Commerce international

Alliance internationale contre la Chine: le Canada est pris par surprise

Publié le 17 sept. 2021
Alliance internationale contre la Chine: le Canada est pris par surprise

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau avec le président chinois Xi Jinping lors d’une rencontre en 2016 [Source: Twitter]

  • Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont signé un pacte de sécurité pour contrer l’influence militaire et politique croissante de la Chine dans la région Indo-Pacifique.
  • Le Canada, habituellement proche de ces 3 pays, a été exclu de l’entente. Des responsables gouvernementaux ont dit au Globe and Mail qu’Ottawa n’avait pas été consulté ni avisé à l’avance de la signature de ce pacte.

L’objectif du pacte: contrer les visées expansionnistes de la Chine en mer de Chine méridionale.

  • En bordure de Taïwan, du Viêt Nam et des Philippines, cette mer est riche en ressources naturelles et c’est une route commerciale importante.
  • La Chine y revendique la quasi-totalité de sa superficie et rejette les revendications des autres pays riverains. 

Le pacte prévoit:

  • un plus grand partage d’informations dans les domaines de l’intelligence artificielle, la cyberdéfense et la défense sous-marine; et
  • une aide des États-Unis et du Royaume-Uni à l’Australie pour qu’elle achète des sous-marins à propulsion nucléaire, ce qui lui permettrait d’effectuer des patrouilles sous-marines plus longues. 

Le Canada est-il mieux en dehors de ce pacte? 

Peut-être, puisque cette exclusion évitera au Canada de dégrader davantage ses relations diplomatiques avec la Chine.

  • Elles s’étaient tendues avec l’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, fin 2018 à l’aéroport de Vancouver. 
  • Elles ont pris un autre coup dur le mois dernier, lorsque le Canadien Michael Spavor a été condamné à 11 ans de prison par un tribunal chinois, pour espionnage et divulgation illégale de secret d’État. Justin Trudeau avait qualifié cette condamnation d’«absolument inacceptable et injuste».
Félix Côté
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Après le refus de GNL, Legault veut d’autres projets pour le Port de Saguenay

Publié le 12 août 2021
Après le refus de GNL, Legault veut d’autres projets pour le Port de Saguenay

(Source: Émilie Nadeau / Twitter)

  • François Legault a annoncé hier la construction d’un convoyeur électrique qui permettra de transporter des marchandises du quai aux entrepôts dans le Port de Saguenay. Québec et Ottawa investissent chacun 33 millions $ dans ce projet.  
  • Le premier ministre en a profité pour lancer un appel aux entreprises qui souhaiteraient se lancer au Saguenay. Legault a souligné que son gouvernement protégera l’environnement, mais pas «aux dépens» de l’emploi. 

Le premier ministre était au Saguenay pour la 1re fois depuis le refus du projet de GNL Québec le mois dernier. 

Le futur convoyeur électrique permettra

  • de transporter sans camion des marchandises entre le quai et les espaces industriels du port; 
  • d’améliorer le rendement des installations portuaires; et 
  • de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Legault défend les projets au Saguenay

  • Le premier ministre a assuré hier aux entreprises et aux entrepreneurs qu’aucun autre gouvernement ne leur offrirait plus «d’incitatifs» et ne les aiderait davantage à réaliser leurs projets. 
  • François Legault a dit qu’il faut dans les prochaines années «donner un coup de barre pour créer des emplois de qualité», en défendant les projets miniers et industriels en cours de développement dans la région. 
  • Selon lui, la protection de l’environnement ne doit pas empêcher de créer des emplois. 

Les projets industriels et le développement des activités portuaires prévus devraient augmenter le trafic maritime commercial dans la rivière Saguenay. 

  • Or, selon le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), «tout accroissement du trafic maritime» irait à l’encontre des efforts effectués pour protéger les bélugas.
  • Selon Parcs Canada, l’accroissement du trafic dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent pourrait même «compromettre la capacité du parc à respecter son mandat».
Johanna Sabys
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Ottawa a conclu une entente de principe avec les agents frontaliers

Publié le 8 août 2021
Ottawa a conclu une entente de principe avec les agents frontaliers

(Source: Facebook)

  • Le gouvernement fédéral s’est entendu vendredi sur les grandes lignes d’un contrat de travail avec l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Syndicat des douanes et de l’immigration.
  • Cette entente a mis fin à la grève du zèle entreprise la même journée en matinée par les agents frontaliers – 3 jours avant la réouverture aujourd’hui de la frontière aux Américains pleinement vaccinés.

Les 9000 employés des services frontaliers étaient sans contrat de travail depuis 2018.

  • L’entente conclue couvre une période de 4 ans (de 2018 à 2021) et prévoit des augmentations salariales moyennes de 2% par an. 
  • Les 2 parties ont également convenu de la mise en place d’un comité national mixte qui se penchera sur le climat de travail toxique.
  • Les syndiqués ont aussi obtenu une indemnité de repas annuelle pour les membres qui portent l’uniforme. 

La grève a provoqué des ralentissements à la frontière. 

  • Plusieurs points d’entrée ont été touchés, dont les aéroports canadiens, les postes frontaliers et les services postaux. 
  • Le mouvement aurait pu compromettre la réouverture aujourd’hui de la frontière aux Américains qui ont reçu leurs 2 doses de vaccin anti-Covid. 

À partir du 7 septembre, tous les étrangers entièrement vaccinés – avec des vaccins approuvés par Santé Canada – seront à nouveau autorisés sur le sol canadien. 

Félix Côté
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Les syndiqués des services frontaliers canadiens votent la grève

Publié le 27 juil 2021
Les syndiqués des services frontaliers canadiens votent la grève

(Source: Facebook)

  • Les 9000 syndiqués des services frontaliers ont voté en faveur d’une grève, selon l’alliance et le Syndicat des douanes et de l’immigration, qui n’a cependant pas révélé les pourcentages des résultats du vote.  
  • La grève doit commencer le 6 août, ce qui pourrait compromettre la réouverture de la frontière canadienne aux visiteurs pleinement vaccinés – cette réouverture est prévue le 9 août pour les Américains et le 7 septembre pour les résidents des autres pays. 

Les syndiqués, qui sont sans contrat de travail depuis 3 ans, réclament :

  • un assainissement de leur climat de travail; et
  • la parité de leurs conditions avec le personnel des forces de l’ordre à travers le pays.

Une grève pourrait avoir plusieurs impacts négatifs sur l’économie canadienne. 

  • Selon le Syndicat, une grève pourrait ralentir le trafic aux frontières, la livraison du courrier, et la perception des droits et taxes sur les produits importés.
Félix Côté
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Bayer a demandé à Ottawa de rehausser les limites permises de glyphosate

Publié le 25 juil 2021
Bayer a demandé à Ottawa de rehausser les limites permises de glyphosate

[Source: Unsplash]

  • C’est Bayer, une multinationale agrochimique, qui a demandé au gouvernement fédéral de lancer une consultation publique, toujours en cours, pour modifier les seuils permis de glyphosate sur les noix et les légumineuses importées au Canada. 
  • Le glyphosate est un puissant herbicide – probablement cancérigène, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bayer le commercialise sous le nom de Roundup par l’entremise de sa filiale Monsanto.

Bayer souhaite que le Canada assouplisse ses règles.

Elle prétend que cette demande vise à «faciliter le commerce international» des denrées qui contiennent des résidus de glyphosate.

  • C’est ce que dit un courriel qu’elle a envoyé à Radio-Canada, qui a découvert que la multinationale était à l’origine de l’initiative du gouvernement. 
  • Bayer propose que les normes canadiennes soient abaissées à celles de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et à celles du Codex Alimentarius de l’OMS.

Les Canadiens avaient initialement jusqu’au 20 juillet pour commenter la proposition de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire – qui est d’augmenter de 2 à 4 fois, selon les denrées, la limite maximale permise de résidus de glyphosate. 

  • Mais le gouvernement a repoussé au 3 septembre la date limite pour présenter des commentaires. 
Félix Côté
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Le Canada pourrait concurrencer le canal de Panama? De plus en plus probable, selon des scientifiques

Publié le 10 juil 2021
Le Canada pourrait concurrencer le canal de Panama? De plus en plus probable, selon des scientifiques

[Source: Unsplash]

  • Selon un rapport produit par des scientifiques d’Environnement Canada et publié dans la revue Nature Climate Change, le réchauffement climatique pourrait bientôt permettre l’ouverture de plusieurs routes maritimes commerciales dans le nord du pays, ce qui permettrait de relier les océans Atlantique et Pacifique. 
  • Actuellement, le canal de Panama en Amérique Centrale est la route la plus directe pour relier les deux océans. 

Un réchauffement global de 2 °C par rapport à l’époque préindustrielle permettrait de naviguer entre 100 et 200 jours par année sur la mer de Beaufort, au nord du Yukon, qui donne accès au passage du Nord-Ouest reliant les deux océans.

Advenant une augmentation de 4 °C, cette zone serait accessible entre 200 et 300 jours par an. [Pour aller plus loin: Impact of 1, 2 and 4 °C of global warming on ship navigation in the Canadian Arctic]

Félix Côté
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Washington augmente la pression pour modifier les quotas laitiers du Canada

Publié le 25 mai 2021
Washington augmente la pression pour modifier les quotas laitiers du Canada

(Source: Unsplash)

  • Les États-Unis vont mettre sur pied un groupe de règlement des différends – un mécanisme prévu dans l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) – pour examiner le système canadien de quotas sur les produits laitiers.  
  • Selon Washington, ce système de gestion de l’offre empêche actuellement les producteurs laitiers américains de vendre équitablement leurs produits aux consommateurs canadiens. 

Le gouvernement américain estime que le système canadien des quotas, tel qu’il est appliqué, va à l’encontre des principes de l’ACEUM.

Les quotas tarifaires font en sorte que les importations de lait au Canada sont limitées et davantage taxées que la production canadienne. 

De plus, une part des importations laitières doit être destinée aux transformateurs. 

  • Washington dit que cela empêche injustement les agriculteurs américains de vendre directement leur production laitière aux consommateurs canadiens. 

Il y a eu des discussions sur le sujet entre Washington et Ottawa. 

Mais les États-Unis ne sont pas satisfaits des résultats et ils montent d’un cran leur contestation des quotas, en créant maintenant un groupe de règlement des différends – un mécanisme qu’ils utilisent pour la première fois.

Il faudra au moins un mois pour désigner les membres du groupe. 

Le groupe devrait ensuite rendre son rapport d’ici la fin de l’année.

Félix Côté
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Les entreprises canadiennes, américaines et mexicaines veulent un marché nord-américain plus intégré

Publié le 6 avr. 2021
Les entreprises canadiennes, américaines et mexicaines veulent un marché nord-américain plus intégré

(Source: Wikimedia)

  • L’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACÉUM) entre à peine en vigueur que des représentants du monde des affaires des trois pays demandent aux gouvernements de revisiter l’entente pour profiter de la croissance économique post-pandémique.
  • Dans une lettre publique, le Conseil canadien des affaires, le Business Roundtable des États-Unis et le Comité des gens d’affaires du Mexique encouragent les gouvernements à mieux soutenir la création de chaînes d’approvisionnement nord-américaines et l’établissement d’une économie numérique continentale.

L’ACÉUM contient des mesures pour réduire la corruption, régler rapidement les litiges commerciaux et faciliter les échanges électroniques. Mais il faut aller plus loin, croient les trois organismes. Selon eux:

  • les trois pays devraient avant tout harmoniser leurs mesures sanitaires pour accélérer la réouverture des frontières entre les trois pays;
  • les trois marchés doivent demeurer ouverts et «favoriser les échanges commerciaux dans les secteurs de l’énergie et de l’innovation»; et
  • les chaînes d’approvisionnement nord-américaines devraient être favorisées plutôt que de s’approvisionner ailleurs, notamment en Asie. 

L’Amérique du Nord doit être «plus compétitive» si elle compte profiter de la forte croissance économique anticipée au cours des prochaines années, conclut la lettre.

  • Elle recommande aux trois pays de créer rapidement un comité pour élaborer d’ici la fin de l’année une politique continentale en vue d’améliorer la productivité et la compétitivité des trois économies nationales.
Alain McKenna
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Le canal de Suez n’est plus entièrement bloqué

Publié le 28 mars 2021
  • Le navire-cargo Ever Given a pu être partiellement redressé ce lundi matin, après s’être retrouvé coincé en diagonale à cause de vents violents mardi dernier. L’arrière du navire est maintenant à plus de 100 mètres de la berge, et les autorités espèrent qu’une partie du trafic va pouvoir reprendre aujourd’hui.
  • Selon le fournisseur de services maritimes Leth Agencies, plus de 300 navires se sont retrouvés bloqués à cause du Ever Given. 

Le gouvernement investit 500 millions $ pour relancer les exportations des entreprises québécoises

Publié le 3 mars 2021
Le gouvernement investit 500 millions $ pour relancer les exportations des entreprises québécoises

(Source: Ministère des Finances du Québec)

  • Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a présenté un plan de cinq ans qui vise à accroître de 18 milliards $ la valeur annuelle des exportations du Québec.
  • Québec cible les PME et les grandes entreprises qui exportent déjà et celles qui souhaiteraient le faire. En plus des 253 millions $ déjà prévus en crédits d’impôt dans le budget provincial 2020-2021, Investissement Québec obtient une enveloppe de 250 millions $ pour investir dans des projets prometteurs. 

Le plan d’action pour la relance des exportations a deux objectifs:

  • rattraper le chemin perdu durant la pandémie;
  • faire croître les exportations à plus long terme pour que leur valeur passe de 46% à 50% du PIB du Québec.

Les entreprises exportatrices bénéficieront:

  • d’une aide financière directe;
  • d’un meilleur accompagnement de la part des organisations sectorielles;
  • de «nouveaux outils» pour mieux cibler et toucher une clientèle étrangère.
Alain McKenna
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Quel sera l’impact au Canada de la directive de Biden de limiter les achats du gouvernement américain aux produits et services américains?

Publié le 25 janv. 2021
Quel sera l’impact au Canada de la directive de Biden de limiter les achats du gouvernement américain aux produits et services américains?

Joe Biden (Source: Wikimedia)

  • Joe Biden a signé hier soir un décret qui limite l’approvisionnement des agences gouvernementales américaines auprès de fournisseurs étrangers.
  • Pour le Canada, l’enjeu est énorme: les agences gouvernementales américaines achètent annuellement pour 500 milliards $ de produits et services, soit l’équivalent de toutes les exportations canadiennes aux États-Unis réunies.

La mesure centrale de ce décret est la création d’une agence fédérale qui analysera chacun des contrats octroyés par le gouvernement, pour s’assurer que ses fournisseurs respectent les quotas de contenu américain exigés.

  • Son rôle sera de réduire le nombre d’exemptions qui permettraient d’acheter auprès de fournisseurs étrangers.

Des entreprises québécoises et canadiennes qui comptent le gouvernement des États-Unis parmi leurs plus importants clients pourraient être touchées.

  • CGI, le fournisseur montréalais de services TI, a pour plus de 3 milliards $ en contrats annuels avec les agences gouvernementales américaines.
  • Les deux tiers des exportations militaires canadiennes s’en vont aux États-Unis, dans le cadre de contrats octroyés par l’armée américaine.
  • Des firmes d’ingénierie comme SNC-Lavalin ont des contrats de service qui valent plusieurs milliards de dollars dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures.

Tout n’est pas perdu pour autant. 

  • Le décret du président Biden hausserait la part du contenu américain dans les futurs appels d’offres, mais il compte respecter les exemptions existantes qui ont été négociées par le Canada au fil du temps.
  • Le gouvernement américain a dit qu’il respecterait les directives de l’Organisation mondiale du commerce sur les appels d’offres. Ces directives exigent des pays signataires, dont le Canada et les États-Unis, qu’ils tiennent des appels d’offres ouverts aux entreprises des autres pays membres.

Alain McKenna
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Analyse POLITIQUE

La diplomatie canadienne sous l’ère Biden: quels défis pour Trudeau?

Publié le 22 janv. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
La diplomatie canadienne sous l’ère Biden: quels défis pour Trudeau?

Joe Biden et Justin Trudeau (photo Bureau du premier ministre)

  • La diplomatie Canada-États-Unis retrouve son cours normal depuis l’intronisation du président Joe Biden. Déjà s’estompe la pénible parenthèse de Donald Trump.
  • L’espoir d’un nouveau départ exprimé par Justin Trudeau a vite été tempéré par un rappel amical du nouveau président que Washington demeure celui qui donne la note.

La relation qu’entretiendront le Canada et les États-Unis sera bien différente désormais. Donald Trump n’avait cure de ce voisin et de son premier ministre envers qui il aimait être méprisant.

La conception de Joe Biden de cette relation est tout à l’opposé.

  • Les États-Unis sont un «grand-frère» pour le Canada.
  • Un grand-frère qui, dit-il, peut parfois être «insupportable et arrogant», façon de rappeler au petit-frère que celui-ci ne peut tout avoir.

Le décret présidentiel sur le projet Keystone XL, signé par le nouveau président tout juste après son assermentation, était justement une façon de rappeler que les impératifs américains prévaudraient toujours.

À son premier jour à la tête de son pays, il lui fallait rassurer les progressistes au sein de la coalition qui a assuré son élection, peu importe ce qui en coûterait au Canada.

Le «petit-frère» s’est rendu à la volonté du «grand-frère». Il a mis de côté toute idée de vouloir infléchir cette décision. Tout comme il avait plié lorsque Donald Trump avait décrété la renégociation de l’Aléna.

L’intérêt du Canada est de choisir ses batailles.

Choisir celles où il a beaucoup à gagner, comme l’assouplissement du Buy American Act: les entreprises d’ici ont les yeux rivés sur ce vaste programme de relance de près de 2000 milliards $ annoncé par le nouveau président, et elles veulent avoir le droit de participer aux appels d’offres publics.

L’administration Biden ne sera pas moins protectionniste que les précédentes.

Cette volonté s’est renforcée sous Donald Trump. La pensée du nouveau président se résume en quelques mots. «Made in America» signifie acheter américain et créer des emplois américains.

Signe de sa nouvelle diplomatie, Joe Biden a accordé au Canada son premier échange avec un chef de gouvernement étranger. Une façon de mettre un baume sur la blessure d’amour-propre infligé au Canada avec ce décret sur Keystone XL, et d’entreprendre sur un ton positif un dialogue pour réamorcer le partenariat de l’époque de l’administration Obama.

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Des intérêts convergents existent entre les deux pays. Encore faut-il vouloir les voir.

Les plus évidents sont au plan économique.

Les accords successifs de libre-échange ont intégré les deux économies. Elles ont tout sauf besoin de nouvelles barrières. Ce qui est «Made in Canada» est devenu nécessaire aux États-Unis pour maintenir la chaîne d’approvisionnement qui fonctionne de manière continentale.

Mais on le voit moins bien de Washington lorsque la crise menace, comme c’est le cas aujourd’hui.

La lutte aux changements climatiques doit, elle aussi, se mener sur une base continentale. C’est ce qu’a signalé le nouveau président américain avec la mise au rancart du projet Keystone XL. C’était une invitation au Canada à le suivre.

Comme toujours, il y aura un risque élevé de rencontrer des difficultés sur la route de la diplomatie entre ces deux pays. Pas encore le temps de sabler le champagne. La différence avec les années précédentes viendra de l’amitié retrouvée.

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