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Analyse POLITIQUE

Pourquoi il y aura des élections fédérales cette année

Publié le 2 janv. 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir
  • La pandémie de la Covid-19 a pesé lourd sur les dirigeants politiques. Pour Justin Trudeau, ce fut le moment d’une épiphanie où il s’est révélé un politicien transformé.
  • Le pire de la crise sanitaire étant passé, il a aujourd’hui les cartes en main pour espérer obtenir un mandat majoritaire lors d’élections qu’il souhaite tenir le plus tôt possible.

Justin Trudeau a changé.

Durant ces difficiles mois passés à gérer la crise de la pandémie, on a vu un personnage différent émerger.

Le jeune premier ministre qui depuis 2015 collectionnait erreurs et maladresses est apparu peu à peu transformé, plus sûr de lui, plus conscient de ses responsabilités. Plus stratège aussi.

Les Canadiens ont découvert ce nouveau personnage lors de ses points de presse quotidiens sur la pandémie.

  • Devant la gravité de la situation, il manifestait la compréhension attendue et posait les gestes de soutien souhaités.
  • Il incarnait l’État qui sous sa gouverne allait jouer son rôle de protecteur des victimes de la pandémie.

L’automne dernier, ses adversaires politiques ont eu la surprise de voir que le Justin Trudeau vulnérable et toujours sur la défensive depuis l’élection d’octobre 2019… n’existait plus.

Maintenant, c’est lui qui les défiait.

Minoritaire, son gouvernement allait désormais gouverner comme s’il était majoritaire. Finie, la recherche de compromis avec l’opposition: il la laissait sans autre choix que de le défaire.

Ce renversement des rôles créait une nouvelle dynamique.

L’opposition ne pouvant plus le menacer, son gouvernement put se consacrer à préparer la sortie de crise.

Aujourd’hui, il a en main les meilleures cartes du jeu électoral.

  • La campagne de vaccination contre la Covid-19 qui, selon l’opposition, allait être un échec, est en marche. Le Canada est en avance sur la plupart des pays.
  • Un programme de relance économique d’une ampleur inégalée est à venir. De 70 à 100 milliards $ viendront s’ajouter aux quelque 400 milliards qui ont été consacrés aux mesures de soutien financier depuis le début de la pandémie.
  • Un plan environnemental de réduction des GES annoncé début décembre lui permet de se prétendre le leader de la lutte aux changements climatiques.

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Les astres ne peuvent lui être plus favorables.

Les Canadiens ont très largement appuyé sa gestion de la crise.

Ses adversaires le reconnaissent d’ailleurs implicitement: ils sont incapables de dire ce qu’ils auraient fait différemment.

Partisans d’une fiscalité responsable, les conservateurs sont obligés d’avaler cette couleuvre que représente le déficit de près des 400 milliards $ pour l’année en cours. Leur nouveau chef, Erin O’Toole, est pour sa part toujours en manque de notoriété.

Un mandat majoritaire est aujourd’hui à portée de main pour le gouvernement de Justin Trudeau.

Le scénario qui le conduira à l’élection qu’il souhaite est le même que d’autres premiers ministres minoritaires ont suivi par le passé.

Le budget que présentera ce printemps la ministre des Finances, Chrystia Freeland, contiendra une pilule empoisonnée qui mettra les partis d’opposition devant un choix cornélien:

  • soit ils avalent cette pilule et se lient dès lors aux politiques libérales;
  • soit ils font tomber le gouvernement.

Celui-ci n’aura alors duré que 18 mois. Dix-huit mois, c’est le temps que durent les gouvernements minoritaires au Canada.

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Bernard Descôteaux