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Cop28: ce qu’il faut savoir avant l’ouverture de cette conférence

Publié le 29 nov. 2023
par Agence Science-Presse
Cop28: ce qu’il faut savoir avant l’ouverture de cette conférence

(source: compte X officiel de la Cop28)

  • La 28e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (Cop 28) commence aujourd’hui à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Elle se tiendra jusqu’au 12 décembre.
  • Voici ce qu’il faut savoir sur la situation et les enjeux actuels, et le lexique spécifique à ces rencontres annuelles qui ont lieu depuis 1995. 

Origines de la Cop

Cop signifie «Conférence des parties». 

Les «parties» sont les pays qui sont signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. 

  • Cette convention a été signée en 1992 au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, au Brésil.
  • Les pays ont commencé à tenir des Cop annuelles en 1995. 

En 1997, lors de la troisième Cop, certains pays ont signé le Protocole de Kyoto. 

  • Il s’agit du premier traité international définissant des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES). 
  • Ce traité ne s’adressait qu’aux pays riches, qui reconnaissaient alors leur part de responsabilité dans les changements climatiques. 

Le Protocole de Kyoto arrivant à échéance dans les années 2010, il lui fallait un successeur. 

L’Accord de Paris a été signé en 2015. 

  • C’est le premier traité qui réunit la totalité des pays. 
  • Ils se sont engagés à annoncer publiquement leurs cibles de réduction des GES: on appelle ces cibles les contributions déterminées au niveau national. 

Le Canada a annoncé, par exemple, qu’il réduirait avant 2030 ses émissions de GES de 40 à 45%, par rapport aux niveaux de 2005.

Le gouvernement fédéral a aussi promis d’atteindre la carboneutralité en 2050. 

Le problème est que l’Accord de Paris est un accord non contraignant.

  • Si un pays n’atteint pas les cibles qu’il s’est fixées, il n’aura aucune pénalité. 

La seule «contrainte» imposée aux pays était de soumettre des promesses de réduction des GES ajustées à la hausse tous les 5 ans. 

  • De nombreux pays ont soumis des cibles plus élevées à la Cop de Glasgow, en 2021, puis à nouveau en Égypte, l’an dernier. 

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Quelle est l’utilité de ces promesses non contraignantes?

Ces cibles permettent de calculer la trajectoire sur laquelle nous sommes par rapport au seuil de 2 degrés °C ou de 1,5 degré °C. 

Ces deux seuils réfèrent à l’augmentation de la température moyenne de la planète depuis la Révolution industrielle, au XIXe siècle, au moment où l’humanité a commencé à utiliser du charbon, puis du pétrole, à grande échelle. 

  • Aujourd’hui, nous en sommes à 1,2 degré °C d’augmentation. 

Si on s’inquiète d’atteindre ces seuils, c’est parce que les scientifiques ont identifié dans les dernières décennies des points de bascule.

Au-delà de 1,5 ou 2 degrés °C, plusieurs systèmes de notre planète subiront des perturbations irréversibles: les glaces de l’Arctique, l’Amazonie, le courant Gulf Stream, le pergélisol et les récifs de corail.

Où en sommes-nous quant à ces promesses ?

En 2030, les GES auront augmenté de 8,8% par rapport à leurs niveaux de 2010, selon la plus récente compilation des cibles des différents pays. 

  • Et ça, c’est si tous les pays respectent leurs promesses d’atteindre ces cibles.
  • C’est légèrement mieux que l’an dernier, où l’on calculait plutôt, pour 2030, une augmentation des GES de 10,6% par rapport aux niveaux de 2010. 

Les cibles des pays sont insuffisantes pour éviter de dépasser le seuil du 1,5 degré °C avant la fin du siècle. 

  • Il faudrait pour cela une réduction de 40% des GES mondiaux avant 2030. 
  • Elles sont également insuffisantes pour éviter de dépasser les 2 degrés °C.

Où en serons-nous à la fin du siècle? 

Si tous les pays respectent leurs promesses actuelles, la plus récente évaluation annuelle fait état d’un réchauffement se situant entre 2,5 et 2,9 degrés °C.


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Que peut faire la communauté internationale pour limiter les dégâts?

Sachant qu’il y aura inévitablement des dégâts, et qu’ils seront de plus en plus coûteux, les négociations lors des Cop se sont centrées sur 2 concepts:

1) Atténuation

Ce concept renvoie aux mesures à prendre pour minimiser les dégâts futurs: construire des barrières anti-inondations, protéger les forêts, fermer les centrales au charbon ou taxer le carbone.

2) Adaptation

Ce concept renvoie aux mesures à prendre pour régler les problèmes qui nous affectent déjà: climatiser les bâtiments sensibles aux canicules, déplacer des routes ou des quartiers à risque d’être inondés, accroître l’efficacité énergétique ou faire la transition vers des énergies propres.

Que faire pour les pays qui n’ont pas les moyens de s’adapter?

On parle ici du concept de pertes et préjudices. 

Plus controversé que les deux concepts précédents, il renvoie à l’idée que les pays plus riches devraient compenser les plus pauvres pour leurs pertes, puisque ce sont les pays riches qui, depuis deux siècles, ont davantage contribué au problème. 

Bien que le terme fasse partie des Cop depuis 2007, il s’est toujours heurté au blocage de l’admission, par les pays riches, de leur niveau de responsabilité. 

L’an dernier, pour la première fois, une entente a été trouvée pour créer un fonds spécialement dédié à l’aide à la reconstruction ou aux réparations. 

  • Les premières recommandations sur la mise en place de ce fonds pourraient être adoptées à la Cop28. 

Ce nouveau fonds ne doit pas être confondu avec le Fonds vert pour le climat. 

  • Créé en 2010, ce fonds sert à financer, dans les pays en voie de développement, des projets d’atténuation ou d’adaptation. 
  • Les pays donateurs s’étaient donné pour cible 100 milliards $US par an. 

Selon une récente étude de l’OCDE, cet objectif aurait peut-être été atteint l’an dernier. 

La majorité de ces sommes sont toutefois proposées sous la forme de prêts, et non de dons, et les critères d’attribution ont été souvent critiqués. 

  • Des pourparlers sont en cours pour un programme qui serait plus ambitieux.
Agence Science-Presse