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Tendances MÉDIAS

Faut-il casser Facebook en morceaux?

Publié le 12 déc 2020
Steve Proulx
par Steve Proulx
Chroniqueur médias à InfoBref

Photo : Annie Spratt | Unsplash)

  • La nouvelle a eu l’effet d’une bombe: mercredi dernier, la Commission américaine de la concurrence (FTC) et une coalition de 48 États américains intentaient deux poursuites parallèles contre Facebook pour pratiques anticoncurrentielles.
  • C’est le dernier épisode d’une lutte contre les géants du Web qui s’annonce épique. Est-ce le début de la fin des GAFAM?

Le combat judiciaire s’annonce long, très long.

Dans le coin droit :

La FTC souhaite briser le monopole de Facebook et le forcer à cesser ses pratiques anticoncurrentielles.

  • Si la FTC remporte ce bras de fer, Facebook pourrait devoir se départir d’Instagram et de WhatsApp.

La coalition de 48 États américains accuse Facebook d’avoir violé l’article 2 du Sherman Antitrust Act.

  • En plus d’exiger la fin des pratiques anticoncurrentielles alléguées, la coalition demande à la justice américaine d’empêcher Facebook de réaliser des acquisitions de plus de 10 millions $ avant d’avoir obtenu l’autorisation des États.

Dans le coin gauche :

Facebook a rappelé à la FTC, dans une déclaration officielle, que la commission avait approuvé les acquisitions d’Instagram en 2012 et de WhatsApp en 2014.

  • Facebook l’accuse de vouloir maintenant faire marche arrière «sans considérer l’impact qu’un tel précédent pourrait avoir sur la communauté d’affaires et sur les gens qui choisissent nos produits chaque jour».

En entrevue à ABC News, la vice-présidente et directrice juridique de Facebook, Jennifer Newstead, a qualifié la décision de la FTC de «révisionniste».

  • «Les lois antitrust existent pour protéger les consommateurs et promouvoir l’innovation, pas pour punir les entreprises qui ont du succès.»

Ce n’est pas la première fois que les GAFA goûtent à la loi antitrust américaine.

  • À la fin des années 1990, Microsoft a été accusée de maintenir illégalement son monopole dans le marché des ordinateurs personnels en empêchant les utilisateurs d’installer d’autres fureteurs Web, au profit du fureteur maison de Microsoft, Internet Explorer.
  • Apple a été poursuivie par la justice américaine en 2013, et condamnée en 2016 à payer une amende de 450 millions $ pour avoir fixé le prix des livres numériques en concertation avec cinq des plus importants éditeurs mondiaux.
  • En juillet dernier, les grands patrons des géants du Web ont été questionnés par la commission judiciaire de la Chambre des représentants dans le cadre d’une vaste enquête pour déterminer si les GAFA abusent de leur position dominante.

La lune de miel des GAFA avec la politique est terminée.

Il n’y a pas si longtemps, les GAFA et leurs innovations suscitaient encore l’admiration de la classe politique. Le ton a changé ces derniers mois.

  • En octobre, le département de la Justice des États-Unis a intenté une poursuite contre Google, l’accusant d’exercer un monopole sur la recherche en ligne et le marché publicitaire.
  • Le gouvernement australien est sur le point d’adopter une loi qui pourrait forcer Google et Facebook à verser des redevances aux médias pour l’utilisation de leurs contenus.
  • Dans son dernier discours du Trône, le gouvernement Trudeau a promis d’agir contre les GAFAM.
  • Le président élu Joe Biden a même déclaré que le démantèlement des géants du Web devait être considéré.

Qui plus est, des voix s’élèvent un peu partout pour dénoncer le rôle central des géants du Web dans la propagation de fausses nouvelles, de propos racistes ou haineux, dans la polarisation extrême de la société.

Que donneront toutes ces poursuites, critiques et autres désillusions envers les géants du Web? Difficile à dire. Attendons-nous tout de même à un rebrassage de cartes ces prochaines années. Le terme «GAFAM» n’en a peut-être plus pour longtemps…

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Sur le même sujet: Pourquoi Facebook risque davantage d’être démantelée que Google

Steve Proulx