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Jeune entreprise québécoise innovante

DeepSight montre aux nouveaux employés les gestes qu’ils doivent faire

Mis à jour le 22 août 2022
par Patrick Pierra

Louis-Antoine Genin-Brien, cofondateur et directeur des ventes de DeepSight

  • Ceux qui font un travail physique avec des appareils et des machines doivent d’abord apprendre à les utiliser. Or, la majorité des procédures s’apprennent mal en lisant un mode d’emploi: la meilleure façon est d’être près de la machine, de voir un employé expérimenté faire la procédure, et de l’imiter. 
  • Pour plusieurs raisons, c’est de moins en moins possible. Alors, la jeune pousse montréalaise DeepSight offre aux entreprises industrielles une autre façon de transférer les connaissances techniques: en utilisant la réalité augmentée, vue à travers des lunettes intelligentes.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise est la difficulté d’assurer le transfert des connaissances dans le secteur industriel.

«Dans l’industrie, les trois quarts du transfert des connaissances se font par compagnonnage», explique Louis-Antoine Genin-Brien, cofondateur et directeur des ventes de DeepSight Réalité augmentée.

Pour être formé à une tâche technique, l’employé doit se déplacer sur le plancher, à côté de l’équipement à utiliser, et un expert doit lui montrer physiquement quoi faire et comment.

Dans le contexte de vieillissement de la population, il y a de moins en moins d’experts. «Un employé sur 4 du secteur industriel va prendre sa retraite d’ici 2030», note Louis-Antoine Genin-Brien.

Il y a de plus en plus de postes à pourvoir et, à cause de la pénurie de main-d’œuvre, les entreprises sont contraintes d’embaucher des nouveaux employés qui sont de moins en moins qualifiés.

La solution que propose DeepSight est de remplacer le compagnonnage par une formation en réalité augmentée.

  • Le nouvel employé porte des lunettes intelligentes – des HoloLens de Microsoft.
  • Il s’installe face à la machine ou l’appareil qu’il doit utiliser.
  • Dans son champ de vision, il voit des hologrammes en 3D qui montrent des outils qu’il doit manipuler, comme une clé ou un tournevis.
  • Il voit aussi des flèches, de courts textes, des photos et des vidéos qui lui expliquent, pas à pas, ce qu’il doit faire.

Les lunettes captent les gestes de ses mains. 

  • Elles lui permettent d’activer du doigt un clavier virtuel, en haut de son champ de vision, pour avancer d’une étape à l’autre, et remplir des formulaires simples en choisissant parmi des choix de réponses.

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L’innovation n’est pas seulement d’utiliser la réalité augmentée, une technologie qui ajoute des objets virtuels dans le champ de vision de la réalité extérieure «réelle». 

C’est aussi de faciliter la création de guides pédagogiques en réalité augmentée qui soient adaptés à la réalité concrète de l’entreprise et aux équipements industriels qu’elle utilise.

Une entreprise cliente de DeepSight n’a aucun codage informatique à faire. 

«Les iPhone 12 Pro et 13 Pro sont équipés de capteurs Lidar, note Louis-Antoine Genin-Brien. On les utilise pour créer très rapidement des modèles 3D de l’équipement installé dans une entreprise.»

«Ces modèles servent de référence spatiale, sur laquelle on greffe des flèches et des instructions pour que l’employé voie ensuite, dans ses lunettes intelligentes, la bonne instruction au bon endroit.»

Le modèle d’affaires de DeepSight combine un tarif initial pour l‘implantation et, par la suite, un tarif récurrent de licence.

L’implantation dure 6 mois et coute environ 25 000 $ à l’entreprise cliente. 

  • «Nous formons le client à notre plateforme et, durant les 2 premiers mois, nous créons pour lui de 5 à 15 instructions de travail qu’il veut transmettre à des employés, précise Louis-Antoine Genin-Brien.
  • Les 4 mois suivants, le client déploie les ressources nécessaires pour créer lui-même une cinquantaine d’instructions de travail.»

Par la suite, l’entreprise utilise le logiciel-service de DeepSight en payant un tarif mensuel de licence d’environ 1000 $ par paire de lunettes intelligentes utilisée dans l’usine.

  • Le service-logiciel est normalement hébergé dans le nuage, sauf pour les entreprises qui, pour des raisons de sécurité, ont une obligation légale d’héberger toutes leurs données dans leur propre établissement.

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Actuellement, DeepSight a une quinzaine de clients actifs:

  • une dizaine d’entreprises privées – dont la minière canadienne Agnico-Eagle; et
  • 5 établissements scolaires – des écoles secondaires et des centres de formation professionnelle.

Créée fin 2018, l’entreprise compte 12 employés à plein temps. Elle a recueilli environ 1 million $ en financement.

DeepSight fait partie des 20 jeunes PME sélectionnées cette année dans le programme Bourse+ de Startup Montréal. [Découvrez d’autres jeunes entreprises québécoises innovantes rencontrées par InfoBref.]


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Prochaines étapes: l’entreprise compte doubler le nombre de ses employés dans la prochaine année.

Elle travaille aussi à développer des fonctionnalités d’intelligence artificielle pour reconnaitre les erreurs que pourraient faire des employés pendant leur entrainement, grâce au scanner Lidar des lunettes HoloLens, et les alerter en temps réel afin de prévenir des accidents.

Patrick Pierra