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Analyse POLITIQUE

Les ambitions climatiques du Canada sont-elles réalistes?

Mis à jour le 11 août 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

[photo: bantersnaps | Unsplash]

  • Le Canada a adopté une nouvelle cible de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Devant la communauté internationale, Justin Trudeau s’est engagé jeudi à les réduire d’au moins 40% d’ici 2030.
  • L’objectif est ambitieux, en raison du retard pris ces dernières années et de la résistance de plusieurs provinces à accepter la politique climatique d’Ottawa.

La Journée de la Terre: c’est le jour symbolique que Joe Biden avait choisi pour réunir ce jeudi les dirigeants de 40 pays responsables ensemble de 80% des émissions de GES.

Le président américain voulait marquer par ce geste sa volonté d’assumer pleinement le leadership de son pays pour relancer la lutte aux changements climatiques.

Ces dernières années, l’absence des États-Unis sous la présidence de Donald Trump avait eu pour effet d’inciter les signataires de l’accord de Paris de 2015 à se traîner les pieds.

Dans ses plus récents bilans, l’ONU sonnait l’alarme, signalant que:

  • La hausse de la température de la planète observée jusqu’ici a été de 1°C. Si rien n’est fait, elle pourrait être de 6°C à la fin du siècle.
  • Limiter cette hausse à 1,5°C à l’horizon 2050 exige de réduire globalement les émissions de GES de 45% par rapport à leur niveau de 2010 d’ici la fin de la présente décennie.
  • La relance économique post-Covid-19 haussera la consommation d’énergie de près de 5% et les émissions de GES augmenteront d’autant.

Conscient du défi, Joe Biden a incité les participants de son sommet à s’engager à réduire leurs émissions d’au moins 40% d’ici 2030 et à viser la carboneutralité pour 2050.

Justin Trudeau a confirmé en ouverture du sommet que son gouvernement visera une réduction entre 40% et 45% pour la fin de la décennie.

  • La cible était de 36% depuis le budget présenté ces derniers jours, et de 30% auparavant.

L’objectif est ambitieux.

Très, car comme bien d’autres, le Canada a fait jusqu’ici du sur-place en dépit de toutes ses promesses:

  • Les émissions de GES n’ont diminué depuis 2005 que de 1,2%.
  • Pire, elles ont augmenté ces dernières années pour se situer à 730 millions de tonnes en 2019.

Le gouvernement Trudeau n’a pas toujours fait preuve de grande cohérence. Sa politique énergétique et son appui à la construction de pipelines ont contribué à cet échec. Il ne lui faudra pas retomber dans ce piège.

Justin Trudeau dispose néanmoins d’atouts.

  • La Cour suprême a élargi ses pouvoirs d’intervention pour assumer le leadership face à la crise climatique.
  • La taxe sur le carbone, qui a été jugée constitutionnelle, sera l’axe principal de réduction de la consommation du carbone.
  • Plusieurs provinces, le Québec et la Colombie-Britannique notamment, ont leur propre plan de lutte contre les changements climatiques.
  • Le virage vert pris par Joe Biden permettra au Canada et aux États-Unis de coordonner leurs efforts et leurs politiques.

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Un changement d’esprit est en cours face aux changements climatiques.

Le sentiment d’urgence contraint les sceptiques à modifier leurs positions.

Pas tous; mais, signe des temps, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, a osé rompre avec le négationnisme de sa formation sur cette question.

La confiance qu’affiche Justin Trudeau d’atteindre sa nouvelle cible de réduction des GES n’est pas sans fondement. À charge pour lui de maintenant convaincre les Canadiens de le suivre.

Ce sera un des enjeux principaux de la prochaine élection.

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Bernard Descôteaux