Fabien Major

Fabien Major

Chroniqueur en finances personnelles à InfoBref

Planificateur financier et expert en communication, il connaît parfaitement les rouages de l’industrie financière et sait expliquer aux investisseurs comment en tirer parti. Actuellement chroniqueur financier à l’émission Tout un matin à la radio de Radio-Canada à Montréal, il a été auparavant chroniqueur pour le Journal de Montréal, 98.5FM et Finance et Investissement. Il est associé principal de Gestion de patrimoine Assante-Équipe Major. Chaque samedi, il signe la chronique Vos finances dans InfoBref.

Surchauffe immobilière: pensez à louer plutôt qu’acheter

Publié le 26 fév 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Surchauffe immobilière: pensez à louer plutôt qu’acheter

(Photo Unsplash)

  • Presque la moitié des Canadiens âgés entre 25 et 35 ans sont propriétaires de leur résidence, selon un sondage de Royal LePage. 25% de ces jeunes propriétaires ont acheté leur résidence PENDANT la pandémie.
  • Considérant l’explosion des prix de l’immobilier actuellement, est-il préférable d’acheter sa résidence ou de la louer?

Au Québec, le marché de l’immobilier était déjà vigoureux depuis plusieurs années. Mais en plus :

  • La pandémie a engendré une rareté des propriétés à vendre. On dénombre maintenant 30% moins de propriétés disponibles que la normale.
  • Les taux hypothécaires sont à des planchers historiques, ce qui encourage des acheteurs à en profiter et contribue aussi à augmenter le prix de vente.

Les prix augmentent, jusqu’à la surchauffe

Selon l’Association Professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le prix médian des unifamiliales dans la province a grimpé de 22% en un an pour atteindre 323 500 $ en janvier 2021.

Curieusement, on assiste à une surenchère dans bien des quartiers. De nombreuses résidences unifamiliales ou des condos ayant plus de trois chambres se vendent plus cher que le prix demandé. 

Par exemple, une amie qui habitait une coquette maison de ville à Laval a eu la surprise de sa vie.

  • Juliette avait acquis sa demeure au prix de 140 000 $ en 2009.
  • Le mois dernier, après divers échanges avec son agent immobilier, ils ont convenu que 320 000 $ serait un prix de revente juste.
  • En 48 heures, ils ont reçu 22 offres.
  • La modeste demeure s’est finalement vendue à 405 000 $, sans inspection ni conditions.

La faiblesse de l’inventaire des maisons unifamiliales et grands condos de deux chambres ou plus favorise l’augmentation des prix. 

Les jeunes achètent massivement 

Certaines conséquences des règles sanitaires ont motivé plusieurs jeunes à acheter, selon Royal LePage.

  • Des millénariaux qui vivaient chez leurs parents ou avaient un colocataire ont trouvé leur environnement inconfortable et trop encombré pour y faire du télétravail.
  • D’autres ont vu dans la pandémie une occasion d’accéder à la propriété.

La diminution involontaire des dépenses a augmenté les réserves financières de ceux qui n’ont pas perdu leur emploi.

Je crois également que des gains en bourse ou avec les cryptomonnaies ont pu enrichir certains 25-35 ans et contribuer à la mise de fonds nécessaire à la réalisation du rêve de devenir propriétaire.

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Cette surchauffe immobilière ne peut durer très longtemps.

Dans un tel contexte, il serait sage de réviser ses hypothèses et de reconsidérer la location.

Après tout, une demeure c’est d’abord une dépense de consommation qui vise le confort et le bien-être.

  • Oui, acheter une propriété peut générer de bons gains lors de la revente.
  • Mais avec des prix qui sont peut-être actuellement à un sommet, rien n’est moins sûr.  

Afin de valider vos scénarios, prenez le temps d’entrer vos données dans le calculateur Est-il préférable de louer ou d’acheter? de l’Autorité des marchés financiers. Vous verrez que, dans l’état du marché immobilier actuel, louer sa demeure est très souvent un meilleur choix économique.

Je vois plusieurs bonnes raisons de louer sa résidence plutôt que de l’acheter.

  • Le retour à la croissance économique laisse présager de bons rendements sur les investissements diversifiés. Vous pouvez louer votre résidence et placer ailleurs vos économies… qui feront des intérêts composés.
  • La pandémie va se terminer et le nombre des propriétés à vendre va augmenter. Nul doute que de nombreuses occasions se présenteront alors. Soyez patient.
  • Le vieillissement de la population favorise le déplacement des aînés vers les résidences pour personnes âgées. Ce sont autant de personnes qui quitteront le marché immobilier.

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Vos FINANCES

Les belles histoires du Fonds de la FTQ

Publié le 19 fév 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Les belles histoires du Fonds de la FTQ

[Photo: FTQ]

  • L’actif du Fonds de solidarité de la FTQ dépasse 15 milliards $. Son rendement annuel depuis sa création est de 4,4%. Il offre un avantage fiscal difficile à battre.
  • Avec un tel actif financier et réputationnel, et avec des performances aussi honorables, pourquoi raconter des demi-vérités quant à ses frais de gestion et son engagement dans l’économie durable?

Comme une majorité de travailleurs québécois, je suis actionnaire des fonds de syndicats. Ils offrent l’opportunité de soutenir l’économie d’ici.

En tant que planificateur financier, je recommande aux professionnels et aux entrepreneurs ayant un taux marginal d’imposition élevé de souscrire à ces fonds pour la première tranche de 5000 $ de leur contribution REER.

J’y vois quatre bonnes raisons:

  • le crédit d’impôt supplémentaire;
  • le fait que ces fonds constituent un bon outil de diversification;
  • le mécanisme d’«épargne forcée» à long terme qu’ils représentent pour les individus; et
  • le soutien que les capitaux investis par ces fonds apportent à l’économie du Québec.

Mais le marketing du Fonds ne se contente pas de ces avantages. Il pousse le bouchon plus loin.

Des fonds dispendieux, sans conseil

Là où je lève les sourcils, c’est lorsque je lis les publicités du Fonds FTQ et que j’entends ses porte-paroles tenter de laver plus blanc que blanc sur la place publique.

Les fonds de syndicats ne sont pas assujettis à la Loi des produits et services financiers du Québec qui est sous la coupe de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Quand les dirigeants du Fonds FTQ tentent de comparer la structure, les résultats ou le contenu de leurs fonds avec l’industrie financière, ils font presque toujours des comparaisons boiteuses. 

Exemple: dans les états financiers du fonds et sur son site web, la direction  dit que le Fonds FTQ se compare aux fonds communs de la catégorie «équilibrés neutres» et que ces fonds ont, en moyenne, un ratio de frais de gestion annuel de 2,00%.

Là, je décroche. La FTQ tente ici de faire croire qu’avec son ratio de charges opérationnelles totales de de 1,49%*, le Fonds FTQ est moins cher.

*Ratio annuel des charges opérationnelles totales pour l’exercice terminé le 31 mai 2020. Source: rapport de gestion intermédiaire du Fonds de solidarité de la FTQ au 30 novembre 2020.

C’est du patinage artistique.

  • Les employés du Fonds FTQ n’ont pas de permis de conseillers de l’AMF.
  • Ils n’offrent pas de services de répartition de portefeuille, d’assurances de personnes, de plans de retraite, de conseils fiscaux et successoraux.

Parce que leur produit vient sans conseil, il est donc beaucoup plus pertinent de comparer le Fonds FTQ avec les fonds «sans frais de service et sans commission». 

Auparavant, tous les fonds communs de placement incorporaient dans leurs frais de gestion des commissions qu’ils remettaient aux conseillers financiers qui vendaient ces produits, de sorte que conseillers offraient eux-mêmes leurs services «gratuitement» à leurs clients. Ces fonds «avec commissions» existent encore, et c’est à eux que le Fonds FTQ compare ses propres frais.

Pourtant, depuis des années, les conseillers fonctionnent principalement à honoraires, qu’ils facturent directement à leurs clients. 93% des nouvelles ventes se dirigent donc vers des fonds «sans frais de service et sans commission», soit les fonds communs de série F.

Or, selon Morningstar, la médiane des ratios de frais annuels des 8667 fonds de série F est de 0,99%.

À 1,49%, le fonds de la FTQ serait donc 50% plus cher, et non moins cher.

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Socialement responsable? En partie seulement

Les dirigeants du Fonds FTQ se qualifient d’«investisseurs socialement responsables». 

Ajoutons des bémols. Je veux bien croire que ce critère de responsabilité sociale s’applique au volet des investissements en capital de développement.

Mais c’est escamoter un gros morceau.

Le Fonds détient pour près de 7 milliards $ en placements qui ne sont pas des investissements directs dans des sociétés et PME québécoises.      

  • 44,6% de son actif est dans des titres financiers mondiaux.
  • On y trouve des pipelines et des producteurs d’énergie fossile comme Enbridge, Shell, Transcanada, AltaGas, Valeo, Tourmaline ou encore l’uranium de Cameco.      
  • Il y aussi des parts de sociétés comme McDonald, Starbucks, LVMH (Louis Vuitton), Banque Scotia, Heineken ou Ferrari.  

Comme on ne peut détacher le Fonds FTQ de sa partie «autres investissements»,  c’est donc avec un grain de sel qu’il faut recevoir ses prétentions liées à l’économie durable: vraies, mais en partie.

Comme un breuvage qui contient 55,4% de «vrai jus»!

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Vos FINANCES

REER+CELI+REEE: la combinaison gagnante pour les hauts revenus

Publié le 12 fév 2021
Fabien Major
par Fabien Major
REER+CELI+REEE: la combinaison gagnante pour les hauts revenus

(Photo Unsplash)

  • Le REER, le CELI et le REEE sont intéressants pour la grande majorité des contribuables, mais leur combinaison présente un attrait particulièrement fort pour ceux qui ont la chance d’avoir un bon revenu.
  • Le REER est également à prioriser sur une société de gestion.

Chaque année, je me fais toujours poser cette question: «Dois-je cotiser à mon REER, au CELI ou au REEE?».

Si vous gagnez plus de 100 000$ par année, ne cherchez plus, vous devez cotiser aux trois régimes.

Cet exemple le montre.

Étienne est un architecte de 40 ans, père de jumeaux en bas âge. Il gagne 160 000$ par année. Son taux d’impôt marginal combiné fédéral-provincial est de 50,15% – c’est-à-dire qu’il doit payer plus de 50 cents d’impôt pour chaque dollar additionnel qu’il gagne.

En cotisant 20 000$ à son REER, il recevra 10 030$ en remboursement.

De ce montant, je lui recommande de cotiser un total de 5000$ aux REEE de ses jumeaux (2500$ chacun).

  • Ce montant sera ensuite bonifié de 1500$ par la subvention canadienne à l’épargne études et l’incitatif québécois à l’épargne études.

Du remboursement obtenu par la cotisation REER, il reste 5030 $. Je suggère de le diriger directement dans le CELI.

Les avantages de cette combinaison sont nombreux:

  • maximisation des cotisations des trois régimes;
  • bonification de 30% des dépôts dans le REEE;
  • croissance non imposable dans les REEE et le CELI;
  • augmentation immédiate de la valeur nette familiale.

Si Étienne procède ainsi et que, par hypothèse, il investit pendant 15 ans tous ses placements dans un portefeuille d’actions diversifié mondialement, il devrait profiter les effets formidables des intérêts composés.

  • Si son rendement annuel moyen atteint 7%, il verra le montant de ses placements approcher 900 000$ après 15 ans. 

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Pour obtenir un remboursement d’impôt encore plus substantiel, les professionnels devraient cotiser dès que possible aux REER de la CSN ou de la FTQ.

  • Le maximum permis est de 5000$ dans chacun.
  • Le Fonds de Solidarité FTQ offre un crédit d’impôt supplémentaire de 30% et celui de Fondaction, un crédit supplémentaire de 35%. C’est difficile à battre.

Dans mon exemple précédent, le remboursement total provenant de 15 000$ cotisés en REER ordinaire plus 5000$ cotisés au REER Fondaction aurait été de 11 780$ au lieu de 10 030$, soit 1750$ de plus.

  • Les fonds FTQ et Fondaction étant déjà fermés pour les contributions forfaitaires cette année, il faudra attendre au 31 mai prochain pour en profiter.

Et pour les entrepreneurs et les professionnels incorporés?

Avant février 2018, j’étais de ceux qui croyaient fermement que l’accumulation de capitaux dans une société de gestion était plus avantageuse que la cotisation au REER.

Mais, la réforme fiscale de l’ancien ministre fédéral Bill Morneau a changé la donne. Il est désormais, de plus en plus difficile d’accumuler des sommes importantes dans une société sans subir des tracas fiscaux liés aux «revenus passifs» de cette société.

Le REER redevient donc l’option par défaut, même pour ceux qui auraient ou pourraient constituer une société de gestion.

Conseils

  • Si vous n’avez pas de plan financier précis, n’investissez pas le montant de votre cotisation dans le dernier produit financier à la mode sans réfléchir.
  • Vous pouvez placer le montant cotisé à votre REER dans le marché monétaire ou en obligations court terme, juste pour obtenir votre reçu de cotisation avant le 1er mars 2021.
  • Plus tard, à tête reposée, vous pourrez réorganiser l’ensemble de vos placements REER, CELI, et REEE dans une structure réfléchie et cohérente.

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Vos FINANCES

Ce qui distingue les investisseurs autonomes des professionnels

Publié le 5 fév 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Ce qui distingue les investisseurs autonomes des professionnels

(Photo Pexels)

  • La vigueur des indices boursiers ravive l’intérêt pour l’investissement autonome.
  • Mais avant de gérer vous-même l’ensemble de vos économies, il y a des faits à ne pas négliger.

D’abord, soulignons les différences significatives entre la spéculation et l’investissement. Un investissement implique une attente réaliste de gains à long terme en fonction de données vérifiables comme les actifs et passifs et les flux financiers. L’investisseur préférera les coups sûrs réguliers afin de faire des intérêts composés pendant des décennies.

Quant à la spéculation, elle intervient lorsqu’une tendance éphémère dévoile une occasion de gain substantiel. Le spéculateur parvient à faire des bénéfices par l’utilisation de stratégies de prise de risque élevé comme l’achat par emprunt, les options et l’achat de titres de sociétés en difficulté. Le spéculateur espère frapper des coups de circuit régulièrement.

Des différences notables

De nombreux détails distinguent le professionnel de l’amateur. Autant les méthodes, les sources d’informations que l’attitude sont différentes.


Entre 18 et 33 ans, j’étais animateur de radio et investisseur autonome. Je croyais innocemment que faire beaucoup de lecture sur l’ABC de la bourse et consulter les publications financières était la clef pour réussir.

C’est uniquement en suivant mes premiers cours de valeurs mobilières en 1996 que je réalisais que les experts et leurs cabinets déboursent des millions de dollars pour élaborer des rapports de recherches. Ces analyses contiennent des extraits d’interviews avec des membres de la direction de sociétés, des assemblées des actionnaires et des enquêtes sur les parties prenantes comme les banquiers, syndicats, clients et concurrents. 

À partir de données brutes, ils modélisent des scénarios et créent des informations cruciales qu’ils intègrent dans des logiciels et des algorithmes onéreux. Les conclusions exclusives obtenues permettent de prendre des positions inhabituelles.

Il ne s’agit pas de délits d’initiés, mais bien de moyens légaux qui nécessitent temps, efforts et capitaux. Ainsi, ils achètent avant le commun des mortels ET revendent quand la foule se précipite sur LE titre convoité. Autre geste spécifique: le professionnel a TOUJOURS une stratégie de sortie. Bref, il sait quand il doit vendre, et à quel prix.

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Pour devenir virtuose des risques calculés, ça prend des années de pratique et quantité d’échecs douloureux. Avec l’expérience, on sait que les gains d’hier ne permettent pas d’anticiper l’avenir. Il faut rester modeste avec «monsieur le Marché». Lorsqu’il vacille, le tsunami emporte tout le monde et efface des centaines de milliards de dollars en quelques heures. 

Un conseiller qui veut conserver ses permis de travail a une obligation fiduciaire. Il doit respecter le profil de risque des clients et protéger leurs avoirs, parfois contre leur gré. C’est souvent à cause de l’inexpérience du client, sa situation d’emploi ou la somme de ses actifs qu’un conseiller refusera d’inclure certaines catégories de placements dans son portefeuille. Quoi qu’il arrive, il reste imputable. 

Enfin, le professionnel doit toujours penser aux conséquences fiscales. Sans planification financière avancée, l’investisseur autonome peut s’attirer des ennuis sérieux avec les agences du revenu.

CONSEILS

  • Le meilleur investissement toutes catégories? L’éducation.
  • Vous souhaitez parfaire vos connaissances et aiguiser vos compétences financières? Retournez aux études.
  • Pour limiter les erreurs coûteuses, inscrivez-vous au cours canadien de valeurs mobilières offert par CSI.ca ou au certificat en planification financière offert dans le réseau des universités du Québec.

[Fabien Major est planificateur financier et conseiller plein exercice.]

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Vos FINANCES

Cotisations REER et CELI: ce qu’il faut savoir avant de contribuer en 2021

Publié le 29 janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Cotisations REER et CELI: ce qu’il faut savoir avant de contribuer en 2021

(Photo Annie Spratt/Unsplash)

  • Le maximum que vous pouvez cotiser à votre REER correspond à 18% de votre revenu gagné l’an dernier, jusqu’à un plafond de 27 230 $. Pour que votre contribution soit déduite de vos revenus de 2020, vous devez l’effectuer avant le 2 mars 2021.
  • Le plafond de cotisation au CELI pour 2021 est de 6000 $. Il n’y a pas de date limite pour faire cette cotisation. La somme des cotisations autorisées depuis 2009 est de 75 500 $. La contribution au CELI n’est pas déductible du revenu gagné, mais contrairement au REER, les retraits par la suite ne sont pas imposables.

Le mois de février est «la saison des REER». C’est souvent en ces termes que les campagnes de marketing des institutions financières présentent la dernière ligne droite de la période de cotisation au Régime enregistré d’épargne retraite.

Que vous soyez un professionnel, un entrepreneur, un salarié ou travailleur autonome, le REER est une formidable occasion à ne pas manquer de VOUS payer avant que le fisc passe le râteau dans vos épargnes durement gagnées. 

Ceux qui ont touché la PCU et la PCRE en 2020 ont tout intérêt à cotiser au REER.

  • Cela peut avoir des effets spectaculaires dans la tranche des revenus totaux comprise entre 38 000 et 51 000 $.
  • Le fiscaliste Dany Provost a calculé qu’une cotisation à un REER de 12 000 $ pourrait ne coûter en fin de compte que 1701 $ à une famille monoparentale comptant 3 enfants.

Si durant la pandémie vous avez été très économe, il peut être opportun de rattraper une partie ou la totalité de vos droits de cotisations inutilisées.

  • Les montants inutilisés peuvent être très importants, car on peut reculer jusqu’à l’année 1991.
  • La somme de vos droits de cotisation inutilisés en REER et CELI figure dans MonDossier dans le site de l’Agence de revenu du Canada ou dans l’application web MonARC.

Attention, vous ne pouvez pas espérer recevoir un remboursement d’impôt supérieur à la somme de vos impôts annuels.

  • Si par exemple, vous avez droit de rattraper 110 000 $ en REER inutilisé, mais que la somme de vos impôts est de 37 000 $, vous devriez étaler le rattrapage de vos cotisations inutilisées sur deux ou même trois ans.
  • À terme, vous pourrez ainsi récupérer davantage d’impôt.

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Qu’est-ce que le revenu gagné?

Le REER n’est pas pour tout le monde, mais presque. Contrairement à la croyance populaire, même les enfants peuvent y contribuer.

Il faut cependant avoir déclaré du «revenu gagné». De quoi s’agit-il exactement?

Le revenu gagné englobe:

  • les revenus d’emploi;
  • les revenus d’entreprise non incorporée;
  • les revenus nets de location de logements;
  • les indemnités d’invalidité du Régime des pensions du Canada (RPC) ou de la Régie des rentes du Québec (RRQ);
  • une pension alimentaire imposable.

Plusieurs sources de revenus sont donc exclues du revenu gagné, notamment:

  • tous les revenus de placement, y compris les dividendes;
  • les prestations de retraite;
  • les allocations d’un RPDB;
  • les prestations liées à un décès; et
  • les sommes reçues d’un REER, d’un Fonds enregistré de revenus de retraite (FERR) ou d’un Fonds de revenu viager (FRV).

> Lisez l’article Devenez riche grâce au CELI

Conseils d’expert

  • Il peut être avantageux de ne pas cotiser au REER pour une année si vos revenus gagnés ont été exceptionnellement faibles. Mettez alors plutôt le montant que vous voudriez cotiser au REER en réserve dans votre CELI. Vous le redirigerez vers votre REER l’année suivante, lorsque vos revenus auront remonté.
  • Faites l’effort de produire une déclaration de revenus pour vos enfants dès qu’ils gagnent des revenus, même s’ils n’ont pas d’impôt à payer. En faisant cela, vous commencerez à leur constituer immédiatement des droits de cotisation REER qu’ils seront très heureux d’utiliser lorsqu’ils gagneront des revenus plus importants.
  • Les entrepreneurs qui se paient uniquement en dividendes devraient songer sérieusement à se verser une portion de leur revenu en salaire afin de pouvoir cotiser au REER.
  • Si vos revenus gagnés sont souvent inférieurs à 40 000 $, songez à placer le CELI, plutôt que le REER, au centre de votre stratégie d’accumulation de retraite.

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Vos FINANCES

Devez-vous succomber à la Bitcoin mania?

Publié le 22 janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Devez-vous succomber à la Bitcoin mania?

(Image Unsplash)

  • En 2020, la valeur du bitcoin a quadruplé. Il a atteint un sommet de 41 958 $US le 8 janvier, avant de perdre 25% par rapport à ce sommet en date du 27 janvier.
  • En plus d’exciter la frénésie de certains investisseurs audacieux, la forte hausse  de l’an dernier a aussi poussé de grandes institutions beaucoup plus conservatrices à acheter des bitcoins. À quel point devriez-vous vous intéresser à cet actif numérique?

Ce n’est pas parce qu’un titre atteint des records que vous en avez besoin.

  • Comme dans toutes les catégories de placement, l’investisseur doit bien connaître l’objet de convoitise avant de s’y aventurer.
  • Et durant cette phase d’exploration, les questions devraient porter principalement sur le risque.

Le risque technologique lié au bitcoin ne concerne pas le produit en lui-même.

Selon Martin Lalonde, fondateur de Rivemont Crypto, le premier fonds de crypto offert aux Canadiens, la sécurité de la technologie qui constitue la base des actifs numériques de type bitcoin a toujours répondu à ses promesses.

«Depuis la création du bitcoin en 2009, dit-il, jamais la chaîne de blocs n’a été compromise. Toutes les fraudes, intrusions ou vols ont plutôt impliqué des plateformes ou des individus.»

Steve Waterhouse, enseignant à la maîtrise à l’Université de Sherbrooke et ancien officier de sécurité informatique au ministère de la Défense, juge aussi la chaîne de blocs très sécuritaire.

Ce sont plutôt la négociation et l’entreposage des cryptoactifs qui sont les maillons faibles.

Plusieurs grandes entreprises financières se sont décidées à sauter dans la mêlée.

Les professionnels de la finance apprécient la mobilité des actifs numériques tels que le bitcoin. Pour les échanges internationaux, plutôt que de déplacer des conteneurs remplis de billets de banque ou de faire à grands frais des virements électroniques entre devises, les opérateurs de marché peuvent utiliser le bitcoin comme moyen de transport d’actifs sécurisé.

Rick Reiner, chef des investissements de BlackRock, la plus grande institution financière au monde, a récemment expliqué à la chaîne de télévision CNBC que le bitcoin pourrait remplacer l’or comme objet de diversification ou de refuge à l’inflation.

La liste des grandes financières qui ajoutent les cryptos dans leur catalogue de produits ne cesse de s’allonger. Parmi celles-ci figurent Fidelity, BBVA, Goldman Sachs, PayPal, et JP Morgan Chase.

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L’opinion de JP Morgan Chase a fait un virage à 180 degrés.

  • En 2017, son chef de la direction Jamie Dimon qualifiait le bitcoin et autres cryptomonnaies de vastes fraudes.
  • Maintenant, l’équipe «mondiale quantitative et de dérivés» de la banque juge que le potentiel de hausse à long terme est fabuleux. Elle voit la valeur du bitcoin se multiplier par 5 et atteindre 146 000 $US l’unité.

Mais il y aura pas mal de volatilité avant d’en arriver là.  

La Deutsche Bank a récemment fait un sondage auprès de ses clients investisseurs et institutionnels. Elle leur a demandé si l’élan spectaculaire de 2020 de certains titres peut se poursuivre en 2021 et s’il y a une bulle spéculative dans le marché.

Environ 89% des répondants pensent que les marchés sont confrontés à des bulles, et deux se démarquent: les actions technologiques américaines et le bitcoin.

  • Ce dernier se rapproche même du territoire de la «bulle extrême».
  • Les répondants anticipaient une correction de l’ordre de -50%.

On comprend facilement que ce type d’actifs n’est pas recommandé à tous. Seuls les investisseurs audacieux devraient s’y mouiller. Un maximum de 5% de l’actif total me semble être acceptable.

Mes conseils

  • Si le processus d’achat et de détention directe des bitcoins vous embête, vous pouvez très bien y être exposé indirectement par le biais d’actions d’entreprises liées au secteur ou à partir de fonds technologiques ou de FNB de bitcoins.
  • Voici quelques produits qui investissent dans le Bitcoin : Fonds Rivemont Crypto, Grayscale Bitcoin Trust, Fonds de Bitcoins Galaxy de CI, Fiducie Bitcoin Ninepoint et Fonds de cryptoactifs mondial 3iQ. 
  • L’Agence du revenu du Canada a à l’œil toutes les sociétés qui permettent d’acheter et de vendre les cryptomonnaies. Les profits que vous faites sur toutes les transactions doivent être déclarés comme du gain en capital.

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Vos FINANCES

Flairer les conflits d’intérêts dans la vente de produits financiers

Publié le 15 janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Flairer les conflits d’intérêts dans la vente de produits financiers

(Photo Unsplash)

  • Après la fuite massive de données personnelles de ses membres en 2019, on apprend que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a dû sermonner une fois de plus le Mouvement Desjardins.
  • Le gendarme de la finance du Québec a infligé à Desjardins Cabinet de services financiers une amende d’un million de dollars pour avoir placé ses conseillers en situation de conflits d’intérêts.

Bien que l’amende et les grands titres des journaux sur l’affaire frappent l’imaginaire, il s’agit d’un fait connu et assez répandu dans l’industrie. Une vérité de La Palice.

Dans les grandes institutions financières, il est fréquent qu’on incite les vendeurs à offrir en priorité, les produits financiers «maison».

  • Ici, l’AMF a révélé que Desjardins offrait aux employés une structure de bonification inégale selon les fournisseurs des produits qu’ils vendaient.
  • Si le vendeur vendait des produits Desjardins, il pouvait compter ses points bonis jusqu’à 150% du volume de vente contre 60% pour des produits externes.

Cet écart d’incitatif monétaire place les employés en conflits d’intérêts. C’est contraire à l’esprit du Règlement 81-105 de la Loi encadrant les services financiers, qui exige qu’un professionnel doive favoriser le meilleur intérêt des clients.

Il y a quelques années, j’en ai discuté avec G.P., un jeune conseiller en Mauricie. Depuis ses débuts, ce planificateur assemblait les portefeuilles de clients en sélectionnant minutieusement des fonds en fonction de critères exhaustifs. G.P. avait beaucoup de succès et touchait de généreux bonis.

Mais, ses portefeuilles ne plaisaient pas à la direction: ils ne contenaient aucun fonds Desjardins.

«Par éthique professionnelle, je ne pouvais pas les choisir. Dans presque toutes les catégories, mes logiciels démontraient que je pouvais trouver mieux auprès d’autres fournisseurs. Je pouvais le faire et je le faisais. Mais cela m’a pénalisé.»

En 2013, avec ses excellents chiffres de ventes et des clients très satisfaits de ses conseils, G.P. s’attendait à recevoir près de 20 000 $ en bonis.

Il reçut plutôt un blâme et zéro dollar. La maison avait modifié sa politique et éliminé tout boni pour les conseillers dont les clients avaient une proportion trop importante de leurs placements dans des produits autres que ceux fournis par l’institution.  

Découvrez les autres chroniques de conseils Vos Finances de Fabien Major, publiées chaque samedi dans InfoBref Matin

Le coût d’un mauvais conseil

Si un conseiller vendeur d’une institution favorise son intérêt financier avant le vôtre, qu’est-ce que ça change?

Ça peut coûter très cher en perte d’opportunité. Parfois des milliers de dollars.

  • Si, par exemple, en 2015, un employé de Desjardins avait dirigé votre REER de 100 000 $ dans le Portefeuille SociéTerre croissance maximum au lieu d’un des meilleurs produits ESG du marché, soit le fonds AGF Croissance Durable, vous ne seriez pas de bonne humeur.
  • En janvier 2021, votre placement aurait une valeur de 276 884 $, comparativement à 340 821 $ si vous aviez acheté le produit d’AGF. Une différence de 63 000 $.

La sanction infligée par l’AMF pourrait bien occasionner un effet domino dans l’industrie et provoquer en justice des actions collectives.

À retenir

  • Avant de souscrire un produit de placement, demandez à la personne qui vous le propose de vous expliquer de quelle façon elle est rémunérée.
  • Demandez-lui si elle doit atteindre des cibles de ventes ou si elle a l’obligation de vous vendre des produits précis.
  • Demandez-lui de vous fournir des données écrites récentes sur les produits comparables et d’expliquer en quoi sa proposition favorise vos intérêts.

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Conseils FINANCES PERSO

Devenez riche grâce au CELI

Publié le 8 janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Devenez riche grâce au CELI

(Photo Jude Beck/Unsplash)

  • Chaque mois de janvier amène une nouvelle occasion de contribuer au Compte d’épargne libre d’impôt.
  •  Souvent mal compris ou négligé, il offre pourtant aux investisseurs un outil unique pour s’enrichir à long terme.

Combien peut-on contribuer au CELI?

Encore une fois cette année, la contribution maximale au compte d’épargne libre d’impôt est de 6000 $.

  • C’est la contribution maximale si votre CELI était déjà «plein».
  • Si, au contraire, vous n’y avez jamais contribué depuis sa création en 2009, vous avez le droit d’y déposer jusqu’à 75 500 $.
  • Le CELI est réservé aux adultes. Pour pouvoir y contribuer tous les ans depuis sa création, vous deviez avoir au moins 18 ans en 2009.

Alors que le plafond de cotisation au REER dépend de votre revenu, le plafond de cotisation au CELI est établi chaque année par une directive du ministre des Finances.

Voici les plafonds des années passées:

  • 2009, 2010, 2011 et 2012: 5 000 $ par année
  • 2013 et 2014: 5 500 $par année
  • 2015: 10 000 $
  • 2016, 2017 et 2018: 5 500 $ par année
  • 2019 et 2020: 6 000 $ par année

Quel est l’avantage du CELI?

Le CELI offre un avantage formidable: obtenir un rendement sur vos investissements sans jamais payer aucun impôt sur ce rendement.

C’est unique.

  • Vous ne trouverez cet avantage imbattable dans aucun autre régime d’épargne: ni le REER, ni le CRI, ni le FERR, ni le FRV.
  • Ce n’est pas non plus le cas du REEE. Contrairement à la croyance populaire, les retraits du REEE sont imposables – dans les mains du bénéficiaire: l’enfant qui étudie. (S’il a peu ou pas d’autres revenus, il ne paiera cependant pas d’impôts, ou très peu.)

Dans un CELI, les gains ne sont jamais imposables. Cela vaut autant pour une personne bien nantie que pour quelqu’un ayant un patrimoine très modeste.

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Pourquoi et comment utiliser le CELI?

Les gains qui proviennent des investissements dans un CELI ne s’ajoutent pas au revenu personnel imposable. Ce type de compte est donc particulièrement intéressant pour conserver le plus longtemps possible la totalité de ses pensions gouvernementales ou pour accéder au Supplément de revenu garanti.

Pour répartir judicieusement ses placements entre différents comptes de placements (REER, REEE, compte au comptant, régime de retraite…), il est recommandé de placer dans un CELI ses investissements les plus «dynamiques» ou générateurs de croissance. Par exemple:

  • les actions de petites et moyennes capitalisations;
  • les actions d’entreprises nouvellement introduites en bourse;
  • les titres technologiques;
  • les actions de marchés émergents.

Si la valeur des titres dans votre CELI bondit et crée un profit important au fil du temps, ce profit sera entièrement libre d’impôt.

> Cotisations REER et CELI: ce qu’il faut savoir avant de contribuer en 2021

Prenez le cas (fictif) de Simon, un fan fini de la marque Tesla. Dès l’introduction du titre TSLA au Nasdaq en 2010, Simon a dirigé toutes ses cotisations annuelles permises au CELI vers l’achat de ce titre très spéculatif.

Stratégiquement, il a concentré dans son CELI la portion de son patrimoine qui était la plus risquée, mais aussi la plus prometteuse.

Avec un investissement total sur dix ans de 65 000 $, savez-vous quel gain en capital Simon a généré? 4,7 millions $. Non imposables.

Voilà pourquoi le CELI est mon compte chouchou. Attention cependant, ne cotisez pas plus à votre CELI que le plafond auquel vous avez droit: vous devriez payer des pénalités de 1% par mois.

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Vos FINANCES

Bilan 2020: qui sont les champions de la bourse?

Publié le 1er janv. 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Bilan 2020: qui sont les champions de la bourse?

[image: Gerd Altmann | Pixabay]

  • Les marchés boursiers ont plongé, puis se sont redressés beaucoup plus vite qu’on pouvait le penser.
  • Cela a permis à certains titres et certains fonds de réaliser des performances impressionnantes pour une année de crise pandémique.

2020 a été une année boursière complètement folle!

J’ai cru, comme beaucoup, que la reprise se ferait en forme de U et que 18 à 24 mois seraient nécessaires pour que les indices boursiers retrouvent leurs niveaux de janvier 2020.

C’était sans compter sur le taux d’épargne extraordinaire de nombreux ménages et sur la réaction énergique des banques centrales. Ces deux facteurs ont favorisé une reprise fulgurante des marchés.

Voici un bilan sommaire de ce que les marchés financiers nord-américains ont offert aux investisseurs.

Au Canada, les marchés ont pu garder la tête hors de l’eau grâce principalement à Shopify et aux sociétés aurifères.

Le S&P/TSX a terminé l’année avec un léger gain de +2%.

Les cinq titres les plus performants du S&P/TSX en 2020:

  • Trillium Therapeutics: +1308%
  • Ballard Power System: +220%
  • Shopify: +178%
  • Lightspeed POS: +149%
  • New Gold +143%

Si vous déteniez beaucoup de pétrolières et de financières, votre portefeuille n’a sans doute pas très bonne mine.

Aux États-Unis, l’indice S&P500 a offert un très bon résultat: +16,3%.

Cependant, pour les investisseurs qui n’avaient pas d’entreprise de technologie en portefeuille, la marque finale n’a pas été réjouissante. En effet, plus de 200 des 500 titres de l’indice ont eu un rendement négatif.

Les 5 titres les plus performants du S&P500 en 2020:

  • Tesla: +743%
  • Etsy: +302%
  • Carrier Global: +214%
  • Nvidia: +122%
  • Paypal: +117%

L’intrus dans ce classement est le groupe de climatisation Carrier.

  • Lorsque sa valeur de son action a touché un plancher de 11,49$ en mars, de nombreux gestionnaires ont su repérer que le titre de Carrier avait été malmené sans raison et que cette aubaine ne durerait pas.
  • Ils ont vu juste. En novembre 2020, Carrier a atteint son sommet de l’année à 41,48$.

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Du côté des fonds, de nombreux fonds négociés en bourse (FNB) et fonds communs sectoriels ont su se démarquer en dégageant des plus-values bien supérieures aux indices.

Selon les données de Morningstar, 2020 fut une année prospère pour la gestion active: 3567 fonds communs ont réalisé un rendement supérieur au S&P500.

Des fonds concentrés en biotech, dans les géants du Web, dans les cryptomonnaies et dans l’énergie solaire ont même offert des rendements à trois chiffres.

Ce fut notamment le cas de:

  • Fonds de cryptoactifs mondial 3iQ: +319%
  • Evolve Indiciel FNB innovation automobile +186%
  • Emerge ARK Genomics & Biotech: +165%%.
  • Blockchain technologies ETF: +154%
  • Fonds Marquest Explorer: +119%.

Attention: ces fonds sont très volatils. Ils sont destinés aux investisseurs audacieux pouvant tolérer de très fortes fluctuations.

Les sommes investies dans les actions, les FNB et les fonds ne sont jamais protégées contre les pertes causées par les fluctuations importantes.

Quelques rappels et conseils pour débuter 2021

  • Il est très rare que les secteurs gagnants une année le soient aussi l’année suivante.
  • Si vous avez fait des profits en bourse en 2020, il est recommandé d’en prendre au moins une partie et d’en profiter pour diversifier vos investissements.
  • Vous jugez que les indices sont trop haut et vous souhaitez sortir votre argent de la bourse? Vous pourriez vous en mordre les doigts. Les bas taux d’intérêt et la récupération progressive de l’économie favoriseront encore les actions en 2021.
  • Les FNB et les fonds de développement durable de type ESG (responsabilité sociale, environnementale et gouvernance), les petites capitalisations et les actions des marchés émergents offrent de belles opportunités à long terme.

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Vos FINANCES

La croissance mondiale sera de retour en 2021, mais pour combien de temps?

Publié le 18 déc 2020
Fabien Major
par Fabien Major
La croissance mondiale sera de retour en 2021, mais pour combien de temps?

(Image Pixabay)

  • Après une chute de l’activité économique cette année, ça augure plutôt bien pour 2021, selon les prévisions du Fonds monétaire international.
  • Mais la reprise économique ne sera pas aussi vigoureuse partout, et il faudra réunir plusieurs conditions pour qu’elle perdure.

En 2020, l’économie mondiale s’est contractée de 4,4%.

Moins d’échanges commerciaux et de consommation génèrent moins de travail, moins de revenus pour les travailleurs et les entreprises, et moins de recettes fiscales pour les gouvernements.

En regardant les données du Fonds monétaire international (FMI), on voit à quel point la pandémie de Covid-19 a ébranlé les finances publiques.

La dette des pays, en proportion de ce qu’ils produisent chaque année (leur produit intérieur brut ou PIB), a fait un bond. De 2019 à 2020, le ratio dette/PIB a augmenté:

  • de 105% à 125% dans les pays riches; 
  • de 53% à 62% dans les pays émergents, qui comptent une proportion importante de citoyens dans la classe moyenne; et
  • de 43% à 49% dans les pays en voie de développement.

Des taux d’intérêt au plancher pour longtemps

Pour limiter l’impact de la crise, les banques centrales ont utilisé des électrochocs. Les taux d’intérêt n’étaient déjà pas très élevés, elles les ont abaissés au plancher.

  • Les taux directeurs sont devenus quasi nul au Canada et aux États-Unis.
  • Ils sont nuls en Europe et au Japon.
  • On observe même des taux obligataires de 10 ans négatifs dans une dizaine de pays. 

Par exemple, les obligations suisses à échéance de 10 ans affichent un taux de -0,81%. Si vous en achetez pour 100 000$, la Suisse vous remettra 95 884$ dans une décennie.

Pour que l’économie reprenne de la vigueur, il est probable que les taux devront demeurer extrêmement faibles très longtemps.

  • L’économiste Joanie Fontaine, de JLR Solutions foncières, estime qu’ils ne devraient pas remonter avant 2023.
  • Déjà, en janvier 2020, Fidelity Investments considérait fort probable que les taux restent faibles jusqu’en… 2030.

Ce genre d’environnement est très propice à l’immobilier et aux marchés boursiers. L’ère des actions dispendieuses ne fait peut-être que commencer.

L’économie devrait se raffermir en 2021.

  • Le FMI prévoit pour l’an prochain une croissance mondiale de 5,2%.
  • Les grandes banques américaines sont généralement un peu plus optimistes: leurs prévisions de croissance mondiale pour l’an prochain vont de 5% à 6,4%.

En Amérique du Nord, la reprise sera relativement lente – sauf au Canada. Le FMI prévoit pour 2021 un taux de croissance de:

  • 5,2% au Canada;
  • 3,1% aux États-Unis;
  • 3,5% au Mexique.  

Dans la zone euro, la reprise devrait être plus robuste:

  • La croissance attendue par le FMI sera entre 4,2% pour l’Allemagne et 7,2% pour l’Espagne.

C’est en Asie que l’activité économique bourgeonnera le plus.

  • Le FMI prévoit une croissance de 8,2% en Chine et 8,8% en Inde.

Cette reprise sera-t-elle durable?

La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva calcule que l’ensemble des gouvernements ont déjà dépensé – ou se sont engagés à dépenser – un total de 12 billions (12 000 milliards) $US en aide financière à leurs citoyens et à leurs entreprises.

Cette aide et la réponse musclée des banques centrales ont permis d’éviter le pire.

Mais la reprise reste fragile.

Selon la DG du FMI, trois conditions doivent être remplies pour que la relance de l’économie mondiale soit durable:

  • un accès facile aux vaccins, dans le cadre d’une coordination mondiale, pour accélérer la reprise de l’activité économique dans chaque pays;
  • la mise en veilleuse de mesures protectionnistes, pour rouvrir les échanges commerciaux et relancer le tourisme; et
  • une plus grande coopération internationale, impliquant un soutien financier aux pays qui en ont besoin.

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Comment le cygne noir a confondu les experts financiers en 2020

Publié le 12 déc 2020
Fabien Major
par Fabien Major
Comment le cygne noir a confondu les experts financiers en 2020

(Image Unsplash)

  • L’année boursière 2020 a fait mentir les prévisions de bien des experts.
  • Un choc inattendu – un «cygne noir» – a mis fin au cycle haussier, sans précipiter pour autant une chute des marchés.

En début d’année, de nombreux analystes des grandes banques et gestionnaires de portefeuilles s’entendaient sur deux choses:

  • 2020 sonnerait probablement le retour des hausses de taux d’intérêt; et
  • les grosses vedettes de 2019 (les technos) allaient sans doute piquer du nez.

On conseillait donc de rééquilibrer les portefeuilles et d’acheter des obligations.

C’était sans compter sur les effets du «cygne noir» de 2020: la pandémie de Covid-19.

On doit au statisticien Nassim Nicholas Taleb cette idée d’un «hasard sauvage» qui a le pouvoir de bouleverser l’économie à l’échelle planétaire.

Il y a de ces évènements rares – aussi rares que les cygnes noirs – qui peuvent engendrer des effets positifs comme l’avènement de l’ordinateur personnel et d’Internet, mais aussi, des chocs plus brutaux au niveau social, comme la chute de l’URSS et les attentats du World Trade Center.

Par leur nature, les cygnes noirs sont tout à fait imprévisibles. On les reconnaît uniquement lorsqu’ils nous frappent en plein visage.

Une fin de cycle… explosive

En mars 2020, constatant que l’épidémie du coronavirus devenait une pandémie, les investisseurs ont, devant l’inconnu, préféré larguer la majorité des titres qui risquaient de subir les effets néfastes des restrictions imposées par les autorités sanitaires – comme les compagnies aériennes, les chaînes hôtelières et de restaurants, les banques, les croisiéristes, et bien d’autres.

Résultat: les indices ont subi une correction de plus de -30%. 

Mais la suite a été encore plus surprenante. Les experts ont dû ravaler leurs prévisions, qui ont été contredites par les marchés:

  • les taux d’intérêt directeurs ont chuté à des niveaux plancher; et
  • les GAFAM+ ont propulsé le Nasdaq encore plus haut.

Avec les titres pétroliers, les obligations d’état à long terme se sont avérées l’un des pires paris de l’année.

Les offres initiales explosent, elles aussi

Un autre conseil d’expert qui a foiré royalement: celui qui suggérait d’éviter pendant un bon moment tous les titres qui viennent de faire leur entrée en bourse (IPO).

Au contraire, cette année, les introductions en bourse les plus attendues ont non seulement été couronnées de succès, elles ont même dépassé les espérances les plus folles des fondateurs des entreprises.

  • Airbnb, qui était évaluée à seulement 18 milliards $US en avril dernier, a terminé sa première semaine en bourse à 83 milliards $US.
  • Même phénomène avec la firme de livraison à domicile DoorDash. D’un consensus à 16 milliards $US avant l’introduction, sa valeur totale s’est envolée dès son entrée en bourse: elle est maintenant de plus de 60 milliards!
  • La vedette de l’infonuagique SnowFlakes a fait exploser la valeur nette de ses fondateurs. D’une estimation à 12 milliards $US, SNOW affiche aujourd’hui au NYSE une capitalisation boursière de 100 milliards $US.

Qui donc aurait pu prévoir que le cygne noir de 2020 allait se transformer en joyeux flamant rose pour les investisseurs?

Avec encore beaucoup d’argent en réserve et prêt à entrer en bourse, il y a encore assez de carburant pour alimenter la flambée boursière pour un bon moment. 

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

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Vos FINANCES

Les actions sont à la fois dispendieuses et à prix d’aubaine

Publié le 5 déc 2020
Fabien Major
par Fabien Major
Les actions sont à la fois dispendieuses et à prix d’aubaine

(Photo: Unsplash)

  • Même si les indices boursiers fracassent des records, les actions sont probablement moins chères qu’on le pense.
  • Les bas taux d’intérêt et la numérisation de l’économie favorisent la prise de risque.

L’économie mondiale entre en terrain inconnu.

Au moment où j’écris ces lignes, l’indice phare de la bourse de New York, le S&P500, valorise les sociétés qui y sont incluses à 37 fois leurs bénéfices.

  • Si l’on tient compte de l’inflation, le ratio CAPE (ratio de cours/bénéfice ajusté en fonction du cycle, ou ratio de Shiller) est actuellement de 33. Il atteint presque le niveau d’octobre 1929, à la veille de la grande dépression.

Beaucoup d’investisseurs restent sceptiques. Ils ne comprennent pas pourquoi les marchés boursiers mondiaux ne se sont pas effondrés de manière prolongée face aux effets de la pandémie de Covid-19.

Qu’est-ce qui soutient les indices?

Robert J. Shiller, prix Nobel d’économie et créateur du ratio CAPE, croit que la situation justifie l’approche de son livre Narrative Economics: How Stories Go Viral and Drive Major Economic Events.

Il explique que trois récits ou thèmes économiques répandus soutiennent les évaluations élevées et attirent les investisseurs vers des actions déjà onéreuses:

  • La FOMO (fear of missing opportunities): La peur de passer à côté d’une occasion est très puissante. Elle dirige des capitaux vers des secteurs ayant déjà offert de gros rendements.
  • La vitesse initiale de la reprise: Lors de l’effondrement des marchés en mars, les stratèges et les économistes pensaient que la récupération se ferait progressivement, en forme de U. Les actionnaires on crut qu’elle serait plus rapide et prendrait plutôt la forme d’un V. Les actionnaires ont eu raison jusqu’à présent.  
  • La conjonction du travail ET du divertissement à domicile: Le confinement et les mesures de distanciation physique ont fait bondir la demande (déjà forte) pour l’économie numérique. Des secteurs comme les technologies de l’information, les télécommunications, le commerce en ligne, la diffusion en continu (streaming), la vidéoconférence et les réseaux sociaux ont soudainement rallié massivement des clients plus âgés et de tous les milieux.

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J’ai discuté pour un balado avec Fred Demers, stratège et directeur général des solutions multiactif chez BMO gestion mondiale d’actifs.

Les évaluations que soutiennent actuellement les indices ne l’effraient pas, lui non plus.

«Il faut regarder les tendances à long terme, m’a-t-il dit. Après inflation, le choix est facile à faire. Les actions sont beaucoup moins chères que les obligations.»

Comparativement aux crises économiques du passé, celle de 2020 a été déclenchée volontairement par les gouvernements pour limiter une crise sanitaire.

  • Il n’y a pas eu de rupture dans le marché des capitaux. Sur les lignes de côté, des milliers de milliards de dollars attendent une correction (baisse subite) ou une embellie économique pour acheter des actions.
  • Avec un taux d’épargne de 33%, de nombreux Américains ont des réserves financières qui excèdent leurs obligations financières pendant 3 à 6 mois.

Comme les taux d’intérêt sont à des planchers historiques, les ratios qui indiquent habituellement des risques excessifs doivent être ajustés et mis en contexte.

  • Selon la théorie financière traditionnelle, lorsque les taux d’intérêt baissent, le prix des actions devrait augmenter.
  • Mais comme les banques centrales maintiennent les taux d’intérêt artificiellement bas, la théorie ne fonctionne pas.
  • Cela peut justifier des prix d’action et des ratios CAPE plus élevés.

On ignore quand la pandémie de Covid-19 se terminera. Mais on sait que les taux d’intérêt devront demeurer faibles pour favoriser la reprise à l’échelle mondiale.

Ainsi, les valorisations boursières actuelles peuvent ne pas être aussi absurdes que certains le pensent.

Que doivent faire les investisseurs dans un tel environnement? Plus que jamais:

  • favoriser la sélection minutieuse de titres (stock picking);
  • diversifier leurs placements par zone géographique, par secteur et par style; et
  • diminuer leurs attentes de rendement.

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