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Analyse POLITIQUE

Élection dans Marie-Victorin: une leçon pour l’opposition

Publié le 15 avr. 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

Dominique Anglade (Source: Parti libéral du Québec)

  • L’élection récente dans Marie-Victorin a été ce qu’est au théâtre une répétition générale: une occasion pour les partis de mesurer, juste avant la grande première, l’état réel de leurs forces et faiblesses.
  • La Coalition Avenir Québec ressort de l’exercice galvanisée, tandis que le Parti libéral du Québec constate l’échec de son virage nationaliste.

Tous les partis politiques de l’Assemblée nationale attendaient cette partielle, question de roder la machine électorale en prévision du rendez-vous électoral du 3 octobre. Tant qu’à recevoir de mauvaises nouvelles, aussi bien les recevoir plus tôt que tard.

Le grand gagnant de l’exercice est la Caq: elle a emporté toute la mise.

Le siège qu’elle gagne n’est pas n’importe lequel. Il vient avec une forte valeur symbolique.

  • Si Marie-Victorin, un château fort péquiste, a pu tomber, d’autres – péquistes, libéraux, voire solidaires – pourraient aussi tomber.

La domination de la Caq auprès de l’électorat francophone observée par les sondages se voit confirmée.

En dépit des difficultés posées par la gestion de la crise sanitaire, la confiance à son endroit demeure.

Les partis d’opposition ont reçu une douche froide.

Aucun n’y gagne quoi que ce soit, si ce n’est le Parti conservateur d’Éric Duhaime qui a réussi son entrée dans la course avec une quatrième position.

Qui plus est, ils ont même facilité la victoire de la Caq en fractionnant entre eux le vote d’opposition.

  • Il a suffi de 35% des voix à la CAQ pour l’emporter.
  • On comprend pourquoi le gouvernement Legault n’a pas voulu d’une réforme du mode de scrutin.

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Des quatre partis d’opposition, aucun n’apparaît aujourd’hui en mesure de faire barrage au gouvernement caquiste.

  • Québec solidaire et le Parti conservateur manquent de la maturité nécessaire.
  • À l’opposé, le Parti québécois et le Parti libéral portent le poids de leur histoire.

Ces 50 dernières années, PQ et PLQ se sont échangé le pouvoir. Aujourd’hui sur le déclin, ils ne peuvent plus prétendre jouer ce rôle.

Le PQ s’est montré résilient et a obtenu 30% des voix.

Il y disposait d’une solide base électorale qui ne se retrouve aujourd’hui que dans quelques comtés.

Le 3 octobre, il lui faudra se concentrer sur ces quelques comtés.

Le Parti libéral n’est pas en meilleure posture.

Cet habitué du pouvoir, qui a remporté 8 des 14 élections tenues depuis 50 ans, a perdu lundi soir toute illusion quant à sa capacité de retrouver avant longtemps le chemin du pouvoir.

Personne ne misait gros sur la candidate libérale.

Mais personne ne prévoyait de la voir doublée par le Parti conservateur et reléguée à une mortifiante cinquième position avec un maigre 7%.

Ce résultat soulève des questions existentielles:

  • sur l’état du PLQ;
  • sur son programme revu et corrigé pour lui donner une saveur progressiste et nationaliste;
  • sur également le leadership de Dominique Anglade, devenue cheffe par défaut au terme d’une course à un seul candidat.

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La traversée du désert sera plus longue que prévu pour ce parti qui, comme le PQ, se voit abandonné par ses électeurs.

Même la loyauté des anglophones à son endroit n’est plus acquise.

  • L’idée d’un nouveau Equality Party refait surface.

Le processus de reconfiguration du paysage politique amorcé avec l’élection de la Caq en 2018 est loin d’être terminé.

La campagne qui s’amorce permettra de voir lequel des partis d’opposition, s’il en est un, émergera comme alternative au gouvernement Legault.

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Bernard Descôteaux