Steve Proulx

Steve Proulx

Chroniqueur médias à InfoBref

Au coeur du monde des médias depuis plus de 20 ans, il s’est fait connaître comme chroniqueur médias à Voir. Il a également été rédacteur en chef d’Urbania et du magazine des journalistes Le Trente, et il a signé plusieurs romans. Il préside 37e AVENUE, L’agence de contenu, et il a récemment fondé le site consacré aux médias numériques Les écrans. Chaque samedi, il signe dans InfoBref la chronique Tendances médias.

Tendances MÉDIAS

Soyez célèbre auprès de 15 personnes: lancez votre balado!

Publié le 19 fév 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Soyez célèbre auprès de 15 personnes: lancez votre balado!

[Photo: @felipepelaquim | Unsplash]

  • La création de balados a connu en 2020 une croissance de 280%. Presque 900 000 nouveaux balados ont été lancés l’an dernier… soit un toutes les 2 minutes!
  • Cela démontre un réel engouement pour ce médium de la part des créateurs de contenu. Mais les auditeurs, eux, sont-ils aussi au rendez-vous? L’offre de balados dépasse-t-elle la demande?

Ce que la pandémie a fait pour la baladodiffusion:

Depuis 2018, Chartable compile des données concernant la baladodiffusion, à partir desquelles la firme parvient à mesurer l’engouement pour ce médium audio. Et les chiffres pour 2020 donnent le vertige.

En 2020, il y a eu:

●    885 262 nouveaux balados (comparativement à 318 517 en 2019);

●    2,4 fois plus de balados en français comparativement à 2019;

●    160 marques qui ont annoncé dans un balado pour la première fois;

●    presque deux fois plus d’écoute pour les balados aux États-Unis.

Le Québec participe à cette baladomanie:

Radio-Canada a célébré en novembre dernier le premier anniversaire de son application OHdio, qui propose plus d’une centaine de balados, y compris 3,7 planètes, animé par l’humoriste François Bellefeuille.

Qub Radio, la plateforme audio de Québecor, offre aussi toute une sélection de balados, dont Pourquoi Marie?, une enquête sur l’absence de la chanteuse Marie Carmen de notre paysage artistique (il n’y a pas de sujets trop pointus en balado).

Bell Média, le plus grand radiodiffuseur au Canada, n’est pas en reste et propose ses propres balados, dont celui de la téléréalité Big Brother Célébrités, animé par lesdites «célébrités».

C’est sans mentionner tous ces balados indépendants, produits par des individus passionnés ou des organisations à la recherche d’un nouveau moyen d’enrichir leur auditoire.

Le Mouvement Desjardins a lancé un balado, la Banque Nationale aussi. Mon collègue chroniqueur à InfoBref, Fabien Major, a son balado sur les finances personnelles.

Tenez, moi-même, je coanime un balado!

Si la baladodiffusion existe depuis plusieurs années, il est clair que cette industrie est entrée dans une phase de croissance fulgurante.

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Cela dit, y a-t-il un public pour tous ces balados?

Se demander s’il y a trop de balados, c’est un peu comme se demander s’il y a trop de chansons. Bien sûr que non.

Il n’en demeure pas moins qu’en ce qui concerne l’écoute des balados, même si globalement les auditeurs sont de plus en plus nombreux, il ne faut pas s’imaginer que chaque balado rallie des milliers (ni même des centaines) d’auditeurs.

Buzzsprout compile des statistiques sur le nombre de téléchargements d’épisodes de balados. En résumé:

  • Pour qu’un épisode de balado fasse partie des 50% les plus écoutés, il suffit 27 téléchargements dans les 7 premiers jours.
  • 3076 téléchargements dans les 7 premiers jours suffisent pour faire partie du 1% des épisodes de balados les plus écoutés à l’échelle internationale.

Ce que nous disent ces statistiques, c’est qu’un grand nombre de podcasteurs ont une portée pour le moins… confidentielle.

Andy Warhol aurait déjà dit que, dans le futur, chacun aurait ses 15 minutes de célébrité.

Dans les faits, en ce qui concerne le balado, chacun pourrait bien être célèbre… auprès de 15 personnes.

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Tendances MÉDIAS

Pourquoi tout le monde parle de Clubhouse

Publié le 12 fév 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Pourquoi tout le monde parle de Clubhouse

[photo: William Krause | Unsplash]

  • Clubhouse, ce nouveau réseau social basé sur l’audio, fait beaucoup jaser ces temps-ci, surtout depuis qu’Elon Musk y a fait une apparition il y a quelques semaines.
  • Au-delà du buzz, Clubhouse a-t-il le potentiel de devenir un incontournable dans le paysage médiatique?

Ce qu’est l’application Clubhouse:

Un chroniqueur de PC Mag a résumé de belle façon ce qu’elle permet: «C’est un peu comme écouter une conversation téléphonique, mais légalement.»

Clubhouse permet à un utilisateur de lancer une conversation et de discuter de choses et d’autres, avec une ou des milliers de personnes.

Les conversations sont en direct, elles ne sont pas enregistrées. Tous les auditeurs ont la possibilité de participer à la discussion en «levant la main» – comme une version 2.0 des émissions de «lignes ouvertes» à la radio.

Lancé il y a moins d’un an, Clubhouse est toujours en développement (bêta).

  • On ne peut pour l’instant y accéder que sur invitation.
  • L’appli ne fonctionne que sur iPhone. Une version Android viendra plus tard.

Pourquoi on en parle tant:

L’intérêt pour Clubhouse n’a cessé d’enfler ces derniers mois.

En ces temps de pandémie, l’appli s’est imposée comme une nouvelle façon de maintenir un semblant de vie sociale.

Puis, le côté «club privé» a quelque chose d’excitant. Parce qu’ils doivent être invités pour utiliser l’app, les premiers membres de la communauté ont un sentiment d’exclusivité. Il ne durera pas très longtemps (ils seraient déjà 2 millions) mais, pour l’instant, ce «privilège» fait des envieux: tout le monde veut savoir ce qui se passe sur Clubhouse.

Clubhouse est aussi la nouvelle coqueluche des investisseurs en capital de risque de la Silicon Valley.

  • L’appli, qui avait une valeur de 100 millions $ il y a moins d’un an, vaudrait aujourd’hui 1 milliard $.
  • Le fonds Andreessen Horowitz, qui a investi dans Facebook, Instagram, Pinterest et Airbnb, compte parmi les investisseurs de Clubhouse.

Facebook serait déjà en train de développer une application concurrente, selon le New York Times.

De son côté, Twitter teste actuellement la fonctionnalité Spaces, qui permet aussi de créer des «tweets audio éphémères».

En bref, il se passe quelque chose là.

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J’ai essayé Clubhouse:

Il ne m’a fallu que 10 minutes pour trouver une personne dans mon réseau prête à m’inviter.

Il s’agissait de Jean-Patrice Rémillard, un musicien de mes amis. Il voit dans cette app un beau potentiel: «Je pense que Clubhouse va devenir un gros joueur. Il y a un besoin criant de communauté actuellement, et cette app est cool, car on n’est pas dans le paraître, comme avec Instagram. Ce qui rend les gens intéressants sur Clubhouse, c’est la qualité de leurs propos.»

En ouvrant l’app, on est invité à sélectionner nos intérêts, puis on nous suggère des personnes à suivre. Rapidement, on se retrouve avec une liste de «conversations» à écouter en direct.

Je suis tombé sur un panel auquel participait Marc Randolph, l’un des fondateurs de Netflix. Il donne aujourd’hui des conférences sur la gestion d’entreprise. 1500 personnes écoutaient avec moi ce qu’il avait à dire et pouvaient lui poser des questions.

En faisant défiler la liste des conversations, baptisées «Rooms», j’ai vu des discussions sur une panoplie de sujets, y compris un débat sur «Star Wars vs. Planet of the Apes». On trouve aussi beaucoup de consultants qui prodiguent des conseils à propos du carré de sable qu’ils connaissent – ventes, marketing ou ressources humaines.

En revanche, je n’ai trouvé aucune discussion en français.

Il semble donc y avoir là une occasion à saisir pour les influenceurs francophones souhaitant investir une plate-forme émergente.

Reste aussi à trouver un modèle d’affaires viable pour cette idée. Ça viendra assez vite, n’ayez crainte…

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Tendances MÉDIAS

Affaire Olivier Primeau: pour en finir avec les «pièges à clics»

Publié le 5 fév 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Affaire Olivier Primeau: pour en finir avec les «pièges à clics»

[Image: Adobe Stock]

  • Il y a quelques jours, le copropriétaire du Beachclub, Olivier Primeau, s’est retrouvé au cœur d’un scandale après avoir partagé dans les médias sociaux une offre afin de trouver des «chroniqueurs passionnés et motivés» pour récrire des articles trouvés sur le Web. Rémunération: 5$ par article.
  • C’était à prévoir: l’offre a été reçue avec une brique et un fanal par ceux qui essaient de vivre de leur plume, à commencer par les journalistes indépendants. L’Affaire Primeau est toutefois symptomatique d’un mal qui ronge le Web depuis trop longtemps: les «pièges à clics».

Bref rappel des événements:

Le 28 janvier, Olivier Primeau, organisateur local de partys, partage candidement cette offre dans les médias sociaux:

Le message enflamme les réseaux en quelques heures. Des centaines de personnes dénoncent le cachet ridicule de 5$ offert par Primeau pour avoir la chance de collaborer à son obscur blogue, Beach News Everyday.

La présidente de l’Association des journalistes indépendants du Québec, Gabrielle Brassard-Lecours, soulignera dans la foulée que ce cachet est moins élevé que «la poutine surgelée qu’Olivier Primeau vend en épicerie». C’est que l’homme d’affaires est un touche-à-tout.

Devant la polémique, Olivier Primeau publie le lendemain un mea culpa truffé de fautes d’orthographe:

Beach News Everyday, un autre «piège à clics»:

Je ne sais pas ce que vaut Olivier Primeau en tant qu’entrepreneur. Je ne suis jamais allé me montrer la bedaine au Beachclub de Pointe-Calumet et je n’ai jamais goûté à sa poutine surgelée.

Je sais par contre qu’en tant qu’éditeur d’un média en ligne, je ne l’embaucherais pas pour beaucoup plus que ce qu’il offre à ses collaborateurs.

Le blogue Beach News Everyday – ne soyez pas dérouté par le titre, tous les contenus sont en français – n’est en fait qu’un ramassis d’articles d’actualité repiqués à gauche et à droite et «récrits» par ses précieux collaborateurs.

Le tout est livré dans une interface indigeste dont l’objectif est manifestement d’essayer de caser le plus de bandeaux publicitaires possible dans un même écran. Imaginez 8 pubs clinquantes autour d’un article d’environ 150 mots. Bon appétit.

La médiocrité comme modèle d’affaires:

Ces sites de nouvelles et de divertissement qui cherchent à attirer un maximum de paires d’yeux avec des contenus bas de gamme polluent le Web depuis longtemps.

Vous avez déjà cédé aux charmes d’une galerie photo faisant défiler «des stars sans maquillage»? Piège à clics.

Vous êtes tombé sur un article révélant «les aliments à éviter pour garder des abdos d’acier»? Piège à clics.

Chaque jour, ces sites déversent sur la Toile des tonnes de contenus médiocres, parfois trompeurs, assez peu rigoureux ou vampirisant l’auditoire d’autres sites en récrivant leurs articles.

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Un effet pervers de la publicité programmatique:

Aujourd’hui, n’importe qui peut lancer un site de nouvelles et en tirer des revenus grâce aux services de publicité programmatique – le plus connu étant AdSense, de Google.

Ces plateformes, qui gèrent automatiquement l’achat et l’affichage d’annonces en ligne, permettent aux éditeurs d’ajouter des publicités à leur site et de recevoir des redevances en fonction du nombre d’impressions ou du nombre de clics sur les annonces.

Dans les faits, changez le mot «redevances» par «pinottes».

En effet, à moins d’avoir un site comptant des centaines de milliers de pages vues chaque mois, il est illusoire de penser que la publicité programmatique générera des revenus suffisants pour soutenir la production de contenus de qualité. D’où la propagation des «pièges à clics».

Le cachet de 5$ par article offert par Olivier Primeau est sans doute proche de ce qu’un blogue de son calibre peut se permettre si ses seuls revenus proviennent de la publicité programmatique. C’est tout dire.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les médias sérieux s’intéressent de moins en moins à la publicité programmatique. Ils explorent désormais d’autres sources de revenus: les revenus d’abonnement, la philanthropie, l’aide de l’État, etc.

Le rôle des annonceurs:

En cessant d’alimenter la machine de la publicité programmatique et en investissant plutôt leurs dollars publicitaires directement auprès des médias locaux qui font le choix de la qualité, les annonceurs ont le pouvoir de freiner cette épidémie de médiocrité.

Ils ont le pouvoir d’en finir avec les «pièges à clics».

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Tendances MÉDIAS

Noovo prépare une «guerre des nouvelles» contre TVA: jeunes loups contre vieux routiers

Publié le 29 janv. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Noovo prépare une «guerre des nouvelles» contre TVA: jeunes loups contre vieux routiers

Noémie Mercier, Meeker Guerrier, Lisa-Marie Blais, Michel Bherer (image: Noovo)

  • Le tiraillage commercial entre Québecor et Bell ne date pas d’hier. Les deux géants des médias et des télécommunications bataillent sur plusieurs fronts: ils se disputent des abonnés, des cotes d’écoute, des revenus publicitaires.
  • Avec le rachat de V par Bell Média et l’arrivée prochaine d’un service de nouvelles digne de ce nom à l’antenne de la chaîne rebaptisée Noovo, assistera-t-on au retour de la «guerre des nouvelles»?

Des querelles commerciales, Québecor Média et Bell Média nous en ont donné plusieurs:

  • la guerre des sports entre RDS et TVA Sports;
  • la guerre du streaming entre Crave et club Illico;
  • la guerre du dimanche soir, bientôt, entre Star Académie (TVA) et Big Brother Célébrités (Noovo).

Ce printemps, les deux géants fouleront un nouveau champ de bataille: celui de l’information.

Depuis des mois, Noovo recrute à gauche et à droite les talents qui composeront sa future salle de nouvelles.

Les chefs d’antenne déjà annoncés: Noémi Mercier (ex-L’actualité), Lisa-Marie Blais (ex-LCN), Michel Bherer (ex-Radio-Canada) et Meeker Guerrier (idem).

Clairement, Noovo entend se démarquer en misant sur la jeunesse et la diversité.

Un retour aux premières années de Télévision Quatre-Saisons:

À sa fondation en 1986, le réseau Télévision Quatre-Saisons (devenu TQS, puis V, puis Noovo) avait aussi osé mettre à la barre de ses émissions d’information des têtes plus jeunes, souvent inconnues du grand public.

L’audace était belle, mais ces jeunes recrues n’ont jamais représenté une menace sérieuse aux bulletins de nouvelles de TVA.

Jusqu’en 1999.

L’événement: l’arrivée de Jean-Luc Mongrain aux commandes du Grand Journal de TQS. «Le mouton noir de la télé» sortait l’artillerie lourde avec un présentateur de nouvelles archiconnu, aimé du public et capable de livrer un vrai «show» de nouvelles, soir après soir.

Le succès a été immédiat.

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La guerre des nouvelles entre TQS et TVA a fait rage jusqu’en 2008, année de la fermeture du service de l’information par le nouveau propriétaire du «mouton noir», Remstar.

C’est Québecor, lors de la courte période durant laquelle l’entreprise détenait TQS, qui a embauché Jean-Luc Mongrain… justement pour damer le pion à TVA. Bien sûr, c’était avant que l’empire Péladeau mette la main sur Vidéotron (et donc sur TVA) et que le CRTC ordonne à Québecor de se départir de TQS en 2001.

Ironiquement, c’est donc Québecor qui a mis au monde la concurrence la plus menaçante que TVA a dû affronter ces dernières décennies.

L’histoire se répétera-t-elle?

La nouvelle équipe de jeunes loups que Noovo mettra à l’antenne ce printemps saura-t-elle ébranler les vieux routiers de TVA que sont Pierre Bruneau ou Sophie Thibault?

Le contexte est tellement différent. Les journaux télévisés ont perdu beaucoup de leur importance au cours des 10-15 dernières années. Ce ne sont tout simplement plus des rendez-vous incontournables.

Les jeunes adultes, que semble vouloir viser Bell Média, s’informent grâce aux médias sociaux. Changeront-ils leurs habitudes? Deviendront-ils des habitués des bulletins de nouvelles à la télé?

C’est un gros «peut-être» qu’il sera intéressant de surveiller ces prochains mois.

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Tendances MÉDIAS

Radio-Canada: est-ce notre rempart contre les GAFA?

Publié le 22 janv. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Radio-Canada: est-ce notre rempart contre les GAFA?

[Photo: Jean Gagnon | Creative Commons]

  • Depuis le 18 janvier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tient des audiences virtuelles pour le renouvellement pour cinq ans des licences de CBC/Radio-Canada.
  • L’histoire qui se déroule sous nos yeux met en scène un diffuseur public pressé d’investir les plateformes numériques, un secteur privé qui préférerait tout le contraire, et un organisme réglementaire menotté par une Loi sur la radiodiffusion obsolète.

Ce que demande CBC/Radio-Canada:

Le diffuseur public souhaite avoir le droit de remplir une partie de ses conditions de licences sur des plateformes numériques plutôt qu’à la télé ou à la radio. Par exemple, Radio-Canada pourrait diffuser son «quota» de documentaires sur ICI Tou.tv plutôt qu’à ICI Télé le samedi à 22h30.

Cette demande est motivée par le désir de CBC/Radio-Canada de garder contact avec… la réalité.

  • Actuellement, environ 80% des francophones canadiens âgés de 18 à 34 ans sont abonnés à Netflix, rappelait au CRTC le vice-président du réseau français Michel Bissonnette.
  • «Si on ne veut pas perdre une génération, a-t-il ajouté. il est plus important que jamais de leur offrir une alternative francophone diversifiée et de qualité.»

L’ennui: tant que le projet de loi C-10 qui vise à modifier la Loi sur la radiodiffusion n’a pas été adopté, le CRTC n’a pas le pouvoir de réglementer le numérique.

En somme, le diffuseur public se considère de plus en plus comme une organisation médiatique qui doit «incarner le Canada» sur toutes les plateformes qu’utilisent les Canadiens, mais l’organisme chargé de le réglementer n’a pas encore les moyens de répondre à ces ambitions.

Pierre Karl Péladeau accuse CBC/Radio-Canada de «concurrence déloyale».

À en croire le patron de Québecor, alors que la télévision généraliste est en déclin en raison de la concurrence des géants américains du streaming, Radio-Canada devrait se concentrer sur son mandat de service public et laisser tomber ses activités commerciales, qui nuisent au secteur privé – dont Québecor.

Pourtant, le problème est ailleurs.

N’en déplaise à PKP, la vraie menace qui pèse sur l’industrie canadienne de la télévision, ce ne sont pas les 500 millions $ que CBC/Radio-Canada tire de ses activités commerciales et qui représenteraient une «concurrence déloyale» pour le secteur privé.

C’est une goutte d’eau dans l’océan.

La vraie menace, c’est le changement en profondeur des habitudes d’écoute des Canadiens depuis l’arrivée des Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video.

  • Les séries dramatiques locales et les émissions d’ici doivent maintenant rivaliser avec un flot ininterrompu de mégaproductions américaines déversé chaque semaine sur ces plateformes.
  • C’est District 31 avec Gildor Roy, contre The Mandalorian avec bébé Yoda.

En 2018, l’industrie de la télévision généraliste au Québec a encaissé des pertes d’exploitation de 3,2 millions $. Un record, selon Québecor, mais sans doute pas la dernière année dans le rouge: le public semble préférer bébé Yoda.

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Quelles sont les options?

Au Canada, quelle organisation médiatique a une force de frappe suffisante pour empêcher l’américanisation galopante de notre culture?

  • Bell Média? L’entreprise a lancé son service Crave, une alternative canadienne à Netflix. On y trouve bien des productions d’ici, mais elles sont noyées dans une mer de sitcoms américaines (Friends) et de séries de HBO.
  • Québecor? Une mouche à côté des géants américains. Dans les réunions chez Netflix, on ne doit pas trembler fort devant la menace que représente Club illico.
  • CBC/Radio-Canada? Même si le CRTC lui donnait les coudées franches pour investir les plateformes numériques, le diffuseur public aurait du mal à inverser la tendance de fond.

Par contre, pour protéger la culture d’ici – ce qui est réellement l’enjeu –, CBC/Radio-Canada est sans doute notre meilleure option.

Le diffuseur public l’a d’ailleurs démontré depuis 10 ans avec ICI Tou.tv, une plateforme de diffusion en continu qui fédère des contenus canadiens et internationaux de qualité provenant de CBC/Radio-Canada, mais aussi d’autres chaînes (TV5, UNIS.TV, Télé-Québec, l’ONF).

Il manquerait les contenus de TVA dans cette plateforme pour en faire un incontournable au Québec. Tou.tv pourrait peut-être même avoir une chance contre Netflix.

L’époque des chicanes de plates-bandes est révolue.

Quand j’entends les guéguerres entre PKP et Radio-Canada, j’ai l’impression d’assister aux sempiternelles querelles à propos d’un poisson pas frais entre le forgeron et le poissonnier dans Astérix.

Pendant ce temps, César poursuit l’expansion de son empire.

Seule différence: au Québec, nous n’avons pas de potion magique pour tenir les envahisseurs à distance. Notre seule option? Nous serrer les coudes.

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Tendances MÉDIAS

Est-il temps de décentraliser les médias sociaux?

Publié le 15 janv. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Est-il temps de décentraliser les médias sociaux?

(photo: Ravi Sharma | Unsplash)

  • Nous vivons dans un monde où des sociétés privées s’octroient le droit de couper le sifflet au président des États-Unis. Bien sûr, dans ce monde, ces sociétés privées gèrent des plateformes devenues des espaces de communication incontournables, et le président des États-Unis s’appelle Donald Trump.
  • Il n’empêche, l’effacement de Trump des grands médias sociaux ouvre une véritable boîte de Pandore: si Twitter ou Facebook peuvent museler un président des États-Unis, leur toute-puissance devrait-elle commencer à nous inquiéter?

La goutte qui a fait déborder le vase, c’est l’assaut contre le Capitole.

Accusé d’avoir encouragé la foule à envahir le Capitole, le 6 janvier, Donald Trump a commis une bourde de trop.

À quelques jours de la fin de son mandat, le voilà sous le coup d’une deuxième procédure de destitution, ses plus fidèles collaborateurs lui tournent le dos, même l’association des golfeurs professionnels ne veut plus organiser son championnat sur son terrain de golf.

La réaction des éditeurs de médias sociaux ne s’est pas fait attendre.

  • Le 8 janvier, Twitter a suspendu le compte @realDonaldTrump, privant ainsi des tweets enragés du président quelque 88 millions d’abonnés.
  • D’autres médias sociaux et sociétés web ont suivi: Facebook, Instagram, TikTok, Shopify, Snapchat, YouTube, Twitch et même Pinterest ont tous, d’une façon ou d’une autre, suspendu ou limité la portée des propos du président.

Cette situation sans précédent soulève des questions fondamentales.

  • Est-il souhaitable que des patrons d’entreprises technos continuent de décider de ce qui peut être dit ou pas, en particulier par des élus (fut-il Donald Trump)?

La situation remet à l’avant-scène une idée qui fait tranquillement son chemin: en raison du rôle central que jouent les médias sociaux dans la circulation des idées, il est temps de repenser le concept initial.

Vers des médias sociaux décentralisés:

Plusieurs investisseurs en capital de risque de renom contactés par Business Insider croient que l’effacement de Trump par les médias sociaux était une mauvaise idée, qui prouve que les géants du Web sont devenus trop puissants.

Fred Wilson, un investisseur de la première heure dans Twitter, a même déclaré qu’il était «fantastique que les mensonges, la haine et les propos odieux de l’actuel président des États-Unis ne soient plus accessibles sur Twitter, […] mais il est problématique que Twitter ait autant de pouvoir.»

Certains de ces investisseurs s’intéressent de plus en plus aux jeunes pousses qui proposent des moyens de décentraliser les médias sociaux.

De quelle façon? En créant une infrastructure de communication qui ne serait pas contrôlée par une seule entreprise.

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Une solution inspirée du courriel

Des médias sociaux décentralisés pourraient fonctionner à la manière du courriel.

Depuis toujours, pour envoyer un courriel, il n’est pas obligatoire d’utiliser Gmail ou Outlook.

  • Ce ne sont que des applications pour créer et partager des courriels.
  • Et l’application Gmail, par exemple, a une façon de traiter les polluriels (spam), qui n’est pas exactement la même que celle d’Outlook.

Dans cet esprit, si les messages partagés sur les médias sociaux (les tweets ou les statuts Facebook) étaient traités comme un protocole de communication semblable au courriel, l’application Twitter ne servirait qu’à lire ou écrire des messages sociaux… et Twitter pourrait décider de restreindre les messages d’un président récalcitrant sans nécessairement lui retirer, en quelque sorte, sa liberté d’expression.

En somme, si les médias sociaux étaient décentralisés, Donald Trump pourrait toujours communiquer, et ses fidèles n’auraient qu’à lire ses messages sur une autre plateforme sociale.

Sur son blogue, Fred Wilson est catégorique: «C’est ainsi que les médias sociaux devraient fonctionner, et il est grand temps que nous nous y mettions.»

Qui sait, dans l’histoire, on reconnaîtra peut-être l’épisode de la semaine dernière comme l’élément déclencheur d’une vaste réingénierie des médias sociaux…

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Tendances MÉDIAS

Ce que Facebook nous réserve en 2021

Publié le 8 janv. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Ce que Facebook nous réserve en 2021

[image: Glen Carrie | Unsplash]

  • À voir la vitesse à laquelle Facebook lance de nouvelles fonctionnalités, on comprend que l’adage «less but better» ne fait pas partie de la culture d’entreprise du plus important réseau social de la planète.
  • En 2021, Facebook propose aux marques un puissant arsenal pour vendre en ligne, gérer des prospects, améliorer le service à la clientèle et créer des contenus toujours plus originaux. Vous avez peut-être raté quelques annonces. Résumé.

En attendant de savoir si la justice américaine imposera son démantèlement pour pratiques anticoncurrentielles, Facebook demeure une plateforme incontournable pour les marques soucieuses de développer leur présence en ligne.

Quelles sont les nouvelles façons d’exploiter tout le potentiel du réseau social en 2021?

Les groupes Facebook

  • Ce qui a changé: Facebook a annoncé dès 2019 que son interface allait faire la part belle aux deux fonctionnalités qui font revenir les utilisateurs: les Groupes et les Événements.
  • Le réseau social compte plus de 10 millions de groupes, et une étude a démontré que plus de 80% des utilisateurs de la génération Z ne voient pas d’inconvénients à ce que les marques publient des contenus dans les groupes dont ils font partie.
  • En 2021: Trouver sur Facebook des communautés qui partagent les valeurs ou les intérêts de votre entreprise, suivre ces groupes et participer aux conversations avec authenticité, altruisme et réciprocité… Voilà un nouveau moyen de rejoindre ses auditoires!

Les Boutiques Facebook

  • Ce que c’est: Alors que le gouvernement du Québec lançait son fameux Panier bleu – un «bottin» sur le Web censé soutenir les commerces locaux –, Facebook ajoutait à sa plateforme la possibilité pour les entreprises de toutes tailles de créer facilement une boutique en ligne et de vendre leurs produits à même leur Page ou leur compte Instagram.
  • En 2021: Les Boutiques Facebook ne sont très certainement qu’un premier pas du géant dans l’univers du commerce en ligne. Avec la suite Facebook Business lancée en 2020 et l’acquisition de Kustomer, un outil de gestion de la relation client (CRM) qui permet aux entreprises de gérer les interactions avec leur clientèle à travers plusieurs canaux, attendons-nous à ce que le commerce en ligne devienne une «grosse affaire» chez Facebook!

Collab, le TikTok de Facebook

  • Ce que c’est: Déployé aux États-Unis en décembre dernier, Collab est la réponse de Mark Zuckerberg à TikTok. Ce réseau social se présente comme une plateforme permettant aux utilisateurs de créer de courts clips musicaux de façon collaborative.
  • En 2021: Lorsque Facebook aura déployé Collab à travers le monde, il y a fort à parier que les utilisateurs s’approprieront ce nouvel outil… et ce qu’ils en feront pourrait nous surprendre! Rappelons que Facebook n’était à l’origine qu’une plateforme pratique pour partager ses photos de vacances.

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D’autres nouveautés à surveiller

  • Le recours aux mots-clics (hashtags) n’a jamais vraiment décollé. Les choses pourraient changer. Facebook teste une nouvelle fonctionnalité qui suggère des mots-clics à ajouter à une publication, en incluant le nombre de publications contenant un mot-clic donné. Cette fonctionnalité — identique à celle qui a fait le succès d’Instagram — donnera aux marques une arme supplémentaire pour augmenter la portée de leurs publications.
  • Facebook investit dans l’intelligence artificielle pour arriver à mieux détecter les propos haineux que pourraient répandre ses 2,7 milliards d’utilisateurs. Dans une annonce de fin d’année faite aux employés de la société, le directeur de la technologie du réseau social, Mike Schroepfer, a soutenu que Facebook pouvait maintenant détecter 95% des messages haineux sur sa plateforme. Maintenant, il faut en faire plus pour les effacer!
  • Dans la même annonce de fin d’année, Facebook a dévoilé un nouvel outil en cours de conception qui permet de résumer des articles d’actualité sous la forme de listes à points. Baptisé TLDR (pour «Too Long, Didn’t Read»), cet outil offrira aux utilisateurs un moyen de s’informer sans lire l’article au complet. On entend d’ici le monde de la presse écrite grincer des dents…

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Tendances MÉDIAS

Séries vidéo en ligne: ce qui nous attend sur nos écrans en 2021

Publié le 2 janv. 2021
Steve Proulx
par Steve Proulx
Séries vidéo en ligne: ce qui nous attend sur nos écrans en 2021
  • Le confinement imposé par la pandémie de Covid-19 a permis aux plateformes de diffusion en continu de faire le plein d’abonnés en 2020. Et ces plateformes concurrentes ne regardent pas à la dépense pour se tailler une part du gâteau.
  • Résultat: pour meubler ses soirées télé en 2021, le consommateur aura l’embarras du choix.

Voici ma sélection de séries à surveiller, par plateforme:

Sur Netflix

Selon certaines prévisions, Netflix pourrait investir cette année 19 milliards $US pour enrichir son offre.

Dans un contexte de rude concurrence, et alors que de nombreux ayants droit rapatrient sur leur propre plateforme des productions qui ont fait le succès de Netflix ces dernières années (Friends, The Office, Gossip Girl), le roi du streaming mise plus que jamais sur ses contenus originaux pour fidéliser ses 195 millions d’abonnés.

Au programme en 2021:

  • Lupin – Omar Sy (Intouchables) incarne un concierge au Musée du Louvre qui se lance sur les traces du célèbre Arsène Lupin en mettant sur pied un cambriolage ambitieux… pour venger la mort de son père. Dès le 8 janvier.
  • L’héritage de Jupiter – En achetant l’éditeur de comics Millarworld en 2017, Netflix voulait mettre la main sur un univers de superhéros pour rivaliser avec Marvel, qui appartient à Disney, et DC Comics, qui est dans le giron de WarnerMedia. La série L’héritage de Jupiter, tournée à Toronto et mettant en vedette Justin Theroux, fera défiler une ribambelle de nouveaux justiciers aux pouvoirs extraordinaires. À venir en 2021.

[Bande-annonce de Lupin]

Sur Disney+

Après un peu plus d’un an d’existence, la plateforme vidéo de Disney est parvenue à recruter 86 millions d’abonnés. Un exploit bien au-delà des attentes: Disney espérait 90 millions d’abonnés… à sa quatrième année! Il faut dire que le concurrent le plus sérieux de Netflix a un atout de taille dans sa manche: les univers de Marvel, de Pixar, de Star Wars… et de Disney.

  • Star Wars – Le succès de la série The Mandalorian n’était qu’un hors-d’œuvre: la célèbre galaxie très, très lointaine est en pleine expansion. Plus d’une dizaine de productions inspirées de l’univers de Star Wars débarqueront sur Disney+ dans les 24 prochains mois, dont la très attendue Obi Wan Kenobi, mettant en vedette Ewan McGregor dans le rôle-titre.
  • Marvel – Les superhéros de Marvel ne seront pas en reste. Une dizaine de productions est dans les cartons – dont WandaVision, dès le 15 janvier, qui apparaît comme la première sitcom de l’univers cinématographique de Marvel. Ce que ce sera? Une curiosité, assurément!

[Bande-annonce de WandaVision]

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Sur Apple TV+

Annoncée pour cette année, Fondation est la série que tous les vrais amateurs de science-fiction attendent. Basée sur la trilogie du légendaire auteur Isaac Asimov, parue dans les années 50, elle mettra en vedette Lee Pace (Halt and Catch Fire) et Jared Harris (Chernobyl).

[Bande-annonce de Fondation]

Sur Ici Tou.tv

Jean-Carl Boucher (1981) découvrira qu’il est le dernier humain sur la planète… avant de rencontrer Maude. La comédie fantastique Félix, Maude et la fin du monde sera offerte à compter de mars 2021.

Sur Club illico

Nostalgique de la série Alfred Hitchcock présente…? Cet hiver, on aura droit à notre propre série d’anthologie provenant du sombre imaginaire de notre maître local du suspense, Patrick Senécal. Au menu de Patrick Senécal présente… dix histoires à faire frissonner, réalisées par Stéphane Lapointe (Tout sur moi).

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Tendances MÉDIAS

En 2021, comment tirer profit des stories dans les médias sociaux?

Publié le 18 déc 2020
Steve Proulx
par Steve Proulx
En 2021, comment tirer profit des stories dans les médias sociaux?

(Photo: PixieMe | Adobe Stock)

  • La popularité des contenus éphémères, ces stories qui disparaissent après une courte période, a explosé en 2020. Et pratiquement tous les grands médias sociaux offrent désormais à leurs utilisateurs des moyens d’en partager.
  • En 2021, les entreprises qui ne sont pas déjà rompues aux stories auraient intérêt à commencer à apprivoiser ce nouveau mode de communication. Mais comment?

Inventés par Snapchat, les contenus éphémères se sont répandus en 2020:

  • Depuis novembre, Twitter offre à tous les utilisateurs de son application mobile la possibilité d’envoyer des Fleets, des tweets éphémères.
  • Récemment, après quelques mois de tests, LinkedIn a introduit les LinkedIn Stories à son application mobile.
  • Ces «petits nouveaux» dans l’univers des contenus éphémères s’ajoutent aux Stories d’Instagram (depuis 2016) et à celle de Facebook (2017).

Investir dans le contenu éphémère, est-ce du temps perdu?

Pour une entreprise active dans les médias sociaux, exploiter sans discernement toutes les nouvelles fonctionnalités de ces plateformes est rarement une bonne idée. Cela dit, les contenus éphémères semblent être là… pour rester.

Le grand patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a même déjà prédit que les stories sur Facebook allaient devenir un médium plus important que le fil de nouvelles.

Les avantages des contenus éphémères sont nombreux. Ils sont:

  • optimisés pour le mobile (vidéos au format vertical);
  • plus visibles, en étant accessibles en haut de l’écran de l’appli du média social;
  • populaires auprès des millénariaux, un segment de marché convoité par bien des marques.

Par ailleurs, comme les contenus éphémères disparaissent vite, il a été démontré que les utilisateurs cliquent davantage… par crainte de manquer quelque chose.

Les stories dans une stratégie marketing

Il est inutile de trop planifier l’exercice. Les stories existent dans l’instantané, dans l’inspiration du moment, dans l’ici et le maintenant.

On pourrait résumer l’état d’esprit à adopter au moment de composer sa story en une phrase: «Qu’est-ce que votre marque a à dire aujourd’hui à propos d’aujourd’hui

Quelques pistes:

  • Montrez ce que vous faites – Vos employés, les projets qui vous occupent en ce moment, la nouvelle vitrine de votre boutique…
  • Surfez sur l’air du temps – Commentez l’actualité, la météo, soulignez des fêtes ou des anniversaires…
  • Misez sur l’interaction – Posez une question à vos abonnés. Par exemple: sollicitez leur avis entre deux versions de votre prochain logo.
  • Annoncez quelque chose d’excitant – Un nouveau produit, une utilisation inédite de votre produit, l’arrivée d’un nouvel employé…
  • Faites une offre exclusive – Pour les commerces, une story peut servir à offrir un rabais sur un produit à acheter immédiatement.

Le mot d’ordre: restez authentique.

Les stories fournissent aux marques l’occasion d’engager avec l’auditoire une relation plus authentique, moins «polie». En effet, dans une story, une marque peut se permettre des digressions par rapport à son plan de communication établi et réfléchi… il s’agit même là d’un facteur de succès!

En deux mots, avec les stories, votre entreprise peut se «lâcher lousse»!

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Tendances MÉDIAS

Faut-il casser Facebook en morceaux?

Publié le 12 déc 2020
Steve Proulx
par Steve Proulx
Faut-il casser Facebook en morceaux?

Photo : Annie Spratt | Unsplash)

  • La nouvelle a eu l’effet d’une bombe: mercredi dernier, la Commission américaine de la concurrence (FTC) et une coalition de 48 États américains intentaient deux poursuites parallèles contre Facebook pour pratiques anticoncurrentielles.
  • C’est le dernier épisode d’une lutte contre les géants du Web qui s’annonce épique. Est-ce le début de la fin des GAFAM?

Le combat judiciaire s’annonce long, très long.

Dans le coin droit :

La FTC souhaite briser le monopole de Facebook et le forcer à cesser ses pratiques anticoncurrentielles.

  • Si la FTC remporte ce bras de fer, Facebook pourrait devoir se départir d’Instagram et de WhatsApp.

La coalition de 48 États américains accuse Facebook d’avoir violé l’article 2 du Sherman Antitrust Act.

  • En plus d’exiger la fin des pratiques anticoncurrentielles alléguées, la coalition demande à la justice américaine d’empêcher Facebook de réaliser des acquisitions de plus de 10 millions $ avant d’avoir obtenu l’autorisation des États.

Dans le coin gauche :

Facebook a rappelé à la FTC, dans une déclaration officielle, que la commission avait approuvé les acquisitions d’Instagram en 2012 et de WhatsApp en 2014.

  • Facebook l’accuse de vouloir maintenant faire marche arrière «sans considérer l’impact qu’un tel précédent pourrait avoir sur la communauté d’affaires et sur les gens qui choisissent nos produits chaque jour».

En entrevue à ABC News, la vice-présidente et directrice juridique de Facebook, Jennifer Newstead, a qualifié la décision de la FTC de «révisionniste».

  • «Les lois antitrust existent pour protéger les consommateurs et promouvoir l’innovation, pas pour punir les entreprises qui ont du succès.»

Ce n’est pas la première fois que les GAFA goûtent à la loi antitrust américaine.

  • À la fin des années 1990, Microsoft a été accusée de maintenir illégalement son monopole dans le marché des ordinateurs personnels en empêchant les utilisateurs d’installer d’autres fureteurs Web, au profit du fureteur maison de Microsoft, Internet Explorer.
  • Apple a été poursuivie par la justice américaine en 2013, et condamnée en 2016 à payer une amende de 450 millions $ pour avoir fixé le prix des livres numériques en concertation avec cinq des plus importants éditeurs mondiaux.
  • En juillet dernier, les grands patrons des géants du Web ont été questionnés par la commission judiciaire de la Chambre des représentants dans le cadre d’une vaste enquête pour déterminer si les GAFA abusent de leur position dominante.

La lune de miel des GAFA avec la politique est terminée.

Il n’y a pas si longtemps, les GAFA et leurs innovations suscitaient encore l’admiration de la classe politique. Le ton a changé ces derniers mois.

  • En octobre, le département de la Justice des États-Unis a intenté une poursuite contre Google, l’accusant d’exercer un monopole sur la recherche en ligne et le marché publicitaire.
  • Le gouvernement australien est sur le point d’adopter une loi qui pourrait forcer Google et Facebook à verser des redevances aux médias pour l’utilisation de leurs contenus.
  • Dans son dernier discours du Trône, le gouvernement Trudeau a promis d’agir contre les GAFAM.
  • Le président élu Joe Biden a même déclaré que le démantèlement des géants du Web devait être considéré.

Qui plus est, des voix s’élèvent un peu partout pour dénoncer le rôle central des géants du Web dans la propagation de fausses nouvelles, de propos racistes ou haineux, dans la polarisation extrême de la société.

Que donneront toutes ces poursuites, critiques et autres désillusions envers les géants du Web? Difficile à dire. Attendons-nous tout de même à un rebrassage de cartes ces prochaines années. Le terme «GAFAM» n’en a peut-être plus pour longtemps…

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Sur le même sujet: Pourquoi Facebook risque davantage d’être démantelée que Google

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Liste de lectures de Legault: ce que tous les gestionnaires doivent retenir du fiasco de l’ALQ

Publié le 5 déc 2020
Steve Proulx
par Steve Proulx
Liste de lectures de Legault: ce que tous les gestionnaires doivent retenir du fiasco de l’ALQ
  • Une liste des lectures favorites de François Legault partagée avec l’association des libraires nous a permis d’assister à une énième représentation d’un même spectacle: des gestionnaires surpris par une tempête dans un verre d’eau.
  • En tant qu’organisation, faut-il s’astreindre à un acte de contrition chaque fois qu’un contenu a son 15 minutes de controverse? La réponse: surtout pas.

Ce qui s’est passé:

  • Depuis le début de la pandémie, l’Association des libraires du Québec (ALQ) invite des personnalités à partager leurs coups de cœur littéraires dans le cadre de l’initiative #lireenchoeur.
  • Grand lecteur, le premier ministre François Legault s’est prêté au jeu.
  • Parmi ses choix, le livre par lequel le scandale est arrivé: L’empire du politiquement correct de Mathieu Bock-Côté, prolifique chroniqueur et essayiste à droite du spectre politique.
  • S’en est suivi un torrent de critiques dans les médias sociaux; de nombreux internautes ont été choqués que notre premier ministre glisse l’essai d’un conservateur notoire entre des œuvres plus consensuelles de Dany Laferrière ou de Marie Laberge.

Ce qui s’est surtout passé:

  • Devant le flot de critiques, l’ALQ a paniqué.
  • Dans une tentative d’étouffer l’affaire, on a retiré certaines publications liées aux choix de lectures de Legault; on a aussi ajouté une mise en garde au début de la vidéo du premier ministre.
  • Toutes ces manœuvres n’auront fait qu’amplifier le scandale: les commentaires dénonçant la censure s’ajoutant à ceux dénonçant Bock-Côté.
  • Dans un message publié sur Facebook le 30 novembre, l’ALQ annonçait en fin de compte avoir remis en ligne l’intégralité des contenus du premier ministre, et s’excusait d’avoir «pris la décision trop rapidement de retirer certaines publications sur les réseaux sociaux».

Ce qui aurait dû se passer:

  • Rien.

Il y a des leçons à tirer de cet épisode:

  • Partager des contenus dans les médias sociaux fait désormais partie de la panoplie des outils de communication des organisations.
  • Chaque contenu partagé a cependant le potentiel de générer un peu, beaucoup, énormément de commentaires négatifs…
  • C’est un risque incontournable, qu’une organisation gère d’abord en publiant des contenus qu’elle saura défendre.

Céder à la panique et se livrer à une forme d’autocensure lorsqu’un contenu s’attire les foudres d’une certaine frange de la population, c’est s’engager sur une pente glissante. C’est sauter dans le train fou de la culture du bannissement (cancel culture).

●    L’ALQ n’est pas sortie gagnante de l’épisode François Legault.Rien dans l’intervention du premier ministre ne justifiait une quelconque forme de censure; aucun propos haineux, raciste ou mensonger.

  • En fait, réagir aussi promptement à un problème inexistant n’a fait que… donner de la légitimité à un problème inexistant!
  • Surtout, elle a démontré un manque de courage de la part de l’ALQ.

Devant le déluge de critiques:

  • La réaction sensée aurait été d’affirmer et de célébrer le droit inaltérable de François Legault d’ajouter le livre de Mathieu Bock-Côté à ses prescriptions littéraires, et son droit d’expliquer son choix (ce qu’il a fait).
  • La réaction audacieuse aurait été de profiter de l’occasion pour inviter Mathieu Bock-Côté à partager ses propres coups de cœur littéraires…

Nous ne sommes encore qu’aux balbutiements des changements de société qu’imposeront les médias sociaux.

Si les organisations ne cultivent pas rapidement le courage d’assumer ce qu’ils publient sur ces plateformes, aussi bien ne pas chercher à participer à la conversation publique.

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Les salles de cinéma se relèveront-elles de la pandémie?

Publié le 28 nov. 2020
Steve Proulx
par Steve Proulx
Les salles de cinéma se relèveront-elles de la pandémie?

(Photo: Karen Zhao | Unsplash)

  • Pandémie oblige, l’année 2020 s’annonce comme étant la plus sombre dans l’histoire des salles de cinéma.
  • Or, le déclin des salles de cinéma est amorcé depuis au moins deux décennies, chiffres à l’appui. On se demande aujourd’hui si cette industrie a encore un avenir.

En Amérique du Nord, depuis le tournant du siècle, le nombre de billets de cinéma vendus par habitant poursuit un lent déclin.

Ce que raconte ce graphique:

  • Entre 1980 et 2000, il se vendait chaque année en Amérique du Nord 4,3 billets de cinéma par habitant.
  • Au cours de la dernière décennie (2000-2019), nous n’en sommes plus qu’à 3,7 billets.
  • Certes, en chiffres absolus, il s’est vendu presque autant de billets de cinéma en 2019 que 30 ans plus tôt. Mais c’est parce que pas moins de 90 millions de personnes se sont ajoutées à la population nord-américaine au cours de la même période.
  • Alors que de nombreuses salles de cinéma ont dû fermer en raison de la pandémie, le nombre de billets vendus par habitant a connu une chute drastique en 2020: on prévoit qu’il sera de seulement 0,7 billet cette année.

Depuis presque 20 ans, les salles de cinéma sont moins fréquentées, année après année.

Ce qui s’est passé:

  • L’arrivée du magnétoscope, du cinéma maison et du DVD au cours des décennies 1980-1990 n’a pas été déterminante en ce qui concerne la fréquentation des salles de cinéma. En revanche, l’effet Netflix l’a été.
  • Netflix a lancé son service de vidéo à la demande en 2007. Au 30 septembre dernier, le service comptait 195 millions d’abonnés payants dans le monde, soit près de 37 millions d’abonnés de plus qu’un an auparavant. Une croissance qui équivaut, à peu de chose près, à l’ensemble de la population canadienne.
  • Ces dernières années, les plateformes de diffusion en continu se sont multipliées : Disney+, Crave, Amazon Prime, Apple TV+, etc.
  • Selon l’Observateur des technologies médias, au Canada, le taux d’abonnement à ces services a doublé depuis 2016; 68 % des Canadiens sont aujourd’hui abonnés à au moins un service de streaming.

Le streaming à la conquête de l’attention mondiale:

  • La vidéo à la demande a fourni à la culture populaire de nombreux succès ces dernières années : House of Cards, Stranger Things, Umbrella Academy, The Marvelous Mrs. Maisel, The Crown, etc.
  • Il y a une place à prendre, et c’est à coup de milliards que les grands acteurs de l’industrie du streaming cherchent à s’imposer dans nos habitudes culturelles.
  • Netflix a annoncé cette semaine son intention d’investir un milliard de dollars pour développer à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, le plus grand studio de tournage au monde.
  • Avec la pandémie, des sociétés de production de cinéma ont choisi de lancer leurs films en ligne, s’affranchissant par le fait même d’un coûteux intermédiaire: les salles de cinéma.

La grande question: qu’est-ce qui attend les salles de cinéma?

  • Devant l’ampleur de la vague du streaming, le cinéma en salles connaîtra-t-il le même sort que les ventes d’albums après l’arrivée du MP3?
  • Alors que l’industrie du cinéma cède aux attraits du streaming, quels films seront encore distribués en salles?
  • Pendant combien de temps les recettes au box-office resteront-elles une mesure adéquate pour évaluer le succès populaire d’une œuvre cinématographique?
  • Et surtout, une fois la pandémie derrière nous, le public aura-t-il encore envie d’aller s’entasser pendant quelques heures dans une salle fermée?

J’ose une prédiction: attendons-nous ces prochaines années à voir les cinémas annoncer des changements majeurs, sinon leur fermeture.

J’ose une deuxième prédiction: les cinémas seront peut-être tentés de trouver des moyens d’attirer le public, alors on peut s’attendre à payer notre maïs soufflé beaucoup moins cher!

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