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Jeune entreprise québécoise innovante

Pyrocyle recycle les composants de vos «vieux» produits électroniques

Mis à jour le 22 juil 2022
par Patrick Pierra

Mohamed Khalil, cofondateur et PDG de Pyrocycle

  • L’évolution technologique constante nous amène à jeter chaque année une énorme quantité de produits électroniques. Leur recyclage, quand il est possible, est très inefficace et génère des gaz toxiques.
  • Un nouveau procédé permet pourtant de récupérer presque tous les composants de ces produits, autant les plastiques que les métaux, pour les réutiliser et ce, sans émettre de gaz toxiques. C’est cette méthode qu’utilise Pyrocycle, une startup de Montréal, pour transformer le grand gaspillage de l’électronique en économie circulaire.

Le problème: le monde génère chaque année 50 millions de tonnes de déchets électroniques – ordinateurs, téléphones, appareils électroménagers, gadgets en tout genre…

Or, selon l’ONU, seulement 20% de ces produits sont recyclés de façon adéquate.

  • Le recyclage se concentre sur quelques éléments, comme les cartes électroniques, pour extraire en priorité les métaux précieux.
  • Beaucoup de déchets sont enfouis ou exportés de façon souvent illégale vers des pays africains, dont le Ghana, où des gens manipulent des produits toxiques sans être protégés.

«Actuellement, deux méthodes sont utilisées pour le recyclage», explique Mohamed Khalil, cofondateur et PDG de Pyrocycle.

Une méthode mécanique permet de séparer partiellement les métaux, mais pas tous. 

  • «Il y a toujours des pertes à cause du chevauchement entre les propriétés physiques des métaux et celles des plastiques», dit Mohamed Khalil.
  • Le plastique, lui, est enfoui.

Une autre méthode est de faire fondre les produits dans un four à haute température pour en récupérer les métaux.

  • Mais la combustion des plastiques, qui sont mélangés avec des retardateurs de flamme, génère alors des gaz toxiques qui ne sont pas toujours récupérés par des filtres.

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La solution: un nouveau procédé thermochimique, découvert dans le cadre du doctorat en génie chimique qu’a entrepris Mohamed Khalil sous la supervision du professeur Jamal Chaouki à Polytechnique Montréal, permet un recyclage beaucoup plus efficace sans aucune émission de gaz toxique.

Les produits électroniques sont d’abord broyés en poudre pour réduire leur volume.

La poudre est ensuite chauffée dans un réacteur.

  • Mais elle n’est pas brûlée parce que le chauffage se fait sans oxygène – cette opération, la pyrolyse, a inspiré le nom de l’entreprise.

Un ingrédient mélangé à la poudre capte les gaz toxiques.

À la sortie, Pyrocycle obtient:

  • des métaux solides, dont plusieurs peuvent être récupérés comme matières premières;
  • des gaz condensés en une huile, qui peut servir à fabriquer des produits chimiques ou de nouveaux plastiques; et
  • des gaz non condensables, qui peuvent être brûlés sans risque pour l’environnement.

Cette méthode évite complètement l’enfouissement et l’émission de gaz toxiques.

Le modèle d’affaires: Pyrocycle revend comme matière première ce qu’elle tire des déchets électroniques que lui acheminent des sociétés spécialisées dans la collecte et le tri de ces déchets.

  • La valeur est dans l’efficacité du recyclage, mais aussi dans le fait qu’il est réalisé localement dans des conditions beaucoup plus écologiques que les méthodes traditionnelles.

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Où en est l’entreprise actuellement?

Fondée par Mohamed Khalil et son directeur de thèse, Pyrocycle a reçu le soutien financer d’un entrepreneur, Sylvain Savard, qui exploite l’entreprise de services en aéronautique Avianor, à Mirabel.

Pyrocycle, Mohamed Khalil et leur procédé innovant ont reçu de nombreuses marques de reconnaissance.

  • L’entreprise a notamment été sélectionnée comme l’une des Révélations 2021 par Montréal inc. [découvrez nos portraits des autres Révélations 2021]

Après avoir perfectionné sa méthode en laboratoire, l’entreprise a monté une première usine à Anjou, dans l’est de Montréal.

Prochaines étapes à surveiller:

Pyrocyle doit terminer des derniers tests pour que son usine soit pleinement fonctionnelle d’ici la fin de cette année.

Elle se mettra l’an prochain en mode de production industrielle, pour des quantités allant de 1 à 5 tonnes.

Patrick Pierra