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Le réchauffement de la Terre pourrait atteindre le seuil de 1,5 degré l’an prochain

Publié le 22 janv. 2023
par Agence Science-Presse
Le réchauffement de la Terre pourrait atteindre le seuil de 1,5 degré l’an prochain

(Source: Pixabay)

  • Selon des chercheurs d’une université américaine, la température moyenne de la Terre pourrait, dès 2024, atteindre une hausse de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. C’est le point de «non-retour» craint par les experts climatiques. Toutefois, ce seuil ne serait pas forcément franchi de façon définitive.
  • L’Accord de Paris, signé en 2015, avait fixé l’objectif de limiter le réchauffement de la Terre à un niveau bien inférieur à 2 °C, et de préférence à une hausse de seulement 1,5 °C.

La Terre s’est déjà réchauffée de plus de 1,1 °C par rapport aux températures d’avant la Révolution industrielle. 

Le seuil de 1,5 °C devait être atteint au début des années 2030

  • L’an dernier, le Bureau météorologique britannique estimait toutefois qu’il y avait presque une chance sur 2 que ce seuil soit atteint en 2026.
  • De plus récentes estimations de chercheurs de l’Université américaine Columbia concluent désormais qu’il pourrait l’être dès 2024 [PDF (en anglais)].

Jusqu’en 2015, le seuil de 2 °C était, selon les experts, celui à ne pas dépasser pour éviter des perturbations climatiques catastrophiques.

La prise de conscience que les impacts du réchauffement climatique commençaient déjà à se faire ressentir avait conduit à ramener la cible à 1,5 °C, même si la plupart des experts l’estimaient déjà peu réaliste.

Le dépassement du seuil de 1,5 °C en 2024 pourrait être temporaire. 

Les fluctuations de températures d’une année à l’autre devraient vraisemblablement donner quelques années de répit avant que ce seuil soit franchi de façon définitive.

Mais la valeur symbolique qu’a prise ce seuil de 1,5 °C donnerait à son dépassement, même temporaire, une allure «d’échec dévastateur», écrit la journaliste environnementale britannique Madeleine Cuff dans la revue New Scientist.

  • «Les chefs d’État seraient accusés d’avoir fait des promesses vides et les gens d’affaires seraient blâmés pour [continuer de] polluer la planète dans leur quête de profits.
  • Quant au mouvement climatique, dit-elle, le sentiment d’urgence qui avait dynamisé les militants à travers le monde pourrait se dissiper.»  

Madeleine Cuff se demande s’ils pourront recréer le même momentum pour une nouvelle cible de 1,6 ou 1,7 °C.

Agence Science-Presse