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Analyse POLITIQUE

Immigration: la Caq repart en campagne

Publié le 27 mai 2022
Bernard Descôteaux
par Bernard Descôteaux
Chroniqueur politique à InfoBref, ancien directeur du Devoir

[crédit photo: Jhon David | Unsplash]

  • La Coalition Avenir Québec a fait de l’immigration l’un des principaux enjeux de l’élection de 2018. Depuis, la question a fait partie du débat public.
  • À l’élection du 3 octobre prochain, le premier ministre François Legault reviendra à la charge pour obtenir d’Ottawa les pleins pouvoirs en matière d’immigration.

Quels sont les pouvoirs du Québec en immigration?

Le Québec est la seule province qui joue un rôle actif en immigration.

Une entente intervenue en 1991 avec Ottawa reconnait que le Québec doit pouvoir préserver par l’immigration son poids démographique au sein du Canada, et assurer une intégration des immigrants «respectueuse de son caractère distinct».

En vertu de cette entente, le Québec a la responsabilité de sélectionner et d’intégrer les immigrants économiques.

Ottawa garde par contre le contrôle de l’immigration familiale et humanitaire.

Il lui revient aussi de fixer les quotas nationaux d’immigration dont le Québec doit assumer sa part proportionnellement à sa population.

À l’élection de 2018, la Caq a fait des quotas un enjeu politique.

Aussitôt élue, elle ramenait sa part d’immigrants économiques de 50 000 à 40 000.

Sa prétention, exprimée en campagne électorale, était: «en prendre moins, mais en prendre soin».

Ce faisant, elle mettait de côté l’objectif de préserver le poids démographique du Québec et la satisfaction des besoins en main-d’œuvre que les milieux économiques estiment être de 80 000 immigrants par année.

La priorité devenait la réussite de l’intégration de ces 40 000 immigrants à la majorité francophone.


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La mise en place par la Caq d’une nouvelle politique d’immigration s’est révélée complexe.

La réforme du Programme de l’expérience québécoise fut un échec. L’annulation de 18 000 dossiers de demandeurs en attente d’examen souleva l’indignation.

La mise en place de nouveaux critères de sélection favorisant les immigrants ayant une connaissance acquise du français fut ardue.

  • La proportion des immigrants parlant français est néanmoins passée en 4 ans de 50% à 62%.

Dans sa gestion des dossiers d’immigration, Québec se buta par ailleurs à l’inertie d’Ottawa, en particulier à propos des réfugiés entrant par le chemin Roxham.

Contrôler l’immigration: la seule façon d’assurer la pérennité de la langue française au Québec

La conclusion est vite apparue aux yeux de la Caq:

  • une politique d’immigration cohérente québécoise ne sera possible que si le Québec en a le plein contrôle à la fois sur l’immigration économique, la réunification familiale et l’accueil des réfugiés.

Le ministre responsable de l’application de la loi 101, Simon Jolin-Barette, précisait cette semaine que tout se joue avec les transferts linguistiques des immigrants vers le français.

De 53% qu’ils sont actuellement, ils devraient atteindre 90% pour garantir la pérennité recherchée.

François Legault a répété à plusieurs reprises qu’il voulait rapatrier tous les pouvoirs en matière d’immigration. En congrès ce weekend, la Caq donnera son appui à cette revendication.


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D’emblée, Ottawa a dit non.

Ouvrir un débat de nature constitutionnelle est tout sauf ce dans quoi le gouvernement Trudeau veut s’engager avec le Québec, qui est toujours en quête de plus d’autonomie.

Cette fin de non-recevoir, François Legault en fera un des principaux enjeux de la prochaine élection. Il mise sur la sensibilité de son électorat sur cette question.

Obtenir des électeurs le mandat qu’il recherche ne sera toutefois pas suffisant.

  • Il lui faudra s’appuyer sur un fort consensus qui n’existe pas pour le moment.
  • On le voit aux divergences sur la fixation des seuils d’immigration qui oppose le gouvernement aux milieux économiques.

Sans doute est-ce pour cela que, selon les jours, François Legault réclame parfois «tous» les pouvoirs et, d’autres fois, «plus» de pouvoirs.

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Bernard Descôteaux