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Jeune entreprise québécoise innovante

Géomat veut orienter les personnes à mobilité réduite – et les futurs robots livreurs – vers des itinéraires qui leur conviennent

Mis à jour le 25 avr. 2022
par Patrick Pierra

Amin Gharebaghi, cofondateur et PDG de Géomat

  • Les applications de cartes telles que Google Maps sont très pratiques, mais elles ne répondent pas à tous les besoins. Les personnes à mobilité réduite, notamment, n’y trouvent pas d’itinéraires adaptés.
  • C’est ce qui a poussé des chercheurs de l’Université Laval, à Québec, à créer la jeune pousse GéoMat (GeoMate en anglais). En avançant dans le développement de son produit, l’entreprise a découvert un marché beaucoup plus large que celui des personnes à mobilité réduite.

Le premier problème auquel l’entreprise s’est attaquée est l’absence de cartes adaptées aux personnes à mobilité réduite.

«Google Maps ne peut pas proposer un itinéraire adéquat à une personne qui se déplace en fauteuil roulant», explique Amin Gharebaghi, cofondateur et PDG de GéoMat.

Pour les personnes à mobilité réduite, il ne suffit pas de savoir qu’il y a un trottoir. Il faut connaitre sa largeur, s’assurer qu’il n’y a pas d’obstacle tel qu’un poteau ou un abribus qui bloque le passage, et vérifier que le parcours n’est pas accidenté par des bosses ou des trous.

Il faut donc des cartes beaucoup plus précises que celles des principales applications de cartographie.

Or, dresser des cartes précises à quelques dizaines de centimètres près n’est pas facile.

«La collecte de données ne peut pas se faire uniquement par satellite, explique Amin Gharebaghi. Actuellement, il faut que quelqu’un aille sur place et prenne des mesures avec un GPS spécialisé. Cela prend énormément de temps, encore plus au Canada parce qu’on ne peut pas prendre ces mesures pendant l’hiver.»


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La solution de GéoMat est d’exploiter l’intelligence artificielle (IA) pour contourner la difficulté et le cout élevé de collecter les données au sol.

L’entreprise se branche sur une vingtaine de sources de données existantes, y compris des images prises par avion et par satellite, mais aussi des données collectées par lidar, une méthode de télédétection par laser.

L’IA combine, manipule et interprète ces données pour en extraire des cartes beaucoup plus précises que celles qui étaient disponibles autrement.

Le modèle d’affaires est basé sur la vente, par abonnement, de données enrichies sous offre de service en ligne (data as a service).

Ces abonnements sont vendus à des villes qui veulent améliorer l’accès à leurs citoyens handicapés.

Mais les villes ne sont peut-être pas les clients qui présentent le plus haut potentiel de croissance pour l’entreprise.

«Nous avons découvert que les données que nous produisons intéressent beaucoup deux industries promises à une forte croissance», raconte Amin Gharebaghi. Il s’agit de deux secteurs hautement technologiques.


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D’une part, les robots livreurs.

Aucun n’est encore venu à votre porte, mais cela ne tardera pas.

«Aux États-Unis, plusieurs dizaines d’entreprises développent des robots qui circuleront sur les trottoirs pour faire des livraisons.»

D’autre part, les véhicules autonomes.

«Pour se conduire seuls, ces véhicules n’ont pas seulement besoin de cartes traditionnelles, explique Amin Gharebaghi. Ils doivent savoir où est exactement le panneau d’arrêt ou le feu de signalisation, où se situe la ligne d’arrêt au sol, à quel endroit un abribus va obstruer la visibilité avant une intersection.»

Actuellement, GéoMat produit déjà des cartes pour plusieurs villes canadiennes – l’entreprise est en discussion avec plusieurs municipalités au Québec.

Fondée en 2019, l’entreprise compte une dizaine d’employés. Elle bénéficie présentement d’un accompagnement au sein de l’incubateur-accélérateur Le Camp. [Découvrez nos portraits d’autres jeunes entreprises québécoises innovantes accompagnées par cet organisme.]


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Les prochaines étapes pour l’entreprise sont de poursuivre le développement du produit pour que les cartes soient dynamiques, et non plus seulement statiques.

«Les villes ne sont pas seulement des espaces, ce sont des lieux vivants», dit Amin Gharebaghi.

L’entrepreneur veut, par exemple, indiquer à ses clients les travaux qui causent des fermetures temporaires de rue ou de trottoir.

Après avoir obtenu l’aide financière de plusieurs paliers de gouvernement pour développer ses produits, l’entreprise est en voie de conclure une première ronde de financement avec des investisseurs en capital de risque.

Patrick Pierra