Justin Trudeau

Trudeau attend de Joe Biden un réengagement des États-Unis sur la scène internationale

Publié le 14 janv. 2021
  • Selon le premier ministre, le Canada et d’autres alliés attendent avec impatience un réengagement des États-Unis pour le libre-échange et la protection de la démocratie à travers le monde. D’après Justin Trudeau, il est temps, également, de réagir face à la montée en puissance de la Chine.
  • Dans une vidéo diffusée hier par l’agence Reuters, Trudeau dit qu’il a l’intention de rencontrer son homologue américain rapidement après son investiture, notamment pour parler de lutte contre les changements climatiques. 

Analyse POLITIQUE

Pourquoi il y aura des élections fédérales cette année

Publié le 2 janv. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Pourquoi il y aura des élections fédérales cette année
  • La pandémie de la Covid-19 a pesé lourd sur les dirigeants politiques. Pour Justin Trudeau, ce fut le moment d’une épiphanie où il s’est révélé un politicien transformé.
  • Le pire de la crise sanitaire étant passé, il a aujourd’hui les cartes en main pour espérer obtenir un mandat majoritaire lors d’élections qu’il souhaite tenir le plus tôt possible.

Justin Trudeau a changé.

Durant ces difficiles mois passés à gérer la crise de la pandémie, on a vu un personnage différent émerger.

Le jeune premier ministre qui depuis 2015 collectionnait erreurs et maladresses est apparu peu à peu transformé, plus sûr de lui, plus conscient de ses responsabilités. Plus stratège aussi.

Les Canadiens ont découvert ce nouveau personnage lors de ses points de presse quotidiens sur la pandémie.

  • Devant la gravité de la situation, il manifestait la compréhension attendue et posait les gestes de soutien souhaités.
  • Il incarnait l’État qui sous sa gouverne allait jouer son rôle de protecteur des victimes de la pandémie.

L’automne dernier, ses adversaires politiques ont eu la surprise de voir que le Justin Trudeau vulnérable et toujours sur la défensive depuis l’élection d’octobre 2019… n’existait plus.

Maintenant, c’est lui qui les défiait.

Minoritaire, son gouvernement allait désormais gouverner comme s’il était majoritaire. Finie, la recherche de compromis avec l’opposition: il la laissait sans autre choix que de le défaire.

Ce renversement des rôles créait une nouvelle dynamique.

L’opposition ne pouvant plus le menacer, son gouvernement put se consacrer à préparer la sortie de crise.

Aujourd’hui, il a en main les meilleures cartes du jeu électoral.

  • La campagne de vaccination contre la Covid-19 qui, selon l’opposition, allait être un échec, est en marche. Le Canada est en avance sur la plupart des pays.
  • Un programme de relance économique d’une ampleur inégalée est à venir. De 70 à 100 milliards $ viendront s’ajouter aux quelque 400 milliards qui ont été consacrés aux mesures de soutien financier depuis le début de la pandémie.
  • Un plan environnemental de réduction des GES annoncé début décembre lui permet de se prétendre le leader de la lutte aux changements climatiques.

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Les astres ne peuvent lui être plus favorables.

Les Canadiens ont très largement appuyé sa gestion de la crise.

Ses adversaires le reconnaissent d’ailleurs implicitement: ils sont incapables de dire ce qu’ils auraient fait différemment.

Partisans d’une fiscalité responsable, les conservateurs sont obligés d’avaler cette couleuvre que représente le déficit de près des 400 milliards $ pour l’année en cours. Leur nouveau chef, Erin O’Toole, est pour sa part toujours en manque de notoriété.

Un mandat majoritaire est aujourd’hui à portée de main pour le gouvernement de Justin Trudeau.

Le scénario qui le conduira à l’élection qu’il souhaite est le même que d’autres premiers ministres minoritaires ont suivi par le passé.

Le budget que présentera ce printemps la ministre des Finances, Chrystia Freeland, contiendra une pilule empoisonnée qui mettra les partis d’opposition devant un choix cornélien:

  • soit ils avalent cette pilule et se lient dès lors aux politiques libérales;
  • soit ils font tomber le gouvernement.

Celui-ci n’aura alors duré que 18 mois. Dix-huit mois, c’est le temps que durent les gouvernements minoritaires au Canada.

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Analyse POLITIQUE

Canada – États-Unis: Ottawa devra rester sur ses gardes, même avec Biden

Publié le 28 nov. 2020
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Canada – États-Unis: Ottawa devra rester sur ses gardes, même avec Biden

Joe Biden (photo Flickr)

  • La géographie et l’économie contraignent ces deux pays à être les meilleurs amis du monde – amitié mise à rude épreuve par Donald Trump ces quatre dernières années.
  • L’élection de Joe Biden laisse entrevoir le retour à une relation amicale et franche, mais qui demeurera à géométrie variable et où les intérêts des États-Unis prévaudront toujours.

Première puissance mondiale, les États-Unis se sont donné pour mission de gouverner le monde. Ils l’ont fait la plupart du temps en s’appuyant sur leurs amis.

Donald Trump a cru pouvoir le faire seul, reniant les alliances et confrontant amis et ennemis qu’il a entraînés dans des guerres commerciales coûteuses. Une seule politique lui importait: «Make America Great Again».

Aux yeux de ce président, le Canada n’aura été à bien des égards que quantité négligeable. Peu importe qu’il soit son premier allié militaire dans la défense du continent et son premier partenaire commercial avec des échanges quotidiens de 2 milliards $, il lui imposa ses dictats et sa mauvaise humeur, le soumettant comme d’autres à des tarifs douaniers et le forçant à renégocier l’Aléna.

Corvéable au bon vouloir du prince, le Canada fut entraîné dans la guerre économique menée contre la Chine.

Depuis deux ans, le Canada paie le prix fort pour l’arrestation de Meng Wanzhou, la vice-présidente du géant technologique Huawei, que Washington cherche à abattre.

Le gouvernement Trudeau se trouve depuis dans une situation impossible.

  • Pour sauver les «deux Michael» détenus par Beijing, il pourrait libérer Meng Wanzhou, ce qui serait par contre reçu comme un acte de déloyauté à Washington.
  • Le seul espoir du Canada est qu’avec l’arrivée de Joe Biden à la présidence des États-Unis, on assiste à une certaine détente des relations sino-américaines, et que Washington joue les entremetteurs en faveur du Canada.

Victime collatérale de cette guerre entre la Chine et les États-Unis, le Canada a déjà beaucoup perdu dans cette affaire.

L’idée qu’entretenait le premier ministre Justin Trudeau d’une entente de libre-échange avec la Chine est chose révolue. Il faudra plusieurs années pour rétablir des relations normales avec Beijing.

Le Canada attend beaucoup de l’élection de Joe Biden.

  • Sur bien des enjeux, les visions des deux gouvernements se rejoignent, notamment sur le multilatéralisme et les changements climatiques par exemple.
  • Il aimerait aussi stimuler les échanges économiques. Les relations seront plus faciles.

Mais il restera une réalité géopolitique. Les États-Unis sont un géant économique et politique qui fera toujours prévaloir ses intérêts sur ceux des autres pour assurer sa suprématie mondiale, aujourd’hui contestée par cet autre géant qu’est devenue la Chine.

Pierre-Elliot Trudeau avait autrefois tout résumé en disant au président Nixon:

«Vivre à vos côtés, c’est comme dormir avec un éléphant. Peu importe le tempérament et la gentillesse de la bête, on demeure affecté par tous ses tics et ses grognements.»

S’il y’a une leçon à tirer de l’affaire Meng Wanzhou, c’est bien que le Canada a tout intérêt à s’éloigner un peu de la bête.

  • Il a besoin de maintenir la relation privilégiée avec ce voisin que sa géographie et son économie lui imposent.
  • Mais il doit se donner la liberté d’agir selon ses propres intérêts.

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Le Canada et le Royaume-Uni devront renégocier un véritable accord de libre-échange l’an prochain

Publié le 23 nov. 2020
Le Canada et le Royaume-Uni devront renégocier un véritable accord de libre-échange l’an prochain
  • L’accord conclu samedi entre les deux pays se contente de maintenir les dispositions de l’Accord économique commercial global entre le Canada et l’Union européenne qui régissent actuellement les échanges commerciaux entre les deux pays.
  • «Nous nous assurons simplement que nos entreprises pourront continuer de travailler ensemble», a résumé le premier ministre Justin Trudeau.

Il y avait urgence de conclure cet accord du côté du Royaume-Uni, parce qu’il quittera l’Union européenne le 1er janvier prochain.

Le Canada est le 53e pays avec lequel le gouvernement de Boris Johnson est parvenu à signer un accord commercial pour l’après-Brexit.

Le premier ministre anglais se félicite particulièrement qu’une entente avec le Canada lui permette de se rapprocher du Partenariat transpacifique global et progressif, un groupe dont le Canada fait partie avec 11 pays asiatiques qui sont fort attrayants pour le Royaume-Uni.

Le gouvernement anglais a promis de renégocier son accord avec le Canada l’an prochain, une fois que le Royaume-Unis sera officiellement sorti de l’UE.

Les entreprises québécoises commencent à peine à s’ouvrir au marché anglais. Elles pourraient profiter d’un rapprochement commercial entre Ottawa et Londres.

  • Les exportations du Québec vers le Royaume-Uni ont doublé depuis un an et avoisinent maintenant un milliard $ sur une base annuelle.
  • Le sirop d’érable et des composants pour des véhicules électriques sont parmi les biens les plus fréquemment vendus par le Québec au Royaume-Uni et qui continueront à être exemptés de taxes.
Alain McKenna
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Pour devenir carboneutre en 2050, le Canada doit adopter des cibles plus ambitieuses dès 2025, selon Greenpeace

Publié le 19 nov. 2020
Pour devenir carboneutre en 2050, le Canada doit adopter des cibles plus ambitieuses dès 2025, selon Greenpeace

Patrick Bonin (Source: Youtube)

  • Le projet de loi déposé hier par le gouvernement fédéral est un premier pas essentiel pour assurer le respect des cibles climatiques, dit à InfoBref l’un des responsables de Greenpeace Canada Patrick Bonin.
  • Mais, selon lui, le gouvernement doit revoir ses objectifs à la hausse pour jouer son rôle contre le réchauffement climatique.

Avec son projet de loi sur la responsabilité en matière de carboneutralité, le gouvernement va dans la bonne direction.
«Le suivi régulier qui est proposé sur la trajectoire à atteindre est une bonne chose», reconnait le responsable de la campagne Climat-Énergie.

Cependant, d’après Greenpeace, pour atteindre la carboneutralité, le gouvernement devrait:

  • fixer une cible pour 2025, alors que la première est actuellement prévue pour 2030;
  • prendre un objectif plus ambitieux pour 2030;
  • prévoir des mesures contraignantes: «outre le tribunal de l’opinion publique, il faut des leviers réglementaires pour que le gouvernement soit forcé d’améliorer ses objectifs», demande Patrick Bonin.

En 2015, Stephen Harper s’était engagé à réduire d’ici 2030 les émissions de GES de 30%, par rapport à 2005. Cette baisse représente 511 mégatonnes de CO2.

Justin Trudeau n’a pas modifié cet objectif depuis son arrivée au pouvoir il y cinq ans.

C’est beaucoup moins que ce que demande le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), rappelle Patrick Bonin: pour contribuer à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré, le Canada devrait réduire de moitié ses émissions de CO2 actuelles d’ici 2030.


Johanna Sabys
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Trudeau et Biden promettent de collaborer sur les dossiers énergétiques et le commerce international

Publié le 9 nov. 2020
Trudeau et Biden promettent de collaborer sur les dossiers énergétiques et le commerce international

Justin Trudeau (Source: Twitter)

  • Le premier ministre et le président élu se sont entretenus au téléphone, hier après-midi, et ont promis de travailler plus étroitement ensemble dans plusieurs dossiers, notamment face à la Chine.
  • «Nous avons parlé de la détention arbitraire par la Chine de Michael Kovrig et Michael Spavor. Sur ce sujet et plusieurs autres, nous garderons le contact régulièrement», a expliqué Justin Trudeau.

Trudeau reconnait qu’il serait moins difficile de travailler avec Joe Biden

Publié le 2 nov. 2020
  • À la veille du scrutin présidentiel, le premier ministre a admis que le Canada a traversé des années difficiles dans sa relation avec les États-Unis: il a mentionné la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain et les tarifs «injustes» imposés sur l’aluminium.
  • En entrevue à la radio Énergie, Justin Trudeau a souligné que plusieurs domaines, comme l’environnement, pourraient être moins difficiles à gérer avec Joe Biden s’il est élu président.

Legault s’en prend à Trudeau sur sa gestion des frontières et sa volonté de s’ingérer dans les compétences des provinces

Publié le 27 oct. 2020
  • Le premier ministre québécois s’offusque de voir le gouvernement fédéral s’immiscer dans les compétences des provinces en cherchant à établir des normes nationales régissant les services offerts aux personnes âgées dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée.
  • François Legault demande plutôt à Justin Trudeau de garder la frontière canadienne fermée: «Au mois de mars, [la frontière ouverte] nous a fait très mal. Il y a plein de gens qui sont rentrés au Québec avec le virus.»

AFFAIRES en rafale

Publié le 26 oct. 2020
AFFAIRES en rafale

(Source: Twitter)

  • Justin Trudeau n’a pas fini de dépenser: lors d’une allocation devant la Chambre de commerce du Canada, le premier ministre a dit qu’il était trop tôt pour limiter les dépenses fédérales vu que le pays lutte toujours contre les effets économiques de la pandémie.
  • Sobeys pourrait imiter Loblaw, Metro et Walmart en haussant les frais imposés à ses fournisseurs pour la mise en rayon de leurs produits, ce qui risque de faire monter le coût des aliments et de réduire la variété des produits sur les tablettes.
  • Rio Tinto ferme son usine de lingots de Beauharnois pour une période indéterminée, et transférera temporairement sa production à une usine du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
  • La Banque du Canada annoncera demain comment elle compte réagir à la deuxième vague de Covid-19, la plupart des investisseurs espérant qu’elle gardera son taux préférentiel inchangé.
  • Apple touche annuellement entre 8 et 12 milliards $US pour installer Google comme moteur de recherche par défaut sur ses appareils mobiles, qui sont la source de presque la moitié de toutes les requêtes de recherche dans Google.

Vote de confiance au gouvernement Trudeau: la motion conservatrice a été rejetée grâce à l’appui des néo-démocrates

Publié le 21 oct. 2020
  • Les partis se sont prononcés cet après-midi sur la motion conservatrice, devenue un vote de confiance, qui réclamait la création d’un comité parlementaire pour enquêter sur l’affaire UNIS.
  • Le soutien du NPD permet au gouvernement minoritaire de Justin Trudeau de rester au pouvoir; il n’y aura pas d’élections fédérales cet automne.

Voici les positions des partis fédéraux sur ce vote qui aurait pu mettre le gouvernement libéral minoritaire en danger pour son premier anniversaire.

Le Parti conservateur (121 sièges) et le Bloc québécois (32 sièges)

  • Les deux partis se sont prononcés en faveur de la motion. 
  • Ils ont accusé les libéraux d’être prêts à tout pour éviter une nouvelle enquête sur l’affaire UNIS, y compris provoquer des élections qui pourraient leur permettre d’atteindre une majorité parlementaire. 

Les libéraux (154 sièges) 

  • Les libéraux ont évidemment rejeté la motion conservatrice défiant le gouvernement.
  • Justin Trudeau a dit qu’il ne souhaitait pas déclencher des élections en pleine crise sanitaire et a dénoncé «une motion toxique» qui démontre, selon lui, que les conservateurs «n’ont aucune confiance» dans ce gouvernement. 

Les néo-démocrates (24 sièges)

  • Le soutien du NPD a une fois de plus sauvé le gouvernement.
  • Jagmeet Singh a soutenu qu’une campagne électorale se ferait «au détriment de la population aux prises avec une crise d’ampleur historique».

Le Parti vert (3 sièges) 

  • Le parti a également rejeté la motion.
  • Selon la nouvelle chef Annamie Paul, «les Canadiens s’attendent à ce que leurs élus se concentrent sur leurs besoins en cette période de crise».
Johanna Sabys
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Le discours du Trône est adopté

Publié le 6 oct. 2020
  • Le soutien du NPD a permis au gouvernement de Justin Trudeau de gagner hier soir un important vote de confiance.
  • Le plan de relance des libéraux a été adopté par 177 députés contre 152, dans un parlement hybride où la majorité des votes ont été faits à distance.

Alors que la COVID-19 crée l’incertitude à Washington, qui remplacerait Justin Trudeau s’il devenait inapte à gouverner?

Publié le 4 oct. 2020
  • Si la santé du président américain se détériorait, le vice-président Mike Pence prendrait automatiquement la relève.
  • Au Canada, le cabinet élabore périodiquement une liste de succession; selon la dernière version approuvée la semaine dernière, la vice-première ministre Chrystia Freeland remplacerait le premier ministre, et le ministre des Anciens Combattants Lawrence MacAulay serait le suivant sur la liste.