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Tendances MÉDIAS

Comment Donald Trump a transformé les médias

Publié le 21 nov. 2020
Steve Proulx
par Steve Proulx
Comment Donald Trump a transformé les médias

(Crédit photo: Charles Deluvio | Unsplash)

  • Le règne brouillon de Donald Trump à la Maison-Blanche aura au moins ouvert les yeux des médias sur un enjeu majeur de notre époque.
  • L’ère de la post-vérité ne s’achèvera pas avec l’arrivée de Joe Biden, mais les médias sont aujourd’hui mieux outillés pour y faire face qu’il y a quatre ans.

Fait: Donald Trump est un mythomane prolifique.

  • En avril dernier, le Washington Post calculait qu’il avait véhiculé près de 18 000 mensonges depuis le début de sa présidence, soit une moyenne d’environ 23 mensonges par jour.
  • Une autre étude de l’université Harvard a analysé 55 000 nouvelles, 5 millions de tweets et 75 000 statuts Facebook pour conclure que Trump et ses médias alliés (dont Fox News) étaient les principaux agents de désinformation en ce qui concerne les allégations de fraude entourant le vote postal.
  • La pandémie de Covid-19 a été accompagnée d’une véritable «infodémie»: une pandémie de désinformation. Or, une étude de l’université Cornell estimait récemment que Trump était relié à 38 % des nouvelles contenant de fausses informations à propos de la Covid-19.
  • Depuis l’arrivée de Trump au pouvoir – et le début de sa guerre contre les journalistes –, la confiance des Américains envers les grands médias n’a jamais été aussi faible. Elle est passée de 61% en 2016 à 51% en avril 2020.

Les médias ont composé avec Trump de différentes façons:

  • Plusieurs réseaux de télévision (ABC, CBS, CNBC, MSNBC, NBC) ont choisi d’interrompre la diffusion du premier discours de Trump après sa défaite électorale, lequel n’était qu’un tissu de mensonges et de fausses accusations.
  • Depuis des mois, Twitter, le réseau social fétiche du président, n’hésite plus à «signaler» les tweets trompeurs de son plus célèbre utilisateur. Depuis les élections, près de la moitié de ses tweets ont ainsi été signalés.
  • Pour gérer les débordements de Trump, la Commission sur les débats présidentiels a dû adopter de nouvelles règles: des micros fermés pour un candidat afin de laisser à son rival l’occasion de s’exprimer. Une première.

La bonne nouvelle: les médias sortiront plus forts de l’épisode Trump.

  • Plus de rigueur: le nombre d’organisations dédiées à la vérification de faits a été multiplié par trois depuis l’élection du président Trump en 2016, selon le Duke Reporter’s Lab.
  • Plus de modération: même s’ils sont accusés d’en avoir fait «trop peu, trop tard», les grands médias sociaux (Facebook, Twitter) ont tous resserré leurs règles pour tenter de lutter contre la désinformation et les propos haineux.
  • Une conscientisation accrue: si les effets de la désinformation et les conséquences de la polarisation sont désormais mieux compris, c’est aussi, en partie, grâce à ce bon vieux Donald…

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L’acquisition de Megaphone par Spotify signale un virage important dans l’industrie encore toute jeune de la baladodiffusion

Publié le 15 nov. 2020
  • Megaphone est une plateforme publicitaire pour les balados qui compte de nombreux grands médias américains parmi ses utilisateurs.
  • Pour Spofity, l’intégration de Megaphone «permettra d’offrir une vitrine sur mesure pour les grands annonceurs».

Il y a consolidation dans l’industrie de la diffusion d’émissions de radio sur Internet partout dans le monde, depuis quelques mois.

  • Des plateformes comme Qub Radio de Québecor, OhDio de Radio-Canada et C23 de Cogeco Media en sont trois exemples bien québécois.
  • Des revenus publicitaires en croissance – elle sera de 15% en Amérique du Nord cette année, selon le Bureau de la publicité interactive (IAB) – attirent les grands groupes médiatiques.

Du côté des annonceurs, ce sont souvent de jeunes entreprises qui n’annoncent pas ailleurs et qui échappent donc aux autres types de médias, ajoute l’IAB.

  • Ces annonceurs apprécient la possibilité de personnaliser leur message en fonction des balados qu’ils commanditent.
  • Cela dit, les grandes marques aussi ont un œil sur ce marché: selon l’IAB, 47% d’entre elles incluent les balados dans leur plan d’achat publicitaire annuel.
Alain McKenna
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Tendances MÉDIAS

Projet de loi C-10: quelle place pour le contenu québécois?

Publié le 14 nov. 2020
Steve Proulx
par Steve Proulx
Projet de loi C-10: quelle place pour le contenu québécois?

(Photo: Glenn Carstens-Peters, Unsplah)

  • Le projet de loi C-10 de Patrimoine canadien veut forcer les Netflix et Spotify à contribuer «à la création, à la production et à la diffusion de récits canadiens», selon le ministre Guilbeault.
  • L’industrie de la musique et de la production audiovisuelle est ravie, mais il reste encore à savoir comment le contenu québécois sera traité dans ce nouveau cadre réglementaire. Pour l’instant, c’est flou.

La Loi sur la radiodiffusion n’avait pas été modifiée depuis 1991:

  • Le projet de loi C-10 entend la moderniser en intégrant dans le cadre réglementaire les plateformes de musique ou de vidéos en ligne comme Netflix, Disney+ ou Spotify.
  • Si le projet de loi est adopté, Steven Guilbeault a estimé que les nouvelles règles pour forcer les géants du Web à contribuer financièrement à la production de contenus canadiens permettront d’injecter 830 millions $ dans l’industrie de la musique et de la production audiovisuelle au Canada d’ici 2023.

Une initiative saluée… et certains bémols:

  • De façon générale, l’annonce du projet de loi la semaine dernière a réjoui les acteurs de l’industrie de la musique et de l’audiovisuel, qui réclamait des changements depuis des années.
  • Il demeure toutefois des questions en suspens en ce qui concerne la place qu’occupera le contenu québécois/francophone dans cette nouvelle mouture de la Loi sur la radiodiffusion.
  • L’importance de rappeler le caractère distinct de la nation québécoise prendra toute son importance lorsque viendra le temps de préciser comment les géants du Web devront contribuer aux «récits canadiens».
  • C’est au CRTC que reviendra la tâche de préciser ces détails lorsque les nouvelles dispositions de la loi entreront en vigueur.

Pour éviter une réédition de l’entente entre Ottawa et Netflix:

  • En 2017, le gouvernement Trudeau se vantait d’avoir scellé une entente avec Netflix.
  • Le géant promettait d’investir 500 millions $ sur cinq ans dans des productions canadiennes.
  • Deux ans plus tard, Netflix annonçait que ces investissements avaient déjà été réalisés.

Quelle a été la part des contenus québécois dans ces investissements?

  • L’essentiel de l’enveloppe canadienne de Netflix a été alloué à des projets hors Québec – notamment, la location de studios à Toronto pour le tournage de séries en anglais comme Guillermo del Toro Presents Ten After Midnight ou le film Let It Snow, selon Netflix.
  • À ce qu’on en sait, seuls deux projets québécois ont été financés dans le cadre de cette initiative: un spectacle d’une heure de Martin Matte et le film Jusqu’au déclin de Patrice Laliberté, tourné avec un budget de 5 millions $.

Parmi les plateformes de diffusion en continu, Netflix domine largement au Québec.

Cependant:

On compte sur les doigts des deux mains le contenu québécois qu’on peut y regarder.

Au-delà des deux productions citées plus haut, le contenu québécois sur Netflix, c’est:

  • 4 films (Les affamés, 1991, Bon Cop, Bad Cop 1 et 2);
  • 1 série (M’entends-tu?).

En guise de comparaison, les abonnés québécois à Netflix ont accès à :

  • près de 30 films de Bollywood;
  • 27 films coréens;
  • 19 films suédois.

Au Québec, à quel public s’adresse Netflix? Est-on en droit d’attendre davantage de la plus populaire plateforme de streaming?

À surveiller:

  • L’exemple de Netflix est frappant: on ne peut pas présumer que les géants du Web considéreront la culture québécoise comme distincte de la culture canadienne.
  • Aussi, il est permis de craindre que sans des dispositions claires et chiffrées en ce qui concerne le soutien au contenu québécois dans la nouvelle Loi sur la radiodiffusion, l’industrie québécoise puisse voir des millions… filer à l’anglaise.

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Mot de l’éditeur

InfoBref paraît maintenant également le samedi et vous propose quatre chroniques d’experts

Publié le 12 nov. 2020
InfoBref paraît maintenant également le samedi et vous propose quatre chroniques d’experts

Les chroniqueurs experts d’InfoBref

  • Nous envoyons désormais par courriel à nos abonnés une édition du samedi du bulletin InfoBref Matin.
  • Cette édition vous propose les analyses et les conseils de quatre chroniqueurs experts respectivement en politique, médias, finances personnelles et technologie.

Un mois après le lancement d’InfoBref, vous êtes déjà plusieurs centaines d’abonnés. Vos premiers commentaires montrent que nos bulletins par courriel répondent à un réel besoin. Merci pour vos suggestions et vos encouragements!

Du lundi au vendredi, nous vous offrons déjà l’essentiel des nouvelles à lire en moins de 10 minutes par jour, avec un bulletin d’information au réveil, InfoBref Matin, et un bulletin complémentaire à 16 h, InfoBref Soir. C’est un service particulièrement apprécié des professionnels et des gens d’affaires. (Si vous ne les recevez pas encore, abonnez-vous gratuitement ici.)

À partir du 14 novembre, nous vous donnons également rendez-vous le samedi.

L’édition du samedi de notre bulletin InfoBref Matin prend un peu de recul sur l’actualité immédiate. En plus de quelques nouvelles brèves, elle vous offre des chroniques thématiques, rédigées par quatre spécialistes:

  • Bernard Descôteaux, ancien directeur du Devoir, où il a rédigé des centaines d’éditoriaux, nous fait l’honneur de reprendre la plume pour signer une analyse politique.
  • Steve Proulx, qui s’était fait connaître comme chroniqueur au journal Voir et a récemment créé le site consacré aux médias numériques Les écrans, identifie pour vous les principales tendances dans les médias.
  • Fabien Major, planificateur financier, actuellement chroniqueur à l’émission du matin à la radio de Radio-Canada à Montréal et auparavant chroniqueur au Journal de Montréal, vous fait bénéficier de ses conseils en finances personnelles.
  • Alain McKenna, qui couvre déjà quotidiennement pour InfoBref l’actualité des affaires et des technologies, sélectionne pour vous les meilleurs produits techno.

Des chroniques d’information, qui vont droit au but

Les articles de nouvelle que nous publions du lundi au vendredi sont concis: ils peuvent toujours être lus en moins d’une minute.

Le samedi, notre exigence de concision est moins stricte pour les chroniques, mais elle demeure – parce qu’elle fait partie de l’ADN d’InfoBref et de la promesse que nous vous faisons: chaque chronique peut être lue en deux minutes maximum.

Ainsi, vous pouvez lire tout le contenu d’InfoBref en moins de 10 minutes, le samedi comme les autres jours.

Rendez-vous donc tous les samedi matin, en vous souhaitant bonne lecture.

(Merci d’avance pour vos commentaires – écrivez-moi à [email protected] – et pour faire connaître InfoBref à vos collègues de travail et vos amis.)

Patrick Pierra
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Loi sur la radiodiffusion et webdiffuseurs: pas de quotas pour le contenu francophone

Publié le 3 nov. 2020
  • Le projet de modernisation de la loi, qui permettra au CRTC de réglementer les diffuseurs en ligne comme Netflix et Spotify, a été généralement bien reçu par les créateurs canadiens, mais il comporte tout de même quelques zones grises.
  • En plus de l’absence d’une directive claire pour le contenu francophone, Alain Rayes, critique conservateur en matière de patrimoine, note l’absence d’un système de redevance pour compenser les médias et diffuseurs canadiens.

Comment l’agence Associated Press va déclarer le vainqueur de l’élection présidentielle américaine

Publié le 29 oct. 2020
Comment l’agence Associated Press va déclarer le vainqueur de l’élection présidentielle américaine

(Source: Creative Commons)

  • La principale agence de presse américaine sert habituellement de point de référence pour déclarer l’issue des élections américaines.
  • Mais cette année, elle attendra d’être certaine que l’un des candidats ne pourra plus rattraper son retard pour déclarer la victoire de son adversaire.

Pour la première fois lors d’une élection présidentielle, les journalistes de l’AP n’auront pas à questionner les électeurs à la sortie des bureaux de vote cette année.

L’agence va se baser sur son sondage continu VoteCast: l’AP collecte les réponses d’électeurs sur leur vote depuis le 28 octobre et jusqu’à la fermeture des urnes, que ces électeurs aient choisi de voter par anticipation, en personne ou par courrier, d’attendre le jour J ou même de s’abstenir.

Le soir du scrutin, l’Associated Press ne fera pas d’estimations. Elle déclarera des gagnants quand elle sera sûre de leur victoire.

  • Jusqu’à 17 h, le personnel ayant connaissance des données sera en quarantaine et ne partagera aucune information.
  • À partir de ce moment, l’agence déclarera une victoire seulement lorsque, selon les données dont l’AP dispose, les républicains ou les démocrates auront remporté une majorité claire dans un État.

L’agence ne cherche pas à être la première: elle veut avant tout «s’assurer de fournir des informations exactes», a assuré au magazine Esquire le rédacteur en chef des décisions électorales Stephen Ohlemacher.

• L’AP est soucieuse de ne pas être mêlée à une bataille judiciaire si une victoire qu’elle annonce se trouve contestée par la suite.

Johanna Sabys
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Apple diffusera une émission d’affaires publiques produite et animée par l’humoriste américain Jon Stewart

Publié le 28 oct. 2020
Apple diffusera une émission d’affaires publiques produite et animée par l’humoriste américain Jon Stewart

(Source: Wikimedia)

  • Chaque émission d’une heure portera sur un sujet précis de l’actualité politique et économique américaine, un genre nouveau pour Apple TV+ mais où HBO et Netflix connaissent déjà un certain succès.
  • Jon Stewart s’est imposé comme un commentateur influent de la politique américaine en tant qu’animateur du Daily Show sur la chaîne Comedy Central de 1999 à 2015.