POLITIQUE et société

Johanna Sabys

avec Johanna Sabys

Journaliste à InfoBref

Analyse POLITIQUE

Hydro-Québec: le rêve américain devient réalité

Publié avant-hier
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Hydro-Québec: le rêve américain devient réalité

[crédit photo: Mathilde Paret | Unsplash]

  • Hydro-Québec vient de réaliser un de ses grands rêves avec la signature attendue d’un contrat majeur d’exportation d’électricité pour alimenter la ville de New York. À la clé, 20 milliards $ de revenus en 25 ans.
  • Avec les immenses réservoirs de ses barrages hydroélectriques, le Québec devient à la faveur de la crise climatique un partenaire stratégique majeur pour les États de l’est des États-Unis qui veulent réduire leurs émissions de GES.

Il y a longtemps que le Québec ambitionne de conclure de grands contrats d’exportation d’électricité, tel celui qu’on se prépare à signer avec New York. [détails sur l’annonce faite ces derniers jours]

Le premier ministre Robert Bourassa publiait en 1985 son ouvrage L’Énergie du Nord destiné autant à un public américain que québécois. [livre disponible sur Amazon]

Il rêvait d’une deuxième Baie-James.

  • Mais le projet Grande Baleine n’a pu voir le jour, victime du contexte économique et de la vive opposition des environnementalistes et des Cris.

François Legault revenait à la charge en 2016.

  • Alors chef de l’opposition, il voyait le Québec comme «la batterie verte de l’est de l’Amérique du Nord».
  • Son idée fut reçue avec scepticisme.

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Hydro-Québec dispose de surplus importants pour lesquels les États-Unis représentent un débouché naturel.

Devant l’opposition des producteurs américains d’énergie, elle a dû se limiter essentiellement à des ventes d’énergie pendant les périodes de pointe de consommation, sur ce qu’on appelle «le marché spot» qui fonctionne selon un mécanisme d’enchère.

  • L’an dernier, elle a exporté 32 TW d’énergie à un prix moyen de 4,2 cents le kilowattheure.
  • Ces ventes ont été de 537 millions $ et ont contribué pour 2,3 milliards $ à son bénéfice net. Ce n’est pas rien.

L’intérêt d’un contrat d’exportation ferme est de pouvoir monnayer sur une longue durée ses surplus, à un prix stable et plus élevé, pour une énergie reconnue comme propre et renouvelable.

Les producteurs américains ont bataillé fort pour fermer la porte à Hydro-Québec.

  • Ils ont contesté la valeur environnementale de l’hydro-électricité produite au Québec.
  • Ils ont instrumentalisé l’opposition des groupes autochtones et des citoyens.

Le contrat de 20 ans signé avec le Massachusetts de 9,45 TW est ainsi toujours menacé par l’opposition de groupes du Maine qui tentent de bloquer la ligne qui traversera leur État.

Mais la crise climatique fait tourner le vent en faveur du Québec.

L’État de New York veut réduire ses émissions de GES.

Il entend réduire le recours aux énergies fossiles dans la production d’électricité de 85% à 70% d’ici 2030, grâce notamment à la fourniture par Hydro-Québec de 1250 MW d’électricité à la ville de New York.


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Le président Biden est favorable à ce projet.

Il a accordé un permis présidentiel à la ligne de transport de cette électricité, permis qui avait été refusé au pipeline Keystone XL pour l’exportation du pétrole albertain.

Cette ligne sera souterraine et sous-marine ira jusqu’à New York.

La partie québécoise de 60 km sera réalisée en partenariat avec la communauté autochtone de Kahnawake qui en sera copropriétaire dans une proportion qui pourrait être de 10 à 20%.

Tout cela devrait faciliter la conduite à terme du projet.

Ce deuxième contrat d’envergure a valeur de symbole.

  • Après celui avec le Massachusetts, il ouvre des perspectives de développement pour Hydro-Québec.
  • Ses surplus demeurent importants et elle peut dégager d’importantes marges additionnelles par d’éventuels programmes d’efficacité énergétique.

Visionnaire, Robert Bourassa l’était sans doute lorsqu’il parlait d’électricité.

Mais il n’imaginait pas qu’il faudrait autant de temps pour réaliser cette percée qui va placer le Québec au cœur de la métropole américaine.

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Québec part en guerre contre les armes de poing

Publié avant-hier
Québec part en guerre contre les armes de poing

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault [Source: Twitter]

  • La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault veut «intervenir sur tous les fronts» pour lutter contre la violence liée aux armes à feu. Elle promet que le cheval de bataille de cette stratégie, l’opération Centaure, «apportera des résultats concrets et immédiats» et agira «à la source du problème».
  • La stratégie que le gouvernement a annoncée aujourd’hui est dotée de 90 millions $. Elle prévoit notamment de renforcer les corps de police de la province, et de perturber les approvisionnements illégaux d’armes à feu. 

L’opération Centaure (Coordination des Efforts Nationaux sur le Trafic d’Armes, Unis dans la Répression et les Enquêtes) vise les crimes par armes à feu, dont le nombre a considérablement augmenté dans les dernières années. 

  • Dans l’ensemble du Québec, les tentatives de meurtre et de complot par armes à feu ont plus que doublé entre 2016 et 2020.
  • À Montréal, pendant la même période, leur nombre a presque quadruplé.  

Ce que l’opération prévoit:

Embaucher plus de personnel affecté à la lutte contre les armes à feu:

  • Près de 75 millions $ serviront à embaucher ou réaffecter 78 personnes qui relèveront de la Sûreté du Québec. 

Renforcer certains corps de police:

  • à Laval: 5,2 millions $ sur 5 ans pour ajouter 5 policiers à l’Escouade crime organisé – armes à feu (Eco-AF);
  • à Longueuil: 3 millions $ sur 5 ans pour ajouter 4 policiers à la Brigade d’intervention multidisciplinaire;
  • à Montréal: 911 000 $ sur 2 ans

La SQ coordonnera des efforts menés:

  • au Québec, avec les services de police de Montréal, Québec, Laval et Longueuil ainsi qu’avec les corps de police autochtones;
  • au Canada, avec la Gendarmerie royale du Canada, l’Agence des services frontaliers du Canada et la Police provinciale de l’Ontario; et
  • aux États-Unis, avec l’équipe d’enquête de la sécurité intérieure (Homeland Security Investigations).

Autres ressources prévues:

  • l’ajout de 15 personnes au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale; et
  • celui de 5 personnes à la Direction du renseignement des Services correctionnels.

La stratégie mentionne quelques mesures de prévention de la criminalité, mais aucune somme n’a été allouée à ces engagements.

Félix Côté
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Pesticides: l’Ordre des agronomes du Québec ne veut plus de conflit d’intérêts

Publié avant-hier
Pesticides: l’Ordre des agronomes du Québec ne veut plus de conflit d’intérêts

(Source: Pixabay)

  • L’Ordre des agronomes du Québec (OAQ) est maintenant d’accord pour séparer la vente du service-conseil en matière de pesticides. C’est dans cette direction qu’elle va orienter les travaux de modernisation de la Loi sur les agronomes.
  • Actuellement, un agronome qui recommande à un agriculteur d’utiliser un pesticide peut aussi toucher une rémunération pour la vente de ce produit. Une commission parlementaire avait demandé en 2019 de séparer ces 2 rôles pour éviter les conflits d’intérêts, mais l’OAQ avait alors refusé et préféré resserrer les règles entourant la rémunération.

Les anti-vaccin ne manifesteront plus près des écoles et des établissements de santé

Publié le 23 sept. 2021
Les anti-vaccin ne manifesteront plus près des écoles et des établissements de santé

(Source: Unsplash)

  • Les manifestations anti-vaccin sont désormais interdites à moins de 50 mètres des garderies, des écoles primaires et secondaires, des établissements de santé, des cliniques de vaccination et des centres de dépistage.
  • Le projet de loi 105, déposé jeudi matin à l’Assemblée nationale, a été adopté par tous les partis en début de soirée. Cette nouvelle loi n’interdit pas aux travailleurs des lieux visés de manifester sur leurs conditions de travail. 

La loi précise:

  • que les manifestants ne pourront pas se trouver à moins de 50 mètres du «terrain» de ces établissements (et non à 50 mètres d’une porte d’entrée); et 
  • qu’un juge de la Cour supérieure du Québec pourra accorder une injonction pour empêcher toute manifestation.

Elle prévoit des amendes: 

  • de 1000 $ à 6000 $ pour les manifestants et toute personne qui organise ou incite à ces manifestations; et
  • de 2000 $ à 12 000 $ pour toute personne qui menace ou intimide une personne qui se rend ou qui sort de ces établissements.

Elle s’appliquera pour une période de 30 jours.  

  • Cette limite de 30 jours a été réclamée par la députée conservatrice Claire Samson.
  • Le gouvernement pourra toutefois en prolonger la durée.

Mais la loi ne s’appliquera plus lorsque l’état d’urgence sanitaire sera levé.

Johanna Sabys
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Le gouvernement s’attaque-t-il au système scolaire anglophone?

Publié le 23 sept. 2021
Le gouvernement s’attaque-t-il au système scolaire anglophone?

Simon Jolin-Barrette et François Legault (Source: Twitter / Émilie Nadeau)

  • Les commissions scolaires anglophones ont affirmé jeudi que la réforme de la loi 101 proposée dans le projet de loi 96 par le gouvernement Legault va porter atteinte au réseau anglophone. 
  • Au troisième jour des consultations sur la réforme qui doit moderniser la Charte de la langue française, l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec (Acsaq) était très préoccupée par certaines mesures du projet de loi. 

L’Acsaq s’inquiète que le projet de loi prévoie: 

  • de limiter le nombre d’années durant lesquelles les travailleurs étrangers temporaires peuvent inscrire leurs enfants dans les écoles anglophones; et
  • d’utiliser la clause dérogatoire pour soustraire le projet de loi aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés – ce qui mettrait la Charte de la langue française à l’abri de contestations judiciaires.

Actuellement, les travailleurs étrangers temporaires peuvent bénéficier pour leurs enfants d’une autorisation d’admissibilité à l’enseignement en anglais pendant 3 ans. 

  • Cette autorisation peut ensuite être renouvelée sans limites.

Le projet de loi 96 prévoit de limiter l’autorisation à sa durée initiale de 3 ans. 

  • L’Acasq croit que cette mesure fera baisser le nombre d’inscriptions dans le réseau anglophone – l’an dernier, plus de 4000 élèves ont bénéficié de cette autorisation.

La réforme ne porte pas atteinte au réseau anglophone, assure le ministre responsable de la Langue française Simon Jolin-Barrette. 

  • Selon lui, le projet de loi 96 ne contient «rien» qui puisse «porter atteinte aux droits et aux institutions de la communauté anglophone».
  • La limite que le projet prévoit d’imposer aux enfants des travailleurs temporaires est importante pour «privilégier l’intégration en français». 

Les commissions soutiennent que les écoles du réseau anglophone permettent à leurs élèves d’acquérir une connaissance adéquate du français.

Johanna Sabys
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1 milliard $ pour offrir «les meilleures conditions de travail» aux infirmières

Publié le 23 sept. 2021
1 milliard $ pour offrir «les meilleures conditions de travail» aux infirmières

François Legault (Source: Bureau du premier ministre)

  • Le gouvernement Legault a présenté cet après-midi son plan pour recruter au plus vite 4300 infirmières dans le réseau de la santé. 
  • Québec leur propose des primes allant jusqu’à 18 000 $, mais il leur promet surtout qu’elles auront désormais «les meilleures conditions de travail» dans le réseau public. 

Une petite révolution à 1 milliard $

  • Les incitatifs offerts aux infirmières représentent «beaucoup d’argent» pour le Québec, reconnaît François Legault.
  • Mais «la situation le justifie», dit le premier ministre, qui présente ces changements dans la gestion du réseau comme une «petite révolution».

Avec son plan, le gouvernement espère

  • lutter contre la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau; 
  • remplacer les travailleurs qui ne seront pas adéquatement vaccinés au 15 octobre et devront alors quitter leur poste [détails]; 
  • réduire le temps supplémentaire obligatoire; et 
  • moins recourir aux agences privées de placement. 

Dès maintenant et pour 12 mois, les infirmières à temps complet recevront des primes de: 

  • 15 000 $ pour celles qui travaillent actuellement dans le réseau; et 
  • 12 000 $ pour celles qui le rejoignent pour la 1re fois, ou qui y reviennent après l’avoir quitté. 

Dans les régions où la pénurie est plus grave – Abitibi-Témiscamingue, Outaouais, Côte-Nord, Nord-du-Québec et Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine – les primes sont encore plus élevées:  

  • 18 000 $ pour les infirmières en poste; et 
  • 15 000 $ pour celles qui arrivent dans le réseau ou y reviennent.

En plus des primes, «les meilleures conditions» 

Le gouvernement compte:   

  • embaucher 3000 agents administratifs d’ici le printemps prochain pour libérer les infirmières de la paperasse – les tâches administratives peuvent prendre jusqu’à 30% de leur temps de travail, a indiqué le ministre de la Santé Christian Dubé; 
  • réserver les meilleurs horaires aux infirmières du réseau, qui passeront avant celles qui viennent des agences privées; et   
  • décentraliser la gestion du réseau, en donnant «plus d’autonomie» aux équipes locales pour rendre les horaires plus stables et attrayants.
Johanna Sabys
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À Québec, les partis s’unissent contre les subventions pétrolières

Publié le 22 sept. 2021
À Québec, les partis s’unissent contre les subventions pétrolières

(Source: Pixabay)

  • L’Assemblée nationale a adopté hier à l’unanimité une motion de Québec solidaire qui demande au gouvernement fédéral de ne plus verser de subventions aux entreprises pétrolières et gazières. 
  • Cette motion souligne qu’il n’y a plus aucun projet d’exploitation ou d’exploration d’hydrocarbures à l’étude au Québec. Elle pointe aussi du doigt l’augmentation de la production de l’Ouest canadien qui va à l’encontre des efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique. 

Québec solidaire croit avoir «réussi l’impossible» en unissant tous les députés contre les subventions aux énergies fossiles. 

Mais la crise climatique semble mobiliser tous les partis depuis la rentrée:  

  • Début septembre, le Parti québécois appelait à un «automne climatique» et doit bientôt déposer 2 projets de loi pour créer un fonds de transition «verte et juste», et interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures.
  • Mercredi dernier, François Legault a admis que son gouvernement souhaite aussi interdire l’exploration et l’exploitation des combustibles fossiles. [détails
  • Dimanche, la cheffe du Parti libéral Dominique Anglade voulait donner un «électrochoc» au Québec en environnement. [détails
Johanna Sabys
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Mairie de Montréal: Plante veut des logements abordables, Coderre veut nettoyer la ville

Publié le 22 sept. 2021
Mairie de Montréal: Plante veut des logements abordables, Coderre veut nettoyer la ville

Denis Coderre et Valérie Plante (Source: YouTube et Twitter)

  • La mairesse sortante Valérie Plante promet d’investir 800 millions $ dans les 10 prochaines années pour construire 60 000 logements abordables. L’ancien maire et candidat Denis Coderre promet, lui, de rendre la ville plus propre. 
  • À 1 mois et demi du scrutin municipal, la course se resserre. Selon un nouveau sondage Léger pour Le Devoir, Denis Coderre ne devance désormais Valérie Plante que d’un point, avec 37% des voix contre 36%. 

Denis Coderre et Valérie Plante mènent la course municipale. Mais les Montréalais auront le choix entre 6 candidats le 7 novembre prochain.

Plante veut que Montréal reste «abordable»

Montréal peut encore se targuer d’être une ville abordable, mais son abordabilité «commence à être très fragile», croit la mairesse. 

Pour y remédier, elle propose: 

  • d’utiliser des terrains de la Ville, comme l’ancien hippodrome ou Louvain Est;
  • d’acheter de nouveaux terrains, notamment près des nouvelles stations de la ligne bleue, Mercier, Saint-Léonard, Tétreaultville et Lasalle; et
  • de prêter ces terrains «sur du très long terme à des OBNL et des promoteurs privés» pour développer des logements abordables; ces organismes rembourseraient ensuite la Ville sous forme de rente.

Des appartements locatifs et des condos à vendre.  

La mairesse souhaite que les 60 000 logements – à louer ou à acheter – qu’elle souhaite construire restent «abordables pour au moins 40 ans». 

  • Le coût du loyer ou du prix de vente resteraient sous la valeur marchande – Plante dit viser 90% du prix moyen.
  • Et la prise de valeur ne devra pas dépasser 3% par an.

Coderre veut rendre Montréal plus propre:

L’ancien maire ne veutplus voir «des détritus partout» en se promenant.

S’il est élu, il compte:  

  • créer un fonds pour soutenir les arrondissements dans leur mission de propreté; 
  • ajouter des poubelles et des cendriers publics;
  • éliminer les dépôts sauvages et les graffitis dès qu’ils sont signalés; 
  • créer un système de ramassage sur demande des déchets encombrants; et
  • contrôler la présence des rats, en dératisant pendant toute la durée de travaux qui impliquent l’ouverture des égouts.
Johanna Sabys
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Québec s’attaque aux manifestations anti-vaccins

Publié le 22 sept. 2021
Québec s’attaque aux manifestations anti-vaccins

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault (Source: CPAC)

  • Le gouvernement Legault déposera demain une loi spéciale pour interdire les manifestations anti-vaccins devant les écoles et les hôpitaux.
  • Québec espère la faire adopter le jour même, mais devra pour cela obtenir l’aval de tous les députés. Le Parti libéral, le Parti québécois et Québec solidaire appuient déjà cette loi. Mais l’unique députée du Parti conservateur du Québec attend de voir sa portée avant de se prononcer.

Des lois interdisent déjà «d’empêcher quelqu’un d’accéder à des soins ou à l’éducation», rappelle la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault qui déposera demain le nouveau projet de loi.

  • Les sanctions pénales prévues dans ces domaines continueront d’exister.  

Mais Québec va proposer «quelque chose de plus fort» pour faire cesser «ces manifestations et ces formes d’intimidation», assure Geneviève Guilbault.

Le gouvernement s’inspire notamment d’une loi qui a interdit les manifestations devant les cliniques d’avortement.

Cette loi de 2016 interdit:

  • de manifester à moins de 50 mètres d’une clinique qui offre des services d’interruption volontaire de grossesse; et
  • de dissuader une femme de se faire avorter ou de contester ou condamner son choix.

L’opposition appuie le gouvernement:

  • La cheffe du Parti libéral Dominique Anglade veut agir «tout de suite» et croit qu’il est possible de régler cette question en 24h.
  • Selon le chef parlementaire de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, il ne faut pas toucher au droit de manifester pour défendre des conditions de travail, mais les gens qui veulent «entraver l’accès à des soins de santé» et «dissuader des enfants de respecter les mesures sanitaires, ce n’est pas la même chose».
  • Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon est aussi prêt à «collaborer sur toute la ligne», notamment pour éviter que Québec procède par décret.

Seule la députée conservatrice réserve sa réponse:

  • Claire Samson dit qu’elle n’est «pas contre le principe» d’une loi spéciale, mais qu’elle attend de voir le libellé du projet de loi.
  • La députée d’Iberville, expulsée de la CAQ en juin pour un don de 100 $ au Parti conservateur du Québec, croit que «tout le monde a le droit de manifester son désaccord dans la société québécoise».

Si Claire Samson s’oppose à la loi, Québec utilisera la procédure du bâillon pour que le projet de loi soit adopté à l’issue de débats écourtés.

Johanna Sabys
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Le scrutin fédéral s’étire dans quelques circonscriptions

Publié le 21 sept. 2021
Le scrutin fédéral s’étire dans quelques circonscriptions

(Source: Unsplash)

  • Le dépouillement des bulletins de vote spéciaux a commencé seulement mardi et pourrait prendre plusieurs jours à certains endroits. 
  • Au Québec, la course était particulièrement serrée à Trois-Rivières et dans Brome-Missisquoi. Dans ces 2 circonscriptions, les députées sortantes, respectivement la bloquiste Louise Charbonneau et la libérale Lyne Bessette, ont choisi de ne pas se représenter.

Avant le comptage des bulletins postaux

  • À Trois-Rivières, le bloquiste René Villemure n’a qu’une trentaine de voix d’avance sur le conservateur Yves Lévesque, ancien maire de Trois-Rivières.  
  • Dans Brome-Missisquoi, la bloquiste Marilou Alarie devance la libérale Pascale St-Onge de moins de 200 voix.

Selon les règles d’Élections Canada

  • Un dépouillement judiciaire est obligatoire si l’écart entre les votes du vainqueur et d’un autre candidat est inférieur à 1/1000 e des votes valides. 
  • Les candidats peuvent aussi demander le recomptage des bulletins par un juge lorsque ce seuil n’est pas atteint.
Johanna Sabys
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Réforme de la Loi 101: les partis se positionnent au début des consultations

Publié le 21 sept. 2021
Réforme de la Loi 101: les partis se positionnent au début des consultations

Le ministre responsable de la Langue française Simon Jolin-Barrette (Source: Twitter)

  • À l’ouverture des consultations publiques sur la réforme de la Charte de la langue française, le ministre responsable de la Langue française Simon Jolin-Barrette a soutenu qu’il est temps «de poser des gestes forts et concrets».
  • Selon le Parti québécois, Québec ne va toutefois pas assez loin pour contrer le déclin du français. De son côté, le Parti libéral veut avoir le temps d’étudier ce projet «ambitieux». Et Québec solidaire veut que tous les Québécois puissent travailler en français. 

Le projet de loi 96, qui vise à réformer la Loi 101, a été déposé en mai dernier par le gouvernement Legault. 

  • Plus de 50 groupes et interlocuteurs participeront au cours des prochaines semaines aux consultations publiques sur la réforme en commission parlementaire.

Les 4 principaux objectifs de la réforme:

  • faire du français la seule langue officielle et commune au Québec;
  • renforcer son statut dans toutes les sphères de la société;
  • assurer l’exemplarité de l’État dans son utilisation; et
  • instaurer une structure gouvernementale neutre pour le protéger.

Le Parti québécois veut être «efficace» plutôt que «populaire»:

  • Le député péquiste Pascal Bérubé croit que la réforme «va déplaire à du monde», mais il entend «briser le tabou» pour stopper le déclin du français. 
  • Le PQ dit qu’il a des propositions «courageuses» sur le cégep en français, l’immigration et la francisation; et le parti croit que les entreprises ne devraient pas pouvoir transiger avec le gouvernement si elles ne remplissent pas les critères en matière de respect de la langue française. 

Le Parti libéral veut être «inclusif» pour ne pas «diviser»:

  • La députée libérale Hélène David a demandé une nouvelle fois à Québec de ne pas utiliser la procédure du bâillon pour faire adopter le projet rapidement. 
  • Le PLQ propose notamment d’imposer aux étudiants des cégeps anglophones de suivre 3 cours en français, au lieu d’imposer un schisme entre les institutions francophones et anglophones.

Québec solidaire voit dans le projet «une opportunité [pour le Québec] de s’unir» en tant que société.

  • La députée de QS Ruba Ghazal affirme que le Françaisest «la langue du cœur», mais qu’elle doit aussi être «la langue du pain».  
  • QS propose d’assujettir à la Charte toutes les entreprises de 10 employés et plus, et de bonifier les cours de francisation en entreprise.

Une motion de Québec solidaire a d’ailleurs été adoptée hier pour que l’Assemblée nationale:  

  • rappelle le droit de travailler en français au Québec;
  • demande aux employeurs québécois de contribuer davantage à la protection et la promotion de la langue française au travail; et 
  • demande au gouvernement d’interdire l’exigence de l’anglais lors de l’embauche, à moins qu’il soit nécessaire pour accomplir la tâche.
Johanna Sabys
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Les libéraux restent au pouvoir, mais sont toujours minoritaires. Et maintenant?

Publié le 21 sept. 2021
Les libéraux restent au pouvoir, mais sont toujours minoritaires. Et maintenant?

François Legault et Justin Trudeau (Source: Émilie Nadeau / Twitter)

  • Justin Trudeau pense désormais avoir «un mandat clair» pour sortir de la pandémie. Le chef conservateur Erin O’Toole n’est pas du même avis. Mais le Bloc et le NPD disent qu’ils sont prêts à collaborer dans l’intérêt des Québécois. 
  • Au Québec, François Legault ne «regrette pas» d’avoir, dit-il, «défendu les intérêts de la nation québécoise» en soutenant les conservateurs. Le premier ministre affirme toutefois qu’il est «capable» de travailler avec Trudeau. 

Les résultats des élections fédérales sont encore incomplets, à cause du million de bulletins envoyés par la poste, mais on sait que le Parti libéral reste au pouvoir pour un 3e mandat. 

Même sans majorité, Trudeau estime qu’il a reçu le «mandat clair» dont il avait besoin pour sortir de la pandémie. 

  • Le premier ministre dit toutefois qu’il a «entendu» ceux qui ne voulaient pas d’élections. 

O’Toole croit que le parti conservateur prendra le pouvoir «s’il continue de grandir».

  • Le chef conservateur reproche toujours à Trudeau d’avoir déclenché les «élections les plus chères de l’histoire» (612 millions $): selon O’Toole, le premier ministre pourrait même en déclencher d’autres dans les 18 prochains mois. 

Blanchet affirme qu’il coopérera pour faire fonctionner le Parlement.

  • Le chef du Bloc québécois dit que son parti soutiendra en Chambre tout «ce qui bon pour le Québec» et que, en revanche, ce qui ne l’est pas «verra le Bloc se dresser sur son chemin».

Singh assure que le NPD sera là pour le Québec. 

  • «Peu importe le nombre de députés [québécois]» dans son caucus, Jagmeet Singh assure que le NPD «va continuer de se battre» pour les Québécois. 

Legault est «le grand perdant» des élections, selon les partis d’opposition à Québec. 

  • La cheffe du Parti libéral Dominique Anglade croit que François Legault a «parié gros» en prenant position pendant la campagne fédérale, et «qu’il a perdu» et «entraîné tous les Québécois dans sa défaite». 
  • Le chef parlementaire de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois croit qu’il s’agit d’un «retour à la réalité» pour le premier ministre qui «s’est mis les pieds dans les plats» – puisqu’il n’y a pas eu «d’effet Legault», dit Nadeau-Dubois. 
  • Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon croit aussi que «c’est un échec pour François Legault et la CAQ», et que le premier ministre ne «sera plus en mesure de négocier» avec Ottawa.
Johanna Sabys
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