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Canicules et incendies: doit-on maintenant parler d’urgence climatique?

Publié le 4 juil 2021
Canicules et incendies: doit-on maintenant parler d’urgence climatique?

(Source: Pixabay)

  • Avec les records de chaleur qui déclenchent des incendies, serait-il temps de reconsidérer au Québec la proposition – signée par 14 000 scientifiques l’an dernier – d’utiliser l’expression «urgence climatique»?
  • Plusieurs médias ont d’ailleurs intégré cette année cette expression dans leurs normes éditoriales, en alléguant que la définition même d’une «urgence» est «une situation grave qui nécessite une action immédiate».

La semaine dernière, une vague de chaleur a provoqué des centaines de morts dans l’ouest américain et elle s’est étendue jusqu’au nord de la frontière canadienne.

  • L’un des chercheurs interrogés a parlé «d’une des vagues de chaleur les plus extrêmes que nous ayons vues sur Terre depuis de nombreuses années, en termes de variation par rapport aux conditions habituelles».

Le phénomène de «dôme de chaleur» n’est pas inhabituel, mais la puissance et la durée de la dernière vague chaleur la placent dans une catégorie à part.

  • Le village de Lytton, en Colombie-Britannique, a battu trois records de chaleur pendant trois jours d’affilée, avant d’être ravagé par un incendie.

Cela ne devrait pas surprendre:

  • La température moyenne de la planète a gagné environ 1°C depuis un siècle: il est donc inévitable que des records soient battus. 
  • Bien avant la science des climats, la physique enseignait que tout «système» possède ses seuils de transition et de non-retour: les systèmes climatiques de la Terre ont donc des seuils au-delà desquels les changements s’accélèrent, voire deviennent irréversibles.

Le monde entier s’est étonné que le Canada puisse approcher les 49°C.

Mais certaines régions du monde dépassent les 50°C chaque été:

  • 51°C pour la ville de Phalodi, en Inde – un record national de chaleur atteint en 2016;
  • 52°C pour Jeddah, en Arabie Saoudite, et Mexicali, au Mexique; 
  • 54°C pour Ahvaz, en Iran, et Basra, en Iraq; et
  • 54,4°C dans la Vallée de la mort, en Californie.

Le corps humain peut survivre jusqu’à 35°C avec 80% d’humidité – soit une température ressentie de 53°C.

  • Au-delà, notre corps ne peut survivre que quelques heures au soleil.
  • Cette limite est définie par notre métabolisme: quand on a chaud, on transpire et l’évaporation de notre sueur permet de refroidir notre peau.
  • Or, un taux d’humidité trop élevé empêche cette évaporation et notre corps ne peut plus évacuer la chaleur: en surchauffe, les organes défaillent et entrainent la mort. 

Le nombre de décès causés par ces canicules est l’un des arguments utilisés par ceux qui réclament de passer à l’expression «urgence climatique».

Dans les dernières décennies, les records de chaleur ont été systématiquement plus nombreux que les records de froid.

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La Covid-19 issue d’une fuite d’un labo: que sait-on sur cette théorie?

Publié le 27 juin 2021
La Covid-19 issue d’une fuite d’un labo: que sait-on sur cette théorie?

(Source: Pixabay)

  • Ces dernières semaines, l’hypothèse selon laquelle le coronavirus se serait «échappé» d’un laboratoire en Chine a fait son retour dans l’actualité.
  • Les différents scénarios envisagés ne sont pas impossibles, mais il n’y a pour l’instant aucune preuve documentée pour les appuyer.

L’hypothèse la plus plausible, pour la plupart des chercheurs en maladies infectieuses, est que le virus aurait été transmis d’une chauve-souris à un humain par l’intermédiaire d’un autre animal.

  • C’était le cas pour le virus responsable du sida, le virus Ebola et le Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras).
  • L’animal qui aurait permis au virus de la Covid-19 de passer de la chauve-souris à l’humain n’a toutefois pas encore été identifié. 

Les scénarios d’une fuite supposent que des chercheurs conservent un virus en laboratoire pour l’étudier et mieux comprendre comment il se propage.

  • Ces recherches visent à anticiper d’éventuelles mutations naturelles, et à étudier leur mode d’infection dans des laboratoires sécurisés. 

Une fuite accidentelle? 

  • Une personne qui travaille dans le laboratoire pourrait avoir été accidentellement infectée par le virus.
  • Elle l’aurait alors transmis dans sa communauté, ce qui aurait déclenché la pandémie.

Il y a déjà eu des fuites, mais elles n’ont provoqué que de petites épidémies.

  • En 2004, deux chercheurs ont été infectés par le virus qui cause le Sras dans un laboratoire de virologie à Pékin.
  • Ils n’ont infecté que sept autres personnes avant que l’épidémie ne soit contenue.

Une manipulation génétique? 

Certains partisans de la théorie de la fuite soutiennent que le virus contient des caractéristiques inhabituelles et des séquences génétiques indiquant qu’il a été «fabriqué» ou manipulé par l’homme.

  • Pourtant, ces caractéristiques sont présentes dans d’autres coronavirus.
  • Cela prouve qu’elles peuvent apparaître naturellement.

L’enquête sur l’origine de la Covid-19 pourrait prendre des années:

  • Il a fallu 14 ans pour déterminer que l’épidémie de Sras de 2002-2003 s’est très probablement propagée des chauves-souris aux humains par l’intermédiaire d’une civette masquée – un petit mammifère carnivore d’Asie du Sud-Est, qui est vendu comme nourriture dans le sud de la Chine.
  • À ce jour, le virus Ebola n’a encore jamais été isolé chez un animal.


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Détecteur de rumeurs

Comment les courriels du Dr Anthony Fauci ont généré un scandale

Publié le 20 juin 2021
Comment les courriels du Dr Anthony Fauci ont généré un scandale

Le Dr Anthony Fauci (Source: Flickr)

  • Le célèbre infectiologue américain Anthony Fauci a été accusé d’avoir reconnu, dans des courriels, que le coronavirus avait été fabriqué dans un laboratoire chinois, que l’hydroxychloroquine était efficace contre la Covid-19, et que des millions d’Américains seraient morts à cause de sa propre inaction.
  • En fait, ces courriels ont été obtenus par des médias américains en vertu de la loi d’accès à l’information, et ils ne contiennent rien de scandaleux. 

Au début du mois, plus de 3000 courriels datés de janvier à juin 2020 du Dr Anthony Fauci, à la tête de l’agence fédérale qui lutte contre les maladies infectieuses, ont fait l’objet de reportages de BuzzFeed, du Washington Post et de CNN. 

  • Aucun de ces reportages n’accusait le Dr Fauci de quoi que ce soit.

Quelques heures plus tard, les mots-clics #FauciLeaks et #FauciGate se sont pourtant retrouvés parmi les plus populaires sur Twitter.

  • En parallèle, sont apparues sur les réseaux sociaux toutes sortes de théories sur des complots dont ces courriels auraient supposément confirmé l’existence. 

Ces courriels ne contiennent aucune déclaration incriminante du Dr Fauci.

Sur l’hydroxychloroquine, Fauci a répondu en mars 2020 au président du conseil scientifique français qu’il n’avait, lui non plus, aucune donnée clinique solide pour déterminer l’efficacité du médicament.

  • Et ce, malgré la «forte pression» de l’ancien président Donald Trump qui venait de vanter les bénéfices du «traitement» quelques jours plus tôt.

Sur le laboratoire chinois, un des courriels qui a le plus attiré l’attention n’était pas du Dr Fauci, mais de Kristian G. Andersen, un spécialiste de l’évolution des virus au Scripps Research Institute.

  • En janvier 2020, le biologiste a écrit à Fauci que la question de l’origine du virus était difficile à trancher, mais que ses collègues et lui considéraient que certaines parties du génome «ne semblaient pas cohérentes avec ce qu’on attend de l’évolution [naturelle]».
  • Mais, six semaines plus tard, Andersen et son équipe ont écarté l’hypothèse d’une manipulation en laboratoire. 

Les sources de ces rumeurs sont associées au parti républicain, voire à l’extrême droite américaine.

  • Le site Gateway Pundit a accusé Fauci d’être responsable de «millions de morts».
  • L’animateur de Fox News Tucker Carlson a réclamé une «enquête criminelle».
  • Et, selon le site Vox, de nombreux républicains pro-Trump en ont profité pour accuser Fauci juste au moment où ils lançaient leur campagne de financement.


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Le variant Delta peut-il retarder le déconfinement?

Publié le 6 juin 2021
Le variant Delta peut-il retarder le déconfinement?

(Source: Pixabay)

  • La menace d’une nouvelle vague d’infections à la Covid-19 recule dans les pays riches.
  • Mais la croissance, un peu partout dans le monde, du variant Delta – identifié en Inde – pourrait provoquer une nouvelle vague et retarder le déconfinement dans plusieurs pays. 

Le variant Delta est maintenant dominant dans plusieurs pays.

  • Au Japon, le variant identifié en Inde, qui doit son nom à une nouvelle nomenclature de l’OMS, a causé une nouvelle vague d’infections et le récent prolongement jusqu’au 20 juin de l’état d’urgence sanitaire.
  • En Chine, des quartiers complets de la métropole de Canton sont à nouveau confinés: les habitants ne peuvent pas en sortir sans présenter un test de dépistage.

En Angleterre, le nombre de cas liés au variant Delta augmente si vite que des rumeurs d’un report de la fin du confinement circulent depuis la semaine dernière.

  • Ce variant représente désormais la moitié des nouveaux cas quotidiens du pays. 

Les vaccins seraient légèrement moins efficaces contre ce variant.

  • Et une légère baisse d’efficacité peut faire une grande différence, si des dizaines de millions de personnes vaccinées sont exposées au variant. 

Delta serait surtout plus contagieux que les variants identifiés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.

  • Or, une transmissibilité plus élevée hausse le seuil de vaccination à partir duquel on peut parler d’immunité collective.
  • Pour cette raison, certains pensent désormais que l’immunité collective ne serait atteinte qu’après avoir vacciné 80% des personnes, plutôt que 75%.

Résultat: même dans un pays avec un haut taux de vaccination, le scénario d’une nouvelle vague n’est pas encore exclu.

Au Canada, 60% de la population a reçu au moins une dose de vaccin.

  • Mais seulement 6% ont reçu deux doses. 
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Comment le démantèlement des navires échappe aux règlements environnementaux

Publié le 30 mai 2021
Comment le démantèlement des navires échappe aux règlements environnementaux

(Source: Wikipédia)

  • Selon une étude récente, le nombre de navires enregistrés dans un pays autre que celui où ils sont basés, et qui utilisent donc un «pavillon de complaisance», a bondi depuis 10 ans.
  • Dans la marine, cette stratégie est utilisée depuis longtemps pour payer moins d’impôt ou échapper à des règles coûteuses en matière de sécurité. Il permet aussi d’éviter des réglementations environnementales lorsque le navire doit être démantelé.

Le démantèlement d’un navire a de lourdes conséquences pour l’environnement.

  • L’amiante, les métaux lourds et les huiles sont toxiques.

Des règles environnementales obligent les navires enregistrés dans l’Union européenne à recycler leurs composants au moment de leur démolition.

Mais un pavillon de complaisance permet aux propriétaires de navires d’échapper à ces règles.

  • Entre 2014 et 2018, 80% des navires porteurs d’un «pavillon de complaisance» ont été démolis dans seulement trois pays: le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan.
  • En plus des règles environnementales laxistes de certains pays, les compagnies maritimes profitent également des lois du travail locales qui ne protègent presque pas les ouvriers chargés des démantèlements.

Or, le pavillon de complaisance serait devenu la pratique par défaut.

  • Dans une étude parue récemment dans la revue Marine Policy, trois chercheurs chinois et un chercheur américain spécialisés en transports et gestion montrent que de plus en plus de navires sont enregistrés dans un pays autre que le leur.
  • Selon les auteurs de l’étude, en 2019, 96% des propriétaires européens auraient fait enregistrer leurs navires dans un autre pays.

Les traités internationaux sont «inefficaces».

  • Les traités qui visent à prévenir le transport de matières dangereuses des pays riches vers des pays plus pauvres sont «inefficaces», concluent les chercheurs.
  • Cette situation est une «injustice environnementale»: les conséquences sont ressenties plus durement dans les pays qui sont le moins équipés pour les combattre. 
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Le nombre d’oiseaux aurait fondu depuis vingt ans

Publié le 24 mai 2021
Le nombre d’oiseaux aurait fondu depuis vingt ans

Des moineaux (Source: Pixabay)

  • D’après une estimation récente – la plus complète en 24 ans, il y aurait 50 milliards d’oiseaux sauvages sur la planète. Seulement quatre espèces dépassent le milliard d’individus. 
  • Lors du précédent «recensement» en 1997, les scientifiques estimaient qu’il y avait entre 4 et 8 fois plus d’oiseaux non-domestiqués. Mais il semble maintenant que les chiffres d’alors avaient été surestimés.

50 milliards d’oiseaux et quatre espèces dominantes

En excluant les oiseaux domestiqués, seules quatre espèces dépassent le milliard d’individus:

  • le moineau;
  • l’étourneau sansonnet;
  • le goéland à bec cerclé; et
  • l’hirondelle rustique.

De nombreuses espèces en danger

Le nouveau «recensement» mondial d’oiseaux révèle surtout qu’un grand nombre d’espèces comptent très peu d’individus.

  • Sur près de 10 000 espèces, 1180 espèces comptent moins de 5000 individus. 

Une nouvelle méthode d’estimation

Ces récents calculs s’appuient sur:

  • les données déposées par des citoyens dans la base de données eBird; et
  • des études approfondies effectuées sur plus de 700 espèces.

Le croisement de données apporte une plus grande fiabilité à leur modèle, croient les chercheurs.

Il comporte toutefois des faiblesses:

  • Il y a beaucoup plus d’ornithologues amateurs dans les pays du Nord que dans les pays du Sud, du moins parmi ceux qui rapportent leurs observations dans une base de données.
  • La valeur des extrapolations est plus incertaine pour les espèces pour lesquelles on n’a qu’un tout petit nombre d’observations.

La nouvelle estimation est toutefois importante pour les biologistes et les environnementalistes préoccupés par la conservation des écosystèmes. 

Un nombre surestimé en 1997

Selon la précédente estimation, on recensait entre 200 et 400 milliards d’oiseaux non-domestiqués.

Les chercheurs pensent aujourd’hui que ces chiffres auraient été surestimés.

  • Les scientifiques s’appuient désormais sur des méthodes qui permettent d’obtenir des résultats plus précis. 

Mais l’écart entre les deux estimations est assez grand pour qu’il reflète aussi un réel déclin des populations d’oiseaux dans les dernières décennies.





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Les boissons énergisantes rendent-elles les jeunes hyperactifs?

Publié le 16 mai 2021
Les boissons énergisantes rendent-elles les jeunes hyperactifs?

(Source: Observatoire de la prévention)

  • Certains parents et enseignants pensent que ces boissons transforment les jeunes en boules d’énergie incapables de se concentrer en classe.
  • Chez les moins de 18 ans, les boissons énergisantes peuvent effectivement provoquer des maux de tête, des palpitations, de l’insomnie et des comportements à risque. Mais les chercheurs ont encore peu étudié l’impact de ces boissons sur l’hyperactivité.

Augmentation des symptômes d’hyperactivité et d’inattention chez les adolescents, consommation accrue d’alcool, comportements à risque: ce sont là des phénomènes associés à la consommation de boissons énergisantes, selon plusieurs articles scientifiques publiés entre 2010 et 2016. 

Symptômes d’hyperactivité chez les ados:

L’Université américaine de Yale a étudié la consommation quotidienne de boissons énergisantes par des élèves de 11 à 14 ans.

  • Le risque d’hyperactivité et d’inattention augmentait de 14% pour chaque boisson énergisante consommée en une journée.
  • Les enfants qui buvaient ces boissons étaient 66% plus à risque de présenter des symptômes du trouble de déficit de l’attention (avec ou sans hyperactivité / TDAH).

Ces boissons sont très sucrées.

  • Les études ne font pas consensus sur un lien entre la consommation de boissons sucrées et le risque de TDAH.
  • On sait néanmoins que le sucre a des effets néfastes sur la santé. Il favorise notamment le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires.

Elles contiennent de la caféine.

  • La caféine est un stimulant: sa présence dans les boissons énergisantes pourrait être le facteur clef derrière l’hyperactivité.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pointé de nombreux symptômes associés à une consommation élevée de caféine; mais elle n’a pas mentionné l’hyperactivité.

La caféine des boissons énergisantes pourrait de plus accentuer les effets secondaires cardiovasculaires des médicaments que prennent les enfants atteints de TDAH, rapporte la Société canadienne de pédiatrie.

  • Elle déconseille d’ailleurs ces boissons aux enfants et aux adolescents.

Elles causent des effets indésirables.

L’Université de Waterloo, en Ontario, a mené une enquête auprès de Canadiens de 12 à 24 ans.

  • 55% des consommateurs de boissons énergisantes ont déclaré avoir subi au moins un effet indésirable.
  • Effets notés: augmentation du rythme cardiaque; difficultés à dormir; maux de tête; nausées et vomissements; douleurs thoraciques.

Conclusion:

  • Le sucre et la caféine contenus dans ces boissons sont deux ingrédients susceptibles de contribuer à l’hyperactivité.
  • Mais très peu de données permettent de confirmer qu’ils y contribuent effectivement, et que les boissons énergisantes causent l’hyperactivité.


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Levée des brevets sur les vaccins: que va-t-il se passer?

Publié le 9 mai 2021
Levée des brevets sur les vaccins: que va-t-il se passer?

(Source: Pixabay)

  • Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière qu’ils approuvent la suspension des brevets des vaccins anti-Covid. La nouvelle a été applaudie par les experts en santé publique et tous ceux qui jugent que c’est la solution la plus prometteuse pour lutter contre la pandémie à l’échelle mondiale.
  • Mais la décision de la Maison-Blanche n’est que le premier pas d’un long processus. Elle pourrait aussi n’être qu’une belle annonce, parce que la décision de lever les brevets ne dépend pas que de Washington. Les 164 pays de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) doivent se mettre d’accord.  

Les capacités de production des usines associées aux fabricants de la demi-douzaine de vaccins qui ont été approuvés sont limitées.

Comme les règles internationales sur le commerce empêchent d’autres intervenants que le détenteur du brevet de produire un médicament breveté, des pays comme l’Inde et l’Afrique du Sud ont demandé en octobre dernier à l’OMC que cet interdit soit levé, pour permettre à d’autres pays d’en fabriquer des copies. 

  • Quelque 60 pays les appuient aujourd’hui.

Jusqu’ici les États-Unis, l’Union européenne, la Grande-Bretagne et le Japon y étaient opposés. 

  • Mais le président Joe Biden a officiellement donné son accord mercredi dernier.  

Le problème serait donc en voie d’être réglé?

Pas vraiment, puisqu’il faut encore obtenir l’unanimité des 164 pays de l’OMC pour modifier les règles sur ce qu’on appelle la «propriété intellectuelle».

L’Union européenne est divisée sur la question.

  • Le président français y est favorable, tandis que l’Allemagne s’y oppose, en alléguant que «la protection de la propriété intellectuelle est source d’innovations».

Au Canada, la ministre du Commerce international Mary Ng s’est contentée de dire qu’Ottawa est prêt à discuter de la suspension des brevets.

  • À la Chambre des communes, les libéraux ont bloqué la semaine dernière une motion demandant au gouvernement fédéral d’appuyer leur suspension. 

Par ailleurs, le problème de production n’est pas aussi simple.  Les usines de produits pharmaceutiques ne possèdent pas toutes l’équipement et l’expertise nécessaires pour produire un vaccin.

  • Le vaccin de Pfizer est fait de 280 composés provenant de 86 fournisseurs situés dans 19 pays.

Une éventuelle levée des brevets devra donc s’accompagner d’une forme de «transfert de technologie», ce qui nécessitera de forcer la main des compagnies pharmaceutiques.

  • Moderna s’y était montrée ouverte l’automne dernier.
  • Mais l’association américaine des fabricants a déjà fait savoir son mécontentement face à l’annonce de Biden.



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La vaccination des travailleurs de la santé a un impact sur les décès en CHSLD

Publié le 2 mai 2021
La vaccination des travailleurs de la santé a un impact sur les décès en CHSLD

(Source: Pixabay)

  • Les travailleurs de la santé qui refusent de se faire vacciner contribuent aux décès des personnes âgées. C’est la récente conclusion des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis.
  • Au Québec, une éclosion de Covid-19 a eu lieu fin février dans un CHSLD de l’Outaouais, où seulement 40% des travailleurs avaient été vaccinés.

Aux États-Unis, une éclosion importante s’est produite en février dans une résidence pour personnes âgées du Kentucky.

  • Sur les 83 résidents, 90% avaient reçu leurs deux doses de vaccin en janvier et février.
  • Mais c’était le cas de seulement 53% des 116 membres du personnel.

Les premières infections se sont produites moins de deux semaines après la vaccination.

  • Or, il faut au moins deux semaines pour que le vaccin soit «efficace».

Mais, selon le rapport des CDC, on peut faire un lien entre l’ampleur de l’éclosion et le nombre élevé de gens non vaccinés, qui ont permis au virus de se répandre plus facilement.

De plus, le premier cas de contamination a été détecté chez l’un des travailleurs non vaccinés, qui était asymptomatique.

À cause de cette éclosion:

  • trois résidents sont décédés, dont un qui avait été vacciné;
  • quatre cas de réinfections ont été enregistrés, dont un cas qui a conduit au décès d’un résident qui avait été infecté pour la première fois il y a 10 mois.

Au Québec, lors de l’éclosion dans le CHSLD Louis-Émond, en Outaouais:

  • 96% des résidents avaient reçu une première dose de vaccin;
  • mais c’était le cas de seulement 41% des membres du personnel de santé. 

La moyenne québécoise pour les travailleurs de la santé était alors d’environ 75% de personnes vaccinées.

Début avril, le gouvernement Legault a publié un arrêté ministériel pour obliger les travailleurs de la santé en contact avec des patients à se faire vacciner.

  • Les employés incapables de fournir une preuve de vaccination doivent désormais se faire dépister trois fois par semaine. 
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Est-ce que les éoliennes tuent beaucoup d’oiseaux?

Publié le 25 avr. 2021
Est-ce que les éoliennes tuent beaucoup d’oiseaux?

(Source: Pixabay)

  • Les turbines des éoliennes tuent en moyenne 230 000 oiseaux par an aux États-Unis. Cela représente 1 sur 14 000 morts «accidentelles» d’oiseaux.
  • Selon l’agence américaine Fish and Wildlife Service, les plus grands tueurs d’oiseaux sont les chats.

L’idée que les éoliennes sont de grandes tueuses d’oiseaux revient de façon récurrente depuis des années.

Les éoliennes ne sont pourtant pas leur plus grande menace.

  • Aux États-Unis, les félins tuent en moyenne 2,4 milliards d’oiseaux chaque année.
  • Ils sont donc responsables de près de 3 morts d’oiseaux sur 4.

Cette estimation provient d’une étude parue dans la revue Nature en 2013.

  • Les auteurs se sont penchés sur l’impact des chats domestiques (ce qui inclut les chats errants) sur la faune aux États-Unis.
  • Selon leurs recherches, les chats revenus à l’état sauvage, après un abandon par exemple, sont ceux qui tuent le plus: ils sont responsables d’environ 70% des morts.

Parmi les activités humaines, les fenêtres en verre sont de loin les plus meurtrières.

  • Les fenêtres des bâtiments tuent près de 600 millions d’oiseaux par an.
  • Loin devant les véhicules et le poison, qui sont respectivement responsables d’environ 215 millions et 72 millions de morts chaque année.

Au Canada, des chercheurs d’Environnement Canada sont arrivés en 2013 à une conclusion similaire.

  • Chaque année 70% des morts accidentelles d’oiseaux – 196 millions – sont causées par des chats.
  • 25% des autres morts sont causées par des collisions avec des fenêtres de bâtiments, des véhicules et des lignes électriques.

Les éoliennes tuent en moyenne 16 700 oiseaux par an au Canada, soit 1 mort accidentelle sur 16 000.

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Les études scientifiques le confirment: l’hydroxychloroquine ne protège pas contre la Covid-19, au contraire

Publié le 18 avr. 2021
Les études scientifiques le confirment: l’hydroxychloroquine ne protège pas contre la Covid-19, au contraire

(Source: Wikimedia)

  • Des chercheurs de l’Université Stanford ont fait la synthèse de près de 150 études.
  • Résultat: «le traitement avec l’hydroxychloroquine (HCQ) est associé à une mortalité accrue, et [il ne donne] aucun bénéfice».

Dans leur méta-analyse, publiée jeudi dernier dans la revue Nature Communications, les trois auteurs de l’université californienne couvrent principalement des études publiées, mais ils incluent aussi des études qui n’ont pas été révisées par des pairs. 

  • Pour les études non publiées, les chercheurs prennent en considération le fait que certaines des expériences ont été interrompues au printemps 2020, lorsqu’il est devenu clair que ce médicament n’apportait pas plus de bénéfices qu’un placebo.

La Covid-19 a provoqué un déluge sans précédent de recherches sur de possibles traitements.

  • Rien que dans le premier trimestre de 2020, près de 700 études cliniques ont été recensées pour des médicaments potentiels testés sur des humains.
  • Mais beaucoup d’études se sont poursuivies au-delà du premier trimestre, ou ont même été lancées plus tardivement l’année dernière.

Un traitement sur cinq ciblait l’HCQ ou la chloroquine.

  • Ce n’est donc pas étonnant qu’on ait pu voir rapidement se dégager la conclusion qu’il s’agissait d’une fausse piste.

En conclusion, les chercheurs américains révèlent que 14% des patients traités avec de l’HCQ sont décédés.

  • Lorsqu’on tient compte des tailles et des différences entre les groupes, ce taux de décès est légèrement supérieur à celui enregistrée dans les «groupes contrôles» – soit les patients qui ont reçu un placebo lors des essais cliniques.
  • Précision: la majorité des études ont évalué l’HCQ sur des patients hospitalisés, mais le traitement a également été testé sur des personnes sans symptômes.

L’intérêt principal de cette méta-analyse, selon les chercheurs, ne réside toutefois pas dans ce pourcentage de décès, mais dans l’effort d’être allé chercher des résultats non publiés.

  • En recherche, la tendance à moins publier des résultats négatifs introduit un biais: lorsqu’une étude montre qu’un médicament ne fonctionne pas, on en entend moins parler.
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Vaccins sur les réseaux sociaux: la mort fait cliquer

Publié le 5 avr. 2021
Vaccins sur les réseaux sociaux: la mort fait cliquer

(Source: Pixabay)

  • Selon la radio publique américaine NPR, près d’un jour sur deux, c’est «une histoire sur quelqu’un qui meurt après avoir reçu un vaccin» qui a été parmi les articles les plus populaires sur les réseaux sociaux.
  • Au point d’introduire une distorsion: une personne qui s’informe dans les médias sociaux pourrait avoir l’impression que quelque chose de dramatique est en train de se passer. Or, selon les données des autorités sanitaires américaines, on a trois fois plus de chances d’être frappé par la foudre, souligne NPR. 

La compilation réalisée par NPR (en anglais) rappelle une dimension fondamentale de la désinformation: ce n’est pas juste l’information fausse qui est importante, c’est aussi sa dissémination et sa répétition.

En l’occurrence, l’information de départ peut même ne pas être entièrement fausse.

  • La personne est effectivement décédée peu de temps après avoir été vaccinée. 

Mais rien ne permet d’affirmer qu’il y a un lien.

  • Chaque jour, des millions de personnes meurent dans le monde: 8000 par jour aux États-Unis.

C’est pourquoi il est statistiquement inévitable dans une campagne de vaccination massive que certains vaccinés meurent dans les jours suivant leur injection.

Selon cette compilation, effectuée avec les données de la firme américaine Newswhip, «l’histoire vaccinale la plus populaire» est un article du journal Florida Sun Sentinel, repris par le Chicago Tribune, sur un médecin décédé quelques semaines après avoir reçu son vaccin.

  • Bien que l’article dise explicitement qu’aucun lien n’a été établi, il a généré 5 millions d’interactions sur Facebook et Twitter.

C’est une caractéristique de l’esprit humain, commente le professeur en sciences de la communication Deen Freelon: «mettre l’emphase sur les anecdotes haletantes, et balayer les statistiques qui sont beaucoup plus représentatives».


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