Détecteur de rumeurs

Qu’est-ce qui est vrai et qu’est ce qui est faux? Les théories que l’on voit passer sur les médias sociaux sont-elles fondées? Le détecteur de rumeurs rétablit les faits. [Textes rédigés par l’Agence Science-Presse et édités par InfoBref.]

Pourquoi on peut s’attendre à plus de décès à cause des variants

Publié le 31 janv. 2021
Pourquoi on peut s’attendre à plus de décès à cause des variants

(Source: Pixabay)

  • Des variants du coronavirus ont été identifiés à la fin de l’an dernier au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil. Depuis, ils se sont propagés dans plus de 60 pays, dont le Canada.
  • Les premières données sur ces variants ont rapidement montré qu’ils étaient plus contagieux, mais pas forcément plus mortels. Cependant, parce qu’ils se transmettent plus facilement, ces variants feront davantage de victimes.  

Depuis le début de la pandémie, l’une des principales craintes était de voir apparaître des variants plus contagieux.

  • Lorsque le nombre de personnes infectées augmente, le risque qu’une des mutations du virus le rende plus «efficace» augmente également.

D’après les premières recherches, le variant détecté au Royaume-Uni serait de 50% à 74% plus transmissible que les autres versions du virus. 

Dans une analyse préliminaire parue le 15 janvier, des chercheurs britanniques auraient observé une plus grande charge virale chez les personnes infectées par le variant, ce qui expliquerait qu’elles soient plus contagieuses.

Néanmoins, rien n’indique que les personnes infectées par ces variants:

  • soient plus malades que les autres ou aient des symptômes différents;
  • aient un taux de mortalité plus élevé.

Mais plus il y a de personnes infectées, plus il risque d’y avoir des décès. 

Au Québec, l’automne dernier, le taux de reproduction – soit le nombre de personnes contaminées par chaque personne infectée – oscillait entre 0,92 et 1,18.

  • Une augmentation de la transmissibilité de 50% pourrait donc signifier un taux de reproduction se situant autour de 1,5.
  • Il s’agirait d’un taux comparable à celui atteint fin mars 2020, alors qu’on s’approchait du pic de la première vague.

En ce qui concerne le variant britannique:

Selon l’épidémiologiste britannique Adam Kucharski, «un virus qui est 50% plus contagieux est plus préoccupant qu’un virus qui est 50% plus mortel».

Le site Vox illustre l’affirmation d’Adam Kucharski avec une communauté fictive où 10 000 personnes sont infectées.

  • Dans ce scénario, chaque personne infecte en moyenne 1,1 personne avant l’arrivée du nouveau variant.
  • En prenant en compte le fait qu’il peut s’écouler plusieurs jours entre le moment où une personne est infectée et celui où elle est contagieuse, un mois plus tard (à la 5e «génération» ), 16 000 personnes sont contaminées.
  • Avec un taux de mortalité de 0,8%, comme c’était le cas en Angleterre à la fin de la première vague, on compterait 128 morts.

Si le virus devenait 50% plus mortel: après un mois, on compterait 192 morts au lieu de 128.

Mais si le virus devenait 50% plus contagieux, comme cela semble être le cas avec ce nouveau variant: après un mois, on compterait plutôt 978 décès au lieu de 128. 

(Infographie: Steve Proulx)
Agence Science-Presse
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Transmission du virus: ce qu’il faut savoir sur les aérosols

Publié le 24 janv. 2021
Transmission du virus: ce qu’il faut savoir sur les aérosols

(Source: Pixabay)

  • Chaque expiration, chaque toussotement, chaque parole expulsent dans l’air des gouttes d’eau de différents formats. Les plus grosses gouttelettes tombent rapidement au sol, mais les plus petites, les aérosols restent en suspension dans l’air de plusieurs minutes à plusieurs heures.
  • Depuis des mois, ces aérosols suscitent de grandes inquiétudes dans les milieux fermés et mal ventilés, comme les salles de classe.

Sans s’en rendre compte, tout le monde produit continuellement des aérosols.

  • Sauf par les journées les plus froides de l’hiver, lorsqu’on expire et qu’on voit un «nuage» de condensation se former, ils sont rarement visibles à l’œil nu. 
  • Mais, même quand il ne fait pas froid, ce «nuage» est présent à chaque respiration.
  • Or, ces millions de microgouttelettes d’eau peuvent contenir le virus. 

Pourquoi certaines restent en suspension dans l’air et pas d’autres?

La taille des gouttelettes est déterminante pour savoir si une gouttelette va «tomber» ou «flotter».

  • Historiquement, on considérait qu’une microgouttelette devait faire entre 1 et 6 micromètres de diamètre pour flotter, explique l’ingénieur titulaire d’un doctorat en génie mécanique Stéphane Bilodeau [1 micromètre = 1 millième de millimètre].
  • Mais des recherches récentes sur la propagation du virus de la Covid-19 par aérosols ont permis de découvrir que des microgouttelettes peuvent atteindre un diamètre de 100 micromètres et continuer de «flotter» dans l’air, souligne Stéphane Bilodeau. 

Pour comparaison, le coronavirus responsable de la Covid-19 fait un peu plus d’un dixième de micromètre [0,125 micromètre].

Combien de temps un aérosol reste-t-il en suspension?

Cela dépend du diamètre des particules. Mais il faut aussi tenir compte du fait que l’air n’est pas immobile.

  • Si tel était le cas, dans un air parfaitement stagnant, une microgouttelette de 5 micromètres lâchée d’une hauteur de 1,5 mètre mettrait environ 33 minutes à se déposer.
  • Dans un endroit où l’air se déplacerait horizontalement et sans aucune turbulence à 20 cm/s (0,72 km/h), la microgouttelette pourrait alors être transportée sur 400 mètres avant de toucher le sol.

Qu’en est-il dans une salle de classe?

Dans une pièce remplie d’enfants qui s’agitent, l’air est parcouru de vagues et de turbulences.

  • Ces mouvements peuvent faire «remonter» les microgouttelettes d’aérosol à plusieurs reprises et les maintenir en suspension plusieurs heures après leur émission, voire toute la journée.
  • Ce n’est que le soir, lorsque la pièce est vide et calme, que les aérosols se déposent au sol et sur les surfaces, et que l’air s’assainit.

Si ces aérosols transportent des particules virales, l’idéal serait donc de les éliminer des espaces clos à mesure qu’ils sont émis, d’où les discussions actuelles sur la filtration de l’air et la ventilation.

Agence Science-Presse
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Ce qu’il faut savoir sur les effets secondaires des vaccins

Publié le 10 janv. 2021
Ce qu’il faut savoir sur les effets secondaires des vaccins

(Source: Pixabay)

  • Avec l’homologation accélérée de plusieurs vaccins contre la Covid-19, de nombreuses personnes s’interrogent sur les effets secondaires qui pourraient être observés. 
  • Tout vaccin provoque des effets secondaires chez une partie de la population. Certains ont été démontrés lors des essais cliniques des vaccins anti-Covid. 

Les effets secondaires habituels

Sur son site, le gouvernement fédéral rappelle les effets secondaires habituels des vaccins.

  • Il est normal d’avoir un peu de fièvre, des douleurs musculaires ou une rougeur, de la douleur ou de l’enflure à l’endroit de l’injection.
  • Ces réactions témoignent du fait que notre système immunitaire réagit comme il est censé le faire à l’arrivée d’un «intrus».
  • Généralement légères, ces réactions apparaissent dans les heures suivant l’injection et pour quelques jours au maximum, indique Santé Canada.

Parmi les personnes qui recevront les vaccins de Pfizer ou de Moderna, on s’attend à ce que:

  • plus de 1 sur 10 ait de la fièvre;
  • 1 sur 2 ait des maux de tête ou de la fatigue;
  • 1 sur 3 ait des courbatures ou des frissons;
  • 1 sur 5 ait des douleurs articulaires. 

Après la seconde dose, les réactions pourraient être plus prononcées, mais sans danger.

Dans les essais de phase 3 du vaccin de Pfizer: moins de 2% des personnes vaccinées ont vu leur température monter à plus de 39 °C le jour suivant.

Les effets secondaires graves sont beaucoup plus rares.

De 2013 à 2017, sur 103 millions de doses de tous les vaccins administrés au Canada, on recense:

  • 14 000 effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI), dont 8% entrant dans la catégorie «effets secondaires graves» qui comprend une fièvre de plus de 40 °C, une enflure ou une éruption cutanée qui démange.
  • Aucun décès n’a été causé par un vaccin au Canada, selon les registres d’effets secondaires publiés par l’Agence de la santé publique.

Les réactions allergiques graves sont encore plus rares.

  • Le ministère québécois de la Santé rappelle que ces réactions allergiques graves concernent, selon le vaccin, de moins d’une dose administrée sur 100 000 à une sur 1 million.
  • Les ingrédients potentiellement allergènes contenus dans les vaccins sont répertoriés sur le site de Santé Canada.
  • Ainsi, à moins d’être allergiques à un composant du vaccin, les personnes souffrant d’allergies graves peuvent être vaccinées.

En ce qui concerne les vaccins de Pfizer et Moderna:

Le 26 décembre, le Centre de contrôle américain des maladies (CDC) publiait les premières données.

  • En date de la veille, sur 1,9 million de doses administrées, on recensait huit cas dits «sérieux» et quatre ayant conduit à une hospitalisation.
  • Dans une revue des données américaines et britanniques, deux experts pointaient le 30 décembre un composé de la «nanoparticule» de lipide à l’intérieur de laquelle le vaccin est transporté, le polyéthylène glycol, comme responsable possible de ces réactions anaphylactiques.
  • Ces réactions, comparent-ils, sont approximativement de l’ordre d’une par 100 000 ou 200 000 personnes vaccinées, contre une par million dans les vaccins habituels.



Agence Science-Presse
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La plupart des gens tiennent-ils leurs résolutions du Nouvel An?

Publié le 3 janv. 2021
La plupart des gens tiennent-ils leurs résolutions du Nouvel An?

(Source: Pixabay)

  • Selon un récent sondage effectué auprès de plus de 1000 Canadiens, 29% d’entre eux prennent une résolution au Nouvel An. 
  • Dans une étude réalisée à la fin des années 1980, un chercheur américain a constaté que la proportion de gens qui tiennent leurs résolutions diminue à mesure qu’on s’éloigne du 1er janvier: elle passe de 77% après une semaine, à 40% après 6 mois. 

Certains sont tout de même capables de tenir le coup deux ans, mais ils ne sont alors plus que 19%.

Bonne nouvelle, cela ne signifie pas que l’effort de prendre des résolutions soit inutile. 

En 2002, le même chercheur américain John Norcross a tenté de savoir si cet effort augmentait les chances d’adopter de nouvelles habitudes de vie. 

Il a ainsi étudié un groupe de personnes qui souhaitaient changer quelque chose dans leur quotidien (maigrir, cesser de fumer, etc.). 

Un peu plus de la moitié de ses «cobayes» avaient décidé d’agir au Nouvel An alors que les autres n’avaient pas pris d’engagement.

  • Six mois plus tard, 46% de ceux qui avaient pris une résolution avaient effectivement modifié un comportement.
  • Ils n’avaient pas tous respecté à la lettre leur résolution, mais c’était tout de même un taux dix fois plus grand que dans l’autre groupe. 

Le chercheur en avait conclu que les résolutions du Nouvel An, à défaut d’être suivies scrupuleusement, seraient au moins le signe d’une volonté de changer.

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Des décès causés par le vaccin? Attention aux fausses corrélations

Publié le 28 déc 2020
Des décès causés par le vaccin? Attention aux fausses corrélations

(Source: Pixabay)

  • Le gouvernement canadien prévoit vacciner trois millions de personnes d’ici le mois de mars.
  • De ce nombre, des milliers tomberont gravement malades, d’autres mourront… sans que le vaccin y soit pour quoi que ce soit.

Si on distribue un médicament ou un vaccin à un aussi grand nombre de personnes, on s’attend inévitablement à ce que des décès surviennent dans les semaines suivantes.

Pas à cause des risques du vaccin, mais plutôt à cause des simples lois de la statistique.

En effet, si on regroupe 3 millions de Canadiens, vaccinés ou pas, et qu’on les observe sans intervenir, on s’attend à ce que 6900 personnes âgées de 20 ans et plus fassent un premier infarctus aigu du myocarde au cours de l’année suivante. Ou environ 575 dans le mois suivant.

Sur un mois, quelque 1300 nouveaux diagnostics d’insuffisance cardiaque et plus de 2600 de cancer (tous types confondus) seront également établis. Et environ 1900 de ces trois millions mourront, sans que personne ne le remarque, puisque c’est la proportion de Canadiens qui meurent, toutes causes confondues, selon Statistique Canada.

Sur 3 millions de personnes, en un mois:

  • 575 feront un premier infarctus;
  • 1300 auront un diagnostic d’insuffisance cardiaque;
  • 2600 auront un diagnostic de cancer;
  • 1900 décèderont.

Si vous administrez un vaccin à ces 3 millions de personnes, il y a un risque réel que certains de ces infarctus, de ces diagnostics de cancer ou de ces décès soient attribués au vaccin par des parents ou des amis.

Raisonner de cette façon serait un exemple d’une erreur classique, connue des amateurs de chiffres sous le nom de fausse corrélation: lorsque deux événements semblent liés alors qu’ils ne le sont pas.

La clé sera de savoir s’ils tombent malades à un taux plus élevé que la normale une fois qu’ils ont été vaccinés.

  • Si une hausse anormale survenait, les autorités réglementaires comme Santé Canada pourraient intervenir pour suspendre la vaccination ou même retirer le vaccin.
  • Les indications sur les médicaments sont régulièrement revues après qu’ils aient commencé à être utilisés à grande échelle.


Agence Science-Presse
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Les femmes enceintes et les enfants pourront-ils être vaccinés?

Publié le 13 déc 2020
Les femmes enceintes et les enfants pourront-ils être vaccinés?

(Source: Pixabay)

  • Alors que plusieurs pays commencent leur campagne de vaccination, des questions restent sans réponse – notamment l’efficacité et les effets des vaccins sur les femmes enceintes et les enfants.
  • En effet, Pfizer, Moderna et AstraZeneca n’ont testé leur produit ni sur des femmes enceintes ni sur les moins de 16 ans.  

Le vaccin sera-t-il offert aux femmes enceintes?

Les entreprises qui développent des vaccins hésitent à les tester sur des femmes enceintes.

Résultat: lorsque le vaccin est approuvé, les femmes enceintes se le voient refuser ou doivent accepter de se faire vacciner avec un produit qui n’a pas été étudié pendant la grossesse.

Dans le cas de la Covid-19, des chercheurs ont plaidé en faveur d’une nouvelle approche.

  • En février, un article dans le magazine spécialisé en santé STAT soulignait que développer un vaccin que les femmes enceintes ne pourraient utiliser serait une grave injustice.
  • Ainsi, certains fabricants ont déclaré qu’ils testeraient leur vaccin chez les femmes enceintes après la fin de leurs études de phase 3.

En attendant, les données disponibles ne permettent pas de dire si les vaccins de Pfizer et Moderna sont sûrs pour les femmes enceintes.

  • Et il n’y a pas de données qui pourraient être extrapolées à partir d’expériences précédentes puisque tous deux seront les premiers vaccins utilisant la technologie à ARN messager (ARNm).

Quelle sera son efficacité pour les enfants?
Comme pour les femmes enceintes, on n’a pas de données pour les enfants.

  • Les vaccins doivent traditionnellement avoir fait leurs preuves chez les adultes avant de passer à cette étape qui consiste à examiner si la posologie, le nombre de doses et l’intervalle entre les doses doivent être ajustés pour les enfants.

En revanche, les enfants sont, pour la plupart, épargnés par les effets graves de la Covid-19.

  • On sait qu’ils peuvent transmettre la maladie, mais les données épidémiologiques montrent qu’ils sont, en général, moins contagieux.

Quant aux adolescents

  • Pfizer a commencé plus tardivement à tester son vaccin chez des volontaires de 12 ans et plus, et Moderna vient de commencer. Les données sont donc encore fragmentaires.
  • Les autres principaux fabricants, dont AstraZeneca, n’ont pas encore commencé à tester leurs vaccins chez les adolescents.
Agence Science-Presse
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Stress et perte de poids: le yoga chaud est-il plus efficace que le yoga traditionnel?

Publié le 6 déc 2020
Stress et perte de poids: le yoga chaud est-il plus efficace que le yoga traditionnel?

(Source: Wikimedia)

  • Les adeptes du yoga chaud affirment que sa pratique aiderait à la détente, à délier les muscles et même à perdre du poids.
  • Dans les faits, il pourrait contribuer à diminuer le stress ou à améliorer son cardio, mais il n’y a pas de preuves qu’il apporte plus de bénéfices que le yoga traditionnel.

Le yoga chaud, souvent appelé Bikram, est une forme de yoga pratiquée dans une salle chauffée à une température qui peut dépasser 40 degrés Celsius.

Il a été inventé par Bikram Choudhury, d’où son nom de yoga Bikram, dans les années 1970.

La détente et le bien-être sont des notions très subjectives. Mais le yoga Bikram peut y contribuer. 

  • Une étude de 2018 sur des adultes sédentaires indique que sa pratique pendant 16 semaines a diminué le niveau de stress mesuré des participants. 
  • Une revue de 23 études indique que la pratique régulière du yoga pourrait être efficace pour diminuer les symptômes de la dépression. Mais cette revue de la littérature porte sur le yoga en général, Bikram ou pas.

La recherche médicale a confirmé depuis longtemps que la chaleur peut améliorer la flexibilité des muscles et des ligaments. 

  • En suivant cette idée, des chercheurs avaient conclu en 2013 que la flexibilité des muscles des participants à des sessions de yoga chaud s’était améliorée après huit semaines de pratique, au niveau des épaules, du bas du dos et des ischiojambiers (les muscles derrière la cuisse). 
  • Mais l’étude n’indiquait pas si l’avantage provenait du yoga lui-même ou du fait de pratiquer une activité dans une pièce chauffée.

Pour ce qui est du cardioune étude publiée en 2018 n’a pas démontré qu’il y avait un avantage marqué à la pratique du yoga dans une pièce chauffée. 

  • Les participants ont été divisés en trois groupes; deux groupes ont fait la même séquence de mouvements de yoga Bikram trois fois par semaine, pendant 12 semaines, pour une durée de 90 minutes. 
  • Le troisième groupe servait de contrôle et ne faisait pas d’activité particulière. 
  • Pendant la pratique du yoga, un groupe était dans une pièce à 40,5 degrés (la température typique d’une salle de yoga chaud), un autre dans une pièce à 23 degrés, représentative d’une salle de yoga régulier. 

Les deux groupes ont eu une amélioration «similaire» de leur santé cardiovasculaire par rapport au groupe de contrôle — quoique limitée dans les deux cas.

  • Les auteurs en concluent que l’amélioration, si elle est réelle, est due à l’activité plutôt qu’à la chaleur. 
  • L’étude laisse toutefois supposer qu’il pourrait y avoir un avantage pour ce qui est de la perte de poids: on y constate une diminution légèrement supérieure du taux de gras corporels chez les pratiquants du yoga chaud.

Par ailleurs, plusieurs reportages ont déjà mis en garde contre la pratique du yoga chaud, invoquant des risques de coups de chaleur ou de blessures aux articulations et aux muscles si on dépasse ses limites

Les risques d’infections sont aussi plus élevés: une salle chaude et humide est propice à la croissance bactérienne.

Agence Science-Presse
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Covid-19: la stratégie suédoise a-t-elle échoué?

Publié le 15 nov. 2020
  • De la fin juillet jusqu’à la fin septembre, la Suède était restée sur un plateau encourageant de moins de 400 nouveaux cas par jour.
  • La situation s’est ensuite dégradée à une vitesse accélérée: 500 cas le 3 octobre, 1000 cas le 23 octobre, 2000 cas le 30 octobre, et 4000 cas le 11 novembre.

Cela peut sembler peu à côté des États-Unis qui font face eux aussi à une croissance exponentielle (continue et très rapide): d’un plateau, en août et septembre, de quelque 40 000 cas par jour, le pays est passé à 80 000 cas le 31 octobre et à 130 000 le 12 novembre.

Mais quand on compare les chiffres par million d’habitants, la Suède se retrouve sur la même trajectoire que les États-Unis. Elle les a même dépassés vendredi.

Cas confirmés de Covid-19 par million d'habitants aux États-Unis et en Suède (au 13 novembre 2020
Cas confirmés de Covid-19 par million d’habitants aux États-Unis (en bleu) et en Suède (en rouge) au 13 novembre 2020 (Graphique: Our World in Data; données: Centre européen de prévention et de contrôle des maladies [ECDC])

Tous les indicateurs «vont dans la mauvaise direction», a admis la semaine dernière le premier ministre suédois. En une semaine, le nombre de patients aux soins intensifs a doublé.

«Jusqu’ici, la stratégie suédoise s’est avérée être un échec dramatique», a déclaré la virologue Lena Einhorn, une critique de longue date de cette stratégie qui consistait à ne fermer ni les restaurants ni les autres lieux publics, et à faire confiance à l’autodiscipline de la population.

L’accélération de la deuxième vague avait toutefois suffisamment inquiété pour qu’en octobre, le gouvernement sacrifie un peu de ce modèle, vanté ou décrié ailleurs, pour autoriser les régions à imposer leurs propres restrictions – limiter les transports en commun, les déplacements entre les villes, les visites aux résidences de personnes âgées… Quant aux restaurants et bars, à partir du 20 novembre, il pourrait ne plus être possible d’y vendre de l’alcool après 22 h et ce, jusqu’en février.

Bien que l’agence de santé publique suédoise se soit toujours défendue de poursuivre une politique d’immunité collective – laisser le virus se propager librement jusqu’à ce que suffisamment de gens soient immunisés – ceux qui ont vanté le modèle suédois ont bel et bien invoqué l’immunité collective de préférence aux différents niveaux de confinement imposés ce printemps et cet automne un peu partout dans le monde. 

Mais, quelles qu’aient été les intentions, l’immunité collective est encore loin: même sans avoir limité les déplacements ou fermé les restaurants, on estime que moins de 20% de la population de la capitale, Stockholm, serait à présent porteuse des anticorps la rendant en théorie immunisée au virus.

Et le taux de décès en Suède est de 5 à 10 fois plus élevé que celui des autres pays scandinaves: 609 morts par million d’habitants contre 130 au Danemark et 54 en Norvège, en date du 12 novembre (mais 750 aux États-Unis et 650 en France).

Agence Science-Presse
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Universités: baisse d’inscriptions à cause de l’enseignement virtuel? Faux

Publié le 1er nov. 2020
Universités: baisse d’inscriptions à cause de l’enseignement virtuel? Faux

(Source: Pixabay)

  • Depuis le début de la pandémie, les établissements d’enseignement postsecondaires craignent la désertion des étudiants peu friands des cours virtuels.
  • Alors que la session d’automne est bien entamée, le Détecteur de rumeurs constate que le pire ne s’est pas réalisé, mais que la chute des inscriptions d’étudiants internationaux pourrait devenir un problème économique pour ces établissements.

Les universités sont sur le qui-vive depuis le mois de mars. Alors que les cours de la session d’hiver 2020 se transformaient en des cours en ligne, les universités s’inquiétaient déjà qu’une session d’automne elle aussi virtuelle ne provoque une vague de désaffections.

En août, la jeune compagnie CourseCompare.ca avait brossé un portrait de l’offre de cours des mois à venir à partir des intentions de 150 établissements d’enseignement postsecondaire du Canada. 

  • Dans cette compilation, on apprenait que 54 % comptaient offrir des cours en ligne et que 40 % allaient miser sur une formule hybride.
  • Seuls 4 % souhaitaient donner la majorité de leurs cours en personne.

Or, les taux d’inscription dévoilés jusqu’à maintenant laissent croire que la catastrophe appréhendée a été évitée.

Dans les universités québécoises, le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) rapportait, le 2 octobre, une hausse totale des inscriptions de 1,3 %, comparativement au trimestre d’automne 2019. Cette croissance est surtout attribuable aux personnes inscrites aux cycles supérieurs et à temps partiel.

  • L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) enregistrait par exemple, en août, une hausse globale de plus de 5 % de ses inscriptions cet automne par rapport à l’automne 2019.
  • Même chose à l’Université Laval, qui notait une augmentation d’environ 4 % des inscriptions d’étudiants provenant de cégeps par rapport à l’an dernier. L’établissement attend toutefois la publication des données officielles plus tard cet automne, après la date limite pour les abandons, avant de confirmer cette tendance.

La situation n’est pas la même partout. Plusieurs établissements font état d’un taux d’inscription similaire à 2019, ou légèrement inférieur.

Peut-on conclure à la bonne vitalité financière des universités?

Non, puisqu’il faut aussi considérer la variation des étudiants internationaux, une clientèle sur laquelle ces établissements misent de plus en plus pour boucler leurs budgets. En effet, leurs frais de scolarité sont plus élevés que ceux des étudiants québécois et canadiens.

Au niveau postsecondaire, les étudiants venant de l’étranger représentaient près du quart (23,8 %) des nouveaux effectifs en 2017-2018, selon Statistique Canada, et plus du tiers des droits de scolarité perçus. Or, avec la fermeture des frontières et les restrictions sanitaires imposées par la COVID-19, plusieurs de ces étudiants sont, cet automne, aux abonnés absents.

  • Au Québec, le BCI fait état d’une baisse de 8,6 % de leurs effectifs comparativement à l’automne 2019.
  • À l’UQAR, ce sont seulement 500 des 1500 étudiants internationaux habituellement inscrits qui sont au rendez-vous, rapportait Le Devoir en août.

Cela entraîne des pertes de revenus pour les universités.

Au Canada, selon les différents scénarios projetés, ces pertes pourraient totaliser, au cours de l’année universitaire 2020-2021, entre 377 millions (une diminution des revenus de 0,8 %) et 3,4 milliards de dollars (7,5 %) selon un document publié le 8 octobre par Statistique Canada.

Agence Science-Presse
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Détecteur de rumeurs

COVID-19: les femmes enceintes plus à risque? Non

Publié le 20 sept. 2020
  • Les femmes enceintes sont-elles plus susceptibles d’attraper la COVID-19, et le virus met-il davantage en danger leur santé et celle de leur enfant?
  • Le Détecteur de rumeurs constate que l’état actuel des connaissances est plutôt rassurant pour la mère et l’enfant.

La grippe H1N1 et le SRAS ont apparemment augmenté les risques de complications pour la mère et l’enfant. Il semblerait donc logique de craindre la même chose avec le coronavirus de la COVID-19.

  • On sait par ailleurs qu’à cause des changements physiologiques et immunitaires entraînés par la grossesse, les femmes enceintes peuvent développer des complications à la suite d’une infection respiratoire.
  • Or, ce virus-ci a tendance à s’attaquer au système cardiovasculaire et aux poumons, déjà mis à l’épreuve par la grossesse.
  • Enfin, ce coronavirus cause parfois des caillots de sang, un risque là aussi augmenté par la grossesse.

Y a-t-il des risques pour la mère?

La recherche a encore beaucoup à faire pour cerner cette question.

  • Des petites études suggéreraient par exemple que certains bébés de mères atteintes de la COVID naîtraient plus tôt, seraient plus petits et passeraient plus de temps à l’hôpital. 
  • Une étude de l’agence américaine de contrôle des maladies (CDC) parue en juin pointe vers un risque accru d’hospitalisations et d’admissions aux soins intensifs chez les femmes enceintes, mais pas davantage de décès.
  • Une petite étude suédoise (comparant 13 femmes enceintes à 40 femmes non enceintes) a aussi trouvé que les patientes enceintes étaient plus à risque de se retrouver aux soins intensifs.

Par contre, résume une page de l’École de médecine de l’Université Harvard, rien n’indique dans ces recherches que les femmes enceintes atteintes par la COVID-19 feraient davantage de fausses couches.

Même si la recherche se poursuit, les praticiens semblent s’entendre pour dire que si la COVID-19 présentait un risque très élevé pour les femmes enceintes et leur fœtus (comme le virus Zika, par exemple), on le saurait déjà.

Les observations sur le H1N1 et le SRAS reposaient sur un petit nombre de cas. Et cette année, les études à ce sujet, venues de Chine et d’Europe, sont partielles — ce qui a conduit en juin un réseau de chercheurs canadiens à lancer une étude des répercussions de la COVID-19 sur les femmes enceintes.

Pas de risques pour le bébé

Une équipe américaine, s’appuyant en partie sur des recherches similaires qu’elle avait menées lors d’épidémies précédentes, a conclu en juillet que les fœtus étaient rarement infectés dans le ventre de leur mère.

  • Le placenta produirait en effet de très faibles quantités du récepteur de virus et la transmission de la maladie au bébé semble rarissime : un seul cas de transmission via le placenta a été rapporté en France.
  • Trois cas de bébés nés par césarienne ont reçu un diagnostic de COVID-19 en Chine, mais il n’est pas exclu que les nouveau-nés l’aient contracté après la naissance.
  • Aucun cas de malformation n’a été rapporté dans le monde, et pour l’instant, des atteintes cérébrales n’ont pas été constatées.

La communauté médicale invite à la prudence et la vigilance. Mais devant ces risques assez faibles, elle ne conseille pas de s’isoler ni de paniquer.

Agence Science-Presse
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