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Entrevue

Passeport vaccinal: «on déplace le problème, on ne le règle pas»

Mis à jour le 24 janv. 2022
par Johanna Sabys

Le président de l’Aqmat Richard Darveau

  • Le passeport vaccinal est exigé à compter d’aujourd’hui pour entrer dans les commerces de vente au détail de 1500 m2 et plus, à l’exception des épiceries, des pharmacies et des stations-service.
  • Cette mesure est contestée. Les non-vaccinés iront dans les plus petits magasins où le problème sera pire: les vaccinés ne voudront plus les fréquenter et les employés auront peur d’y travailler, dit à InfoBref Richard Darveau, président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (Aqmat). 

Dimanche après-midi, à la veille de l’entrée en vigueur de la mesure, l’Aqmat n’avait toujours pas vu le décret du gouvernement ni obtenu plus de détails sur son application. 

  • «Nous devions l’avoir vendredi soir ou tôt samedi matin», précise Richard Darveau. «Les entreprises ont dû se préparer avec les grandes lignes», déplore-t-il.  

Le décret a finalement été publié dimanche soir.

Cette mesure n’est pas nécessaire, croit le président de l’AQMAT. 

«L’ensemble de la population s’est habituée aux gestes d’hygiène, au masque, à la distanciation, dit-il. Ça fonctionne bien.»

Selon lui, la situation est sous contrôle dans les quincailleries, du côté des employés et des clients.

Avec l’arrivée du passeport vaccinal, Richard Darveau «a peur que ce climat de bonne entente se dégrade»: 

  • si on oblige les employés à faire la sécurité; ou 
  • si on ajoute des agents de «simili police» aux portes des magasins. 

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Québec déplace le problème, mais ne le règle pas, croit Richard Darveau. 

«Les non-vaccinés qui doivent se rendre à la quincaillerie par nécessité iront dans des magasins plus petits où le problème sera pire», affirme-t-il. 

Dans ces plus petits magasins, la proportion de non-vaccinés sera importante. 

  • Les vaccinés, qui représentent 90% de la population, ne voudront plus y magasiner, croit Richard Darveau.  
  • Les employés devront jouer à la police et seront inquiets d’avoir plus de clients non vaccinés. 

Cette mesure pourrait créer des problèmes plus grands aux vaccinés, ajoute-t-il. 

Ils devront attendre en file pour entrer dans les grandes surfaces et pourraient vouloir éviter les petits commerces. 

Richard Darveau croit que la règle qui autorise un certain nombre de clients au m2 fonctionnait bien. 

  • «L’achalandage va désormais se déplacer des grandes surfaces aux petits commerces», regrette-t-il.

Combien de temps le passeport sera-t-il exigé? 

Le gouvernement n’a pour l’instant pas fixé de date de fin du passeport vaccinal. 

Richard Darveau voudrait que l’obligation de l’exiger se termine mi-mars. 

  • «À partir du temps doux, les rénovations et les grands chantiers reprennent, note-t-il. Il y a 3 à 5 fois plus d’achalandage.»

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Qui sera concerné?

«Les autorités disent que les entrepreneurs dont le gagne-pain est la construction et la rénovation ne devraient pas être touchés», indique le président de l’Aqmat.  

  • Or, ces entrepreneurs représentent 50% des revenus des grandes quincailleries. 

C’est la première fois que le gouvernement applique une mesure sanitaire à des commerces d’une certaine taille, au lieu d’un secteur entier, souligne Richard Darveau, comme c’est le cas pour les bars et les restaurants.

Depuis le début de la pandémie, les quincailleries étaient considérées comme des commerces essentiels.

Johanna Sabys