiser les Jeux olympiques

Publié avant-hier
Trudeau s’inquiète de voir la Chine politiser les Jeux olympiques

(Source: Comité d’organisation des Jeux de Pékin / Xinhua / He Changshan)

  • Plusieurs médias rapportent que la Chine utilise des tests de dépistage qui détectent des infections à la Covid-19 remontant à plusieurs semaines. Par conséquent, un athlète pourrait s’avérer positif à son arrivée en Chine même s’il s’est déjà remis d’une infection.  
  • À 15 jours des JO de Pékin, Justin Trudeau a indiqué mercredi qu’il va «suivre» les préoccupations soulevées par les tests employés par Pékin. Le premier ministre espère que le gouvernement chinois permettra aux athlètes d’être à leur meilleur lors des épreuves.    

Tous les athlètes et les journalistes qui se rendent aux Jeux d’hiver de Pékin doivent avoir obtenu jusqu’à 5 résultats négatifs avant leur départ.  

Mais, selon de nombreux médias, le gouvernement chinois ne tient pas compte des tests réalisés à l’étranger.

Sur le même sujet: Jeux olympiques d’hiver à Pékin: quels risques prend la Chine?

Johanna Sabys
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Pékin laisse entendre que le Canada lui a envoyé Omicron

Publié le 17 janv. 2022
Pékin laisse entendre que le Canada lui a envoyé Omicron
  • La ville de Pékin n’a recensé officiellement qu’un seul cas de contamination au variant Omicron: une femme qui, selon le centre local de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, n’avait été en contact avec aucun porteur du virus et n’avait pas quitté la ville.
  • Mais le centre dit qu’elle avait reçu une lettre en provenance du Canada qui contenait des traces du variant Omicron. Il laisse entendre que cette lettre a introduit Omicron dans la capitale chinoise.

En conférence de presse, le directeur adjoint du centre a dit qu’on «ne peut pas exclure» que la femme ait contracté le virus en manipulant du courrier venant de l’étranger.

La version anglaise du Global Times, un journal appartenant à l’État chinois, a rapporté la nouvelle sous le titre: «Du courrier venu du Canada serait à l’origine du cas d’Omicron à Pékin, selon le centre de prévention des maladies de la ville».

Les réactions au Canada:

  • Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la Santé: «ce sont les experts qui doivent trancher sur cette question»;
  • Erin O’Toole, chef du Parti conservateur: «ridicule»;
  • la Dre Caroline Quach, pédiatre, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste au CHU Sainte-Justine, en entrevue à La Presse: «très, très, très, très peu probable»;
  • le Dr Colin Furness, expert en épidémiologie des maladies infectieuses à l’Université de Toronto, dans un courriel à CTV News: «ça ne semble pas du tout crédible».
Patrick Pierra
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Le MONDE en questions

Jeux olympiques d’hiver à Pékin: quels risques prend la Chine?

Publié le 14 janv. 2022
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Jeux olympiques d’hiver à Pékin: quels risques prend la Chine?

Le président chinois Xi Jinping en visite à l’Anneau national de patinage de vitesse à Pékin (Source: Comité d’organisation des Jeux de Pékin / Xinhua / Xie Huanchi)

  • Les prochains Jeux d’hiver se dérouleront du 4 au 20 février, malgré plusieurs appels à un report à cause de la vague Omicron. Plusieurs pays, dont le Canada et les États-Unis, ont décidé de les boycotter sur le plan diplomatique et accusent le gouvernement chinois de génocide contre la minorité ouïghoure.
  • À 3 semaines de l’ouverture des JO, le professeur Jean-Pierre Cabestan explique à InfoBref qu’il y aura certainement «de petits incidents» au cours de ces Jeux particuliers, mais que Pékin mettra «les bouchés doubles pour contrer toutes les critiques».

Comment Pékin contrôlera les cas de Covid aux JO?

Depuis 2020, la Chine gère la pandémie d’une main de fer.

Dès que le moindre cas d’infection est détecté, le gouvernement confine des quartiers et des villes entières.

  • À Xi’an, dans le centre du pays, 13 millions d’habitants sont confinés depuis 3 semaines après l’apparition d’une dizaine de cas fin décembre.

«Les Jeux vont être organisés dans une bulle», explique Jean-Pierre Cabestan, directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique de Paris et professeur de science politique à Hong Kong.

  • Il n’y aura personne pour encourager les athlètes dans les gradins.
  • Les journalistes n’auront aucun contact avec les sportifs.

En cas d’éclosion, «il faut s’attendre à ce que les cas soient cachés par Pékin», croit l’ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques.

  • «Le gouvernement chinois ne veut pas qu’on remette en question sa politique zéro Covid.»

«Pékin va s’appliquer à démontrer que les JO sont un grand succès, ajoute Guy Saint-Jacques. La Chine compte utiliser les Jeux à des fins de propagande.»

C’est une année importante pour le président chinois Xi Jinping.

  • «Il a consolidé son pouvoir comme jamais depuis Mao Zedong [le fondateur de la République populaire de Chine], note l’ancien ambassadeur.
  • Mais il a besoin d’un grand succès avant le 20e congrès du Parti communiste en octobre s’il veut obtenir un 3e mandat de secrétaire général du parti.» 

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Quel impact aura le boycottage diplomatique?

«Ce ne sera pas la même chose que le boycottage des Jeux de Moscou», souligne Jean-Pierre Cabestan.

  • En 1980, des dizaines de pays, menés par les États-Unis, avaient refusé de participer aux JO pour protester contre l’invasion de l’Afghanistan lancée en 1979 par l’Union soviétique.
  • Le mois prochain, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande se contenteront de ne pas envoyer de diplomates en Chine.

À Pékin, les athlètes seront là, «accompagnés par des officiels de rang plus ou moins élevé».

  • «Les sportifs feront peut-être des déclarations, dit le professeur Cabestan.
  • Ce sera intéressant de les voir s’aventurer sur le terrain diplomatique.»

Le gouvernement chinois «saura très bien instrumentaliser» les délégations présentes et ignorer celles qui ne sont pas là.

  • «La Chine s’occupe de tout le monde, athlètes et journalistes, dit-il, elle «les étreint tellement qu’elle les étouffe».

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Lors des derniers JO que la Chine a organisés, en 2008, le gouvernement chinois avait fait des promesses sur la liberté de la presse et l’accès à l’information, se rappelle Jean-Pierre Cabestan.

  • «Il les a tenues le temps des Jeux olympiques.» 

Aujourd’hui, le contexte politique est «extrêmement différent».

  • «La Chine s’est affirmée. Elle est plus autoritaire, plus puissante, plus inquiétante. D’ailleurs, Xi Jinping n’a fait aucune promesse, ce n’est pas son genre.»

«Pékin censurera tout ce qui ne lui plait pas, affirme Jean-Pierre Cabestan. Dès que la Chine est dans le collimateur, elle essaye d’imposer son récit.»

Tous les sujets qui fâchent le régime chinois – Tibet, Hong Kong, Ouïghours – seront certainement évoqués par les journalistes étrangers.

«Mais ce sera très compliqué pour eux: avec le contexte sanitaire, ils ne pourront pas s’aventurer n’importe où.»

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Entrevue

Le Canada veut resserrer ses liens commerciaux avec Taïwan

Publié le 11 janv. 2022
Le Canada veut resserrer ses liens commerciaux avec Taïwan

L’ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques

  • Le gouvernement fédéral a dévoilé lundi sa nouvelle «stratégie indopacifique». Ottawa veut développer ses relations commerciales en Asie au-delà de la Chine. Taïwan «est une partie importante» de cette stratégie. L’île est le sixième partenaire commercial du Canada en Asie.
  • Un rapprochement avec Taïwan comporte «certains risques», croit l’ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques. «La Chine sera fâchée, dit-il à InfoBref, mais c’est une excellente nouvelle». Taïwan est «un partenaire commercial fiable». C’est aussi «un grand producteur de microprocesseurs. Et nous en avons besoin».

La ministre du Commerce international Mary Ng a annoncé lundi qu’Ottawa discute avec Taïwan d’un accord sur la protection des investissements étrangers (APIE). 

Taïwan est «un partenaire clé en matière de commerce et d’investissement, dit-elle, au moment où le Canada élargit ses liens commerciaux et intensifie ses partenariats économiques dans la région indopacifique».

Les deux gouvernements disent vouloir continuer à travailler ensemble pour:  

  • consolider leur chaîne d’approvisionnement;
  • développer des débouchés commerciaux mutuellement avantageux; et 
  • renforcer leur collaboration en science, technologie, innovation, éducation, affaires autochtones et économie verte.

En 2020, la valeur des investissements directs du Canada à Taïwan a atteint 557 millions $, et celle des investissements taïwanais au Canada, 256 millions $.

Ottawa devrait aller plus loin, croit Guy Saint-Jacques, et soutenir la candidature de Taïwan dans l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP).

  • Le PTPGP est un accord de libre-échange entre le Canada et 10 pays de l’Asie-Pacifique: Australie, Brunéi, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam.
  • La Chine et Taïwan ont demandé à rejoindre le PTPGP en septembre. 

Le Canada devrait «voir d’un bon œil l’entrée de Taïwan dans l’Accord», dit-il.  

  • «Il pourrait dire que Taïwan est plus près de remplir les conditions d’entrées.» 
  • «Ce n’est pas le cas de la Chine: elle ne respecte pas ses engagements et utilise le commerce comme une arme pour punir les autres pays.»

Il est important «de diversifier notre commerce», souligne le diplomate, tant que la Chine ne sera pas «un partenaire plus fiable qui joue selon les règles du jeu».

Johanna Sabys
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La Chine accuse Elon Musk de menacer la sécurité de ses astronautes

Publié le 28 déc 2021
La Chine accuse Elon Musk de menacer la sécurité de ses astronautes

Elon Musk (Source: Daniel Oberhaus / Flickr)

  • Pékin affirme que la station spatiale chinoise a dû, à 2 reprises cette année, effectuer des manœuvres pour éviter une collision avec des satellites Starlink de la société SpaceX du milliardaire Elon Musk. SpaceX a envoyé dans l’espace plus de 1500 satellites Starlink pour fournir un service d’Internet à haute vitesse.
  • La Chine a adressé ses accusations contre les satellites américains au Bureau des affaires spatiales de l’ONU. Sur les réseaux sociaux, des Chinois s’en sont eux pris à Elon Musk en appelant au boycott des voitures électriques Tesla, constructeur fondé par le milliardaire et dont un quart des véhicules sont vendus en Chine. 

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Michael Kovrig et Michael Spavor sont «en liberté sous caution»

Publié le 9 déc 2021
Michael Kovrig et Michael Spavor sont «en liberté sous caution»

Michael Kovrig et Michael Spavor (Source: Twitter)

  • Les 2 Canadiens sont revenus au pays après avoir été «arbitrairement» détenus près de 3 ans en Chine, mais ils ne sont pas entièrement libres, a révélé mercredi soir sur CBC la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly. 
  • Lors de leur libération le 25 septembre, une porte-parole du gouvernement chinois a indiqué que les 2 Canadiens avaient été libérés «sous caution pour des raisons médicales».

En vertu du droit criminel chinois, leurs soucis judiciaires ne sont donc «pas encore réglés», explique Mélanie Joly.

Au lendemain de l’annonce du boycottage diplomatique des Jeux olympiques de Pékin, la ministre a assuré qu’Ottawa entend «trouver une solution» avec Pékin pour mettre fin à leurs ennuis judiciaires.

Les 2 Michael ont été libérés par Pékin juste au moment où la justice canadienne a laissé Meng Wanzhou rentrer en Chine. 

  • La directrice financière du géant des télécommunications Huawei n’avait jusque-là pas le droit de quitter le Canada depuis son arrestation il y a 3 ans.

Le Canada soutient que les 2 Canadiens ont été emprisonnés «arbitrairement» comme mesure de rétorsion à l’arrestation de Meng Wanzhou.

Johanna Sabys
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Le Canada n’enverra pas de diplomates aux JO de Pékin

Publié le 8 déc 2021
Le Canada n’enverra pas de diplomates aux JO de Pékin

(Source: Unsplash)

  • Justin Trudeau a annoncé mercredi que son gouvernement boycottera les Jeux olympiques de Pékin. Ottawa suit ainsi les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui ont annoncé plus tôt cette semaine qu’ils n’enverront pas de diplomates en Chine en février prochain. 
  • Ces boycottages diplomatiques visent à dénoncer le génocide contre les Ouïghours dans la province de Xinjiang. Le premier ministre a dit qu’il était «profondément troublé» par les violations des droits de la personne commises par le gouvernement chinois.

300 milliards d’euros pour contrer l’influence de la Chine

Publié le 1er déc 2021
300 milliards d’euros pour contrer l’influence de la Chine

La présidente de la Commission européenne Ursula von der leyen (Source: Commission européenne)

  • L’Union européenne prévoit 434 milliards $ pour financer des projets d’infrastructures à travers le monde d’ici 2027. Cette nouvelle stratégie vise, sans l’afficher, à concurrencer les grands projets d’infrastructures chinois des Nouvelles Routes de la soie lancées en 2013 par Pékin. 
  • Selon la Commission européenne, ce nouveau programme Global Gateway a pour objectifs de développer des liens «intelligents, propres et sûrs» dans les domaines du numérique, de l’énergie et des transports; renforcer les systèmes de santé, d’éducation et de recherche; et relever des défis mondiaux, comme la crise climatique et la sécurité sanitaire. 

Joe Biden et Xi Jinping n’ont pas réglé leurs contentieux

Publié le 16 nov. 2021
Joe Biden et Xi Jinping n’ont pas réglé leurs contentieux

(Source: Ambassade de Chine en France)

  • Les présidents américain et chinois ont discuté pendant 3h30, dans la nuit de lundi à mardi, mais les deux hommes sont restés campés sur leurs positions. 
  • À propos de Taïwan, Biden a rappelé à son homologue que les États-Unis «s’opposent fermement» à toute tentative «unilatérale de changer le statu quo ou de porter atteinte à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan». Xi a, lui, conseillé aux États-Unis de «ne pas jouer avec le feu» [explications sur le conflit entre la Chine et Taïwan dans notre chronique Monde du 29 octobre]. 

À quoi ressemblera la déclaration finale de la Cop26?

Publié le 10 nov. 2021
À quoi ressemblera la déclaration finale de la Cop26?

L’émissaire américain pour le climat John Kerry (Source: Cop26)

  • Les États-Unis et la Chine se sont engagés mercredi, dans une déclaration commune, à prendre des mesures concrètes d’ici 2030 pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C d’ici la fin du siècle.
  • La présidence britannique de la Cop26 veut «garder en vie» l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Mais, à quelques heures de la clôture de la conférence, la version préliminaire de la déclaration finale de la Cop26 ne remplit pas encore cet objectif. 

Les États-Unis et la Chine s’allient pour le climat

Les 2 superpuissances affirment qu’elles vont poursuivre leurs efforts pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, grâce à des mesures ambitieuses dans les 10 prochaines années.

Leur accord prévoit notamment: 

  • de réduire les émissions de méthane; 
  • de protéger les forêts; et 
  • de renoncer progressivement au charbon. 

Mais leur déclaration commune ne comporte aucune date ou engagement chiffré. 

La version préliminaire de la déclaration finale de la Cop26 invite les pays à: 

  • renforcer leurs engagements nationaux;
  • réduire rapidement et fortement les émissions mondiales de GES – avec comme objectif une réduction des émissions de CO2 de 45% en 2030 par rapport au niveau de 2010; 
  • accélérer la fin du charbon et des financements aux énergies fossiles; 
  • remplir la promesse de réunir 100 milliards $US par an pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques; et 
  • doubler les fonds consacrés aux mesures «d’adaptation», qui représentent un quart de l’aide accordée à ces pays – les 3 autres quarts visent à réduire leurs émissions. 

Cette version sera amendée d’ici la version finale attendue vendredi.

Johanna Sabys
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Qui sont les 10 pays plus gros pollueurs de la planète?

Publié le 31 oct. 2021
Qui sont les 10 pays plus gros pollueurs de la planète?

(Source: Ralf Vetterle / Pixabay)

  • Le Global Carbon Project a utilisé les données les plus récentes sur les émissions mondiales de carbone pour dresser un classement des plus gros pollueurs. 
  • D’après les données de 2019, la Chine est en tête. Elle émet maintenant presque 2 fois plus de CO2 que les États-Unis qui arrivent seconds.  
PaysÉmissions de GES en MT* de CO2Population
1) Chine 10 175 1,433 milliard
2) États-Unis5 285329 millions
3) Inde 26161,366 milliard
4) Russie 1678146 millions
5) Japon 1107127 millions
6) Iran 78083 millions
7) Allemagne 702 83 millions
8) Indonésie 618 271 millions
9) Corée du Sud 611 51 millions
10) Arabie saoudite 582 34 millions
Source: Carbon Atlas du Global Carbon Project. 
* Mégatonnes

Le Canada vient tout juste de sortir du classement

  • Il arrive désormais en 11e position – en 2019, il a émis 577 mégatonnes de CO2.  
  • En 2018, le Canada était en 9e position avec 587 MT de CO2. 
Johanna Sabys
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Le MONDE en questions

Conflit entre la Chine et Taïwan: y a-t-il une solution?

Publié le 29 oct. 2021
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Conflit entre la Chine et Taïwan: y a-t-il une solution?

(Source: Rovin Ferrer / Unsplash)

  • La tension est actuellement très vive entre la Chine et l’île de Taïwan. «Dans un avenir prévisible», Taïwan peut se défendre, avec l’aide des États-Unis, par une «dissuasion conventionnelle», explique à InfoBref Jean-Pierre Cabestan, directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique de Paris et professeur de science politique à Hong Kong.
  • Mais à terme, selon lui, «la seule solution serait que Taïwan accepte l’existence de deux entités dans l’enveloppe chinoise».

D’où vient le conflit?

Pékin considère l’île comme une province chinoise et espère faire accepter ce statut à Taïwan. La Chine ne reconnaît pas la survie de l’ancienne République de Chine à Taïwan, après la guerre civile chinoise et la fuite sur l’île du gouvernement de l’époque.

  • La République populaire de Chine a été fondée sur le continent en 1949.
  • De son côté, la République de Chine, qu’on appelle communément Taïwan, continue d’exister depuis cette date de façon officieuse et sans obéir à Pékin.

La Chine aura les moyens d’envahir Taïwan en 2024.

L’armée chinoise est beaucoup plus crédible qu’avant, selon le professeur Cabestan: 

  • Pékin a renforcé son outil militaire, ses forces maritimes et aériennes.
  • D’ici 2024, ou peut-être avant, le pays aura les moyens de reprendre Taïwan en 3 temps, croit-il: «salve de missiles, blocus maritime, puis invasion».

Taïwan ne peut pas se défendre sans l’appui américain.

La présidente de Taïwan Tsai Ing-wen disait encore mercredi à CNN qu’elle fait «confiance» aux États-Unis pour défendre son île face à la Chine.

  • Or, le Taiwan Relations Act n’est qu’une loi du Congrès qui prévoit un soutien pour renforcer la défense de Taïwan afin de maintenir la stabilité dans le détroit.
  • Ce n’est pas un traité de défense qui obligerait les États-Unis à intervenir en cas de conflit armé.

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Les Américains sont crédibles dans leur dissuasion.
Les Chinois pourraient penser qu’après l’Afghanistan, les États-Unis n’ont plus envie de s’engager, dit Jean-Pierre Cabestan.

  • «Mais Taïwan ce n’est pas l’Afghanistan: les Américains y ont des bases et une stratégie de défense.»
  • Ce serait difficile pour eux de ne pas intervenir, dit-il. 

Les Américains entretiennent «une coopération quotidienne et dense de sécurité avec Taïwan», affirme le professeur.

  • On sait qu’ils ont sur place des douzaines d’instructeurs militaires et une base d’entretien des F16 taiwanais, détaille-t-il. 

Le risque d’une guerre directe entre la Chine et les États-Unis, deux puissances nucléaires, semblent limités, croit-il. 

Mais la Chine s’impatiente:

  • Elle a lancé «une guerre psychologique;
  • s’adonne à des gesticulations militaires croissantes;
  • mène une opération de désinformation; et
  • tente de capter les élites de Taïwan».

Le seul moyen de dissuader les Chinois est de maintenir «une défense crédible», soutient le professeur.

  • «La Chine doit comprendre que toute aventure militaire aura un coup énorme», souligne-t-il.
  • Le futur ambassadeur américain à Pékin, Nicholas Burns, a d’ailleurs affirmé devant le Congrès que la meilleure solution serait de vendre plus d’armes à Taïwan pour renforcer ses défenses et en faire un adversaire coriace.

Les États-Unis auront-ils les moyens de maintenir un rapport de force favorable à Taïwan?
À long terme, ce n’est pas certain, croit le professeur.

  • «Les États-Unis risquent de se trouver dans une situation difficile», notamment à cause de la taille de la marine chinoise, de son aviation et de la distance des bases américaines.
  • Washington demandera peut-être à Taïwan «d’accepter un compromis».

Ce compromis pourrait être «d’accepter l’existence de deux entités dans l’enveloppe chinoise» – donc, de réintégrer officiellement la Chine, en échange d’un statut particulier.

[Pour aller plus loin: lisez Demain la Chine: démocratie ou dictature? de Jean-Pierre Cabestan, disponible sur Amazon et le site de la librairie Gallimard à Montréal]

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