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La pénurie de main-d’œuvre était prévue depuis longtemps

Publié le 12 déc 2021
par Agence Science-Presse

(Source: Eric Prouzet / Unsplas)

  • La pandémie, et les prestations d’urgence qui ont été offertes aux travailleurs pour y faire face depuis l’an dernier, ont été accusées d’amplifier la crise de la main-d’œuvre. 
  • Mais, à l’origine de cette pénurie de travailleurs, il y a surtout une réalité démographique qui avait été annoncée il y a plus de 20 ans. 

La pénurie actuelle s’explique par le vieillissement de la population, les cycles économiques et la transformation du marché du travail, qui créent systématiquement des problèmes de rareté, explique Pierre-Carl Michaud, professeur au département d’économie de HEC Montréal et titulaire de la Chaire de recherche sur les enjeux économiques intergénérationnels.

«Tout le monde connaît les causes de la crise actuelle, mais pas nécessairement les parts relatives de chacune», dit le professeur.

  • «Normalement, les problèmes de main-d’œuvre se règlent d’eux-mêmes.
  • Le gouvernement ne peut rien faire, sauf instaurer des politiques qui retiennent les travailleurs âgés sur le marché du travail.» 

Dès 1998, Développement et Ressources humaines Canada prévoyait déjà pour les années 2020 une pénurie de main-d’œuvre qualifiée au pays. 

En 2004, le Conseil québécois de la science et de la technologie a également publié un avis sur cette pénurie de travailleurs qualifiés, notamment en sciences pures, appliquées et de la santé.  

  • L’avis s’accompagnait d’un avertissement: cette pénurie pourrait être généralisée à tous les secteurs d’emploi.

En 2005, un «déclin irrémédiable»des Québécois en âge de travailler (20 à 64 ans) était prévu par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) à partir de la fin des années 2010.

La même année, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) se préoccupait, lui aussi, de voir baisser: 

  • le nombre de personnes actives; 
  • le taux de natalité, sous le seuil du renouvellement des générations; 
  • alors que l’immigration et le taux d’activité des femmes étaient encore insuffisants.

Toujours en 2005, une commission nationale s’inquiétait de voir le nombre de Québécois en âge de travailler diminuer à compter de 2013. 

Selon son rapport [PDF], le Québec devait passer en 20 ans d’un état de surplus à une pénurie généralisée de main-d’œuvre, notamment alimentée par une croissance économique continue.

Toutes ces prédictions se sont avérées exactes.

La pandémie a ajouté d’autres facteurs, comme:

  • les fermetures puis réouvertures d’entreprises en raison des restrictions sanitaires; et
  • les subventions salariales et la prestation canadienne d’urgence – qui aurait fait baisser le taux d’emploi des jeunes. 

«Il y avait des jeux d’équilibre sur le marché du travail, et la pandémie a rebrassé les cartes», croit le professeur Pierre-Carl Michaud. 

Mais, si la crise sanitaire a joué un rôle dans la pénurie actuelle, il est encore difficile à mesurer.

Agence Science-Presse