Immigration

Nouvelles, données, tendances et débats concernant l’immigration au Québec et au Canada [voir aussi dans InfoBref: Emploi, Langue française, Loi 96 – projet de réforme linguistique de la loi 101, Pénurie de main d’œuvre]

Contre la pénurie de main-d’œuvre: 2 fois plus d’étrangers et des procédures simplifiées

Publié le 10 janv. 2022
  • Les employeurs de plusieurs secteurs choisis par le Québec, dont le commerce de détail, l’hébergement, la restauration et la santé, peuvent depuis lundi embaucher jusqu’à 20% de travailleurs étrangers temporaires, et non plus 10% [détails sur le site du Ministère du Travail]. 
  • Les démarches des entreprises seront également plus rapides grâce à un assouplissement du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Québec et Ottawa doivent allonger au cours des prochains mois la liste des professions visées par ce processus d’embauche simplifié.

Québec investit pour mieux reconnaitre les compétences des immigrants

Publié le 7 déc 2021
Québec investit pour mieux reconnaitre les compétences des immigrants

Le ministre du Travail Jean Boulet (Source: son compte Twitter)

  • Le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration Jean Boulet a présenté hier un plan de 130 millions $ sur 2 ans pour faciliter la reconnaissance des compétences des immigrants.
  • «L’immigration fait partie d’un ensemble de solutions» pour lutter contre la pénurie de main d’œuvre, a indiqué Jean Boulet.  

Le ministre juge «inadmissible» que des «immigrants professionnels soient incapables de travailler dans leur champ d’expertise, par manque de reconnaissance de leurs compétences professionnelles».

Québec prévoit 6 mesures:

  • la prospection pour trouver de nouveaux bassins de recrutement où la formation professionnelle s’apparente à celles au Québec;
  • le soutien financier et l’accompagnement des organismes de réglementation et des ordres professionnels;
  • l’accompagnement personnalisé des personnes immigrantes dans leurs démarches de reconnaissance de compétences; 
  • le financement de formations d’appoint et de stages;
  • un soutien financier aux personnes immigrantes en démarche de reconnaissance des compétences; et
  • un soutien des employeurs québécois dans leur évaluation des études effectuées à l’étranger, notamment grâce à un outil en ligne pour comparer les diplômes étrangers.
Félix Côté
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Le MONDE en questions

Migrants: l’Union européenne doit-elle clôturer ses frontières?

Publié le 18 nov. 2021
Johanna Sabys
par Johanna Sabys
Migrants: l’Union européenne doit-elle clôturer ses frontières?

[crédit photo: Markus Spiske / Unsplash]

  • «Absolument pas», répond sans hésiter à InfoBref le professeur en droit international public de l’Université McGill François Crépeau, ancien Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme des migrants. «Au contraire, dit-il, l’Europe s’est même engagée à faciliter la mobilité.»
  • La question divise aujourd’hui les pays européens. La Commission européenne refuse fermement de financer des murs aux portes de l’UE, mais plusieurs États membres le demandent en coulisses, et le président du Conseil européen l’envisage.

Début novembre, la situation s’est tendue aux frontières européennes lorsque des milliers de migrants venus du Moyen-Orient se sont massés à la frontière polonaise.

Un afflux créé par la Biélorussie.

La Pologne et les instances européennes ont formellement accusé la Biélorussie d’avoir orchestré cette crise aux portes de l’Europe pour se venger de sanctions occidentales contre son régime autoritaire.

  • Une source au Conseil européen a confirmé à InfoBref que cet afflux de migrants n’a jamais été perçu comme un problème migratoire et qu’il s’agit bien d’une «attaque hybride».  

«C’était un chantage évident», affirme le professeur Crépeau.

Il dénonce toutefois «une instrumentalisation de la vie humaine indigne de l’UE».

  • Au-delà du conflit avec la Biélorussie, «sauver des vies auraient dû être la priorité» des pays européens.
  • Au moins 12 migrants sont morts de froid, souligne-t-il, parce que l’Europe ne les a pas laissé entrer. 

L’Europe ne doit pas «s’emmurer»,dit le professeur Crépeau.

«Elle s’est même engagée à faciliter la mobilité. Mais ce n’est pas ce qu’elle fait en ce moment ni ce qu’elle prévoit de faire dans les 10 prochaines années.» 

Le problème, dit-il, c’est qu’aucun politicien ne mettra sa carrière en jeu en prenant des engagements pro-migrants.

  • «Comment gagner des voix en favorisant l’immigration? lâche-t-il, les migrants ne votent pas et les citoyens s’en fichent.»
  • «Le seul électorat mobilisable sur l’immigration, c’est celui de l’extrême droite qui n’a qu’un seul agenda: voter contre.»

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La Commission européenne s’oppose aux murs.  

  • «L’Union européenne a été divisée par des murs dans le passé», rappelle une source à la Commission européenne, qui est un peu l’équivalent du gouvernement de l’Europe.
  • «Pour la Commission, c’est une position de longue date que les barbelés et les murs ne sont pas financés par le budget de l’UE.»

Mais elle n’empêche pas les États d’en ériger

Les États membres ont la responsabilité d’effectuer le contrôle aux frontières et il leur appartient de déterminer comment le faire.

Le droit de l’UE n’exclut pas d’utiliser des barrières physiques aux frontières, confirme la même source. 

En fait, reconnaît-elle, cela a déjà été fait par certains États membres.

  • La Pologne, par exemple, a dressé des barbelés le long de sa frontière et prévoit de construire un mur sur plus de 100 km.

Mais ces barrières ont été financées au niveau national.

Les fonds de l’UE sont, eux, seulement utilisés «pour renforcer les capacités de contrôle aux frontières des États membres».

Dans le dernier cadre financier européen (2021-2027), 6,4 milliards d’euros ont été alloués aux États pour financer des équipements de surveillance électronique, des véhicules de patrouille ou des images par satellite des infrastructures critiques.

«C’est la gestion des frontières que nous soutenons», a assuré mardi soir dans un discours la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, sans mentionner une seule fois les murs ni les barbelés.

«Sur la Question migratoire, la Commission est prisonnière du fait que l’initiative est au Conseil européen», observe le professeur Crépeau.

(Le Conseil européen réunit les chefs d’État des 27 membres de l’UE et veille aux intérêts des pays.)

  • «Sur la plupart des sujets, la Commission a l’initiative législative. Mais aujourd’hui, en matière migratoire, elle fera ce que le Conseil estime politiquement adéquat», croit-il. 
  • La Commission sait pourtant très bien que l’immigration n’est pas une menace, plutôt une richesse, témoigne-t-il, mais elle est incapable de l’affirmer.

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Le Conseil européen croit que l’UE pourrait financer des murs.

Le président du Conseil, Charles Michel, a reconnu le mois dernier que cette question avait été abordée lors d’un sommet européen, le 22 octobre à Bruxelles.

  • «Quelques États membres ont présenté une lettre en ce sens, et la possibilité de financer la construction de barrières physiques a été discutée», confirme une source au Conseil européen.
  • «Un bon nombre d’États membres considèrent que ce serait bien, et il ne s’agit pas seulement des États qui sont aux frontières de l’Europe.»

Juridiquement, la décision reviendrait à la Commission.

Charles Michel souhaite qu’une décision soit prise bientôt sur ce sujet important.

Il faut clarifier, a-t-il dit, si l’UE peut montrer sa solidarité aux pays qui sont en première ligne en les aidant à protéger leurs frontières nationales qui sont aussi les frontières européennes.

  • À l’intérieur de l’espace Schengen – qui regroupe 26 pays européens – il n’y a pas de frontières.
  • Les frontières extérieures de l’UE sont donc, en effet, des frontières de certains de ses États membres.

Les migrants, eux, ne participent pas au débat, déplore le professeur Crépeau. 

  • Dans tous les pays, dont le Canada, «ils remplissent un rôle important dans la société, mais ne sont pas reconnus comme des acteurs sociaux.»

«Les lois d’immigration sont faites par des politiciens non migrants, pour les non-migrants qui votent pour eux.»

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Le marché de l’emploi est en crise: il faut agir, plaident les employeurs québécois

Publié le 13 nov. 2021
Le marché de l’emploi est en crise: il faut agir, plaident les employeurs québécois

(Source: Unsplash)

  • Le marché québécois de l’emploi perd plus de travailleurs qu’il n’en gagne, déplorent d’une même voix 6 organisations d’employeurs du Québec. 
  • Pour résoudre le problème de pénurie de main d’œuvre, le regroupement, dont font partie le Conseil du patronat du Québec et l’Union des municipalités du Québec, demande au gouvernement de reconnaitre «la crise» de la main-d’œuvre et propose d’adopter une série de solutions. 

La pénurie de main d’œuvre au Québec s’explique, selon les six organisations, principalement par:

  • le vieillissement de la population; et 
  • l’immigration insuffisante.  

Les employeurs proposent que le gouvernement adopte des mesures pour:

  • retenir les travailleurs âgés plus longtemps sur le marché du travail; 
  • encourager les femmes, les travailleurs expérimentés, les personnes LGBTQ+, les Premières Nations, les personnes handicapées et les personnes judiciarisées à entrer ou revenir vers le marché du travail;
  • simplifier le processus d’immigration;
  • aider les PME à former les nouveaux travailleurs; et
  • aider les entreprises à se doter d’équipements performants.

Le gouvernement doit présenter une mise à jour économique le 25 novembre prochain. 

Félix Côté
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Le Québec accueillera jusqu’à 70 500 immigrants l’an prochain

Publié le 28 oct. 2021
Le Québec accueillera jusqu’à 70 500 immigrants l’an prochain

(Source: Unsplash)

  • Le gouvernement Legault conserve sa cible d’immigration pour 2022: il compte toujours accueillir entre 49 500 et 52 500 nouveaux arrivants.
  • Dans son plan d’immigration présenté aujourd’hui à l’Assemblée nationale, Québec prévoit néanmoins d’y ajouter les 18 000 personnes qui n’ont pas pu être admises en 2020 à cause de la crise sanitaire. 

Ce rattrapage «permettra d’atténuer certaines répercussions socioéconomiques engendrées par la pandémie», croit la ministre de l’Immigration Nadine Girault. 

  • Les nouveaux arrivants supplémentaires pourraient «répondre aux besoins du Québec en matière de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs-clés», dit-elle. 

Le Québec attend presque 47 000 immigrants économiques

  • Ce total comprend 33 900 immigrants économiques attendus dans le programme régulier, soit 65% du nombre annuel des nouveaux arrivants; 
  • plus 12 700 admissions supplémentaires à cause du rattrapage.

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Le Conseil du Patronat salue cette annonce «inattendue»

«On est surpris et heureux», dit Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du Patronat du Québec. 

  • Le CPQ presse le gouvernement depuis longtemps pour qu’il rehausse les seuils d’immigration économique afin de combler les besoins de main-d’œuvre à travers le Québec. 

Mais le «vrai défi» sera la réduction des délais

Le gouvernement doit «s’assurer que la machine administrative est en mesure de répondre aux attentes fixées», souligne Karl Blackburn. 

  • «Les délais actuels de traitement des demandes sont anormalement longs.» 
  • «On n’est pas plus avancé si les nouveaux arrivants doivent affronter des retards interminables», craint Karl Blackburn.
Johanna Sabys
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Afghanistan: les vols d’évacuation des Canadiens ont repris

Publié le 21 août 2021
Afghanistan: les vols d’évacuation des Canadiens ont repris

Un avion CC-177 Globmaster des forces armées canadiennes utilisé en Afghanistan (Source: Gouvernement fédéral)

  • Un avion militaire a évacué 188 personnes de Kaboul vendredi, pour ensuite se poser au Koweït. C’était le premier vol canadien à quitter le pays depuis que les talibans ont pris le contrôle de la capitale afghane le 15 août.
  • Le Canada dispose de peu de temps pour faire sortir le plus de gens possible du pays. 

À l’heure actuelle, 4500 militaires américains protègent l’aéroport de Kaboul.

  • Les États-Unis doivent normalement se retirer du pays le 31 août. 
  • Le président Joe Biden a assuré hier que les États-Unis rapatrieront tous leurs ressortissants d’Afghanistan – tout en reconnaissant qu’il ne pouvait garantir le résultat final de cette évacuation.

Plus de 18 000 personnes ont été évacuées par avion depuis la prise de la capitale par les talibans, selon l’Otan.

Le Canada s’est engagé à accueillir 20 000 réfugiés afghans.

  • Au moins 1000 réfugiés sont déjà arrivés. 
  • Mais les efforts d’évacuation des pays occidentaux se concentrent en priorité sur leurs ressortissants. On ignore combien d’Afghans pourront être évacués.
Félix Côté
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Trois quarts des entreprises québécoises ont un poste vacant depuis au moins 3 mois

Publié le 9 juil 2021
  • Selon un sondage de la Fédération des chambres de commerce du Québec qui porte sur les principaux enjeux liés à la main-d’œuvre et à l’immigration, 3 entreprises sur 4 auraient des postes vacants affichés depuis plus de 90 jours. De plus, 86% des entreprises québécoises sondées disent manquer de main-d’œuvre.  
  • 90% de la communauté d’affaires pense que l’immigration est une solution pour pallier la pénurie de main-d’œuvre.

Le poids démographique de Montréal va diminuer au profit des régions qui l’entourent

Publié le 19 juin 2021
  • L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié une mise à jour de ses prévisions démographiques pour le Québec. 
  • L’ISQ projette une forte croissance de la population immigrante. Elle se ferait surtout au profit des régions adjacentes de Montréal.

D’ici 2041:

  • le poids démographique des Laurentides dans la population québécoise augmenterait de 7,4% à 8%; 
  • celui de Lanaudière augmenterait de 6,1% à 6,5%; et
  • Laval et la Montérégie auraient aussi une croissance plus rapide que la moyenne.

Au contraire, le poids de Montréal diminuerait légèrement, de 24,1% à 23,9%.

5 régions plus éloignées de la métropole compteraient moins d’habitants en 2041 qu’en 2020:  

  • la Côte-Nord (-13 %)
  • le Saguenay–Lac-Saint-Jean (-6 %)
  • le Bas-Saint-Laurent (-5 %)
  • la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (-4 %)
  • l’Abitibi-Témiscamingue (-1 %)

L’ISQ projette que la population québécoise, qui compte actuellement de 8,6 millions de personnes, atteindra le cap des 10 millions un peu avant 2066. 

Félix Côté
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Le Québec n’accueillera pas plus d’immigrants cette année

Publié le 14 juin 2021
  • La ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration Nadine Girault a indiqué que le gouvernement ne compte finalement pas hausser le seuil du nombre d’immigrants cette année.
  • Québec prévoit seulement un rattrapage pour accueillir les immigrants qui ont dû repousser leur arrivée à cause de la pandémie. 

La ministre répondait ce matin au président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) Michel Leblanc. Elle a annoncé que:

  • le gouvernement ne modifiera pas sa planification antérieure; et
  • les seuils d’immigration ne passeront pas à 60 000, comme le souhaitent la CCMM et le Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Le ministre du Travail Jean Boulet estimait pourtant fin avril qu’une révision du seuil d’immigration était «incontournable».

Mais «la CAQ pense que le Québec a déjà atteint sa capacité d’intégration».

  • C’est ce qu’a affirmé vendredi dernier sur Twitter François Legault.

Il n’y aura donc pas de consultations publiques cet été, a précisé Nadine Girault.

  • La priorité du gouvernement, dit-elle, est d’abord de négocier avec Ottawa au sujet des travailleurs étrangers temporaires.

Dans son plan actuel, Québec prévoit d’accueillir d’ici la fin de l’année jusqu’à 47 000 immigrants.

  • Les 7000 résidents permanents qui n’ont pas pu être accueillis l’an dernier s’ajoutent à ces prévisions.
  • Québec envisage pour l’instant d’accueillir l’an prochain jusqu’à 52 000 immigrants. 

Pour aller plus loin: La politique d’immigration de la CAQ vise-t-elle la bonne cible? (analyse de Bernard Descôteaux)

Johanna Sabys
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Analyse POLITIQUE

La politique d’immigration de la CAQ vise-t-elle la bonne cible?

Publié le 7 mai 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
La politique d’immigration de la CAQ vise-t-elle la bonne cible?

[Crédit photo: Warren Wong | Unsplash]

  • Changement de cap inattendu en immigration: François Legault veut qu’elle contribue à la hausse du salaire moyen au Québec. Priorité sera donnée désormais aux candidats aptes à occuper les emplois les mieux rémunérés.
  • Ce changement est mal accueilli. Les entreprises, les régions, les organismes humanitaires et les partis d’opposition espéraient une vision plus ouverte de la politique d’immigration.

Le premier ministre n’a jamais caché son «obsession» pour le salaire moyen. Il croit, grâce à elle, pouvoir créer de la richesse et assurer le rattrapage économique du Québec par rapport au reste du Canada.

Pour des «emplois bien payés», atteignant et dépassant 56 000 $ par année, il est prêt à mobiliser tout l’appareil  gouvernemental.

Cette fois, c’est l’immigration qu’il veut mettre à contribution.

Sa déclaration d’il y a une semaine a créé une onde de choc.

Les milieux économiques espéraient que l’immigration puisse participer, au lendemain de la pandémie, à combler les quelque 140 000 postes qui demeurent vacants.

  • Or, pour la majorité, ces postes ne sont pas dans la catégorie de ceux que vise le premier ministre.
  • Les milieux d’affaires lui reprochent de mal comprendre les besoins de main-d’œuvre des entreprises.

Dans les cercles politiques et les groupes sociaux, on voit dans les déclarations de François Legault une dérive qui oublie les fonctions sociales et culturelles de l’immigration.

  • Aux yeux du premier ministre, l’accueil des réfugiés a le défaut de freiner la hausse du salaire moyen au Québec au lieu d’y contribuer.

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Le Québec n’a jamais voulu de l’immigration massive que pratique le Canada.

S’il avait accepté comme les autres provinces les quotas fixés par Ottawa, il aurait eu à intégrer quelque 75 000 nouveaux arrivants cette année.

Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement de la CAQ a rejeté une telle perspective.

  • Même la cible de 51 000 immigrants du gouvernement Couillard lui est apparue trop élevée.
  • Il l’a ramené à 40 000.

Ce pas de recul devait permettre de revoir l’ensemble des opérations d’accueil des immigrants pour assurer leur intégration à la société québécoise.

«En prendre moins, mais en prendre soin», disait alors le ministre Simon Jolin-Barette.

Graduellement, le Québec revient à la cible de 51 000 immigrants.

  • Pour l’année en cours, on prévoit en recevoir entre 44 500 et 47 500.
  • S’y ajouteront 7000 autres pour rattraper le retard pris l’an dernier en raison de la pandémie.

L’approche du gouvernement est celle du «juste milieu», selon l’ expression de l’économiste Pierre Fortin.


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Au-delà des objectifs économiques, l’immigration sert des fins socio-démographiques propres au Québec, telles que:

  • la francisation des nouveaux arrivants. L’immigration doit contribuer à maintenir le poids démographique des francophones. Seulement 59% des immigrants ont une connaissance du français; et
  • la régionalisation de l’immigration, pour atténuer les effets démographiques de la concentration des nouveaux arrivants à Montréal.

La volonté de faciliter le recrutement des «meilleurs talents» exigera certains compromis.

Ces «meilleurs talents» n’ont généralement pas la connaissance du français souhaitée.

On assouplira les exigences à cet égard en contrepartie d’un engagement à apprendre cette langue.

Dans les domaines où ces personnes pourraient exercer leurs talents, en technologie de l’information par exemple, la réalité est que le lieu de travail se trouvera dans un grand centre, et non en région, et que la langue de travail sera l’anglais.

L’obsession qu’entretient le premier ministre pourrait entraîner des glissements non souhaités par la population québécoise.

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Québec va réduire ses exigences sur le français pour les immigrants recherchés

Publié le 5 mai 2021
Québec va réduire ses exigences sur le français pour les immigrants recherchés

La ministre de l’Immigration Nadine Girault (Source: Twitter)

  • Le gouvernement Legault veut offrir des cours de français aux travailleurs étrangers dont le profil est recherché, au lieu d’exiger qu’ils maîtrisent la langue avant d’arriver au Québec.
  • La ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration Nadine Girault a reconnu que le gouvernement veut avant tout accueillir «les meilleurs talents», notamment dans le domaine des technologies de l’information, même s’ils ne parlent pas français. 

Le gouvernement pourrait revoir les exigences du Québec dans la sélection de ses immigrants. 

Québec est en train de négocier avec Ottawa sur la question du français, a indiqué Nadine Girault lors de l’étude des crédits de son ministère à l’Assemblée nationale.

«On va s’assurer d’aller chercher les bonnes personnes […] pour bénéficier à nos entreprises ici, et leur offrir la francisation par la suite», dit-elle.

  • Dans certains secteurs, reconnaît-elle, «il est très, très difficile d’attirer ici des gens qui parlent déjà le français».

Le gouvernement envisage d’ouvrir des programmes réservés aux immigrants non-francophones.

  • Ces candidats devront néanmoins s’engager à apprendre le français pour obtenir leur certificat de sélection du Québec.

Aujourd’hui, la connaissance du français n’est pas obligatoire pour immigrer. 

  • Mais elle offre un sérieux avantage aux immigrants.
  • Dans le Programme des travailleurs qualifiés, elle permet aux candidats qui maîtrisent le Français d’obtenir jusqu’à 16 points sur les 50 points nécessaires.

L’an dernier, le gouvernement avait déjà lancé un projet pilote réservé aux non-francophones qui travaillent dans l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, Nadine Girault a indiqué que son ministère pressait le gouvernement fédéral d’octroyer la résidence permanente aux 51 000 immigrants déjà sélectionnés par le Québec.

  • Cette année, la province devrait accueillir entre 44 500 et 47 500 personnes – auxquelles devraient s’ajouter 7000 immigrants pour un rattrapage de l’an dernier.


Johanna Sabys
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Legault maintient ses propos sur l’immigration

Publié le 4 mai 2021
Legault maintient ses propos sur l’immigration

François Legault (Source: Bureau du premier ministre)

  • François Legault «ne regrette pas» ce qu’il a dit aux membres du Conseil du patronat il y a quelques jours. 
  • Le premier ministre a confirmé hier qu’il souhaitait pourvoir en priorité les postes les mieux rémunérés pour faire augmenter le salaire moyen. 

Québec veut combler les 32 000 postes vacants payés plus de 56 000 $ par an. 

Interrogé par l’opposition à l’Assemblée nationale, Legault a dit hier que le niveau du salaire moyen est «un sérieux problème». 

  • «On ne va pas faire exprès de l’empirer», a-t-il dit, en soulignant qu’il ne pouvait pas aider les entreprises qui veulent embaucher à 15 $ de l’heure. 

En janvier 2020, le niveau du salaire moyen en Ontario était 8,4% plus élevé qu’au Québec. 

  • «Mon objectif, a dit Legault, c’est de ramener [l’écart] à zéro».