Médias

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Facebook veut dépolitiser son fil d’actualité

Publié le 1er sept. 2021
Facebook veut dépolitiser son fil d’actualité

(Source: Christoph Scholz)

  • En février, Facebook avait lancé une expérience pour réduire la distribution de contenu politique dans le fil d’actualité de certains utilisateurs aux États-Unis, au Canada, au Brésil et en Indonésie.
  • Le média social affirme que cette expérience est concluante, qu’il étend maintenant son test à quatre autres pays, et qu’il souhaite l’étendre encore davantage par la suite.  

La plupart des utilisateurs de la plateforme ne veulent pas être inondés de contenu politique, selon ce qu’avait indiqué en février Mark Zuckerberg, grand patron de Facebook.

Aux États-Unis, Facebook évalue que le contenu politique occupe en moyenne 6% du fil d’actualité des utilisateurs. 

  • Cela peut paraitre peu élevé compte tenu des débats depuis plusieurs années sur le rôle de Facebook dans les élections. 
  • Mais, selon le média social, ses utilisateurs trouvent que c’est trop.

Pour modérer l’apparition de contenu politique, Facebook veut modifier son algorithme. 

  • Plutôt que de seulement privilégier les publications qu’un utilisateur a de fortes chances de commenter ou de partager; 
  • l’entreprise veut davantage tenir compte, dans la sélection du contenu de politique et d’actualité qu’elle propose, de la probabilité qu’un utilisateur se plaigne à Facebook d’être exposé à ce contenu. 

Ces modifications pourraient réduire le trafic vers les médias de nouvelles, a admis Facebook.

Félix Côté
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Passeport vaccinal compromis: le code QR est sécuritaire, assure le gouvernement

Publié le 27 août 2021
Passeport vaccinal compromis: le code QR est sécuritaire, assure le gouvernement

(Source: Ministère de la Santé du Québec)

  • Un pirate informatique a révélé hier avoir trouvé dans l’application VaxiCode une brèche qui permet à un utilisateur d’obtenir le passeport vaccinal d’autres personnes. Le pirate aurait réussi à obtenir des codes QR de plusieurs élus, dont celui du premier ministre François Legault.
  • Par communiqué, le ministère de la Santé et des Services sociaux a répliqué ce matin en affirmant que le code QR était sécuritaire, tout en indiquant qu’il y aurait enquête et que des accusations criminelles n’étaient pas exclues. 

Il aurait suffi au pirate informatique de retrouver sur le web et les médias sociaux des informations personnelles des élus ciblés, comme:

  • leur date de naissance;
  • la date de leur première vaccination contre la Covid-19; et
  • la marque du vaccin reçu.

(Pour obtenir le numéro d’assurance maladie, le pirate n’a eu qu’à deviner ses 2 derniers chiffres.)

Ces informations personnelles sont requises pour toute personne qui veut obtenir un code QR associé au passeport vaccinal. 

Réactions du ministère de la Santé suite au piratage :

  • Il a déposé des «plaintes formelles» à la police.
  • «Les contrevenants s’exposent à des sanctions importantes pouvant entraîner des poursuites civiles et criminelles», peut-on lire dans le communiqué publié ce matin. 
  • L’application VaxiCode demeure en «rodage», jusqu’à son entrée en vigueur le 1er septembre et, «si des améliorations doivent être faites, elles le seront.»
  • Le ministère rappelle qu’aucune autre information personnelle (données biométriques, données financières, etc.) que celles citées plus haut n’apparaît dans le passeport vaccinal. 

Éric Caire, ministre responsable de la Protection des renseignements personnels, assure que la majorité des Québécois n’ont rien à craindre.

  • En entrevue à Radio-Canada, il a souligné que les informations obtenues par le pirate informatique étaient celles de personnalités publiques, donc souvent publicisées dans les médias. 

Christian Dubé a rappelé sur Twitter que les personnes qui utilisent des informations sans le consentement des personnes s’exposent à des poursuites civiles ou criminelles.

À partir du 1er septembre, les codes QR générés par l’application VaxiCode serviront de passeport vaccinal partout au Québec.

  • Ce passeport sera demandé aux 13 ans et plus pour obtenir des services non essentiels partout dans la province.
  • Québec accordera toutefois un sursis de deux semaines pour permettre à tous de s’ajuster.

L’appli VaxiCode a déjà été téléchargée plus d’un million de fois depuis son apparition dans l’App Store d’Apple mercredi.

  • Elle doit bientôt devenir disponible sur Android.
Félix Côté
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RDS retrouve la rentabilité, mais les chaines télé de sports sont en déclin

Publié le 27 août 2021
RDS retrouve la rentabilité, mais les chaines télé de sports sont en déclin
  • La chaine sportive appartenant à Bell Média a généré un bénéfice avant intérêts et impôts de 8,4 millions $ pour des revenus de 138 millions $ lors de l’année de diffusion terminée en août 2020, selon les chiffres du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
  • L’année précédente, après plusieurs décennies de rentabilité, RDS avait déclaré un déficit de 161 000 $. 

RDS Info, la chaine d’information en continu de RDS, elle, a perdu 6,2 millions $ entre septembre 2019 et août 2020.

TVA Sports, la concurrente de RDS qui appartient à Québecor, est demeurée déficitaire depuis son lancement en 2011. 

  • La chaine a toutefois réduit son déficit: il est passé de 17 millions $ en 2018-2019 à 10 millions $ en 2019-2020. 

Mais la tendance à long terme est inquiétante: les deux chaines principales perdent beaucoup d’abonnés. 

  • RDS a perdu 264 000 abonnés (-11%) en 2019-2020 et 1 million (-32%) en 4 ans. 
  • TVA Sports a perdu 111 000 abonnés (-24%) en 2019-2020 et 500 000 (-24%) en 4 ans. 
Félix Côté
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Québecor domine encore largement les médias d’information au Québec

Publié le 22 juin 2021
Québecor domine encore largement les médias d’information au Québec

Sophie Thibault, cheffe d’antenne de TVA [photo: TVA]

  • La combinaison de TVA, de LCN, du Journal de Montréal et du Journal de Québec donne, dans les médias traditionnels, mais aussi dans les médias en ligne, une place prépondérante au groupe Québecor dans l’information des Québécois.
  • C’est un des enseignements de la dernière édition du Digital News Report, une étude internationale annuelle menée dans une cinquantaine de pays, dont le Canada, pour mesurer la façon dont les gens s’informent. 

L’étude est basée sur des sondages. Au Canada, un millier de francophones ont été interrogés entre la mi-janvier et la mi-février 2021 sur la façon dont ils utilisent des médias pour s’informer.

Voici les 5 marques média que les Canadiens francophones ont dit utiliser le plus souvent au moins une fois par semaine pour s’informer, groupées en deux catégories – médias traditionnels (hors Internet) et médias sur Internet:

Télévision, radio ou imprimé:

  1. TVA Nouvelles / LCN (Québecor): 62%
  2. Radio-Canada / RDI: 49%
  3. Journal de Montréal / de Québec (Québecor): 26%
  4. Nouvelles à la radio locale: 13%
  5. Journal local ou régional: 13%

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Médias en ligne:

  1. TVA Nouvelles (Québecor): 36%
  2. Radio-Canada: 34%
  3. La Presse: 29%
  4. Journal de Montréal / de Québec (Québecor): 24%
  5. MSN Actualités: 15%

La domination est moins forte en ligne, mais, dans l’ensemble des marques médias en ligne et hors ligne, celles de Québecor devancent assez largement Radio-Canada; puis, beaucoup plus loin, La Presse.

[Autre article tiré de la même étude: Les Canadiens moins éduqués et moins riches se sentent injustement traités dans les nouvelles]

[Détails sur l’étude dans le site du Centre d’études sur les médias, partenaire canadien de l’étude]

Patrick Pierra
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Les Canadiens moins éduqués et moins riches se sentent injustement traités dans les nouvelles

Publié le 22 juin 2021
Les Canadiens moins éduqués et moins riches se sentent injustement traités dans les nouvelles

[photo: Matt Chesin | Unsplash]

  • Les personnes dont le niveau d’éducation est le plus faible et celles dont les revenus sont les plus bas sont aussi les moins nombreuses à penser que les médias d’information couvrent leur réalité de façon «juste».
  • C’est un des enseignements de la dernière étude internationale Digital News Report du Reuters Institute, auquel a collaboré le Centre d’études sur les médias pour le volet canadien, et dont les résultats viennent tout juste d’être dévoilés.

Les résultats sont basés sur des sondages réalisés entre la mi-janvier et la mi-février 2021.

Confiance dans les nouvelles:

Les Canadiens francophones font généralement confiance à l’information qu’ils reçoivent.

  • 54% font confiance «à la plupart des nouvelles la plupart du temps».
  • C’est 10 points de plus que la moyenne mondiale (44%), et presque deux fois plus que les Américains, qui ont le degré de confiance dans les nouvelles le plus bas de tous les pays sondés (29%).

Cependant, les Canadiens francophones dont l’orientation politique est à droite sont beaucoup plus nombreux à être confiants dans les nouvelles (65%) que ceux qui se disent de gauche (44%). 

  • C’est l’inverse au Canada anglais: les répondants de gauche y font davantage confiance aux nouvelles que ceux de droite.

Une couverture juste?

Les Canadiens francophones les moins riches et les moins éduqués sont les moins satisfaits de la couverture que les médias font de leur groupe social.

  • 62% des ménages qui ont les revenus les plus élevés et 55% des répondants qui ont suivi des études postsecondaires jugent que les médias traitent leur groupe socio-économique de façon «juste».
  • Seulement 43% des ménages qui ont les revenus les moins élevés et des répondants dont la scolarité n’a pas dépassé le secondaire jugent que les médias traitent leur groupe socio-économique de façon juste.

Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à trouver que les médias d’information les traitent justement.

  • 54% des femmes francophones trouvent que leur traitement par les médias est juste; alors que 61% des hommes trouvent que leur traitement par les médias est juste. 

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La télévision est encore reine:

La télévision reste la source de nouvelles principale de la majorité de la population francophone canadienne, malgré la hausse des nouvelles en ligne.

  • 52% disent s’informer principalement à la télévision;
  • 21% dans les sites ou applications de nouvelles en ligne;
  • 16% dans les réseaux sociaux;
  • 5% à la radio; et
  • 4% dans les journaux ou magazines

Le Québec apparait, de ce point de vue, beaucoup plus traditionnel que le reste du Canada.

  • La télévision n’est plus la source principale de nouvelles que pour 40% des Canadiens anglophones, tandis que 52% utilisent principalement une source d’information numérique (sites, applis, ou réseaux sociaux).

[Autre article tiré de la même étude: Québecor domine encore largement les médias d’information au Québec]

[Détails sur l’étude dans le site du Centre d’études sur les médias, partenaire canadien de l’étude]

Patrick Pierra
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Loi sur la radiodiffusion: les députés fédéraux ont adopté le bâillon

Publié le 8 juin 2021
  • Les libéraux et les bloquistes ont fait adopter hier une motion d’attribution de temps pour accélérer l’étude du projet de loi C-10 en comité. Les conservateurs, les néo-démocrates et les verts ont voté contre.
  • Le Comité permanent du patrimoine canadien n’avait alors plus que cinq heures pour terminer l’étude du projet de loi, qui vise à soumettre les géants du web à la Loi sur la radiodiffusion. Il est toutefois peu probable que le projet soit adopté par la Chambre des communes et le Sénat avant la fin de la session parlementaire.

Ottawa utilisera le bâillon pour faire adopter sa loi sur la radiodiffusion

Publié le 4 juin 2021
Ottawa utilisera le bâillon pour faire adopter sa loi sur la radiodiffusion

Steven Guilbeault, Jagmeet Singh et Yves-François Blanchet (Source: Tout le monde en parle)

  • Le gouvernement Trudeau présentera aujourd’hui à la Chambre des communes une motion d’attribution de temps pour accélérer l’étude du projet de loi C-10, qui vise à soumettre les géants du web à la Loi sur la radiodiffusion.
  • Trois semaines avant la fin de la session parlementaire, le gouvernement fédéral veut mettre un terme aux obstructions du Parti conservateur qui retardent depuis des semaines l’adoption du texte. Le Bloc québécois et le NPD appuieront les libéraux. Mais il n’est pas sûr que le texte sera adopté par le Sénat avant la fin du mois. 

Twitter lance son service payant Twitter Blue en primeur au Canada et en Australie

Publié le 3 juin 2021
Twitter lance son service payant Twitter Blue en primeur au Canada et en Australie

(Source: Twitter)

  • L’entreprise veut tester son nouveau service dans ces deux pays, parce qu’elle juge que les marchés du Canada et de l’Australie sont matures et qu’on y retrouve une bonne diversité de «super utilisateurs» de Twitter.
  • Dès aujourd’hui, Twitter Blue offre plusieurs nouvelles fonctionnalités, qui selon Twitter, répondent à des besoins exprimés par ses super utilisateurs. 

Ce que permet Twitter Blue:

  • une fonction d’annulation accorde un délai de 30 secondes pour modifier son texte – par exemple pour corriger une faute de frappe – avant que le tweet s’affiche;
  • un dossier de signets permet d’enregistrer et d’organiser les tweets; 
  • un mode lecture affiche les discussions dans un format plus facile à lire; et
  • ses utilisateurs attendront moins longtemps pour obtenir de l’assistance.

Ces nouvelles fonctionnalités sont réservées à des abonnés payants. 

  • Le coût d’adhésion est de 3,49 $ par mois. 
  • L’inscription à Twitter Blue est déjà disponible, mais uniquement sur iOS. 

Le service devrait être prochainement disponible sur Android et dans d’autres pays, dont les États-Unis.  

Félix Côté
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Twitter veut vous parler de la pluie et du beau temps

Publié le 1er juin 2021
Twitter veut vous parler de la pluie et du beau temps

(Source: Twitter)

  • Twitter a lancé hier un service local de nouvelles météorologiques appelé Tomorrow. 
  • Nouveauté pour Twitter: c’est un service payant. L’abonnement au service coûte 10 $US par mois. 

Tomorrow donne accès à une infolettre et à du contenu exclusif. Il permet aussi à ses membres de poser des questions à des météorologues.

Le service est offert par un journaliste spécialisé dans le climat et la météo, et qui utilise comme plateformes les services de Twitter – notamment son service d’infolettres Revue.

  • Tomorrow emploie 18 météorologues professionnels locaux et pourrait employer ensuite une trentaine de rédacteurs.

Le service est déjà disponible dans 14 grandes villes des États-Unis, à Toronto et en République dominicaine.

Tomorrow devrait être étendu dans les 50 plus grands marchés nord-américains d’ici la fin de l’année. 

  • On ignore si Montréal en fera partie.
Félix Côté
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Tendances MÉDIAS

Émoji: assiste-t-on à l’émergence d’une langue universelle?

Publié le 28 mai 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Émoji: assiste-t-on à l’émergence d’une langue universelle?

[photo: Domingo Alvarez E | Unsplash]

  • Mercredi dernier, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité une motion, présentée par le Parti québécois, afin que le drapeau du Québec soit ajouté à la banque d’émojis.
  • Ce serait une façon de s’assurer que le Québec soit représenté dans cette collection de hiéroglyphes modernes qui contribue, 😕, à l’appauvrissement des langues locales… dont le français.

Le gouvernement du Québec ira donc plaider auprès du consortium Unicode, l’organisation sans but lucratif qui gère le standard Unicode (dont les émojis), afin que l’émoji drapeau du Québec soit créé, et ce, ⏩ «dans les plus bref délais» ⏩.

D’autres nations ou territoires qui ne sont pas des pays souverains, comme l’Écosse et le Texas, ont déjà leurs émojis. Pourquoi pas le Québec?

Tant qu’à y être, on devrait profiter de l’occasion pour suggérer d’autres émojis qui manquent cruellement à nos conversations en ligne: l’émoji poutine, l’émoji sirop d’érable et l’émoji cône orange. Ce serait vraiment 🤩.

Depuis la création des 176 premiers émojis en 1999, leur nombre a été multiplié par vingt. Aujourd’hui, il est possible de puiser dans une banque de 3353 pictogrammes pour ponctuer nos conversations en ligne.

À sa dernière mise à jour en septembre dernier (la version 13.1), la «langue émoji» s’est enrichie de 117 nouveaux petits dessins, la plupart afin d’inclure les couples gais, mixtes ou les différentes identités de genres.

En raison de la pandémie de 😷, la prochaine mise à jour de la banque d’émojis par le consortium Unicode (la version 14.0) a été repoussée. La période pour proposer de nouveaux émojis est ouverte depuis le 15 avril, et les propositions seront acceptées jusqu’au 31 août.

Au terme d’un laborieux processus de sélection, c’est en janvier 2022 que nous pourrions donc avoir la possibilité d’envoyer un drapeau du Québec par texto à nos amis.


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L’émergence d’une langue mondiale:

Plus de 90% des utilisateurs de médias sociaux auraient aujourd’hui recours aux émojis; plus de 5 milliards seraient échangés chaque jour.

Ces hiéroglyphes du XXIe siècle s’imposent de plus en plus comme une forme de communication universelle. Du Japon au Togo, tout le monde comprend 😀.

Les émojis nous permettent de gagner en efficacité (pourquoi perdre de précieuses secondes de sa vie à écrire «Je suis en train de faire du vélo» quand on peut écrire 🚴?), mais nous permettent surtout d’ajouter des émotions à nos courriels sans avoir à manier la prose comme Victor Hugo (un sarcasme accompagné d’un 😉 évitera les malentendus).

La langue émoji a même ses métaphores: qui aurait cru qu’une simple aubergine 🍆 aurait un jour une connotation «18 ans et plus»?


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L’émoji n’est pas (pour l’instant) une langue très riche. J’ai lu des histoires classiques pour enfants traduites en émojis, et franchement, même si on dit qu’une image vaut mille mots, on perd quand même certaines nuances…

Il n’en demeure pas moins que les émojis occupent une place grandissante dans nos conversations. Or, chaque fois qu’un émoji est appelé en renfort, c’est un mot de notre langue locale qui reste sur le banc. Et les mots qu’on ne se donne plus la peine d’utiliser finissent par disparaître.⚰️

Ce n’est pas encore un enjeu, mais imaginons le monde dans 20, 30 ou 50 ans. Si l’on continue à remplacer la langue écrite par des pictogrammes, j’ose à peine imaginer quel genre de français on parlera au Québec.

Heureusement, on aura peut-être un fleurdelysé émoji à agiter le 24 juin 😉.

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Facebook va commencer à rémunérer des médias canadiens dans le cadre d’un projet-pilote

Publié le 25 mai 2021
  • Facebook a passé des ententes avec plusieurs médias canadiens dans le cadre de son «News Innovation Test», qui vise à expérimenter une manière de rémunérer le contenu journalistique publié sur sa plateforme.
  • Les 14 Médias impliqués incluent, au Québec, les quotidiens Le Devoir, Le SoleilLe NouvellisteLa TribuneLa Voix de l’EstLe Droit et Le Quotidien. Ils ne seront pas rémunérés pour le contenu qu’ils partagent, comme actuellement, sur leur page Facebook, mais uniquement pour du contenu qu’ils publieront dans des sections thématiques gérées par Facebook.

Tendances MÉDIAS

Instagram pour enfants: la dernière mauvaise idée de Facebook

Publié le 21 mai 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Instagram pour enfants: la dernière mauvaise idée de Facebook

[photo: McKaela Taylor | Unsplash]

  • Facebook serait en train de plancher sur une version d’Instagram pour les enfants, selon des documents internes obtenus par Buzzfeed News il y a quelques semaines.
  • Il n’en fallait pas plus pour qu’une levée de boucliers s’organise. Qui veut d’un Instagram pour les moins de 13 ans? Pas grand-monde, apparemment.

Les critiques fusent:

En apprenant l’existence du projet, de nombreux regroupements de parents ou de protection des enfants n’ont pas tardé à agiter le drapeau rouge.

Aux États-Unis, deux sénateurs et deux représentants démocrates ont officiellement demandé à Facebook de mettre au rancart son projet de lancer une version d’Instagram pour les moins de 13 ans.

Ces élus ont ainsi ajouté leurs voix à celles de 44 procureurs généraux américains qui ont signé, le 10 mai, une lettre adressée à Mark Zuckerberg.

  • Celle-ci [pdf] réclamait aussi l’abandon du projet, en soulignant qu’historiquement «Facebook a échoué à protéger le bien-être des enfants sur ses plateformes». Ce qui est rigoureusement vrai.

De son côté, l’organisme Campaign for a Commercial-Free Childhood (CCFC), de Boston, ralliait à sa cause pas moins de 100 experts, organisations et défenseurs des enfants.

  • Dans sa lettre adressée à Zuckerberg, le CCFC martèle le message qu’elle répète depuis des années: les enfants ont besoin de jouer, d’apprendre et de socialiser avec de vraies personnes – pas par le biais d’une appli qui se concentre sur l’apparence et les concours de popularité.

Ce que nous savons du projet:

Un porte-parole de Facebook a confirmé qu’un Instagram pour enfants est bel et bien sur la table à dessin.

Mais on en sait très peu sur le projet.

  • Facebook promet que cette plateforme pour prépubères sera encadrée par un contrôle parental.
  • On apprend aussi que l’intelligence artificielle sera bientôt mise à contribution pour vérifier l’âge des utilisateurs.

Il était temps.

Car les médias sociaux et les services de messagerie en ligne sont interdits aux moins de 13 ans en vertu d’une loi fédérale américaine en vigueur depuis 1998, la Children’s Online Privacy Protection Act.

Mais dans les faits, contourner la loi est, littéralement, un jeu d’enfant.

  • Il suffit de mentir sur son année de naissance au moment de créer un compte dans Facebook, TikTok, Instagram, etc.

Combien d’enfants de moins de 13 ans vadrouillent dans les médias sociaux en se faisant passer pour plus vieux que leur âge? Sans doute des millions.


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À la recherche d’une bonne raison:

Alors que j’essaie de trouver un argument en faveur d’un Instagram pour enfants, il me vient en tête un épisode vécu par mon épouse, qui travaille en direction dans une école primaire.

Il y a quelques mois, son école a dû gérer le cas d’un garçon de 6e année qui s’est retrouvé avec un «public» d’environ 1500 personnes sur Instagram, intéressées par ses vidéos de type «Es-tu game de…».

Parmi son public, des ados d’une école secondaire voisine ont commencé à le menacer: qu’il se rase les sourcils.

Les ados ont même indiqué qu’ils allaient l’attendre à la sortie de son école pour vérifier qu’il l’avait bien fait, sinon…

Bref, la police a dû intervenir.

Ce genre d’histoires débiles ne sont plus des anecdotes: elles sont quotidiennes.


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Les enfants n’ont rien à faire sur les médias sociaux:

Depuis plus d’un an maintenant, les enfants du Québec se sont retrouvés sur Teams ou sur Google Classroom pour suivre leurs cours en ligne lorsque les classes étaient fermées.

Pour mes filles, c’était nouveau.

Et ce ne fut pas glorieux.

En quelques mois, j’ai dû gérer une situation d’intimidation et une peine d’amour, en plus d’avoir à signaler à l’enseignante la présence d’un message quasi suicidaire d’une élève de la classe de ma plus grande.

Or, nous parlons ici d’une plateforme de travail collaboratif utilisée dans un cadre scolaire et accessible à tous les parents.

Et je ne suis pas le seul, comme j’ai pu le confirmer auprès de mes collègues. On m’a raconté des cas de cyberintimidation; et même celui d’un garçon de 9 ans qui avait envoyé des photos intimes à son «amoureux» sur Messenger Kids.

9 ans.

Vous me permettrez donc de douter ÉNORMÉMENT de la pertinence d’un Instagram pour enfants. Pour moi, c’est non.

Moins de médias sociaux, pas plus:

On commence à peine à documenter les retombées négatives des médias sociaux. Il ne se passe pas une semaine sans que soit publiée une nouvelle étude sur la désinformation en ligne, la polarisation causée par les algorithmes des médias sociaux, la haine et le racisme sur Twitter, l’estime de soi minée par Instagram, le harcèlement et la cyberintimidation.

En tant que société, la dernière chose dont nous avons besoin, c’est d’une autre plateforme sur laquelle nos enfants iront perdre leurs plus belles années.

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