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Tendances MÉDIAS

Les médias sociaux ne remplacent pas les relations humaines

Publié le 7 mai 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Les médias sociaux ne remplacent pas les relations humaines

[photo: Freepik]

  • Si un peu plus d’une année de télétravail / confinement / distanciation ne vous l’a pas encore démontré: non, les médias sociaux ne peuvent pas remplacer les vraies interactions humaines.
  • Selon une récente étude de la Michigan State University, la recherche de «récompenses sociales» en ligne pourrait même induire des symptômes comparables aux troubles liés à la toxicomanie.

Ce que dit la recherche:

Les auteurs de cette étude, publiée dans la revue Addictive Behaviors, ont interrogé 400 étudiants universitaires pour connaître le degré de soutien social dont ils bénéficient dans la vie réelle et dans les médias sociaux.

Ils ont observé que les interactions dans les médias sociaux n’avaient pas d’impact négatif global sur la santé mentale, pas plus qu’elles n’avaient d’impact positif.

Ils ont aussi constaté que seul un soutien social réel, hors des médias sociaux, était lié à une meilleure santé mentale en général.

Conclusion: si vous cherchez du soutien moral, si vous traversez des difficultés ou des frustrations et que vous avez besoin d’en parler, mieux vaut le faire en personne (avec un masque).

Une dépendance qui n’en est pas (encore) une:

Les chercheurs rappellent que la dépendance aux médias sociaux n’est pas une dépendance reconnue au même titre que la toxicomanie, par exemple.

Par contre, ils ont remarqué d’inquiétantes similitudes entre les symptômes d’une personne toxicomane et ceux d’une personne qui fait une utilisation excessive des médias sociaux.

  • Celle-ci risque de s’isoler, de chercher constamment une «récompense» dans ses interactions sur les médias sociaux, au point de négliger les relations humaines authentiques.

Tout ceci pourrait mener à une dégradation de la santé mentale.


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La fatigue numérique s’installe:

Ces derniers temps, on sent éclore une certaine écœurantite aiguë d’une partie de la population envers les médias sociaux et les plateformes en ligne.

Le mirage d’une société capable de s’épanouir en toute sécurité en recourant aux outils numériques est en train de se dissiper.

  • Le temps passé en vidéoconférence épuise le corps et l’esprit, un syndrome qu’on a vérifié et baptisé la «Zoom fatigue».
  • S’informer par le biais des médias sociaux permettrait aux fausses informations concernant la Covid-19 de marquer les esprits, selon une étude de l’Université McGill. Ce serait même un danger pour la santé publique.
  • Les médias sociaux font ressortir le pire de l’humain en permettant aux discours racistes, sexistes ou haineux de s’exprimer dans le confort de son foyer.

Chaque semaine :

  • des personnalités prennent une pause des médias sociaux pour fuir les conversations toxiques;
  • des gens sont victimes de microagressions sur Facebook;
  • des études se penchent sur l’estime de soi déclinante des ados à l’ère d’Instagram.

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Les médias transforment les sociétés, c’est un fait.

La télé commerciale a contribué à faire de nous des consommateurs d’abord, des citoyens ensuite.

Son attrait nous a rendus plus sédentaires, moins «sorteux», plus isolés. Des patates de sofa.

J’ignore comment les médias sociaux transformeront durablement nos sociétés.

Mais à voir comment les choses évoluent, j’ai beaucoup de mal à penser que «ça va bien aller»…

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Balados partenaires d'InfoBref

À ÉCOUTER cette fin de semaine (8 et 9 mai)

Publié le 7 mai 2021
À ÉCOUTER cette fin de semaine (8 et 9 mai)

InfoBref a sélectionné des balados québécois indépendants de qualité, qui traitent de sujets connexes à ceux que nous couvrons. Voici nos suggestions d’écoute:

  • Balado LePlanif de Fabien Major – Indépendance financière pour retraite précoce: devez-vous prendre la vague FIRE? | Écoutez ici
  • Pour votre info de Laurent Therrien – Boom économique à l’horizon: comment se préparer | Écoutez ici
  • Une tasse de tech d’Alain McKenna – Une entreprise d’IA montréalaise voudrait mettre fin aux conflits sur les réseaux sociaux | Écoutez ici

Tendances MÉDIAS

Comment ennuyer tout le monde sur LinkedIn

Publié le 30 avr. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Comment ennuyer tout le monde sur LinkedIn

(photo: Unsplash)

  • Le réseau social professionnel LinkedIn a beau exister depuis près de 20 ans, il demeure assez mal compris par beaucoup d’utilisateurs.
  • Il y a pourtant des façons de faire des affaires grâce à LinkedIn, en commençant par arrêter de vouloir se vendre à tout prix.

Si vous êtes comme moi, votre fil de nouvelles sur LinkedIn est sans doute surchargé de publications promotionnelles ou autocongratulatoires partagées par les membres de votre réseau. LinkedIn n’est-il qu’un réseau destiné à offrir une vitrine à ceux qui ont quelque chose à vendre?

Pas du tout. Et pour éviter d’être le prochain qui ennuiera tout le monde avec son pitch de vente, voici ce qu’il ne faut plus faire:

Considérer LinkedIn comme une plate-forme pour trouver des clients:

Il n’y a rien de mal à utiliser LinkedIn pour trouver de nouveaux clients. Rappelons cependant que LinkedIn n’est pas un réseau pour vendre sa salade, c’est un réseau social.

Meilleure pratique — Utilisez LinkedIn pour identifier des décideurs ou des prospects, puis chercher à développer avec eux une relation organique… ailleurs que sur LinkedIn!

Confondre «marque personnelle» et «autopromotion»:

Les experts du réseautage reconnaissent tous l’importance de développer sa marque personnelle (personal branding). C’est un art que plusieurs personnes confondent, hélas, avec l’autopromotion.

Meilleure pratique — Comme l’écrivait Dale Carnegie dans son célèbre livre Comment se faire des amis: «Oubliez votre propre intérêt et concentrez-vous sur l’intérêt de votre interlocuteur.» En d’autres mots, cessez d’exposer votre petit nombril, intéressez-vous en priorité au nombril des autres.

Promouvoir ses bons coups, encore et encore:

Vous venez de décrocher un nouvel emploi, vous avez collaboré à un projet emballant, votre entreprise a remporté tel prix? Il est tout à fait permis de partager ses accomplissements sur LinkedIn… mais montrez aussi que vous avez autre chose à dire!

Meilleure pratique — Partagez régulièrement des publications qui montrent que vous êtes à l’affût de ce qui bouge dans votre secteur ou dans votre niche. Posez des questions sincères à votre réseau, lancez des conversations. En bref, cherchez à communiquer sur LinkedIn autre chose que: «J’ai fait ceci, c’est beau, hein?»

Ajouter des «étrangers» à son réseau:

Par «étranger», je me réfère au fameux entonnoir de ventes. Les personnes qui ne vous connaissent pas, qui ne connaissent pas votre entreprise ou ce que vous avez à offrir se situent à l’embouchure la plus large de l’entonnoir. Ce sont des étrangers. Les inviter à rejoindre votre réseau LinkedIn, c’est l’équivalent de se planter sur le coin d’une rue et de distribuer sa carte professionnelle aux passants. Généralement, on offre sa carte professionnelle après une première conversation.

Meilleure pratique — Participez aux conversations, devenez un leader d’opinion dans votre domaine. Bientôt, c’est vous que les «étrangers» souhaiteront ajouter à leur réseau.

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Inviter dans votre réseau les personnes qui ont consulté votre profil:

LinkedIn a créé un monstre en indiquant aux utilisateurs qui a consulté leur profil. Si une personne que vous ne connaissez pas consulte votre profil, c’est sans doute que votre nom est apparu lors d’une recherche de mots-clés et que votre profil a suscité un intérêt, ou simplement de la curiosité. Or, inviter instantanément cet inconnu à rejoindre votre réseau, c’est un tantinet embarrassant. C’est un peu comme si vous vous arrêtiez devant la vitrine d’un magasin, et qu’un vendeur en sortait et se précipitait vers vous pour vous «aider». Non, merci.

Meilleure pratique — Cessez de consulter la section «Qui a consulté votre profil?»

En cette période où les 5 à 7 et les activités de réseautage sont suspendus, LinkedIn vous permet de maintenir votre réseau actif, de prendre des nouvelles de vos collègues, fournisseurs, clients, prospects.

Vendre sur LinkedIn? Pas vraiment.

S’enrichir sur LinkedIn? Au contact des autres… absolument!

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Message de l'éditeur

La rédaction d’InfoBref accueille Félix Côté

Publié le 26 avr. 2021
La rédaction d’InfoBref accueille Félix Côté

Félix Côté, journaliste à InfoBref

  • Félix Côté devient journaliste à InfoBref, responsable de la couverture des affaires et des technologies.
  • Diplômé en journalisme et rédacteur chevronné, Félix a œuvré principalement ces dernières années dans le secteur immobilier. Il a travaillé auparavant comme journaliste pour plusieurs magazines et pour l’hebdomadaire régional Accès, dans les Laurentides. Pour la couverture quotidienne de l’actualité, il remplace Alain McKenna, qui continuera de son côté à signer chaque samedi sa chronique des Meilleurs produits Techno.

Tendances MÉDIAS

Votre guide pour regarder les Oscars ce dimanche

Publié le 23 avr. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Votre guide pour regarder les Oscars ce dimanche

[image: lesslemon | Adobe Stock]

  • Avec un peu de retard, la 93e cérémonie des Oscars aura finalement lieu ce dimanche. Et ce ne sera pas une «soirée Zoom»: il y aura de vraies vedettes qui remettront de vraies statuettes devant un vrai gratin d’Hollywood.
  • On s’attend tout de même à une cérémonie qui sera à l’image de l’année qui vient de s’écouler: inédite. À quoi ressemblera la fête du cinéma, version pandémie?

L’année des plateformes de diffusion:

J’en parlais dans une récente chronique, l’année 2021 a bien sûr été marquée par les mesures sanitaires et par la fermeture des salles de cinéma. De nombreuses sorties de films ont par conséquent été repoussées.

Du coup, pour avoir des films à honorer, l’Académie des Oscars a dû modifier ses critères d’éligibilité.

Alors qu’un film devait avoir été présenté exclusivement au cinéma pendant au moins sept jours pour entrer dans la course, on a permis cette année aux films distribués uniquement en ligne de concourir.

Pour la première fois, on retrouve donc une quantité record de films en nomination qui n’ont jamais vu l’ombre d’une salle de cinéma. Netflix a raflé 35 nominations, et Amazon, 18.

2021 sera peut-être l’année où un film distribué en streaming remportera pour la première fois l’Oscar du meilleur film.

À quoi ressemblera la soirée?

Une partie de la cérémonie se tiendra au Dolby Theater, comme d’habitude, mais le gros du spectacle se déroulera à la gare Union Station de Los Angeles, réputée pour son architecture art déco. La gare a d’ailleurs accueilli plusieurs tournages dans le passé (The Way We Were, Blade Runner, The Dark Knight Rises).

En raison des restrictions sanitaires, seuls les nommés, leurs invités et les stars qui présenteront des prix seront dans la salle. La production du gala a tenu à démontrer ces derniers jours les efforts qui ont été déployés pour garder tout ce beau monde en santé.

On verra des masques, dit-on. Ils joueront même un rôle important dans cette soirée qui promet néanmoins d’être chic.

En revanche, il n’y aura aucune possibilité de recevoir son prix par Zoom. C’est une bonne chose: personne ne souhaite voir Anthony Hopkins en découdre avec la caméra de son iPad pendant qu’il fait ses remerciements.

Pour la troisième année consécutive, il n’y aura pas de maître de cérémonie. Le producteur de la soirée, le réalisateur Steven Soderbergh, promet une soirée des Oscars plus proche d’un film que d’un spectacle télévisé: l’ensemble sera tourné en 24 images par seconde, au format 16:9, avec des plans de caméras propres au 7e art.

Ça promet.

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Au-delà de ces nouveautés, les Oscars se dérouleront sous le signe de la diversité:

  • C’est la première fois que deux acteurs d’origine asiatique sont en nomination pour l’Oscar du meilleur acteur, Steven Yeun et Riz Ahmed. Ahmed est aussi le premier acteur musulman à être en nomination pour ce prix.
  • Chloé Zhao (Nomadland) est la première femme d’origine chinoise en nomination pour la meilleure réalisation.
  • Pour la première fois, deux femmes sont en nomination dans la catégorie Meilleure réalisation.
  • L’actrice Yuh-Jung Youn (Minari) est la première actrice coréenne en nomination pour un rôle de soutien.
  • Viola Davis (Ma Rainey’s Black Bottom) est devenue l’actrice noire ayant reçu le plus de nominations aux Oscars (4 nominations).
L’actrice Viola Davis dans le film Ma Rainey’s Black Bottom [image: site de Netflix]

Hélas, encore cette année, aucun film canadien n’est parvenu à décrocher une place dans la catégorie Meilleur film international. Le film Rebelle de Kim Nguyen (2012) est le dernier à avoir reçu cet honneur.

Où regarder les Oscars?

La 93e cérémonie des Oscars sera présentée à CTV à 20h, à la télé ou en ligne.

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Facebook investit l’audio, avec une série de nouveaux produits intégrés à ses applications actuelles

Publié le 19 avr. 2021
Facebook investit l’audio, avec une série de nouveaux produits intégrés à ses applications actuelles

[image: Facebook]

  • Les usagers des applications Facebook et Messenger devraient, cet été, pouvoir y tenir entre eux des conversations orales de groupe.
  • Facebook veut aussi intégrer l’écoute et la promotion de balados, et même l’écoute de musique en continu, grâce à un partenariat avec Spotify. Et l’application veut lancer un nouveau format de clips sonores faciles à partager.

L’engouement récent pour l’application sociale de conversation vocale Clubhouse n’a pas échappé à Mark Zuckerberg.

«Nous croyons que l’audio va, bien sûr, aussi devenir un média de première classe», a expliqué lundi le patron de Facebook, dans le cadre de l’annonce d’une série d’outils et de fonctionnalités qui devraient s’ajouter aux applications Facebook et Messenger au cours des prochains mois.

Intégration des balados et de la musique

  • L’application Facebook, qu’elle soit ouverte ou en arrière-plan, permettra d’écouter des balados.
  • Facebook suggèrera des balados et des épisodes à ses usagers en fonction de leurs intérêts, et leur permettra ensuite de commenter ces balados et de les recommander à leurs amis.
  • Grâce à un partenariat avec Spotify, Facebook permettra également l’écoute de musique dans sa propre application.

Live Audio Rooms

  • Facebook va créer des salles de conversation audio, dont le concept évoque directement celles de Clubhouse.
  • Dans un premier temps, ces salles seront testées dans les groupes Facebook et avec quelques vedettes.
  • Elles devraient ensuite, cet été, devenir disponibles à l’ensemble des usagers de Facebook et de Messenger.

Soundbites

  • Facebook veut créer un nouveau format de clips sonores de courte durée. Elle voit ce format comme un nouveau moyen d’expression qui sera intégré au fil de nouvelles des usagers de Facebook.
  • Ces clips pourront être extraits des conversations des Live Audit Rooms, puis édités sur mesure.
  • Facebook va commencer par payer des créateurs pour expérimenter ce nouveau format Soundbites, avant de le rendre ensuite disponible plus largement.
Patrick Pierra
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Tendances MÉDIAS

Radio X: la provocation comme modèle d’affaires

Publié le 16 avr. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Radio X: la provocation comme modèle d’affaires
  • La coalition Sortons les radios-poubelles de Québec demande que l’implication de Radio X soit considérée par le coroner dans son enquête sur la mort d’Étienne Desrochers-Jean, décédé de la Covid-19 à la suite de l’éclosion monstre au Méga Fitness Gym de Québec.
  • La raison: le récalcitrant propriétaire du gym, Dan Marino, a été plusieurs fois interviewé sur les ondes de Radio X, alors qu’il menaçait d’ouvrir son établissement malgré les restrictions sanitaires.

Aujourd’hui, même si le Méga Fitness Gym se défend d’avoir fait fi des règles sanitaires, on dénombre plus de 500 cas de Covid-19 liés au centre d’entraînement. Et un mort.

Du côté de Radio X, entraînée par la bande dans cette affaire, un soldat est déjà tombé. L’animateur Mike Tremblay a annoncé sa démission par Facebook Live mardi dernier. Il avait interviewé Dan Marino, et son nom a été mentionné par la coalition Sortons les radios-poubelles de Québec.

Pour lui, c’est «la goutte qui a fait déborder le vase» [détails dans un article du Soleil].

La station de Québec, abonnée aux scandales du genre, avait aussi fait l’objet d’une campagne de boycottage de plusieurs de ses annonceurs l’automne dernier, dont la Ville de Québec, qui l’accusait de «mettre en danger» la vie des citoyens en propageant de fausses informations sur la pandémie.

La provocation comme modèle d’affaires:

Malgré les critiques qu’elle essuie depuis plus de deux décennies, Radio X continue de rallier un large public dans la Capitale-Nationale. Pourquoi? Qu’est-ce que propose cette station qui séduit autant le public de Québec?

Le ton de Radio X est assez unique au Québec. Chaque jour, ça parle. Beaucoup. Ça parle de hockey, de chars, de cul et d’affaires drôles qui circulent dans les médias sociaux.

Le ton Radio X, c’est Les Boys à la radio. D’ailleurs, si on entend bien quelques voix féminines à l’antenne, on comprend assez rapidement que le public prioritaire de la station, c’est l’homme québécois pure laine «standard», le «vrai gars».

En semaine, les trois piliers de la station (Dominic Maurais, Jeff Fillion et Denis Gravel) distillent une idéologie de droite: moins de gouvernement, moins d’impôts, plus de libertés individuelles.

Ils encensent les idées conservatrices, puis font de la réclame pour un concessionnaire automobile local (il faut bien payer le loyer) avant de se plaindre des «maudits» journalistes de Radio-Canada.

Chaque jour, ces roitelets des ondes donnent à leur auditoire de nouvelles raisons d’être en «crisse» contre le système. Ils sont flanqués de leurs courtisans, des coanimateurs toujours prêts à opiner de la tête à chacune de leur déclaration.

Si vous cherchez des débats animés, ce n’est pas à Radio X que vous les trouverez.

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Radio X, c’est une bulle. D’une certaine manière, cette station qui fait la pluie et le beau temps à Québec a trouvé comment exciter les foules et polariser la population.

On accuse aujourd’hui les algorithmes des médias sociaux de créer des «bulles de filtres» en ne nous présentant que l’information qui nous conforte dans nos certitudes. Radio X exploite cette recette gagnante depuis longtemps.

Radio X suscite l’adhésion de son auditoire en ne présentant qu’un côté de la médaille, en refusant les débats d’idées, en se moquant de ses critiques et en misant sur le vécu et l’émotion pour faire passer la pilule.

Pourquoi seulement à Québec?

Le propriétaire de la station, RNC Media, a bien tenté d’imposer une radio de provocation à Montréal. En 2012, on transformait ainsi la station Couleur Jazz en Radio X Montréal.

Faute d’un public intéressé par la chose, l’aventure prendra fin après deux ans.

Ailleurs au Québec, aucune station de radio n’a tenté d’exploiter le filon manifestement lucratif de Radio X.

Pourquoi le modèle d’affaires de Radio X fonctionne-t-il à Québec, mais pas ailleurs?

Dans son essai Jeff Fillion et le malaise québécois (Liber, 2008), le journaliste Jean-François Cloutier avance que Radio X et Jeff Fillion ont contribué à «donner une identité et une raison d’habiter» à Québec.

Y a-t-il là une partie de la réponse? Dans une communauté homogène et rangée comme Québec, aurait-on besoin d’un grand frère malcommode pour se secouer les puces?

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Des personnalités québécoises s’unissent pour dénoncer la montée des propos haineux et de la désinformation dans certains médias du Québec

Publié le 16 avr. 2021
Des personnalités québécoises s’unissent pour dénoncer la montée des propos haineux et de la désinformation dans certains médias du Québec

(Page Facebook Liberté d’oppression)

  • Mené par la députée de Québec solidaire Catherine Dorion et le député libéral fédéral Joël Lightbound, un groupe d’une trentaine de personnes publiques dénonce une «petite minorité» de médias québécois qui «font des ravages» en proférant des insultes répétées envers certains boucs-émissaires.
  • Sans vouloir s’en prendre à un ou des médias en particulier, le collectif a tout de même appuyé ses propos d’extraits d’émissions et d’articles provenant des radios BLVD et CHOI Radio X à Québec, ainsi que du Journal de Montréal, de TVA et de QUB Radio, trois propriétés de Québecor à Montréal.

Tendances MÉDIAS

Facebook a une sale réputation. Et après?

Publié le 9 avr. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Facebook a une sale réputation. Et après?

[photo: Christoph Scholz]

  • Il ne se passe pas une semaine sans qu’une tuile s’abatte sur la tête de Facebook. La dernière en date: le téléversement en ligne des données personnelles de 533 millions d’utilisateurs du réseau social.
  • Tous ces revers ont au moins une conséquence: la réputation du géant des réseaux sociaux en prend solidement pour son rhume.

Trump, Monsanto et… Facebook

En 2020, dans le palmarès Axios The Harris Poll 100, qui évalue la réputation des 100 entreprises les plus «visibles» aux États-Unis, Facebook glissait en 97e place.

Ce sondage annuel, mené auprès de 34 000 Américains, concluait donc que, dans l’opinion publique, Facebook est à peu près au même niveau que des entreprises assez peu fréquentables comme le géant des pesticides Monsanto, la Trump Organization et Juul Labs, un fabricant de cigarettes électroniques accusé d’avoir ciblé les jeunes dans ses publicités.

Facebook est en outre la seule entreprise des GAFAM à faire aussi partie de ce club des mal-aimés. En comparaison, dans le même palmarès, Amazon se classait en 3e place, Microsoft en 19e, Google en 24e, et Apple en 27e.

C’est en 2019 que la réputation de Facebook a piqué du nez de façon vertigineuse: elle est passée du 51au 94e rang.

Nous étions alors dans la foulée du scandale Cambridge Analytica, après avoir appris que cette firme britannique aurait utilisé les données de millions d’utilisateurs de Facebook pour influencer le résultat des présidentielles américaines de 2016 en faveur de Donald Trump.

L’année qui vient de s’écouler n’a pas non plus été de tout repos pour Facebook:

  • Campagne de boycottage de grands annonceurs après le meurtre de George Floyd;
  • Poursuite pour pratiques anticoncurrentielles par le gouvernement américain et 48 États américains;
  • Bras de fer avec l’Australie sur la question des redevances aux médias locaux pour la réutilisation de leurs contenus;
  • Démissions de cadres mécontents de la politique trop molle de Facebook en ce qui concerne les propos haineux.

À cela, il faut ajouter les critiques de plus en plus vives en ce qui a trait au rôle de Facebook dans l’explosion de la désinformation en ligne.

Ces derniers mois, en fait, on a surtout vu Mark Zuckerberg, le visage livide, passer plusieurs mauvais quarts d’heure à devoir défendre sa plateforme devant des représentants du Congrès américain.

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Est-ce si important, la réputation?

Facebook a donc un sérieux problème de réputation.

Mais, comme le dirait Yvon Deschamps, une réputation, «kossà donne»? Prenons en considération les faits suivants:

  • Le nombre d’utilisateurs actifs de Facebook est toujours en croissance (2,7 milliards d’utilisateurs au dernier trimestre de 2020).
  • Après avoir plongé au début de la pandémie, le cours de l’action de Facebook a repris du poil de la bête. Au moment d’écrire ces lignes, l’action FB valait 313 $US. C’est presque un sommet historique.
  • Les ventes publicitaires mondiales de Facebook ont atteint 84 milliards $US en 2020, une croissance de 21% par rapport à 2019.
  • Avec une fortune de 118 milliards $US, selon Bloomberg, Mark Zuckerberg a rejoint l’automne dernier le club sélect des personnes dont la fortune personnelle dépasse les 100 milliards $US. Le fondateur de Facebook est pratiquement deux fois plus riche qu’il y a un an.

En somme, la sale réputation que traîne Facebook depuis quelques années n’a eu aucun effet sur sa santé financière. Du moins, pour l’instant.

C’est peut-être pour de pareilles raisons qu’il n’est pas saugrenu de se demander: Facebook est-il devenu trop gros pour sombrer (too big to fail)?

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Message de l'éditeur

InfoBref a six mois, et déjà 2300 abonnés

Publié le 5 avr. 2021
  • Merci d’avoir adopté InfoBref, à un moment depuis le 6 octobre dernier, comme rendez-vous (bi)quotidien pour savoir l’essentiel de l’actualité.
  • Aidez-nous à faire connaître InfoBref à vos contacts – par les médias sociaux, par messagerie ou par courriel: invitez-les à s’inscrire à infobref.com/bien d’ici le 31 mai, et nous donnerons 1$ par inscription aux Banques alimentaires du Québec dans le cadre du Défi «L’information qui fait du bien».

Tendances Médias

Jacynthe René et les occasions de se taire

Publié le 2 avr. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Jacynthe René et les occasions de se taire

[photo: Tout le monde en parle © Karine Dufour]

  • En nommant et en attaquant la crédibilité d’une journaliste lors de son passage à Tout le monde en parle dimanche dernier, Jacynthe René a usé du même stratagème que Donald Trump.
  • Malgré ses vertus, il semble que le sérum à la rose n’ait pas d’effet visible sur les égos surdimensionnés.

Une réputation en jeu:

Il y a deux semaines, Maison Jacynthe, l’entreprise de produits de beauté et de bien-être de la comédienne Jacynthe René, a été reconnue coupable par la Cour du Québec d’exercice illégal de la médecine.

La raison: deux vidéos diffusées en 2018 sur les bienfaits de l’irrigation du côlon, dans lesquels Mme René et le naturopathe Christian Limoges ont «agi de façon à donner lieu de croire qu’ils sont autorisés à faire un acte réservé aux médecins», selon la juge Nathalie Duchesneau.

Maison Jacynthe s’expose à une amende pouvant aller jusqu’à 62 500$.

Or, alors que tout dirigeant d’entreprise bien conseillé aurait accepté la décision de la cour et reconnu son erreur en espérant pouvoir passer rapidement à autre chose, Jacynthe René a mis de l’huile (essentielle) sur le feu.

Dans une vidéo live sur Facebook peu après le verdict, elle a tenu à «relativiser» l’affaire en soulignant que sur les 300 vidéos qu’elle a réalisés, seulement deux sont litigieuses.

Cet argument à deux sous me rappelle ce père de famille de 93 ans accusé d’inceste en 2010. Rappelons-nous, il s’était rendu célèbre en sortant du palais de justice et en déclarant devant les caméras de télévision qu’il n’avait jamais abusé de ses filles… sauf une fois au chalet.

C’est justement «la fois au chalet» qui compte.

  • Les juges ne font pas une moyenne des bons et des mauvais coups d’un accusé pour en arriver à un verdict.
  • Ils se concentrent sur les actes qui sont au cœur du litige. Dans le cas de Maison Jacynthe, deux vidéos en particulier.

Bref, ce jour-là, Jacynthe René a raté une première occasion de se taire.

Règlements de comptes à Tout le monde en parle:

Mme René en a rajouté une beurrée de karité vanillé lors de son passage à Tout le monde en parle le 28 mars dernier.

Devant Guy A. Lepage, elle s’en est prise en particulier à la journaliste Camille Lopez, n’hésitant pas à la nommer en se moquant de son «un an et demi» d’expérience (c’est faux) et en remettant en cause sa crédibilité.

Voir l’extrait vidéo de Tout le monde en parle (15 minutes)

En mars 2020, Camille Lopez, une journaliste respectée qui se spécialise dans la vérification des faits, publiait un article dans le site du magazine L’actualité à propos d’une publication que Jacynthe René a partagée auprès de ses quelque 100 000 abonnés à propos d’un «protocole naturel anticoronavirus» pour «mettre les chances de son côté».

L’article de Camille Lopez donne la parole à un infectiologue (qui n’a pas de petites crèmes à écouler) afin d’avoir un autre son de cloche.

Si vous prenez le temps de lire l’article, dites-moi si vous y voyez des «manigances» ou des propos «vicieux».

L’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ont vivement critiqué les propos de Jacynthe René.

«Ce n’est pas parce que la couverture journalistique d’un enjeu nous déplaît qu’elle est forcément mauvaise ou qu’elle manque de rigueur», a déclaré Marie-Ève Martel, vice-présidente de la FPJQ.

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La stratégie Trump:

Utiliser la vitrine que lui offre le talk-show le plus regardé au Québec pour casser du sucre sur le dos d’une journaliste inconnue qui a osé critiquer son travail, c’est exactement ce que faisait Donald Trump lorsqu’il était à la Maison-Blanche.

D’ailleurs, Jacynthe René et Donald Trump ont tous les deux acquis une notoriété grâce à la télé, ils sont tous les deux indissociables de leur entreprise, qui porte leur nom, et ils ont tous les deux des armées de fidèles qui leur mangent dans la main, quoi qu’ils disent.

Je ne dis pas que Jacynthe René est Donald Trump. Elle n’a tout de même pas dirigé la première puissance mondiale (et je la soupçonne de ne pas boire autant de Coke Diète que l’autre).

Il n’empêche, les deux ont à plusieurs reprises raté des occasions de se taire, et ça pourrait leur coûter cher.

En 2020, sur les 100 entreprises les plus «visibles» aux États-Unis, la Trump Organization occupe la 99e place au chapitre de la bonne réputation selon le palmarès Axios Harris Poll 100. La pente sera dure à remonter.

En matière de communications et de marketing, suivre la recette Donald Trump n’est peut-être pas la meilleure des stratégies…

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Tendances MÉDIAS

Comment Netflix uniformise la façon de raconter des histoires

Publié le 19 mars 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Comment Netflix uniformise la façon de raconter des histoires

[Image de la série Les tribus d’Europe. Crédit: Netflix]

  • Netflix avait écrit une page d’histoire l’an dernier en récoltant 24 nominations aux Oscars, un record. Le service de diffusion en continu fracasse cette année son record de l’an dernier avec 35 nominations, se propulsant ainsi loin devant les autres grands studios d’Hollywood.
  • Mais ce que Netflix change surtout, ces sont les histoires et la façon de les raconter.

Netflix et la course aux Oscars:

Oui, un vent de changement souffle sur Hollywood. En décrochant 35 nominations aux Oscars, dont 2 dans la catégorie du Meilleur film, Netflix s’impose comme la nouvelle superpuissance dans l’industrie du cinéma.

La conquête de Netflix est impressionnante. En 2014, la plateforme récoltait sa première nomination aux Oscars pour un documentaire sur la révolution égyptienne (The Square).

À peine sept ans plus tard, Netflix coiffe tous les autres grands studios au palmarès des nominations: plus du double des nominations décrochées par Amazon, son plus proche rival, et plus de quatre fois celles décrochées par Walt Disney et Warner Bros.

Bien entendu, la fermeture des cinémas pendant une bonne partie de 2020 a contribué à cette domination des plateformes numériques dans l’actuelle course aux Oscars.

Il n’empêche, le streaming en général et Netflix en particulier sont désormais aux premières loges du 7e art mondial. Et ce sera encore le cas après la pandémie.

Comme dirait l’autre: la game vient de changer.

Quel est l’impact de l’effet Netflix?

Les observateurs de l’industrie parlent depuis quelques années déjà de «l’effet Netflix», sans toutefois s’entendre sur une définition formelle du phénomène.

En ce qui me concerne, l’effet Netflix, c’est la mainmise d’une seule entreprise sur ce qu’on pourrait appeler la «culture mondialisée».

  • D’un côté, Netflix nous donne accès à des films et des séries provenant des quatre coins du monde: Allemagne, Corée du Sud, Russie, Turquie, France, Espagne, Afrique du Sud.
  • De l’autre, peu importe dans quel pays elles sont nées, les productions Netflix ont toutes un petit air américain.

Le film québécois Jusqu’au déclin, produit par Netflix et racontant le cauchemar d’un groupe de survivalistes, aurait pu avoir été tourné dans une forêt du Michigan avec des acteurs américains — sans changer une ligne au scénario.

La bagarre finale entre les deux protagonistes est d’ailleurs assez inédite dans le cinéma québécois; c’est toutefois la fin classique d’à peu près tous les films d’action américains depuis des décennies.

En fait, Jusqu’au déclin est un film américain tourné dans la langue de Félix Leclerc.

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J’ai regardé récemment la série allemande Les tribus d’Europe. Une série post-apocalyptique classique qui s’adonne à se dérouler quelque part en Allemagne. Une série américaine, tournée dans la langue de Goethe.

J’ai regardé le film sud-coréen #Alive. Une histoire de zombies à la Walking Dead, mais avec des acteurs locaux. Je n’ai strictement rien appris de la culture sud-coréenne, j’ai seulement regardé un autre film de zombies.

Voilà ce qu’est pour moi l’effet Netflix. Un rouleau compresseur culturel d’une ampleur inégalée. Une machine à planter des histoires américaines aux quatre coins du monde, en les faisant passer pour des productions «internationales»…

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