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Meng Wanzhou et «les deux Michael» sont libres

Publié le 25 sept. 2021
Meng Wanzhou et «les deux Michael» sont libres

Meng Wanzhou [Source: Huawei]

  • La justice canadienne a libéré hier soir Meng Wanzhou, directrice financière du géant des télécommunications Huawei, qui n’avait pas le droit de quitter le Canada depuis son arrestation il y a presque 3 ans. Dans les heures suivantes, elle a pris l’avion pour la Chine.
  • Alors que son avion quittait l’espace aérien du Canada, le premier ministre Justin Trudeau annonçait en conférence de presse que 2 citoyens canadiens détenus en Chine, eux aussi depuis presque 3 ans, Michael Spavor et Michael Kovrig, avaient été libérés, avaient pris l’avion pour le Canada et venaient de quitter l’espace aérien chinois.

Ce qui a tout l’air d’un échange de prisonniers a mis fin, en seulement quelques heures, à une saga judiciaire qui avait créé une vive tension entre Ottawa et Pékin.

Ce qui avait causé la crise:

  • Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont accusé Huawei et sa directrice financière d’avoir menti en 2013 en cachant des relations commerciales qu’aurait eues une filiale de Huawei avec l’Iran alors que ce pays faisait l’objet de strictes sanctions commerciales.
  • Les États-Unis ayant demandé au Canada d’extrader Meng Wanzhou vers les États-Unis, la Gendarmerie royale du Canada l’a arrêtée le 1er décembre 2018 à son arrivée à l’aéroport de Vancouver.
  • Meng Wanzhou n’est pas qu’une dirigeante de Huawei. C’est aussi la fille du fondateur et PDG de l’entreprise, qui est l’un des hommes d’affaires en vue en Chine.
  • Dans les semaines suivant l’arrestation de Meng Wanzhou, la Chine a arrêté 2 ressortissants canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, en les accusant d’espionnage. Ils ont été détenus par la suite, dans des conditions souvent éprouvantes.
  • Tout indiquait que leur détention avait un objectif diplomatique: faire pression sur le Canada pour obtenir la libération de Meng Wanzhou.

Comment la crise s’est résolue:

Meng Wanzhou a conclu un accord avec la justice des États-Unis. Il s’est concrétisé hier après-midi, alors que Meng Wanzhou a comparu virtuellement devant une Cour américaine.

En vertu de cet accord:

  • Meng Wahzhou reconnaît certaines «fautes» et elle accepte certaines conditions.
  • En échange, les États-Unis «reportent» jusqu’à fin 2022 leurs procédures judiciaires contre elle et retirent leur demande d’extradition auprès du Canada.
  • Si Meng Wanzhou respecte ses engagements en vertu de l’accord, les procédures judiciaires à son encontre seront définitivement abandonnées fin 2022.

Le retrait de la demande d’extradition a amené la justice canadienne, qui n’avait pas d’autre raison de retenir Meng Wanzhou, à libérer entièrement la femme d’affaires hier soir.

  • Dès sa libération, Meng Wanzhou a quitté le Canada.

Pour le Canada, le premier impact des événements d’hier est la fin du calvaire des deux Michael et leur retour au pays. Ils devaient arriver au Canada ce matin.

Pourrait s’en suivre une certaine normalisation des relations diplomatiques et commerciales avec la Chine, relations que l’affaire Meng Wanzhou a beaucoup assombries.

Patrick Pierra
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La directrice financière de Huawei est de retour devant la Cour

Publié le 1er mars 2021
  • Meng Wanzhou, fille du fondateur du géant chinois des télécoms Huawei, est de retour devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique qui tranchera – à la fin des audiences mi-mai – si elle sera ou non extradée aux États-Unis.
  • Depuis plus de deux ans, les avocats de Meng Wanzhou tentent d’empêcher son extradition en affirmant que les droits de leur cliente ont été bafoués. La directrice financière a été arrêtée fin 2018 à l’aéroport de Vancouver, à la demande des États-Unis qui veulent la juger pour fraude bancaire. Ils l’accusent d’avoir menti à la Banque HSBC sur les liens entre Huawei et une filiale qui vendait des équipements de télécoms à l’Iran. 

Que se passe-t-il donc avec Meng Wanzhou?

Publié le 4 déc 2020
  • Le premier ministre Justin Trudeau a refusé aujourd’hui de commenter la rumeur selon laquelle la femme d’affaires chinoise négocierait son retour en Chine avec la Justice américaine.
  • Meng Wanzhou, directrice financière du fabricant chinois d’appareils sans fil Huawei, est en liberté surveillée à Vancouver depuis deux ans où elle fait l’objet d’une demande d’extradition vers les États-Unis.

Washington soupçonne Meng Wanzhou d’avoir menti à propos d’échanges commerciaux entre Huawei et l’Iran qui auraient violé l’embargo américain contre ce pays.

La Justice américaine serait prête à abandonner sa demande d’extradition à condition que Meng Wanzhou admette qu’une partie des accusations à son endroit sont justifiées.

  • Pour le moment, la femme d’affaires a nié avoir fait quoi que ce soit d’incorrect, selon le Wall Street Journal.

Justin Trudeau se concentre pour sa part sur le rapatriement au Canada de Michael Kovrig et Michael Spavor, qui sont détenus en Chine en représailles de la détention de Meng Wanzhou au Canada.

  • «Notre priorité absolue, c’est le retour en sécurité des deux Michael», a dit le premier ministre en conférence de presse ce midi.
Alain McKenna
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Telus n’utilisera pas d’équipement Huawei dans son réseau 5G

Publié le 23 nov. 2020
  • Le fournisseur de services sans fil Telus achètera exclusivement de l’équipement provenant de fournisseurs occidentaux ou sud-coréens.
  • Telus devient ainsi le dernier des principaux exploitants de réseaux au Canada à abandonner Huawei – avant même qu’Ottawa ait pris une décision sur une éventuelle interdiction d’utiliser de l’équipement du fabricant chinois.

Pour rassurer les Canadiens, Huawei Canada propose une entente juridique contraignante qui protégerait les données transportées via sa technologie 5G

Publié le 17 sept. 2020
  • L’équipementier chinois veut convaincre de sa bonne foi: il propose à Ottawa de se soumettre à un document juridique qui «l’empêcherait de partager avec des tiers toute information circulant sur ses réseaux 5G ».
  • Mais, tel qu’il est cité par plusieurs médias anglophones, le texte proposé par Huawei Canada n’engagerait pas sa société-mère basée à Shenzhen, en Chine.

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