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Analyse POLITIQUE

Comment le REM 2.0 pourrait – enfin! – relancer l’est de Montréal

Publié le 18 déc 2020
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

(Image CDPQ Infra)

  • La construction du REM de l’Est, avec un budget initial de 10 milliards $, sera le plus grand investissement public en transport collectif jamais réalisé au Québec.
  • Vaste friche industrielle, l’est de Montréal pourra entreprendre avec ce projet le redéploiement de son économie et de son développement urbain.

Surprise agréable que ce projet de prolongation du REM annoncé ce mardi. En cette période de pandémie où les bonnes nouvelles sont si rares, il arrive comme un précieux cadeau de Noël.

Mais comme dans tout projet de cette envergure, il y aura loin de la coupe aux lèvres.

Déjà quelques voix inquiètes se font entendre quant à sa forme. Mais personne n’en conteste la nécessité.

L’est de Montréal n’a jamais su retrouver de vocation économique depuis qu’il a été abandonné par le secteur de la pétrochimie.

Ses six grandes raffineries traitaient, à la fin des années 1960, quelque 30% de tout le pétrole raffiné au Canada.

Il s’en trouve encore une, celle de Suncor. Mais il y a surtout quelque 40 millions de pieds carrés de terrains contaminés laissés en friche depuis des décennies. Un très lourd héritage.

Le premier obstacle au redéveloppement de l’Est était environnemental.

  • Un premier geste fut posé en décembre 2018, avec la signature entre le gouvernement Legault et l’administration Plante de l’entente «Revitaliser l’est de Montréal».
  • À la clé se trouvaient 100 millions $ pour décontaminer, réaménager et revaloriser les terrains des friches industrielles.

Le deuxième obstacle à lever consistait en l’absence d’un système de transport collectif efficace pour desservir ce secteur et le relier au centre-ville.

  • Tous les projets mis de l’avant ces dernières années dans l’axe de la rue Notre-Dame, qui attend pour sa part d’être reconstruite, ont tous été abandonnés au profit de projets dans l’Ouest.
  • La priorité est allée à l’échangeur Turcot et au REM 1.0, vers la Rive-Sud et l’ouest de l’île.

Aujourd’hui, nous assistons à un juste retour du balancier.

L’ampleur de l’investissement envisagé pour le REM de l’Est surprend, puisqu’il est supérieur de 50 % à celui du REM de l’Ouest, pour moitié moins de kilomètres, soit 32 km contre 67 km.

  • L’achalandage du REM de l’Est sera moindre, puisqu’on prévoit desservir que 133 000 passagers par jour à l’horizon 2044.
  • Et comme pour le REM de l’Ouest, on peut s’attendre à des surcoûts qui gonfleront la facture d’ici son ouverture en 2029.

Ce projet se justifie néanmoins par l’effet de levier qu’il jouera dans le redéploiement économique et urbain de la zone qu’il desservira.

Sans transport collectif, attirer industries, commerces et projets domiciliaires s’avère une mission quasi impossible.

Le Silicon Valley du Nord que le premier ministre François Legault rêve de voir s’y installer est pour l’instant davantage une vision qu’une réalité.

Néanmoins, l’innovation ne peut pas ne pas être au cœur de la stratégie pour attirer des entreprises créatrices d’emplois.

Le tissu social et urbain de l’Est sera aussi appelé à se transformer.

Il faudra apprendre des erreurs du REM de l’Ouest et s’appuyer sur un processus de consultation à l’écoute des citoyens des quartiers situés sur le passage du REM.

C’est essentiel à la réussite de ce projet, qui sera celui de toute une génération de Montréalais.

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Bernard Descôteaux