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Analyse POLITIQUE

Comment soigner notre système de santé

Publié le 21 janv. 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

[crédit photo: National Cancer Institute | Unsplash]

  • La pandémie de Covid-19 a soumis le système de santé québécois à un stress tel qu’il est au bord de la rupture.
  • Le gouvernement ne pourra ignorer les appels à des changements majeurs. La pression viendra de toutes parts.

La Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, est de ceux et celles qui appellent une réforme.

Elle pèse ses mots.

Il faut une «transformation radicale de la gouvernance du système» afin de le rendre viable, a-t-elle écrit dans son rapport sur la première vague publié mercredi.

Elle y propose quelques avenues, notamment sur le rôle et les moyens mis à la disposition de la Santé publique.

Son enquête l’a menée à constater, comme l’avait fait plus tôt la Protectrice du citoyen, que l’on n’était pas préparé à affronter cette pandémie.

  • Ce fut l’hécatombe que l’on sait, avec 4836 décès dans les milieux de vie pour aînés durant la première vague.

Le gouvernement Legault connaît bien l’état de vulnérabilité dans lequel se trouve le système de santé.

Sans cesse, il est à colmater les brèches.

  • Tantôt pour trouver 10 000 préposés dans les CHLSD, tantôt pour recruter 12 000 infirmières.
  • Cette semaine, il adoptait un plan de contingence pour parer au pire.

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Les pressions sur le gouvernement pour mettre aux soins intensifs le système de santé viendront de toutes parts.

Des partis d’opposition, d’abord.

Le 1er février, ils retrouveront leur tribune de l’Assemblée nationale.

À chacune des périodes de questions, ils réclameront du gouvernement une grande commission d’enquête publique.

La commissaire Castonguay a pourtant soutenu qu’une telle enquête est superflue, d’autant plus qu’à son rapport et à celui de la Protectrice du citoyen s’ajoutera bientôt celui de la coroner Géhane Kamel.

N’empêche: pour l’opposition, il y a des points électoraux à marquer.

Le 3 octobre prochain sera, ne l’oublions pas, jour de scrutin.

Les électeurs ne seront pas insensibles à leurs discours.

À chaque élection, la santé est toujours l’enjeu privilégié que relèvent les maisons de sondage.

Les partenaires du réseau de santé, syndicats et ordres professionnels, voudront apporter leur éclairage sur les failles du système.

  • On entendra des appels à plus de privé et d’autres, à plus de public.
  • À plus d’argent aussi.

Le gouvernement Trudeau ne manquera pas d’intervenir. Aux demandes du Québec et des autres provinces d’un financement accru, il répond en posant des conditions et en définissant des priorités comme la santé mentale et les soins aux personnes âgées.


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Mais quelle médecine donner au système?

La dernière grande réforme à laquelle a été soumis le système de santé est celle du ministre Gaétan Barrette.

  • Sa médecine n’a pas été heureuse.
  • Elle a conduit à une centralisation qui a pesé lourd dans la crise actuelle.

La précédente avait été inspirée par le rapport Clair, qui recommandait début 2000 de miser sur les services de première ligne, un objectif toujours pas atteint.

Avant, il y avait eu la commission Rochon, qui a conduit au virage ambulatoire.

Ce type de grandes remises en question «radicales» n’est toutefois pas à l’ordre du jour du gouvernement.

François Legault prépare néanmoins un plan de redressement.

Son envergure reste à être déterminée, sinon que l’accent, a-t-il précisé jeudi, sera mis sur la décentralisation.

Son approche est pragmatique. Le politicien en lui le porte à vouloir plutôt des changements ciblés et des résultats rapides.

Lui aussi a en tête le rendez-vous électoral du 3 octobre.

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Bernard Descôteaux