Justin Trudeau

Les Libéraux promettent une «charte des droits» pour l’achat d’une première maison

Publié le 24 août 2021
Les Libéraux promettent une «charte des droits» pour l’achat d’une première maison

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau (Source: Facebook)

  • Justin Trudeau a dévoilé son plan pour le logement. Si son parti est reporté au pouvoir, le premier ministre veut instaurer une «charte des droits» pour les acheteurs d’une première propriété. Cette charte interdirait la négociation par offres à l’aveugle, qui favorise la surenchère, et elle garantirait la transparence des prix de vente récents des propriétés. 
  • En plus de cette charte, les libéraux ont dévoilé une série de mesures qui devraient favoriser l’accès au logement. 

Pour aider les locataires à devenir propriétaires, les libéraux veulent:

  • créer un compte d’épargne pour l’achat d’une première propriété, qui permettrait aux moins de 40 ans d’accumuler à l’abri de l’impôt jusqu’à 40 000 $ pour une mise de fonds;
  • réduire de 25% la prime imposée par la Société canadienne d’hypothèque et de logement pour l’assurance hypothécaire;
  • doubler le crédit d’impôt pour l’achat d’une première habitation (CIAPH), qui passerait de 5 000 $ à 10 000 $; et
  • investir 1 milliard $ pour créer des programmes de location avec option d’achat. 

Pour construire, maintenir ou rénover 1,4 million de logements:

  • doubler le financement du Fonds national de co-investissement pour la construction de logements abordables, qui passerait à 2,7 milliards $ sur 4 ans; 
  • créer un nouveau fonds «accélérateur du logement» de 4 milliards $ pour aider les grandes villes à construire 100 000 nouvelles propriétés pour la classe moyenne d’ici 2025; et
  • instaurer un crédit d’impôt pour la rénovation d’habitations multigénérationnelles.

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Pour limiter la spéculation:

  • L’achat de maison serait interdit aux non-résidents au cours des 2 prochaines années.
  • Une taxe «anti-flip immobilier» serait imposée sur les immeubles résidentiels qui ne seraient pas conservés par l’acheteur pendant au moins 12 mois.
Félix Côté
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Analyse POLITIQUE

Faut-il croire les politiciens en temps d’élection?

Publié le 20 août 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Faut-il croire les politiciens en temps d’élection?

[crédit photo: Tumisu | Pixabay]

  • En campagne électorale depuis à peine quelques jours, les partis politiques font surenchère de promesses. À les croire, des lendemains qui chantent nous attendent.
  • Le chef conservateur Erin O’Toole est celui qui est le plus prodigue de promesses. Il lui faut rattraper Justin Trudeau qui, depuis des mois, fait campagne depuis sa tribune gouvernementale.

Le premier ministre libéral a voulu cette élection à ce moment-ci, parce qu’il entrevoit sa réélection avec une solide majorité.

Une avance de quelque cinq points des intentions de vote le favorise.

Néanmoins, les électeurs veulent voir avant de s’engager.

  • Un Canadien sur deux est ouvert à l’idée d’un changement de gouvernement selon un sondage Léger.
  • Les Canadiens sont aussi divisés quant à savoir qui est le plus apte à mener le Canada vers un rétablissement économique.

Erin O’Toole a voulu d’entrée de jeu profiter de ce doute dans l’esprit des électeurs en présentant sa plateforme électorale dès le deuxième jour de la campagne.

Promesse phare, un million d’emplois pour récupérer en un an les emplois perdus dans la pandémie.

Tout y est dans les 180 pages de son «Plan de rétablissement du Canada»: environnement, financement de la santé, déclaration unique d’impôts pour les Québécois, même un rabais Covid-19 dans les restaurants.

Erin O’Toole s’inspire du «Petit livre rouge» de Jean Chrétien de 1993.

  • Après huit ans de gouvernement Mulroney marqué d’épisodes de corruption, il proposait aux électeurs un contrat moral en dévoilant ses intentions en début de campagne.

Ce plan conservateur porte l’empreinte d’Erin O’Toole.

  • Sa photo, sur une pleine page en couverture, nous dit que ce programme est le sien et qu’il n’est pas soumis à l’influence des factions climato-sceptiques et pro-vie de son parti.

Avec cette feuille de route claire, le chef conservateur espère éviter les pièges tendus à son prédécesseur, Andrew Scheer, en 2019.


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Les libéraux, pour leur part, publieront plus tard leur programme complet.

  • Leur stratégie est de continuer à dévoiler au jour le jour des promesses et des engagements.

Riches d’une cagnotte de 101 milliards $ pour la relance économique tirée du budget du printemps dernier, ils ont le luxe de promettre beaucoup.

Leur promesse phare est le financement de places de garderies à 10 $ par jour. Coût: 30 milliards $ en 5 ans.

Les conservateurs proposent plutôt un crédit d’impôt remboursable aux familles et ils annuleraient les ententes déjà signées avec certaines provinces.

On ne saurait trouver meilleure illustration des visions contrastées qui différencient ces deux partis.

  • L’un promet des services et l’autre, un chèque.

Ces engagements des conservateurs et des libéraux doivent être pris avec un grain de sel.

  • Reste à savoir en effet combien leur mise en œuvre coûtera.
  • Cette partie de l’exercice, encore à venir, peut faire toute la différence quant à la confiance que les électeurs accordent aux politiciens.

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Les électeurs ne sont pas dupes.

Ils savent bien qu’une campagne électorale est une opération de séduction où les policiers ne leur disent pas tout.

Ils savent qu’au lendemain des élections surviennent des reniements.

Au cours de ses six années au gouvernement, Justin Trudeau nous en a offert quelques-uns:

  • abandon de la réforme du mode de scrutin;
  • réduction des subventions aux pétrolières devenue augmentation;
  • contrôle limité des armes à feu.

La sagesse populaire, un brin cynique, ne dit-elle pas que les promesses électorales sont comme la météo? On ne peut pas toujours s’y fier.

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Élections fédérales: les Canadiens voteront le 20 septembre

Publié le 15 août 2021
Élections fédérales: les Canadiens voteront le 20 septembre

Justin Trudeau (Source: YouTube)

  • Le premier ministre a obtenu l’aval de la gouverneure générale Mary Simon pour dissoudre le Parlement et lancer, à mi-mandat, la 44e campagne électorale fédérale. 
  • Les Canadiens seront appelés à voter le 20 septembre. Justin Trudeau a justifié sa décision en expliquant que le pays traverse une crise «historique», et que la population a son «mot à dire». 

Pourquoi Trudeau a-t-il déclenché des élections?  

  • Le premier ministre dit qu’il veut que les Canadiens choisissent comment le pays doit sortir de la crise sanitaire et rebâtir son économie. 
  • Le gouvernement Trudeau souhaite obtenir un 3e mandat consécutif.
  • Les libéraux espèrent retrouver une position majoritaire à la Chambre des communes – ils étaient majoritaires après les élections de 2015, mais ils ont perdu cette majorité aux élections de 2019. 

Avant la dissolution du Parlement le 15 août:  

  • le Parti libéral avait 155 députés (il en faut 170 pour avoir la majorité); 
  • le Parti conservateur avait 119 députés; 
  • le Bloc québécois, 32; 
  • le NPD, 24; 
  • le Parti vert, 2; 
  • 5 députés étaient indépendants et 1 siège était vacant.  

Les dates à retenir:  

  • Le Face-à-Face 2021 sur TVA: le jeudi 2 septembre de 20h à 22h
  • Débat des chefs en français: le 8 septembre de 20h à 22h
  • Débat des chefs en anglais: le 9 septembre de 21h à 23h
  • Vote par anticipation: du 10 au 13 septembre
  • Vote dans les bureaux des 338 circonscriptions fédérales: le 20 septembre

Vote par correspondance: les Canadiens peuvent faire une demande en ligne [ici] pour voter par la poste avant le 14 septembre. 


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Points forts des programmes et engagements des partis:

Les libéraux sont en tête dans le dernier sondage Léger: 

  • le PLC de Justin Trudeau réunit 35% des intentions de vote; 
  • le PCC d’Erin O’Toole, 30%; 
  • le NPD de Jagmeet Singh, 19%;  
  • le Bloc d’Yves-François Blanchet – qui ne présente des candidats qu’au Québec, 7%; 
  • les Verts menés par Annamie Paul, 5%; et 
  • le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier, 3%.
Johanna Sabys
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Ottawa promet 5 milliards $ à Terre-Neuve pour terminer une centrale hydroélectrique

Publié le 29 juil 2021
  • Le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial de Terre-Neuve-et-Labrador ont conclu un accord concernant le projet de centrale hydroélectrique Muskrat Falls: Ottawa offrira 5,2 milliards $ pour compenser les retards et dépassements de coûts de ce projet. 
  • Ces coûts ont plus que doublé depuis l’annonce du projet en 2012. Sans compensation du fédéral, les tarifs de l’électricité dans la province risquaient d’augmenter de 75% pour couvrir les coûts de Muskrat Falls.  

Sommet sur l’islamophobie: Justin Trudeau s’est engagé à soutenir la communauté musulmane

Publié le 23 juil 2021
  • Le premier ministre Justin Trudeau a condamné la haine envers les musulmans lors du sommet national sur l’islamophobie qui s’est tenu hier. 
  • Il a aussi reconnu que l’islamophobie gagnait du terrain au Canada et partout dans le monde, et que le gouvernement avait encore du travail à faire pour démanteler le racisme institutionnel.

L’événement virtuel est survenu après plusieurs attaques ces derniers mois contre des musulmans au Canada. 

Des ministres et des dirigeants de la communauté musulmane étaient réunis pour discuter de la façon de lutter contre la récente montée de l’islamophobie au pays. 

Félix Côté
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Analyse POLITIQUE

Le calumet de paix de Justin Trudeau

Publié le 16 juil 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Le calumet de paix de Justin Trudeau

La nouvelle gouverneure générale du Canada Mary Simon (Source: YouTube)

  • La nouvelle gouverneure générale du Canada, Mary Simon, sera assermentée le 26 juillet. Sa nomination a généralement été bien accueillie, bien qu’avec réserves de la part des francophones.
  • Cette nomination, plus que d’autres, est éminemment politique. C’est un calumet de paix tendu aux Premières Nations.

Le choix d’un titulaire au poste de gouverneur général est la prérogative du premier ministre.

Certains, comme Pierre Elliot Trudeau, ont profité de l’occasion pour récompenser des amis, tels les anciens ministres Roméo Leblanc et Jeanne Sauvé.

D’autres ont plutôt cherché des candidats pouvant jouer le rôle de symbole qui conforterait l’image de leur gouvernement.

  • Michaëlle Jean, nommée par Paul Martin, venait confirmer la place des minorités visibles dans un pays devenu postnational par la diversité des origines ethniques de ses citoyens.
  • Julie Payette, une brillante scientifique devenue la première Canadienne astronaute, venait incarner l’image de modernité du jeune gouvernement de Justin Trudeau.

Mary Simon est pour sa part le symbole de la volonté d’un pays confronté à ses démons passés de se réconcilier avec les Premières Nations.

Depuis ces deux dernières décennies, l’histoire pas très glorieuse d’une ère coloniale vient hanter le Canada, comme ces tombes d’enfants non identifiées retrouvées près des anciens pensionnats autochtones qui font aujourd’hui les manchettes.

Personne, à commencer par Madame Simon, n’ignore le rôle qu’on veut lui faire jouer.

À travers elle, c’est un calumet de paix qu’on tend aux Premières Nations – qui auraient mal accepté que ce poste revienne à nouveau à un représentant de l’un des deux peuples fondateurs.


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Cette Inuite présentait le profil idéal.

  • Née à Kangiqsualujjuaq au Nunavik, elle a porté dans sa carrière de nombreux dossiers au nom de sa communauté et des Premières Nations.
  • Elle a été longtemps présidente de la Conférence circumpolaire inuite et ambassadrice du Canada au Danemark.

Ce profil idéal souffre toutefois d’une lacune importante: sa méconnaissance du français.

Il n’y a pas de loi qui impose au gouverneur général de connaître les deux langues officielles.

Depuis presque 50 ans, cela allait de soi que le chef d’un État qui se dit bilingue le soit lui-même.

Cette coutume ainsi brisée met le gouvernement Trudeau en contradiction avec ses propres politiques.

  • Deux semaines plus tôt, son gouvernement proposait une modernisation de la Loi sur les langues officielles pour renforcer justement le statut de la langue française.

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Le choix du gouvernement a soulevé des critiques de la part d’élus francophones et de porte-parole de communautés francophones minoritaires qui craignent qu’un précédent n’ait été posé.

Mais, sauf de la part de quelques commentateurs, elles ont été modérées.

Il n’y a pas eu cette levée de boucliers que d’autres nominations ont déjà provoquée.

Il en est ainsi de la réaction retenue du commissaire fédéral aux langues officielles, Raymond Théberge, devant les quelque 200 plaintes qu’il a reçues.

  • Tout en les accueillant, il appelait néanmoins à la compréhension en raison de la portée symbolique de cette nomination sur le plan de la réconciliation.

Justin Trudeau misait sur le malaise qu’auraient les défenseurs de la place du français dans les institutions fédérales.

Il savait bien que, dans la conjoncture actuelle des relations avec les Premières Nations, on ne pouvait rejeter son choix sans avoir mauvaise conscience.

À la veille du déclenchement des élections, il aura réussi à tirer les marrons du feu.

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Ottawa propose un plan pour le port de Cap-aux-Meules

Publié le 14 juil 2021
  • Justin Trudeau a dévoilé hier un plan d’action – très attendu par les Madelinots – pour remettre en état le principal port de pêche des îles de la Madeleine. 
  • Des problèmes de structures limitent son utilisation depuis plusieurs mois: 11 des 24 bornes d’amarrage sont condamnées, et la circulation de véhicules lourds et de grues de chargement est interdite. Le gouvernement fédéral a également confirmé qu’il resterait propriétaire du port: il ne le cédera pas dans le cadre de son programme de transfert des installations portuaires.

Analyse POLITIQUE

Climat: le Canada va-t-il enfin tenir ses promesses?

Publié le 9 juil 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Climat: le Canada va-t-il enfin tenir ses promesses?

[Photo: 358611 | Pixabay]

  • L’été sera chaud, possiblement le plus chaud de l’histoire du Canada, ce qui propulsera sans doute au premier plan les enjeux climatiques. Le gouvernement Trudeau en profite pour annoncer de «bonnes nouvelles».
  • Le caractère électoraliste de ses annonces n’échappe à personne. Néanmoins, Justin Trudeau peut prétendre qu’il est de bonne foi, grâce à l’adoption de la loi C-12 qui engage le pays à devenir carboneutre d’ici 2050.

Ces derniers jours, le premier ministre et ses ministres entreprenaient, à la manière du Petit Poucet, d’égrener les mesures visant à réduire les émissions de carbone. Il a ainsi annoncé que:

Au moment où le mercure bat des records, ces annonces – et il y en aura bien d’autres – sont susceptibles de retenir l’attention des électeurs inquiets du réchauffement climatique, davantage qu’une loi sur la carboneutralité.

Adoptée en toute fin de session parlementaire, la loi C-12 n’a pas fait les manchettes.

  • La découverte de centaines de tombes d’enfants près des pensionnats pour Autochtones dans l’ouest du pays retenait bien davantage l’attention du public.

La Loi C-12 sur la carboneutralité est pourtant le geste le plus significatif posé par Ottawa pour combattre les changements climatiques.

La loi fixe un objectif à l’horizon 2050 et il contraint le gouvernement actuel, comme tous ceux à venir, à prendre des mesures pour l’atteindre.

Cette loi encadrera l’action des gouvernements en les obligeant :

  • à se fixer des cibles quinquennales;
  • à se doter de plans d’action dont l’efficacité sera évaluée par le commissaire au développement durable;
  • à rendre compte au parlement des progrès réalisés, et à corriger le tir le cas échéant;
  • à créer un comité consultatif.

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Les groupes environnementaux ont bien accueilli cette loi malgré ses imperfections. Elle était attendue depuis si longtemps.

D’autres pays ont agi bien avant.

  • Le Royaume-Uni a adopté dès 2008 sa Loi sur la responsabilité climatique qui lui a permis de réduire de 40% ses émissions de GES.

Le Canada s’était engagé sous le gouvernement Harper à une réduction de 30% de ses émissions, par rapport à leur niveau de 2005, d’ici 2030.

  • Pas plus que les autres fois, le Canada n’a tenu sa promesse.
  • Ces 10 dernières années, ses émissions ont en fait augmenté plutôt que de diminuer.
  • Il est le seul pays du G7 dans cette situation.

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Le gouvernement Trudeau vise maintenant une réduction d’au moins 40% des émissions à l’horizon 2030 pour les ramener à 438 mégatonnes par an.

Le rattrapage à faire est considérable. Pour aller plus loin, lisez la chronique Les ambitions climatiques du Canada sont-elles réalistes?

Le plan de transition vers les énergies renouvelables repose d’abord sur la taxe du carbone.

  • D’ici 2030, elle passera de 50 $ à 170 $ la tonne.

S’ajoute une enveloppe de 17 milliards $ pour promouvoir une reprise verte.

  • Le gouvernement Trudeau puise dans cette enveloppe pour financer des mesures ciblées comme celles annoncées ces derniers jours.

Atteindre la cible de 2030 exigera un effort constant, mais aussi un minimum de cohérence. Ottawa ne pourra continuer d’investir en parallèle dans les énergies fossiles.

La loi sur la carboneutralité permet d’espérer que prendra fin la série noire des promesses brisées. À la prochaine conférence sur les changements climatiques en novembre à Glasgow, le Canada pourrait ne plus être le cancre de la classe.

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Quel homme politique nord-américain est le plus populaire au Québec?

Publié le 5 juil 2021
Quel homme politique nord-américain est le plus populaire au Québec?

Joe Biden (Source: Twitter)

  • Selon un sondage Léger réalisé en juin pour l’Association d’études canadiennes (AEC), 85% des Québécois interrogés ont une opinion «très ou plutôt positives» du président américain Joe Biden. Seulement 58% d’entre eux pensent la même chose de Justin Trudeau. 
  • En Ontario, François Legault est un peu plus populaire que son homologue Doug Ford: les Ontariens approuvent à 51% comment Legault a géré la pandémie au Québec, et à 50% comment leur premier ministre l’a gérée dans leur province.

Ottawa veut décarboniser l’acier: Algoma Steel recevra 420 millions $ pour ne plus utiliser de charbon

Publié le 5 juil 2021
Ottawa veut décarboniser l’acier: Algoma Steel recevra 420 millions $ pour ne plus utiliser de charbon

Justin Trudeau dans l’aciérie Algoma Steel (Source: Twitter)

  • Justin Trudeau était hier à Sault-Ste-Marie, en Ontario, pour annoncer un investissement de 420 millions $ qui doit permettre à l’aciérie Algoma Steel d’acheter un four à arc électrique pour produire son acier sans utiliser de charbon. 
  • Le premier ministre s’est défendu d’être en campagne électorale. Trudeau a néanmoins affirmé que, contrairement aux conservateurs, les libéraux ont compris depuis longtemps que lutter contre les changements climatiques permettrait de relancer l’économie. 

Cet investissement qui doit verdir le secteur de l’acier a été débloqué par l’adoption, juste avant les congés parlementaires, de certaines mesures du budget fédéral déposé en avril dernier.

Avec ces 420 millions $, l’entreprise ontarienne Algoma Steel devrait:

  • réduire progressivement sa production d’acier à partir de charbon; et
  • s’équiper d’un four à arc électrique qui lui permettra de réduire d’ici 2030 ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 3 millions de tonnes par an – soit les émissions de 900 000 voitures. 

L’investissement fédéral devrait permettre:

  • de créer 500 emplois pendant la phase de construction; et
  • de former 75 employés d’Algoma à des emplois hautement spécialisés dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM).

L’industrie sidérurgique émet 7% des émissions mondiales de GES qui proviennent du secteur énergétique.

  • Cela représente autant que les émissions mondiales de l’aviation, du transport maritime et des produits chimiques réunis.
Johanna Sabys
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Analyse POLITIQUE

Des élections à la rentrée? Trudeau voudra profiter du «retour à la normale»

Publié le 25 juin 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Des élections à la rentrée? Trudeau voudra profiter du «retour à la normale»

[photo: Élections Canada]

  • La Chambre des communes est maintenant en vacances estivales, avec la perspective d’une nouvelle campagne électorale à son retour en septembre.
  • Le gouvernement Trudeau attend depuis des mois le moment propice pour faire appel aux électeurs. Il fait le pari qu’il pourra retrouver la majorité perdue en 2019.

Deux ans, c’est le temps que durent généralement les gouvernements minoritaires au Canada.

On y est presque.

Rien n’est officiellement annoncé, sauf que…

  • Le premier ministre Trudeau ne cesse de dire que l’obstruction de l’opposition a rendu le parlement «dysfonctionnel». C’est ce qu’il fera valoir au gouverneur général pour obtenir la dissolution du parlement à la fin du mois d’août.
  • Plusieurs députés ont profité des derniers jours de la session pour faire leurs discours d’adieu.

Ces deux signes ne trompent pas.

Justin Trudeau est pressé.

Les atouts dont il dispose aujourd’hui pourraient ne plus valoir dans un an.

Le «retour à la normale» qui s’annonce pour la fin de l’été grâce à la vaccination créera un climat favorable. Exit la morosité.

La levée des restrictions sanitaires redonnera aux Canadiens un espace de liberté.

  • La réouverture des frontières avec les États-Unis, attendue avec impatience, devrait survenir tout juste avant le déclenchement des élections.

Le souvenir des prestations de soutien comme la PCU sera encore présent cet automne dans l’esprit des millions de Canadiens qui en ont profité.

Dans un an ce pourrait être différent.

L’OCDE prévoit que le Canada aura l’une des reprises économiques les plus fortes parmi les pays développés, avec une croissance prévue de 6,1%.

  • Elle entraînera un petit boom qui permettra le retour au travail de milliers de sans-emploi.

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Le programme électoral des libéraux est tout tracé.

Ils miseront sur:

Les sondages pourraient laisser croire que les libéraux sont au seuil d’une majorité.

  • D’une semaine à l’autre, l’écart en faveur des libéraux se maintient par une marge de quatre à cinq points sur les conservateurs.
  • La concentration dans les Prairies du vote pour les conservateurs accentue l’avantage des libéraux.

Cette prochaine élection se jouera, comme souvent, dans les deux provinces centrales.

Au Québec, la popularité du Bloc se maintient avec 33% des intentions de vote, à égalité avec le Parti libéral.

En fait, le portrait n’a pas changé en deux ans, si bien que Justin Trudeau devra miser sur l’Ontario.

  • L’impopularité du gouvernement conservateur de Doug Ford le favorisera.

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Rien n’est toutefois acquis.

Le gouvernement Trudeau traîne derrière lui quelques casseroles que les partis d’opposition exploiteront.

  • Durant les dernières heures de la session, les partis d’opposition l’ont pris en train de piger dans des fonds publics pour financer des recherches sur les données électorales.
  • Des dossiers difficiles reviendront le hanter, comme sa gestion des dénonciations de plaintes de harcèlement sexuel dans les forces armées.

Une campagne électorale peut réserver des surprises.

Il pourrait arriver à Justin Trudeau ce qui était arrivé à Paul Martin en 2004: se précipitant en élection à la première embellie, il revint minoritaire au Parlement.

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Analyse POLITIQUE

L’utopie de l’égalité des langues officielles

Publié le 18 juin 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
L’utopie de l’égalité des langues officielles

Le Premier ministre Justin Trudeau et la ministre du Développement économique et des Langues officielles Mélanie Joly [source: page Twitter de Mélanie Joly]

  • Le projet de loi modernisant la Loi sur les langues officielles déposé aux Communes cette semaine a été bien accueilli. Il marque un changement majeur de la part du gouvernement Trudeau.
  • La démarche libérale serait de nature électoraliste, selon les partis d’opposition. Ils n’ont pas entièrement tort. Le vote des francophones sera déterminant lors du prochain scrutin.

Le projet C-32 de la ministre Mélanie Joly est la dernière d’une longue série de mesures prises au fil du temps sous la pression des francophones pour accorder au français un statut officiel.

  • L’histoire retient l’adoption marquante de la Loi sur les langues officielles en 1969 par Trudeau père, comme aboutissement de longues luttes.
  • Auparavant, il y avait eu les timbres bilingues (1927), les billets de banque bilingues (1936), les chèques bilingues (1962).
  • Les emballages bilingues de produits de consommation, dont les boîtes de Corn Flakes qui ont tant fait réagir, viendront en 1974.

La loi de 1969 visait à donner un statut égal au français et à l’anglais dans tous les domaines de compétence du gouvernement fédéral.

  • Elle instituait de nouveaux droits, dont celui d’être servi dans sa langue partout au Canada et pour les fonctionnaires de travailler en français.

Progrès il y a eu, mais pas au point d’instituer l’égalité de statut des deux langues.

  • Le poids de l’anglais est tel qu’il a freiné les progrès.
  • Tous les commissaires aux langues officielles l’ont successivement constaté. Et tous ont déploré leur incapacité à imposer des correctifs.

Le gouvernement Trudeau, avec son nouveau projet de loi, ouvre les yeux sur une réalité qu’il ne voulait voir jusque-là.

Le coup de barre est remarquable.

Mélanie Joly s’inspire de la loi 101, tant honnie à Ottawa, pour accorder aux francophones le droit de travailler en français dans les entreprises de juridiction fédérale dans les territoires où ils sont majoritaires.

Et, virage majeur – tout symbolique s’il soit –, le projet de loi reconnaît que le français est la seule langue officielle du Québec.

Trudeau fils s’éloigne ainsi de Trudeau père, dont la doctrine sur l’égalité accordée aux deux langues était sacro-sainte.

  • Il introduit une asymétrie adaptée à la réalité différenciée des deux groupes linguistiques.

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Ce projet de loi n’est pour le moment qu’un projet.

Présenté à la veille du déclenchement probable d’élections à la fin de l’été, les partis d’opposition y voient un clientélisme électoraliste patent.

Des nuances s’imposent.

L’intention de modifier la Loi sur les langues officielles était connue depuis un an. Elle s’appuyait sur l’existence au Québec d’un fort consensus sur le déclin du français.

Ne pas réagir aurait été dangereux.

Justin Trudeau sait qu’il doit son statut de gouvernement minoritaire aux francophones du Québec qui, en octobre 2019, se sont tournés vers le Bloc québécois.


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Électoraliste ce virage libéral?

Sans doute, mais tout à fait normal pour un parti qui se doit d’être en phase avec l’électorat.

Suivre les électeurs, c’est aussi ce qu’ont fait cette semaine le Parti conservateur et le NPD en votant, avec les libéraux, la motion du Bloc qui reconnait au Québec le droit de modifier sa constitution pour y affirmer que le français est la langue officielle du Québec.

Cela témoigne que le Québec détient la clé de la prochaine élection.

Il restera, ensuite, à tenir parole.

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