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Explication

Produire plus de pétrole pour remplacer le pétrole russe?

Publié le 17 juil 2022
par Agence Science-Presse

(Source: Unsplash)

  • Depuis l’invasion de l’Ukraine, de nombreuses personnes font la promotion de nouveaux projets pétroliers ou gaziers au Canada ou aux États-Unis, en alléguant qu’ils permettraient aux Européens de se libérer de leur dépendance aux hydrocarbures russes. 
  • Or, tout nouveau projet pétrolier ou gazier prend du temps avant d’arriver à l’étape de la production. Il est donc peu probable qu’un pays puisse aider l’Europe à remplacer le pétrole et le gaz russe avec de futurs projets. 

En mars dernier, le ministre fédéral des Ressources naturelles Jonathan Wilkinson a proposé d’augmenter la production de pétrole et de gaz canadien de 300 000 barils par jour afin de subvenir à une partie des besoins en énergie de l’Europe. 

Début avril, lorsqu’il se réjouissait de l’approbation du projet d’exploitation pétrolière Bay du Nord, le premier ministre de Terre-Neuve faisait lui aussi référence à la guerre en Ukraine.

Or, il faudra attendre au moins jusqu’en 2028 avant que du pétrole ne soit produit au large de Terre-Neuve.

  • En 2018, la compagnie Équinor estimait que les analyses préalables à l’installation, la préparation du site, sa construction en mer, et l’installation de l’équipement sous-marin prendraient entre 5 et 8 ans.
  • Comme le projet n’a été approuvé que cette année, la compagnie prévoit donc que la production de pétrole ne commencera qu’à la fin de la décennie. 

Des échéances lointaines

En 2020, un économiste de la Banque mondiale s’était intéressé à la «longue route» nécessaire pour passer de la découverte d’un gisement à la production. 

  • Selon l’analyse de David Mihaly, les experts parlent d’une durée moyenne de 5 ans.
  • Toutefois, en étudiant des données sur 27 000 gisements potentiels découverts entre 1950 et 2020, il a conclu que la période de préproduction dépasse plutôt 10 ans dans la majorité des cas.

Beaucoup de variations d’un projet à l’autre

La durée varie en fonction de la région du monde, souligne David Mihaly. 

  • La période de préproduction est, en moyenne, de 6 ans en Amérique et de 17 ans en Afrique subsaharienne. 
  • Le type de gouvernement a aussi des conséquences: 8 ans dans les démocraties contre 16 ans dans les autocraties.

D’autres facteurs peuvent influencer le délaiavant qu’un projet entre en phase de production: 

  • l’emplacement du gisement et la facilité d’accès – il faut parfois aménager de nouvelles routes, ou un nouveau port; 
  • l’absence d’infrastructures, comme des lignes électriques; 
  • la disponibilité de la main-d’œuvre et de l’équipement; et 
  • l’acceptabilité sociale – puisque de l’opposition peut ralentir le projet.
Agence Science-Presse