Relance post-Covid

Idées, projets, politiques, programmes d’aide, investissements et innovations pour relancer l’économie du Québec après le choc de la pandémie de Covid-19 (voir aussi Aides financières, Politique économique)

L’agriculture et la finance sont deux des secteurs qui ont plus que rattrapé le recul subi durant la pandémie

Publié le 29 mars 2021
L’agriculture et la finance sont deux des secteurs qui ont plus que rattrapé le recul subi durant la pandémie

(Source: Unsplash)

  • En décembre, le produit intérieur brut (PIB) du Québec était déjà revenu à 98% de son niveau de février 2020, après être descendu à 77% de ce niveau en avril. L’activité économique avait donc, en fin d’année dernière, presque entièrement récupéré de sa chute brutale due à la Covid-19.
  • Ce rattrapage est toutefois inégal, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ): seulement la moitié des secteurs d’activité avaient, en décembre, rattrapé ou dépassé leur niveau de février 2020.

Sur les 20 secteurs qui composent l’économie québécoise, 10 avaient retrouvé en décembre leur niveau d’activité d’avant la pandémie, montre une analyse par l’ISQ du PIB réel mensuel de chaque secteur industriel.

Quatre secteurs avaient même dépassé en décembre leur niveau d’activité de février 2020:

  • agriculture, foresterie, pêche et chasse (en décembre, 110% du niveau de février);
  • commerce (106%);
  • finance et assurances (103%);
  • soins de santé et assistance sociale (103%).

À l’inverse, deux secteurs étaient toujours durement touchés, et encore très loin en décembre de leur niveau d’activité de février:

  • services d’hébergement et restauration (57%); et
  • arts, spectacles et loisirs (51% – l’activité de ce secteur en décembre n’était donc plus que la moitié de ce qu’elle était en février précédent).

Alain McKenna
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Québec se donne sept ans pour retrouver l’équilibre budgétaire

Publié le 25 mars 2021
Québec se donne sept ans pour retrouver l’équilibre budgétaire

Le ministre des Finances Eric Girard (Source: Twitter)

  • Le ministre des Finances Eric Girard a annoncé que le gouvernement se fixe désormais comme objectif un retour à l’équilibre d’ici le budget 2027-2028, soit deux ans plus tard que prévu.
  • Aucune mesure de réduction du déficit ne sera prise avant les élections provinciales de 2022. 

Le gouvernement Legault soutenait jusqu’ici qu’il serait capable d’atteindre le déficit zéro en cinq ans, conformément à la Loi sur l’équilibre budgétaire.

Hier, il a changé d’avis. Québec devra donc faire adopter un projet de loi pour suspendre la limite de cinq ans. 

Dans son exposé, le ministre a confirmé que le déficit pour l’année budgétaire qui se termine à la fin du mois sera de 15 milliards $.  Le déficit sera ensuite, selon les nouvelles prévisions:

  • de 12,3 milliards $ en 2021-2022 – au lieu de 8,3 milliards $, qui était l’estimation précédente; et
  • de 8,5 milliards $ en 2022-2023 – au lieu de 7 milliards $. 

Le Québec devrait retrouver le plein emploi dans deux ans, et revenir d’ici la fin de l’année au niveau d’activité économique qu’il connaissait avant la pandémie, assure Eric Girard.

Ce budget donne la priorité à la santé et à l’éducation. Québec a annoncé plus de 5 milliards $ de nouvelles dépenses:

  • près de 3 milliards $ pour embaucher du personnel de santé, financer la campagne de vaccination et améliorer les soins à domicile;
  • près de 800 millions $ pour favoriser la réussite scolaire par des mesures d’encadrement pédagogique spécialisées; et
  • plus de 700 millions $ pour l’enseignement supérieur: les étudiants à temps plein recevront 100 $ pour la session d’automne 2020 et celle d’hiver 2021, et leur prêt étudiant est suspendu pendant un an. 

Pour relancer l’économie d’ici 2025, Québec prévoit d’injecter 4 milliards $ sur cinq ans.


Johanna Sabys
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Le gouvernement prévoit 4 milliards $ pour relancer l’économie d’ici 2025

Publié le 25 mars 2021
  • Québec va injecter 4 milliards $ sur cinq ans pour soutenir l’investissement et la productivité des entreprises – ce qui comprend le 1,2 milliard $ annoncé récemment pour brancher tous les Québécois à la haute vitesse d’ici fin 2022.
  • Les investissements du Plan québécois des infrastructures sur dix ans, passe de 130 à 135 milliards $. La majorité de ces investissements sont attendus d’ici 2025-2026.

Québec compte mettre en place plusieurs mesures fiscales:

  • réduire de 4% à 3,2% le taux d’imposition sur le revenu des PME à compter d’avril;
  • doubler de 15 à 30% le taux de crédit d’impôt pour l’acquisition de nouvelles technologies jusqu’à la fin 2022.

Sur le montant de 4 milliards $ investi sur cinq ans, le budget 2021-2022 comprend:

  • 520 millions $ sur six ans pour relancer le secteur touristique, développer l’économie locale et régionale, et soutenir les aéroports et les transporteurs aériens régionaux;
  • 400 millions $ sur cinq ans pour réorienter vers les secteurs en pénurie de main-d’œuvre (technologies de l’information et construction) les travailleurs qui ont perdu leur emploi, et intégrer les immigrants au marché du travail.
  • 400 millions $ pour relancer et promouvoir la culture, le patrimoine québécois et la langue française;
  • 220 millions $ pour soutenir l’innovation dans des secteurs stratégiques, comme la filière de la batterie et la cybersécurité;
  • 135 millions $ sur cinq ans pour améliorer la gestion de l’eau, et mettre en place des mesures de relance durable.
Johanna Sabys
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Est-ce que Québec va reporter l’équilibre budgétaire?

Publié le 24 mars 2021
Est-ce que Québec va reporter l’équilibre budgétaire?

Le ministre des Finances Eric Girard (Source: Twitter)

  • Le ministre des Finances Eric Girard doit présenter aujourd’hui le budget 2021-2022.
  • Eric Girard a reconnu hier qu’il serait difficile de rétablir l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans. Il a également annoncé un investissement de 125 millions $ pour améliorer le réseau des infrastructures sportives scolaires.  

Eric Girard s’est acheté une paire de souliers de course, pour respecter la tradition d’une photo du ministre des Finances arborant une nouvelle paire de chaussures à la veille du dépôt du budget.

Le ministre a salué «la résilience des PME» durant la pandémie.

Il a également annoncé que les infrastructures sportives ne seront pas oubliées dans ce budget.

Après un an de pandémie, le budget 2021-2022, baptisé «Un Québec résilient et confiant», va mettre l’accent sur la relance économique, la santé et l’éducation.

Eric Girard a refusé de dire s’il comptait respecter la loi qui fixe une limite de cinq ans pour revenir à l’équilibre budgétaire – soit d’ici le budget 2025-2026.

  • Jusqu’ici, Québec s’est opposé à un report de l’équilibre budgétaire au-delà de cette échéance.
  • Si le gouvernement l’envisage, il devra modifier la Loi sur l’équilibre budgétaire.  

On sait déjà que le Québec doit enregistrer un déficit de 15 milliards $ cette année. Le déficit a ensuite été estimé à 8 milliards $ pour 2021-2022, et 7 milliards $ pour 2022-2023.


Johanna Sabys
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Québec investit 120 millions $ pour relancer la construction

Publié le 21 mars 2021
Québec investit 120 millions $ pour relancer la construction

Le ministre du Travail Jean Boulet (Source: Twitter)

  • La présidente du Conseil du trésor Sonia LeBel et le ministre du Travail Jean Boulet ont annoncé un plan d’action de 120 millions $ sur trois ans pour soutenir la relance de l’industrie de la construction.
  • Ce budget vise notamment à pallier le manque de main-d’œuvre dans ce secteur. Québec espère recruter chaque année 11 000 nouveaux travailleurs.

Pour relancer l’économie, Québec mise sur 180 projets d’infrastructures inclus dans le projet de loi 66, adopté en décembre dernier. 

  • La réalisation de ces projets exigera beaucoup de travailleurs. 
  • Or, le secteur de la construction souffre d’une pénurie de main-d’œuvre.

Le nouveau plan d’action prévoit 32 millions $ pour remédier à cette pénurie en: 

  • facilitant l’application de subventions salariales pour l’embauche de femmes, de personnes immigrantes, de membres des Premières Nations et de personnes handicapées;
  • offrant une formation adaptée aux besoins régionaux et aux réalités des chantiers;
  • permettant des changements réglementaires – notamment une plus grande flexibilité dans l’organisation du travail – pour attirer davantage de travailleurs. 

Pour accroître la productivité et soutenir la croissance des entreprises, Québec doit investir 61 millions $ en vue de: 

  • moderniser les infrastructures technologiques des donneurs d’ouvrage en construction; et
  • soutenir le virage numérique des entreprises. 

Le gouvernement souhaite qu’un plus grand nombre d’entreprises québécoises puissent bénéficier de contrats publics. Il veut qu’Investissement Québec offre des prêts et des garanties de prêts aux entreprises pour les aider à obtenir des contrats. 

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) juge que, «à court terme», ces mesures devraient permettre «de soulager» l’industrie en ce qui concerne la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Elle estime néanmoins qu’il reste encore «énormément de travail à faire pour endiguer le problème à long terme tant au niveau de l’attraction que de la rétention de la main-d’œuvre».


Johanna Sabys
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Réouverture des gymnases et des complexes sportifs en zones rouge et orange – voici l’essentiel

Publié le 13 mars 2021
Réouverture des gymnases et des complexes sportifs en zones rouge et orange – voici l’essentiel

(Photo Unsplash)

  • À compter du 26 mars, les établissements sportifs intérieurs situés en zone rouge pourront rouvrir leurs portes. Cela comprend les gymnases et les complexes sportifs, qui devront toutefois garder leurs vestiaires fermés.
  • La pratique d’activités sportives extérieures sera également permise. En zone rouge, les groupes devront se limiter à 8 personnes d’adresses différentes – plus un entraîneur. La limite montera à 12 en zone orange.

Isabelle Charest, ministre des Sports et des Loisirs, et le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique, ont détaillé hier en conférence de presse le plan de déconfinement progressif des activités sportives.

En zone rouge:

  • toutes les infrastructures sportives pourront rouvrir dès le 26 mars;
  • à l’intérieur, on permettra uniquement les entraînements seuls ou à deux, ou entre occupants d’une même adresse.

En zone orange:

  • des groupes de huit personnes pourront fréquenter des centres sportifs intérieurs pour des activités de groupe sans contact;
  • un employé du centre sera responsable d’assurer le respect des mesures sanitaires;
  • tous les vestiaires seront fermés, exceptés ceux utilisés dans le cadre d’activités aquatiques.

Pas de matchs ni de compétitions. La présence de spectateurs est interdite.

  • Un accompagnateur sera autorisé pour un enfant de moins de 10 ans ou pour une personne souffrant d’un handicap.

Les équipes sportives collégiales et universitaires pourront reprendre leurs activités à condition de respecter les consignes selon le palier d’alerte de la région où elles se trouvent.


Par ailleurs:

Les sorties scolaires seront permises dès lundi en zone orange.

  • Les élèves des classes-bulles différentes pourront participer à une même activité.
  • Ils devront respecter les mesures sanitaires et les limites du nombre de participants.

Les spas et les lieux de culte pourront à leur tour recommencer leurs activités à compter du 15 mars en zone orange et du 26 mars en zone rouge.

Alain McKenna
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Analyse POLITIQUE

Après la pandémie viendra le temps des réformes sociales

Publié le 12 mars 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
  • Un an déjà que l’on vit avec la Covid-19. La pandémie aura été un révélateur des failles de notre système de solidarité sociale, qu’il faut entreprendre de corriger sans attendre.
  • Tout sera urgent dans l’après-pandémie. À mettre en haut de la liste: les soins aux aînés, premières victimes de la pandémie, et les programmes assurant la sécurité économique et financière des individus.

Les cérémonies d’hommage rendues cette semaine aux Québécois morts de la pandémie auront été un juste rappel des obligations qu’a la société de veiller à ce que le pire ne se reproduise pas.

Les statistiques quotidiennes de la Covid-19 ont pris au fil du temps un caractère irréel. On oublie à quel point elles sont cruelles:

  • Le Québec représente tout près de la moitié des quelque 23 400 victimes canadiennes.
  • Des 10 500 victimes québécoises, neuf sur dix étaient des aînés, et la plupart vivaient en CHSLD ou en résidences de personnes âgées.

On ne peut tourner la page sur ce drame sans comprendre pourquoi.

  • Le gouvernement Legault a donné des mandats particuliers au coroner, à la Vérificatrice générale, au Protecteur du citoyen et à la Commissaire à la santé.
  • Mais il se refuse à créer une commission d’enquête publique, de peur d’ouvrir une chasse aux coupables.

Les coupables, découvririons-nous sans doute, sont multiples.

En fait, c’est par irresponsabilité collective que les soins aux aînés se sont dégradés. Un exercice public permettrait de prendre conscience collectivement de l’abandon de responsabilité envers cette catégorie de citoyens et des changements à mettre en place.

Au-delà des morts, la pandémie a fait d’innombrables victimes sociales et économiques. Elles ne retrouveront pas toutes le cours normal de leur vie dans l’après-pandémie.

Les gouvernements misent sur des programmes de relance économique pour assurer le retour à la normalité, à la manière de la Loi de soutien économique du président Biden qui est associée à un budget de 1900 milliards $US.

Au Canada, le gouvernement fédéral s’appuiera sur un budget spécial qui pourrait aller jusqu’à 100 milliards $.

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Relancer la croissance économique ne sera pas un remède universel et instantané effaçant les stigmates de la pandémie. Tous ne retrouveront pas leur emploi. Certains seront longtemps au chômage ou devront se recycler.

Le filet social dont le Canada est si fier a montré ses limites pendant la pandémie.

  • Le régime d’assurance-emploi s’est révélé incapable d’offrir un soutien économique aux centaines de milliers de nouveaux chômeurs.
  • Les programmes habituels de redistribution du revenu n’arrivaient pas à aider tous ceux laissés sans sources de revenus.

La Prestation canadienne d’urgence, la PCU, a permis de donner le soutien économique dont les Canadiens avaient besoin, sans égard à leur situation personnelle.

  • C’était, sans le nom un régime de revenu minimum garanti, auquel tous avaient droit.
  • Cette universalité est ce qu’il faut rechercher pour l’avenir.

La normalité ne sera pas la même au lendemain de cette pandémie.

  • Les inégalités sociales se seront aggravées, et le risque d’une récession restera présent, tout comme le risque de nouvelles pandémies.
  • Comme pour les services de santé, le filet social a besoin d’être plus résilient et efficace.

Le temps des réformes est devant nous. Les gouvernements ne peuvent s’y soustraire.

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Le Québec est la province qui connaîtra la plus forte reprise économique cette année, prédit la Banque Royale

Publié le 11 mars 2021
Le Québec est la province qui connaîtra la plus forte reprise économique cette année, prédit la Banque Royale

(Source: Flickr)

  • Les milliards de dollars investis par les gouvernements dans des infrastructures de transport en commun au Québec feront croître notre économie cette année plus vite que celle des autres provinces, selon RBC Marché des capitaux.
  • En ajoutant l’impact des investissements publics à l’effet qu’aura la sortie de crise anticipée au cours des prochains mois, la banque torontoise prédit une hausse du PIB du Québec de 6,5% en 2021. Par comparaison, la Banque du Canada prévoit une croissance de 5,4% pour l’ensemble du Canada.

Avec une croissance prévue à 6,2% cette année, l’Ontario est la seconde province dont l’économie se remettra le plus rapidement de la Covid-19, ajoutait hier Sri Thanabalasingam, économiste à la RBC, dans une note aux investisseurs.

La RBC a rehaussé ses prévisions pour le Québec et l’Ontario, les deux provinces les plus durement affectées par la pandémie, notamment à cause de la nouvelle politique de Washington:

  • Le plan de relance américain stimulera les exportations québécoises et ontariennes davantage que celles de l’ouest du pays.
  • Le secteur pétrolier de l’Alberta et de la Saskatchewan est boudé par les États-Unis, ce qui a été constaté lors de l’abandon du projet du pipeline Keystone XL.

Au Québec, la RBC croit que cette hausse de la demande étrangère s’ajoutera à une consommation domestique boostée par le niveau d’épargne record dont disposent actuellement les ménages québécois.

Alain McKenna
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Le méga-plan de relance de Biden devrait être adopté par la Chambre demain

Publié le 7 mars 2021
Le méga-plan de relance de Biden devrait être adopté par la Chambre demain

Joe Biden (Source: Wikimedia)

  • Le Sénat américain a approuvé samedi une version modifiée du plan de 1900 milliards $US soutenu par le président pour relancer l’économie américaine. La Chambre des représentants doit maintenant adopter cette version révisée demain, ce qui officialisera l’approbation du Congrès.
  • Joe Biden a indiqué que la plupart des Américains devraient recevoir d’ici la fin du mois le chèque d’aide de 1400 $ par personne prévu par ce plan. Le plan comprend également une aide de 350 milliards $US aux États et aux collectivités locales, 49 milliards $US pour le dépistage et la recherche sur la Covid-19, et 14 milliards $US pour la distribution des vaccins.

Vos FINANCES

Qu’allez-vous faire de toutes vos économies après la pandémie?

Publié le 5 mars 2021
Fabien Major
par Fabien Major
Qu’allez-vous faire de toutes vos économies après la pandémie?

(Photo Pixabay)

  • Les Canadiens ont économisé autant en 2020 que lors des sept années précédentes combinées. Leur taux d’épargne global sur l’année a été supérieur à 15%. Au pic de la première vague de la pandémie, il a même atteint 27,5%.
  • Résultat: ils nagent dans les surplus financiers. On estime à 212 milliards $ les sommes accumulées dans leurs comptes bancaires. Comment vont-ils s’en servir?

Ces bas de laine bien garnis sont le fruit d’une conjoncture rarissime.

D’abord, grâce aux généreux programmes gouvernementaux d’aides aux entreprises et aux travailleurs, le revenu disponible des ménages n’a pratiquement pas bougé par rapport à 2019.

Ensuite, les taux d’intérêt ont reculé à des niveaux jamais vus.

Enfin, les restrictions imposées par les autorités de la Santé publique ont beaucoup limité les dépenses. Moins de restos, de déplacements, de voyages, de spectacles, d’activités sportives, ça représente des milliers de dollars d’économie forcée par ménage.

Le chiffre de 212 milliards $ est étonnant et réjouissant. En plus, il s’est accumulé pendant que les familles dépensaient quand même de bons montants dans l’amélioration de leur foyer.

  • Les constructions neuves ont connu une croissance de 4,1% l’an dernier, tandis que les dépenses en rénovation ont augmenté de 4,8%.

La consommation sera au cœur de la reprise

Tranquillement, les mesures de confinement s’allègent et les Canadiens rêvent de retrouver un semblant de vie normale. On n’ose pas encore faire de grands projets, mais on peut parier que lorsque le signal sera donné, les idées ne manqueront pas pour dépenser ces surplus accumulés.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que les boutiques et magasins seront pris d’assaut.

Les salles de spectacles et les agences de voyages qui auront eu les reins assez solides vont renouer avec la prospérité.

Des milliers de célébrations de mariage, d’anniversaire, de promotion, de naissance et baptême, de graduation ou simplement de rassemblements familiaux de toutes sortes ont été annulés. On ne demande donc qu’un peu de liberté de mouvement pour les remettre à l’agenda!

Les restaurants, hôtels et salles de réception connaîtront un regain salutaire.

­> Consultez la section Affaires et finances d’InfoBref avec nos nouvelles brèves en semaine et la chronique de conseils Vos Finances le samedi

Trois trouble-fêtes

Sans exclure une troisième vague de pandémie qui serait due à des variants de la Covid-19, quoi d’autre pourrait freiner la reprise économique en 2021 dans les secteurs les plus touchés l’an dernier?

Je vois trois éléments qui pourraient jouer aux «casseux de party». 

1. L’excès de prudence des citoyens.

La pandémie nous a appris à conserver un bon fonds de prévoyance. Certains pourraient être plus craintifs et conserveront des liquidités importantes. Trop importantes.

2. Une correction sévère des marchés financiers pourrait refroidir l’ardeur des consommateurs.

La spéculation boursière a séduit de nombreux Canadiens. En 2020, le nombre d’ouvertures de nouveaux comptes de courtage direct a bondi de 159%.

Ces investisseurs novices ont peut-être pris des risques excessifs qui pourraient éroder leur valeur nette et… leur capacité de dépenser. 

3. La forte dépendance de l’économie canadienne au secteur immobilier n’est pas sans conséquence.

Le prix médian de revente des habitations fracasse des records.

En payant trop cher leur demeure, les Canadiens manqueront peut-être de fonds pour bien s’installer et reporteront les achats de meubles, stores, électros, piscine et accessoires de jardin.

Mais le pire n’est pas certain. L’hypothèse la plus probable est que vous allez réinjecter votre argent dans l’économie, et nous en profiterons tous.

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Les consommateurs des principales économies de la planète ont accumulé une épargne combinée de 3700 milliards $ durant le confinement

Publié le 3 mars 2021
  • À eux seuls, les consommateurs américains ont mis de côté 1900 milliards $ durant les premiers mois de la crise de Covid-19. Cette somme équivaut à cinq fois la valeur du produit intérieur brut québécois.
  • La vigueur de la reprise économique mondiale post-Covid dépend en grande partie de ce que feront les consommateurs avec cette épargne, indique Bloomberg Economics, qui publie ces statistiques. Par exemple, si les Américains dépensaient d’ici la fin de l’année leur épargne accumulée depuis mars dernier, la croissance anticipée du PIB américain pour 2021 passerait de 4,6% à 9%.

La reprise économique au Canada après la pandémie dépendra en partie du plan de relance américain

Publié le 17 fév 2021
La reprise économique au Canada après la pandémie dépendra en partie du plan de relance américain

Joe Biden (Source: Twitter)

  • Si le plan de relance de 1900 milliards $US du président Joe Biden est adopté sous peu, il fera passer de 3,6% à 4,4% la croissance anticipée du PIB canadien en 2021, calcule le Fonds monétaire international.
  • Des retards dans la campagne de vaccination au Canada pourraient retarder la reprise, mais des économistes prévoient que l’économie nationale renouera avec une croissance soutenue dès que cette campagne sera terminée.

La mise en œuvre «décevante» de la campagne de vaccination au Canada n’aura pas d’impact significatif sur l’ampleur de la reprise, écrit Meny Grauman, économiste à la Banque Scotia, dans une note aux investisseurs.

  • «Les délais dans la vaccination ne feront que la retarder, ils ne l’empêcheront pas.»
  • «Nous partageons l’optimisme des investisseurs et sommes convaincus que l’économie finira par rebondir avec la force d’un ressort.»

La croissance du PIB canadien sera fort probablement inférieure à celle des États-Unis cette année.

Selon le FMI:

  • Le PIB américain pourrait croître de 5,9%.
  • Le plan Biden provoquera une hausse de la demande pour les ressources naturelles provenant du Canada, comme le pétrole et le bois d’œuvre.
  • Le secteur manufacturier canadien devrait profiter d’une hausse de la consommation domestique aux États-Unis découlant du plan d’aide américain.
Alain McKenna
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