Politique économique

Nouvelles et tendances concernant les politiques économiques du gouvernement du Québec et du gouvernement fédéral du Canada, y compris les budgets. [Sujet connexes: aides financières, économie verte, électrification, impôts et taxes, relance post-Covid]

Il n’y aura pas d’élections fédérales ce printemps

Publié le 19 avr. 2021
Il n’y aura pas d’élections fédérales ce printemps

Le chef du NPD Jagmeet Singh (Source: NPD)

  • Le chef du NPD Jagmeet Singh a indiqué hier qu’il ne fera «pas tomber le gouvernement» lors du vote du budget. Le soutien de son parti est suffisant pour assurer la survie du gouvernement libéral minoritaire.
  • Jagmeet Singh assure une nouvelle fois qu’il ne fera rien pour provoquer une campagne électorale en pleine pandémie. Le chef néo-démocrate a toutefois promis de «mettre la pression sur Justin Trudeau pour qu’il livre la marchandise». Il regrette que le budget fédéral ne prévoit pas de taxer les «ultrariches», ni d’instaurer un programme de médicaments universel.  

Ottawa prévoit 30 milliards $ pour financer un réseau national de garderies

Publié le 19 avr. 2021
  • Le gouvernement Trudeau veut investir 30 milliards $ sur cinq ans pour doter les provinces d’un réseau de garderies publiques à faible coût, inspiré des CPE québécois. Ottawa prévoit ensuite, à compter de 2025-2026, 8,3 milliards $ par an pour financer le réseau.
  • L’objectif est de réduire de moitié les frais de garde jusqu’à environ 10 $ par jour – le tarif est de 8,50 $ au Québec. Le gouvernement Trudeau veut conclure une «entente asymétrique» avec Québec pour financer une partie du réseau des CPE. 

Un budget fédéral généreux pour les entreprises

Publié le 19 avr. 2021
  • Le gouvernement propose de prolonger de trois mois trois programmes d’aides existants, dont la subvention salariale d’urgence.
  • Le budget y ajoute de nouveaux programmes, notamment pour favoriser l’embauche pour la reprise des activités, et pour faciliter le virage numérique des PME.

Prolongation jusqu’au 25 septembre de trois programmes d’aides:

  • La Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC), qui devait cesser en juin, se prolongerait, mais avec un impact s’atténuant avec le temps: le montant maximal par salarié descendrait progressivement de 847 $ à 226 $ par semaine.
  • La Subvention d’urgence du Canada pour le loyer (SUCL) et la mesure de soutien en cas de confinement continueraient également d’être offertes aux entreprises jusqu’au 25 septembre.
  • Le prolongement de ces trois programmes devrait coûter environ 12 milliards $.

Mais les sociétés cotées en bourse devront rembourser la SSUC qu’elles ont reçue cet été si la rémunération de leurs dirigeants est, en 2021, supérieure à ce qu’elle était en 2019.

Nouveau Programme d’embauche pour la relance économique

  • C’est un programme temporaire, qui serait offert de juin à novembre. 
  • Il est destiné aux employeurs dont les revenus n’ont pas encore rattrapé leur niveau d’avant la pandémie. 
  • Une subvention compenserait jusqu’à 50% des coûts liés à la reprise de leurs activités pour augmenter des salaires ou des heures travaillées, ou pour embaucher davantage d’employés.
  • Ce programme coûterait 595 millions $.

Nouveau Programme d’adoption du numérique 

  • Destiné aux PME, ce programme doit les aider à adopter des technologies numériques pour soutenir et faire évoluer leurs activités.
  • Il fournirait des microsubventions, des prêts sans intérêt et l’aide de formateurs à plus de 150 000 PME canadiennes.

Augmentation de l’enveloppe du Programme de financement des petites entreprises

  • L’augmentation de 560 millions $ par an pourrait rendre ce programme accessible à presque 3 000 PME de plus.

Par ailleurs, le budget prévoit le prolongement ou l’élargissement de plusieurs programmes de soutien à l’investissement en capital de risque et aux supergrappes industrielles, et des stratégies de développement de l’intelligence artificielle, de la génomique et des technologies quantiques.

Patrick Pierra
En savoir plus En savoir plus

Budget fédéral: un plan de relance de 101 milliards $ sur trois ans

Publié le 19 avr. 2021
Budget fédéral: un plan de relance de 101 milliards $ sur trois ans

La ministre des Finances Chrystia Freeland (Source: Twitter)

  • La ministre des Finances Chrystia Freeland a présenté cet après-midi son premier budget. Il met l’accent sur une relance économique verte et il vise, dit-elle, à «guérir les blessures économiques» provoquées par la pandémie.
  •  Le déficit du Canada pour l’année 2020-2021 (terminée le 31 mars) est de 354 milliards $, soit 28 milliards $ de moins que prévu grâce à la bonne reprise de l’économie au dernier trimestre de l’an dernier. 

Chrystia Freeland estime que le déficit devrait être d’environ 155 milliards $ cette année (2021-2022). 

  • Il devrait ensuite se réduire à 51 milliards $ l’année suivante, et diminuer progressivement jusqu’à 30 milliards $ en 2025-2026.
  • Mais Ottawa n’a pas de plan pour revenir à l’équilibre budgétaire.

La dette fédérale gonflerait à 1234 milliards $ en 2021-22. En deux ans, elle est passée de 31% à 51% du PIB.

Pour relancer l’économie, Ottawa prévoit 101 milliards $ sur trois ans:

  • 49 milliards $ en 2021-22;
  • 28 milliards $ en 2022-23; et
  • 24 milliards $ en 2023-24.

Relance verte: 5 milliards $ supplémentaires sont prévus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

  • Ce montant devrait notamment servir aux entreprises pour réduire leur empreinte environnementale, et aux propriétaires qui souhaitent rénover leurs maisons.
  • Ils s’ajoutent aux 3 milliards $ annoncés en décembre dernier.

Le gouvernement Trudeau prolonge la nouvelle formule d’assurance emploi jusqu’à l’automne 2022. La subvention salariale pour les entreprises et la Prestation canadienne de relance économique sont maintenues jusqu’en septembre 2021 [détails dans cet autre article].

Pour préparer l’avenir, le gouvernement Trudeau propose d’investir:

  • 3 milliards $ sur cinq ans pour améliorer les services dans les centres de soins de longue durée; et
  • plus de 2 milliards $ pour que le Canada puisse fabriquer ses propres vaccins.  

Ottawa prévoit une réouverture complète de l’économie d’ici la fin de l’été.

  • Selon le gouvernement, tous les Canadiens qui le souhaitent seront vaccinés d’ici la fin du mois de septembre. 


Johanna Sabys
En savoir plus En savoir plus

Le gouvernement Trudeau présentera aujourd’hui son premier budget depuis plus de deux ans

Publié le 18 avr. 2021
  • La ministre des Finances Chrystia Freeland déposera le budget fédéral à la Chambre des communes vers 16 h, alors que l’économie canadienne se relève plus rapidement que prévu, et que la troisième vague de Covid-19 frappe durement le pays.
  • Fin novembre, lors de sa mise à jour économique, Chrystia Freeland estimait que le déficit du Canada s’élèverait à 382 milliards $ pour l’année 2020-2021, terminée le 31 mars. Le gouvernement prévoyait alors de lancer un ambitieux plan de relance économique de 70 à 100 milliards $ sur trois ans, qui devait créer un million d’emplois et mettre en place un réseau national de garderies.

Un taux minimum mondial d’imposition des sociétés à 21% rapporterait presque 11 milliards $ au gouvernement canadien

Publié le 17 avr. 2021
  • Le président américain Joe Biden propose d’imposer les profits des multinationales à au moins 21% dans chaque pays où elle réalisent ces profits.
  • Si le Canada suivait cette règle, il générerait des recettes fiscales annuelles additionnelles de presque 11 milliards $, calcule une étude de chercheurs de l’Université Charles, de Prague, en République tchèque, associés à l’ONG Tax Justice Network.

Les entreprises canadiennes ont accumulé 130 milliards $ en liquidités excédentaires l’an dernier. Serviront-ils à la relance?

Publié le 15 avr. 2021
Les entreprises canadiennes ont accumulé 130 milliards $ en liquidités excédentaires l’an dernier. Serviront-ils à la relance?

(Source: Unsplash)

  • Les entreprises canadiennes ont mis de côté durant la pandémie un montant encore plus important que celui – estimé à 100 milliards $ –épargné par les ménages canadiens, estime l’économiste en chef de la CIBC Benjamin Tal.
  • La façon dont les entreprises réinvestiront – ou pas – cet argent aura un impact majeur sur la croissance de l’économie canadienne après la pandémie.

Le total de 130 milliards $ correspond aux montants que les entreprises canadiennes ont reçus l’an dernier, qu’elles détiennent dans une banque canadienne et qui ne servent pas à financer leurs activités quotidiennes. Ces montants viennent notamment de leurs profits et de l’aide reçue des gouvernements.

Les liquidités excédentaires des entreprises sont à un niveau record. Elles sont 20% plus élevées qu’il y a un an.

«On s’attend à ce que les ménages dépensent une bonne partie de l’épargne accumulée en 2020. Les entreprises sont assises sur encore plus d’argent mais risquent de dépenser beaucoup moins», indique la CIBC dans une note aux investisseurs.

Pourquoi?

  • D’abord, parce qu’une partie de cet argent a été obtenue dans le cadre de prêts d’urgence que les entreprises devront bientôt rembourser.
  • Ensuite parce que, selon la CIBC, deux entreprises sur trois qui ont vu leurs liquidités excédentaires augmenter l’an dernier n’auront pas besoin d’investir à court terme.

Plusieurs entreprises ont mis l’aide fédérale d’urgence dans leurs poches et n’ont pas de projet pour l’investir après la crise, conclut la CIBC.

Ottawa pourrait être tenté d’adopter des mesures fiscales pour les décourager de laisser dormir cet excédent de liquidités.

  • Sinon, la CIBC croit qu’il y aura un déséquilibre entre les entreprises qui ont un réel besoin d’investir mais qui n’en ont pas les moyens, et celles qui ne savent pas quoi faire de leurs liquidités.
Alain McKenna
En savoir plus En savoir plus

Investir 100 milliards $ dans la relance de l’économie canadienne, est-ce vraiment nécessaire?

Publié le 14 avr. 2021
Investir 100 milliards $ dans la relance de l’économie canadienne, est-ce vraiment nécessaire?

Justin Trudeau (Source: PLC)

  • La vive reprise économique depuis l’automne a permis au Canada de revenir à 80% du niveau d’emploi et à plus de 95% du niveau d’activité économique d’avant la pandémie. Dans ces circonstances, il peut apparaître moins indispensable d’adopter un ambitieux plan de relance pour l’ensemble du pays.
  • Moins d’une semaine avant la publication par le gouvernement Trudeau de son budget pour l’exercice 2021-2022, des économistes se demandent s’il ne serait pas plus sage de réduire les dépenses – et surtout, l’endettement – du gouvernement fédéral.

L’économie canadienne n’est pas si mal en point, avancent des observateurs.

  • L’aide d’urgence fédérale dès les premières semaines de la pandémie a bien soutenu l’économie nationale. Faut-il s’endetter encore plus maintenant que la crise semble s’estomper?
  • Les effets du méga-plan de relance des États-Unis pourraient suffire à pousser le PIB canadien au-delà de son niveau d’avant la pandémie.

Le Canada peut s’endetter à faible coût présentement. Alors que des rumeurs d’élections hâtives s’intensifient, les libéraux pourraient voir un avantage électoral à adopter un budget très généreux.

  • «Évitons de trop stimuler l’économie», a averti plus tôt cette semaine le PDG de la Banque Royale David McKay, à l’occasion d’une table ronde avec les médias. «Voyons comment l’économie se remet de la crise, puis réagissons rapidement si les choses ne se produisent pas comme prévu.»
  • Le patron de la RBC croit que les taux d’intérêt historiquement bas et l’épargne record accumulée par les Canadiens depuis un an suffiront à ranimer l’économie, sans qu’Ottawa ait besoin d’endetter davantage le pays.
Alain McKenna
En savoir plus En savoir plus

Le PDG de la Banque Scotia propose à Ottawa d’augmenter l’allocation pour enfants à 20 000 $

Publié le 13 avr. 2021
  • Brian Porter propose trois mesures, qui ont été analysées par la Scotia, pour que la croissance économique du Canada ne retombe pas sous la barre des 2% annuellement, soit son rythme moyen de croissance des 20 dernières années.
  • Ces mesures sont: hausser l’allocation pour enfants de 8000 à 20 000 $ par an; égaler la somme qu’investissent les entreprises pour moderniser leur équipement; et mettre fin une fois pour toutes aux barrières tarifaires interprovinciales.

La pénurie de main-d’œuvre au Québec est une «catastrophe», selon le Conseil du patronat

Publié le 12 avr. 2021
  • Suite à un sondage auprès de ses membres et partenaires, le Conseil du patronat du Québec affirme que 94% des entreprises québécoises – peu importe leur taille ou leur secteur d’activité – ont de la difficulté à embaucher du personnel.
  • Cette situation aurait un impact économique important puisqu’une entreprise sur deux dit avoir été obligée de refuser des contrats auprès d’autres entreprises, faute d’avoir le personnel adéquat pour les réaliser.

Le système fédéral d’accueil des travailleurs étrangers saisonniers: un «bordel», dit l’UPA

Publié le 10 avr. 2021
Le système fédéral d’accueil des travailleurs étrangers saisonniers: un «bordel», dit l’UPA

(Photo Unsplash)

  • L’Union des producteurs agricoles demande à Ottawa d’assurer que les travailleurs étrangers temporaires qui débarquent au Canada puissent travailler dès leur sortie de quarantaine. Ces derniers mois, le système de dépistage du fédéral a connu des ratés qui ont étiré la période d’isolement pour plusieurs travailleurs temporaires.
  • Le système du fédéral n’est accessible qu’en anglais, ce qui rend la situation plus difficile encore pour ces travailleurs qui ne parlent pour la plupart que l’espagnol. Si rien n’est fait, avec les milliers de travailleurs attendus cet été, «ça va être le bordel», a averti Marcel Groleau, président de l’UPA, lors d’un point de presse hier.

Un réseau national de garderies au cœur de la relance économique du gouvernement libéral?

Publié le 9 avr. 2021
Un réseau national de garderies au cœur de la relance économique du gouvernement libéral?

La ministre des Finances Chrystia Freeland (Source: YouTube)

  • À dix jours de la publication de son premier budget à titre de ministre des Finances, Chrystia Freeland a déclaré hier, à l’occasion du congrès du Parti libéral, que le Canada devait aller de l’avant «maintenant» avec l’instauration d’un réseau national de garderies.
  • Dans son entretien avec Ken Dryden, qui pilotait le dossier des garderies pour les libéraux en 2004 avant que les conservateurs ne prennent le pouvoir, Freeland n’a que très peu parlé des autres thèmes qui pourraient définir le prochain budget fédéral – comme la relance post-Covid ou la lutte climatique.

Le budget fédéral pourrait contenir jusqu’à 100 milliards $ en mesures visant à relancer l’économie canadienne une fois passée la crise de la Covid-19. Il sera présenté par la ministre des Finances le 19 avril prochain.

  • Ses principales mesures pourraient cibler directement les enfants, si on se fie aux propos de Chrystia Freeland.
  • Selon elle, «la Covid a créé une occasion politique unique pour rappeler l’importance des soins et de l’éducation des enfants en bas âge.»

Les libéraux semblent se préparer pour une élection hâtive durant ce congrès de trois jours amorcé hier.

  • Les sujets abordés aujourd’hui et demain touchent à peu près tous au financement, au recrutement et à l’organisation d’une campagne électorale.
  • Pourtant, Justin Trudeau continue de répéter qu’il ne compte pas déclencher d’élections avant la fin de la pandémie.
Alain McKenna
En savoir plus En savoir plus