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Analyse POLITIQUE

Les partis d’opposition à la course… pour la deuxième place

Publié le 3 déc 2021
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

[crédit photo: Jonathan Chng | Unsplash]

  • Les prochaines élections au Québec n’auront lieu que dans 10 mois, mais la barrière est déjà en mouvement. Tenue au silence par la pandémie pendant plus d’un an, l’opposition cherche à reprendre le temps perdu.
  • Sur la ligne de départ, le déséquilibre des forces est tel que l’enjeu, pour les partis d’opposition, est de perdre le moins de voix possible à cette élection-ci dans l’espoir de l’emporter au rendez-vous électoral suivant, en 2026.

Signe que l’on est déjà en mode électoral, tous les partis ont tenu ces dernières semaines leur congrès d’orientation.

Ils ont adopté les plateformes et stratégies électorales qu’ils déploieront d’ici le 3 octobre prochain.

  • La Coalition Avenir Québec a ouvert le bal, suivie de Québec solidaire, du Parti libéral et du Parti conservateur.
  • Cette fin de semaine ci, c’est au tour du Parti québécois.

La stratégie de la CAQ est limpide.

Dominant outrageusement ses adversaires avec l’appui de près d’un électeur sur deux, elle veut préserver son avance.

Ce parti n’existait pas il y a 10 ans.

Il s’est constitué une large base en vampirisant ses adversaires.

  • Il a séduit les électeurs nationalistes et les défenseurs de la langue française du Parti québécois.
  • Son parti pris pour les régions et l’économie lui a permis de ravir les châteaux forts péquistes et libéraux hors de l’île de Montréal.

Il n’a guère à craindre de la fidélité de son électorat, parce qu’il peut prétendre avoir livré la marchandise promise.


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Il a néanmoins un talon d’Achille: sa gestion d’une pandémie qui n’en finit plus de finir.

Des doutes ont été soulevés par la protectrice du citoyen et la coroner Kamel.

L’opposition a trouvé là un rare os à mordre face à un gouvernement qui leur laisse peu de prises.

  • Pas de scandales à dénoncer, sinon ce «Troisième lien» entre Québec et Lévis.

Vue d’un autre angle, la pandémie aura bien servi le gouvernement Legault dans la mesure ou depuis des mois l’opposition a été tenue dans l’ombre.

Aucun des 4 partis d’opposition n’est véritablement en position de le menacer sérieusement.

Le Parti libéral et le Parti québécois sont en reconstruction.

Leur chef, respectivement Dominique Anglade et Paul Saint-Pierre-Plamondon, est en recherche de notoriété.

Ceci vaut aussi pour les leaders de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, et du Parti conservateur, Éric Duhaime.


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La recherche d’une nouvelle voie leur fait prendre de curieux virages.

  • À gauche pour les libéraux, pour séduire les électeurs progressistes.
  • Au centre pour Québec solidaire, pour se donner une image rassurante.
  • Plus à droite pour le Parti conservateur, qui s’affirme climatosceptique.
  • Le Parti québécois est celui qui reste fidèle à lui-même, centré sur la souveraineté du Québec.

Le sujet du jour étant les changements climatiques, ils se sont tous lancés dans une surenchère des mesures de réduction des GES pour atteindre la carboneutralité.

Cette surenchère entre partis d’opposition n’est pas étonnante: ils se battent tous pour la première place.

Première place qui sera en réalité… une deuxième place.

À moins d’un effondrement improbable de la popularité de la CAQ, le mieux qu’ils peuvent espérer est d’obtenir le statut d’opposition officielle.

Ce statut vaut beaucoup.

Il donne au parti qui l’obtient de la visibilité et des moyens qui lui permettront de se préparer pour l’élection suivante.

C’est, en effet, sur l’élection de 2026 que misent tous les partis d’opposition. La course à étapes sera de longue durée.

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Bernard Descôteaux