Langue française

Le Parti québécois veut élargir la loi 101 aux cégeps

Publié le 18 avr. 2021
  • Les membres du Parti québécois ont adopté hier, lors de la dernière journée de leur Conseil national, une mesure proposée par l’aile jeunesse du parti qui prévoit d’étendre la loi 101 au niveau collégial.
  • Le PQ prévoit désormais dans son «projet national» d’appliquer la Charte de la langue française jusqu’aux classes de cégeps. Cela impliquerait qu’un étudiant francophone ou de langue maternelle étrangère ne pourrait pas choisir d’étudier en anglais au niveau collégial. 

Ottawa demande à l’Ontario d’agir face aux coupures de programmes à l’Université Laurentienne

Publié le 13 avr. 2021
Ottawa demande à l’Ontario d’agir face aux coupures de programmes à l’Université Laurentienne

La ministre des Langues officielles Mélanie Joly (Source: Wikimedia)

  • La ministre des Langues officielles Mélanie Joly demande au gouvernement Ford de dévoiler «son plan» pour protéger la deuxième université bilingue de l’Ontario, qui a dû recourir à la Loi sur les arrangements avec les créanciers.
  • Au total, près de 70 programmes doivent être supprimés dans l’établissement ontarien, dont 28 en langue française. Justin Trudeau a affirmé hier que le gouvernement fédéral «sera là pour aider», mais que c’est à l’Ontario d’établir la marche à suivre. L’éducation postsecondaire est un champ de compétence provinciale.

Une PME sur deux est opposée à la francisation obligatoire des entreprises

Publié le 12 avr. 2021
  • Selon un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), près de 56% des PME québécoises sont opposées à rendre obligatoire la francisation des entreprises de moins de 50 employés.
  • 65% des chefs d’entreprise interrogés affirment que l’anglais est nécessaire dans leur entreprise, notamment pour exporter dans les autres provinces ou à l’international, souligne le vice-président Québec de la FCEI François Vincent. Les dirigeants de PME recommandent d’autres mesures, comme faciliter l’accès à des cours de francisation pour les employés.

Montréal annonce un plan d’action pour promouvoir davantage le français

Publié le 22 mars 2021
  • La mairesse de Montréal Valérie Plante a présenté une vingtaine d’actions que la Ville compte prendre pour valoriser la langue française.
  • Montréal presse les six arrondissements qui n’ont pas encore obtenu de certificat de francisation de l’Office québécois de la langue française (OQLF) de se conformer aux critères fixés par l’Office. Le plan d’action prévoit un accompagnement et un soutien aux entreprises. La Ville compte également s’assurer qu’à Montréal, les réunions diplomatiques et les événements internationaux se tiennent majoritairement en français.

Mélanie Joly défend les investissements faits par son gouvernement pour l’enseignement du français hors Québec

Publié le 3 mars 2021
  • Ottawa avait, en 2019, octroyé 62 millions $ sur quatre ans pour contrer la pénurie d’enseignants francophones hors Québec. De ce montant, selon la ministre des Langues officielles, plus de 46 millions $ ont déjà été dépensés pour recruter et garder des enseignants francophones dans les écoles de langue française et dans les programmes d’immersion et de français langue seconde.
  • Lors d’une conférence de presse virtuelle à laquelle participait Mélanie Joly, la directrice générale de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) Valérie Morand a pourtant déploré hier une situation «dramatique». Selon elle, il manque actuellement jusqu’à 2000 enseignants dans l’ensemble du Canada.  

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Le français en milieu de travail: un problème de qualité plus que de quantité, estime le Conseil du patronat du Québec

Publié le 16 fév 2021
Le français en milieu de travail: un problème de qualité plus que de quantité, estime le Conseil du patronat du Québec

(Source: Facebook)

  • Les gouvernements provincial et fédéral s’inquiètent du recul du français au Québec dans l’espace public et commercial. Ils comptent revoir leur politique linguistique respective pour protéger son utilisation.
  • Les patrons québécois, eux, ne sont pas inquiets face à la place du français en milieu de travail. Le Conseil du patronat suggère plutôt aux gouvernements d’essayer d’améliorer la «qualité» de la langue, plutôt que le nombre de gens qui la parlent.

«Bonjour, hi?» Cette salutation souvent entendue dans les commerces montréalais a relancé le débat sur la santé du français au Québec. 

Mais ce n’est pas ce qui inquiète Karl Blackburn, PDG du Conseil du patronat du Québec.

«Selon nous, pour l’ensemble du Québec, cette situation demeure marginale», dit-il en entrevue à InfoBref.

  • Les patrons sont rassurés par l’Office québécois de la langue française, selon qui le français demeure la principale langue d’usage dans 96% des entreprises du Québec, et ce, depuis 2010.

«Ce qui devrait inquiéter les gouvernements, continue Karl Blackburn, c’est la maîtrise du français par les Québécois: la majorité des étudiants en situation d’échec scolaire le sont en raison de leur méconnaissance du français. Le problème de la qualité de la langue est ce qui nous inquiète.»

Les employeurs québécois se disent prêts à en faire plus pour protéger le français. Le CPQ a publié les résultats d’une enquête auprès d’employeurs québécois sur l’état du français au sein de leur entreprise.

  • Une majorité de dirigeants sont en faveur d’une application plus sévère de la Charte de la langue française au sein des entreprises.
  • Ils proposent que la charte soit applicable aux entreprises de 25 employés ou plus, alors qu’elle l’est présentement pour les entreprises de 50 employés ou plus.
  • Trois répondants sur quatre pensent que la charte devrait aussi s’appliquer aux entreprises des secteurs sous compétence fédérale.

Il faut éviter une nouvelle guerre linguistique, dit Karl Blackburn.

  • Ce que nous souhaitons, c’est de voir de nouvelles mesures d’accompagnement qui aideront à améliorer l’usage du français, plutôt que des mesures coercitives pour empêcher d’utiliser l’anglais ou une autre langue.»
Alain McKenna
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La France adopte une proposition de loi réprimant les discriminations fondées sur l’accent

Publié le 26 nov. 2020
  • Adopté à l’unanimité en première lecture à l’Assemblée nationale, le texte vise à promouvoir la diversité de prononciation de la langue française.
  • Il veut inscrire l’accent comme une des causes de discriminations réprimées par la loi, au même titre que le sexe ou le handicap – la peine prévue s’élève à trois ans d’emprisonnement et 70 000 $ d’amende.

Révision de la loi 101: le projet de loi sera déposé seulement au printemps

Publié le 24 nov. 2020
  • Le ministre Simon Jolin-Barrette a promis de déposer une nouvelle version de la Charte de la langue française lors de la prochaine session parlementaire.
  • Mais François Legault s’est fermement opposé à la possibilité, évoquée par Jolin-Barrette, d’étendre la loi aux cégeps. 

L’opposition fait pression sur Ottawa pour appliquer la loi 101 aux entreprises fédérales

Publié le 24 nov. 2020
  • Le Bloc québécois a déposé un projet de loi pour assujettir à la Charte de la langue française les entreprises de compétence fédérale qui sont situées au Québec.
  • Deux motions ont été déposées hier: à Québec, le ministre Simon Jolin-Barrette a obtenu l’unanimité à l’Assemblée nationale pour exiger qu’Ottawa s’engage à travailler avec le Québec pour réaliser cet objectif; en revanche, à Ottawa, le néo-démocrate Alexandre Boulerice n’a pas réussi à faire adopter une motion semblable à la Chambre des communes.    

Analyse POLITIQUE

Langue française: un test de sincérité pour les libéraux de Justin Trudeau

Publié le 21 nov. 2020
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Langue française: un test de sincérité pour les libéraux de Justin Trudeau

(Photo Unsplash)

  • Le gouvernement Trudeau reconnaît que la langue française est menacée, aussi bien au Québec qu’ailleurs au Canada. La chose est en soi historique.
  • Rétablir l’équilibre entre le français et l’anglais exigera des mesures fortes telles que reconnaître la prépondérance de la loi 101 au Québec.

Le débat sur l’état de santé de la langue française s’est enflammé de façon inattendue au parlement fédéral cette semaine. Le brasier fut allumé par la députée libérale de Saint-Laurent, Emmanuella Lambropoulos, s’interrogeant à haute voix sur l’existence réelle d’un déclin du français au Québec.

Pourtant, au même moment, les médias de Montréal s’alarmaient à pleines pages de l’état du français dans leur ville. Sondages et enquêtes terrain à l’appui, ils montraient les difficultés d’être servi en français dans les commerces de la métropole.

Ce tir ami de la députée contre son propre camp a créé un vif malaise. Il laisse entrevoir l’absence de consensus au sein du Parti libéral à l’égard de l’engagement pris dans le discours du trône du 23 septembre de donner un statut particulier au français.

La loi sur les langues officielles (LLO) sera «renforcée», disait alors le gouvernement, «en tenant compte de la réalité particulière du français», tant à l’extérieur du Québec qu’au Québec.

Instaurer une asymétrie en faveur du français dans la LLO constituerait une rupture avec la politique de bilinguisme qui prévaut depuis l’adoption de cette loi en 1969 par le gouvernement de Trudeau père.  Ce serait aussi une reconnaissance de l’échec de cette politique: elle instituait une égalité de statut des deux langues officielles qui n’a jamais été atteinte.

Cela serait bien accueilli au Québec, où le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau espère marquer des points électoraux. Mais la réaction serait moins favorable ailleurs au Canada.

Au-delà des intentions et des mots de la ministre Mélanie Joly, laquelle est chargée de préparer les amendements à la LLO, on ne sait encore jusqu’où le gouvernement est disposé à aller.

La présente controverse affaiblit le gouvernement, mais elle pourrait par contre aider la ministre à convaincre ses collègues du cabinet d’oser remettre en question plusieurs pans de cette loi.

Des gestes forts, ce n’est rien de moins qu’attend d’Ottawa le gouvernement Legault. Il voudrait que les deux gouvernements puissent agir enfin de concert pour contrer ce déclin du français.

Dans cet esprit, le gouvernement québécois demande que les entreprises de compétence fédérale œuvrant en territoire québécois soient soumises à la loi 101 et que la connaissance du français soit exigée de la part des demandeurs de la citoyenneté canadienne s’établissant au Québec.

Ce serait, de la part d’Ottawa, une reconnaissance attendue depuis longtemps de la légitimité de la loi 101 qu’il n’a eu de cesse de chercher à affaiblir.

Celui qui détient la clé de ce débat est Justin Trudeau.

Ces dernières semaines, il a reconnu l’existence d’un déclin du français au Québec. Il n’est pas aveugle au point de ne pas le voir.

Mais n’attendons pas mer et monde. S’il lui est envisageable de changer la lettre de la Loi sur les langues officielles, c’est une tout autre chose pour lui, héritier du legs que lui a laissé son père, d’en renier l’esprit.

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Charte de la langue française: l’Assemblée nationale rappelle Montréal à l’ordre

Publié le 22 oct. 2020
  • Une motion de la CAQ, adoptée hier à l’unanimité, demande à la Ville de Montréal et ses arrondissements de se conformer à la Charte dans les plus brefs délais.
  • Le ministre Simon Jolin-Barrette demande que la charte de la Ville énonce que Montréal est une ville de langue française — alors que 10 arrondissements sur 19 n’ont toujours pas obtenu leur certificat de conformité à la Charte de la langue française.

Le gouvernement Trudeau reconnaît la «situation particulière» du français, mais ne promet rien

Publié le 24 sept. 2020
  • Le gouvernement a annoncé qu’il allait tenir compte de la réalité particulière du français et renforcer la Loi sur les langues officielles du Canada.
  • Mais Ottawa n’a donné aucun échéancier pour la modernisation de cette loi, et il n’a pas dit si les entreprises de compétence fédérale seraient assujetties à la loi 101 au Québec.