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Jeune entreprise québécoise innovante

Comment Mini-Cycle élimine le gaspillage vestimentaire

Mis à jour le 22 juil 2022
par Patrick Pierra

Jad Robitaille, fondatrice et PDG de Minicycle [crédit photo: Myriam Baril-Tessier pour PME MTL]

  • Parce que les enfants grandissent vite, ils ont à peine le temps d’user leurs vêtements. Alors, les parents ont souvent tendance à se contenter de vêtements pas chers, vendus par des grandes chaînes, qui ne servent pas longtemps et ne peuvent pas vraiment être réutilisés.
  • Pour casser ce cercle vicieux dommageable à l’environnement, la jeune PME montréalaise Mini-Cycle a inventé un système de distribution inédit: elle ne vend que des vêtements haut de gamme et durables, qu’elle s’engage ensuite à racheter pour les nettoyer, les réparer au besoin, puis les revendre, les réutiliser ou les recycler.

Le problème que l’entreprise cherche à régler: le gaspillage vestimentaire.

L’engouement pour la mode rapide (fast fashion) incite à acheter à bas prix des vêtements qui ne sont pas faits pour durer. 

Mais si leur prix est bas, le coût social et environnemental de ces vêtements est lourd. 

  • «La mode rapide ne prend soin ni de la planète ni des personnes qui la fabriquent», explique Jad Robitaille, fondatrice et PDG de la PME montréalaise Mini-Cycle – et chargée de cours en stratégie de durabilité à l’Université McGill.

La solution: un modèle de distribution de vêtements entièrement basé sur l’économie circulaire.

Mini-Cycle le définit en 3 étapes:

  • Pré-cycle: l’entreprise vend en ligne des vêtements neufs de haute qualité, sélectionnés pour leur durabilité et pour leur faible impact sur l’environnement.
  • Mi-cycle: l’entreprise s’engage à racheter par la suite au prix du marché tous ses produits après qu’ils aient été utilisés et aient donné satisfaction aux enfants et à leurs parents.
  • Re-cycle: les vêtements rachetés sont réparés si c’est nécessaire, puis revendus comme vêtement de seconde main. S’ils sont trop usés, des morceaux sont récupérés pour être réutilisés – par exemple pour fabriquer des accessoires ou des jouets pour enfants, qui sont à leur tour vendus.

Ainsi, tous les vêtements sont utilisés au maximum de leur durée de vie.

  • «On cherche à rendre plus accessible la mode éthique et durable», résume Jad Robitaille.

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Le modèle d’affaires:

Mini-Cycle est d’abord un détaillant, mais pas un détaillant comme les autres.

L’entreprise sélectionne ses fournisseurs moins pour la notoriété de leur marque ou le volume qu’ils peuvent livrer que pour la qualité, la durabilité et la faible empreinte environnementale de leurs produits.

  • «On favorise dès qu’on peut les fabricants locaux», dit Jad Robitaille. 

Lorsqu’un client veut que Mini-Cycle reprenne un vêtement après utilisation, l’entreprise le rachète à un prix qui dépend de son état.

  • Si le vêtement est trop usé pour être réparé, l’entreprise remet quand même un montant symbolique.

Elle gère elle-même la logistique de réception des reprises, leur évaluation, leur nettoyage et leur réparation si nécessaire.


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Où en est l’entreprise actuellement?

Mini-Cycle vient de fêter son 3e anniversaire. Elle a déjà reçu plus de 20 000 commandes.

  • «On fait actuellement 45% de nos ventes au Québec, 40% dans le reste du Canada et 15% aux États-Unis», dit Jad Robitaille.

L’entreprise a connu une croissance rapide malgré la pandémie.

  • «Nous avons quintuplé nos ventes l’an dernier, et nous sommes en train de les doubler encore cette année», continue Jad Robitaille.
  • La PME a d’ailleurs dû changer 3 fois de local dans l’année pour répondre à ses besoins croissants d’entreposage. 

Mini-Cycle emploie aujourd’hui une quinzaine de personnes.

  • La moitié travaille sur les produits de seconde main, et l’autre moitié sur les opérations, la gestion de l’entrepôt et l’administration.

L’entreprise a été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]. 


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Prochaines étapes à surveiller:

L’entreprise investit pour améliorer le processus de rachat de produits.

  • «En ce moment, on ne peut pas encore dire aux clients combien on va leur payer avant qu’ils renvoient leurs produits», explique Jad Robitaille.
  • «On veut faciliter le processus de reprise autant pour eux, en leur donnant une estimation du prix de rachat dans leur compte en ligne, que pour nous, en automatisant le traitement des données.»

Mini-Cycle élargit également son catalogue.

  • Il permet déjà d’habiller les enfants de 0 à 14 ans des pieds à la tête. «Il ne nous manque plus que les bottes d’hiver», précise Jad Robitaille.
  • L’entreprise a aussi commencé des tests avec des vêtements de seconde main pour femmes.

Après l’investissement initial d’un ami suivi de quelques prêts et bourses, l’entreprise se prépare à mener prochainement une première ronde de financement d’amorçage pour soutenir la croissance de l’entreprise.

Patrick Pierra